20 août 2008

Josiane de Clichy

Josiane est une paumée. Résidente d’un deux pièces miteux dans les quartiers sombres de Clichy, elle élève seule Rémi, son fils de 11 ans qui n’a jamais connu son père.

Josiane a son secteur. Son monde à elle. Ce trottoir, elle le foule si souvent qu’elle en connaît le moindre centimètre carré. Paradoxalement, Josiane aime son boulot. Elle ne le fait pas pour survivre, elle le fait par plaisir, ce qui dans cette profession, est bien plus courrant qu'on ne le pense.

Constamment à l’affût, et alors que les voitures défilent sous ses yeux, elle patiente, tapie sur ce bitume froid, tel le félin avant l’assaut final. Et lorsqu’elle repère une cible potentielle, et qu’au bas de sa nuque, pointe ce frisson annonciateur de plaisir ; elle s’approche du véhicule, se penche à sa vitre… et sort son stylo.

Josiane est contractuelle.

Une pute au service du pouvoir. Sa mission : faire payer ceux qui ne sont pas la pour se défendre. Aligner des véhicules vides quand d’autres, pleins ceux la, roulent à 90 en ville, doublent par la droite et n’utilisent jamais leurs clignotants.

Josiane est lâche et déteste les gens, qui en général lui rendent bien.

Un tapin à 11, 35, 75 ou 135 €. A la différence de ces consoeurs du bois de Boulogne, Josiane ne paye pas de sa personne. Jamais. Ce qui la rend encore moins respectable.

Alors Josiane, si un jours entre deux orgasmes devant un monospace au feu arrière pété, et une 106 noire à l’assurance périmée depuis 5 jours, tu as le temps de te connecter sur le net avec le PC volé de ton fils débile et de lire cet article, sache une chose : je te hais.

Sache que j’ai moins de respect pour toi que pour l’étron fumant qui tapisse le fond de mes toilettes, mes pires lendemains de cuite.

Va donc au diable. Et emmènes-y ton stylo, ton calepin et le peu d’amour propre qu’il te reste.

Fais ce que tu veux, mais ne t’avises plus jamais de toucher à mon essuie glace…