31 janvier 2006

It’s a small world…

Ahhh la technologie !
Sacrée époque que celle d’aujourd’hui ! Nos grands parents s’émerveillaient devant les premiers gramophones et la Ford T, nos parents devant les ancêtres de nos plasmas flatscreen panscan coins carrés anti-reflets rétromachinchose, et le premier contact Homme/Lune…nous, nous avons l’Internet.

Et très franchement, ça vaut son pesant d’or. Voila prêt de huit longues années que lui et moi sommes comme cul et chemise. Au début, je me contentais de chater (jamais réussit à comprendre d’ailleurs, pourquoi les "salons de discussions" sont classés par thèmes alors qu'on y parle partout du même sujet ???). J’étais jeune (18 ans nom d’un chien !) inconscient et naïf. Je parlais pendant des heures avec les femmes de ma vie pour finalement me faire traiter de pervers ou découvrir que ma femme s’appelle Maurice…génial…

Est arrivé ICQ (I Seek You), petit logiciel vraiment révolutionnaire au principe assez semblable à ceux des Chat’, avec toutefois la solution pour ne plus se faire duper sur la "marchandise" puisque la possibilité de sélectionner les personnes à ajouter à sa liste de contacts. Pour résumer, sur ICQ, on ne parle qu’aux gens que l’on connaît déjà…
Et puis MSN Messenger a débarqué. A cette époque le petit Bill bouffait qui il voulait avec une facilité déconcertante (aujourd’hui la tache est un peu plus ardue…). A la trappe donc, les ICQ, AIM ou autre Yahoo Messenger…

On se rend compte en pensant à tous ça, qu’en 10 ans, le net à bien évolué (certain diraient "empiré"). Je me revois en train de jubiler sur "Napster" quand mon téléchargement arrivait jusqu’au bout sans planter, en train d’ajouter des éléments à la file d’attente déjà interminable de mon satellite "Audiogalaxy", de remplir ma grille "Bananaloto" tous les matins en arrivant chez N@rt, de paramétrer mes tirs au but sur "Battlemail", de désespérément chercher LE disque introuvable d’occaz’ sur "IBazar", de scruter le web sur "Spray", ou de commander mes nouvelles godasses sur "boo.com"…

Tout ou partie des sites précédemment cités n’existent plus, souvent rachetés puis remplacés par des clones améliorées, et uniques en leur genre. Car sur le Net, il n’y a pas de place pour deux et si Google étouffe Yahoo, Ebay écrase Aucland et Meetic pulvérise LoveAtLycos (anciennement Spraydate) ce n’est pas un hasard…

Revenons donc à MSN, l’objet de ce post. J’ai soudainement réalisé l’autre nuit, la puissance de cet outil, quelque chose de vraiment énorme.

Il est 2h du mat’ passées. Je suis en passe d’aller me coucher, les yeux explosés par mon écran, unique source lumineuse de la pièce dans laquelle je me trouve. C’est alors, le pointeur de ma souris se dirigeant vers le bouton "démarrer" (pour…éteindre mon ordi, logique), que l’autre extrémité de mon écran affiche dans un ding familier "Audrey vient de se connecter".

- "Ben mince alors, Naud’, ça pour une surprise ! Je m’en vais prendre de ses nouvelles, afin de m’assurer que l’Australie la branche toujours autant !" me dis-je en baillant aux corneilles.

Nous engageons donc la conversation. Sydney c’est toujours aussi top, ma petite vie m’emmerde, tout le monde va bien, il est quelle heure chez toi, ici il fait nuit, ici fait chaud, ici fait froid et patati et patata…

Elle m’explique qu’elle et son homme, sont sur un parking de Sydney (un car market pour être précis) en train de tenter de refourguer Robert (leur van Mazda) à de généreux touristes en mal de sensations. Grand luxe, ils disposent donc d’un PC portable, et cerise sur le gâteau, d’une connexion Internet GRATUITE grâce à la borne Wi-Fi libre service à proximité (ces gens sont définitivement en avance sur nous).

- "ben on va se tester une petite Webcam !"

Quinze secondes plus tard, j’ai mon Audrey sous les yeux, rejointe quelques secondes plus tard par Sam, sans doute alerté par ses hurlements (elle aussi, me voit…).
Point d’images figées ni de parasites merdiques, la vidéo est d’une impressionnant fluidité compte tenu de la distance (22 heures d’avion quand même).
Encore une poignée de secondes plus tard…et v’l’a t’y pas que j’ai le son !...la c’est carrément Versailles…

On est soufflés, comme deux cons devant nos écrans respectifs. Je lui dit que je trouve ça dingue. Elle me répond que elle aussi. Bon calmos, c’est qu’une webcam !

C’est alors que la jeune fille se lève, prend son PC avec elle, et m’offre en exclusivité une petite visite de son parking, le van de ses voisins, bref, un petit tour du propriétaire…

Voilà…c’est tout...

Il est évident, pour les cons qui me lisent, que je ne me suis pas émerveillé devant un parking ou un pauvre van en fin de vie !...simplement, être si éloignés et si proche à la fois, et ce pour pas un rond…

...moi ça me fait aimer le 21ème siècle…

25 janvier 2006

Les fils d'Armand

Une expérience...

Puisqu'il est apparemment possible de tirer quelque chose de positif de toutes situations, je dirais que je suis actuellement en train de vivre une véritable expérience. Rien de sexuel ni de spatiotemporel la dedans seulement, je suis depuis un mois dans un autre monde. Un monde "professionnel". La vie couleur kaki, couleur café, moquette grise anthracite, couloirs et journées interminables, un site plein de bâtiments, eux même plein d'étages plein de salles pleines de boxs pleins de chaises, de tables et de câbles réseaux. Un espace gavé de personnel numéroté ou organisation rime avec obsession. Un lieu ou l'on parle travail pendant les "pauses café" et ou l'on boit du café en travaillant (d'où ma question : à quoi servent les pauses ??). Une planète rigueur dirigée par le dieu Excel et son Power pote. Je serais d'ailleurs prêt à parier que la firme souffrirait plus d'une dévaluation de l'action Microsoft que du décès pur et simple du grand patron, dans un attentat contre le siège social, avenue de la Grande Armée...

Bref, ce parc la, c'est pas Disneyland.

Le bon coté, disais-je (et c'est d'ailleurs, passés outre mes problèmes financiers, LA raison pour laquelle j'ai accepté ce poste) c'est que jamais je n'avais évolué au sein d'une structure de cette ampleur. Jamais je n'avais badgé au tourniquet tous les matins, et autant côtoyé de cravates de toute ma vie. Je vois les deux à cinq mois qu'il me reste à faire ici comme une sorte de leçon, mon "service militaire professionnel" ou je vais apprendre à respecter les règles, les horaires et à ne pas sortir de blagues salaces à la secrétaire.

Le fonctionnement ici, est à la fois simple et compliqué. Grossièrement je dirais que chaque décision est l'objet non pas d'une, mais d'une série interminable de réunions visant à savoir quand organiser la prochaine réunion, en jonglant avec les plannings surbookés de chacun des participants, en mouvement perpétuel entre Rennes, Sochaux, Mulhouse, Vigo ou Porto Real...

J'assiste alors de mon petit bureau, planqué au fond d'une salle du 4ème derrière le poste de l'assistante de direction, à un véritable défilé d'hommes et de femmes, chroniquement speed, qui se croisent sans se dire bonjour, plus parce qu'ils ne se connaissent pas que par manque de savoir vivre. Pas folichon tout ça.

Je suis donc, moi qui jusqu'à présent n'avais été habitué qu'au boulot en équipe jean/baskets sur un fond de "Fun Radio", en lévitation au dessus de ce petit monde. Non pas pour cause d'un quelconque complexe de supériorité, mais plutôt parce qu'il m'apparaît évident que jamais, oh grand jamais, je ne parviendrais à adopter cette façon de travailler (c'est d'ailleurs plus une question de volonté que de capacité). Certain sont fait pour ça (grand bien leur fasse), pas moi...

Impossible de ne pas cogiter quand j'entends certains de mes collègues compter leurs points de retraites et se réjouir parce qu'il ne leur reste plus que sept ans à trimer. Difficile de ne pas flipper quand, en consultant le trombinoscope, j'aperçois mon supérieur hiérarchique, pattes devant les oreilles et chemises BeeGees, devant un rideau orange d'époque René Cotti.

Cette gigantesque machine pour laquelle je ne suis rien, est en fait un concentré de tout ce qui me file la trouille. Rester ici, c'est me rapprocher un peu plus chaque jour de leur idéal à eux. Des gens pourtant plus que fréquentables, ayant réussit leurs vies professionnelles (et semblerait-il leurs vies personnelles), aimables, courtois et tout sauf idiots.

Des gens de bonnes moeurs comme diraient certains...

...et pourtant j'accroche pas...

11 janvier 2006

Narnia gnan-gnan

Si certains aiment la politique, pour ma part, j'aime le cinéma. J'ai, étant jeune, eu ma periode poster 4x3 placardé face à mon bureau. J'ai traversé la folie "StarWars" alors que je marchais à peine et savouré les trois "Back To The Future" une bonne demie douzaine de fois chacun. Je connais les répliques des deux "Bronzés" par coeur, j'ai cauchemardé sur les quatre "JAWS" et connu mon premier orgasme cinématographique voilà prêt de quatre ans, le cul posé devant le premier des trois "Lord Of The Rings" (je précise que j'étais seul).

De toute évidence, j'aime les films à suites. Films d'autant plus inoubliables lorsque que tous les chapitres sont bons. C'est assez rare, mais ca arrive...

Alors imaginez mon état lorsque j'ai été informé il y a quelques mois, de la sortie prochaine du premier épisode d'une "septulogie". Une septulogie fantastique, pleine de trolls, d'elfes, de nains, de minotaures, d'animaux qui parlent, de tout plein d'éléments féeriques susceptibles me disais-je (le con), d'à nouveau me procurer cette montée aux rideaux, ce panard intégral, cette jouissance filmique ressentit devant Aragorn et sa bande (et j'ai pas dit "grâce" à Aragorn hein !...).

"The Chronicle of Narnia" est une production Disney. Le fruit d'une réflexion simple. "Le Seigneur des Anneaux a crevé le plafond, on a loupé le coche mais on va rattraper le coup avec le même genre de connerie féerique". Il nous faut donc un Tolkien (C.S. Lewis), un Peter Jackson (Andrew Adamson), des Hobbits (Susan, Lucie, Edmund & Peter), un Aragorn (Aslan), un Sauron (la sorcière blanche), un grand panier à salade (BuenaVista) pour coller tout ça, et zoooo la bonne affaire se dit Basil : le tour est joué !

Une équation simple…mais totalement erronée.

Narnia est une fable pour les gosses. Une niaiserie du gabarit des histoires que ma grand-mère me racontait pour m’endormir, ou les plus moches finissent par niquer la reine du bal (j’ai une grand-mère très cool :). Une copie maladroite, maladroitement jouée, maladroitement mise en image par une équipe ne réalisant pas bien à quel monstre elle s’attaquait.

On lutte pendant prêt de trois heures pour ne pas éclater de rire devant le pseudo héro (v’la le héro !), Peter, jeune blondinet blafard pré-DiCaprio maniant l’épée comme un ballet à chiotte, Edmund le frère, rebel et traître repentit, armure trois tailles au dessus et Susan la soeur, gamine au physique coincé, charisme d’huître, maniant l’arc et les flèches avec autant de précision qu’Alesi sa Ferrari… Seule rescapée de ce massacre, Lucie la petite dernière, dont la justesse du jeu et la trombine d’ange sauvent cette pitrerie du zéro éliminatoire.

On s’emmerde malgré tout, dans l’attente d’une bataille qui nous en colle plein les mirettes. Bataille à laquelle on assiste finalement, qui se termine aussi vite et de la même façon qu’elle a commencé, c'est-à-dire n’importe comment (ça me rappelle la fin de "Matrix Revolution" tiens…).

Tout est trop simple, mal enchaîné, trop compartimenté. Pour couronner le tout, si les éléments en images de synthèses sont, il faut l’admettre, vraiment réussis, les costumes et surtout, surtout les maquillages des êtres dont j’ignore le nom (mauvaise copie des Orcqs du Seigneur) sont à l’image du masque en plastoc que je portais le jour de la fête de l’école : ridicules !

Reste à souhaiter que pour le deuxième volet, certains éléments soient repensés car il m’est avis qu’à ce train la, c’est le gadin assuré.

Plus que six et c'est la quille…

05 janvier 2006

R.I.P. SWIFT : part II

Je les vois tous la, en train de laisser leurs commentaires de merde, blagues vaseuses au sujet de moi, de ma conduite douteuse, de ma bagnole pourrie : et bien je vous merde !!

Cette fois ci…C’EST PAS DE MA FAUTE !!!

Ce matin (le 5 janvier de l’an 2006). Froid de canard, heure ou on devrait pas être debout (8h44 punaise !) je passe devant chez Peugeot. Je me dis que, pour éviter de me choper ma seconde prune à 11 euros de la semaine, je vais parquer ma poubelle boulevard Robespierre (raisonnement totalement idiot puisque les stationnements requièrent un disque dans tout Poissy !). Me voilà engagé. J’ai froid. J’en ai ma claque de tous ces connards qui me tournent autour, de ces klaxons assourdissant, de ces feux stop dont mon pare-brise embué décuple l’intensité. J’ai mal à la tête. Au secours, Nat réveille moi !!

Y a pas de place, ah si en voilà une. A disque. Je suis à la bourre, tant pis je la prend, je verrai ce soir si j’ai eu de la chance.

Pas la peine d’attendre si longtemps : une demie seconde, et un sifflement de disque humide plus tard, la réponse me saute au visage (avec mon volant) : NON !

Non Julien aujourd’hui tu n’aura pas de chance ! Non Julien tes problèmes de flouze n’intéressent personne, pas même dame providence. Dame providence qui s’acharne sur toi comme Jack l’Eventreur sur l’une de ses victimes.

J’ouvre ma porte, pas sonné mais presque. Sous mes pieds craquent les morceaux de plexi de mon feu arrière gauche. Il n'est pas encore 8h46.

Frayeur pendant un moment : mon agresseur aurait il prit la fuite. Je bouillonne, je vais exploser la gueule à quelqu’un. Comment peut on ne pas voir la voiture qui vous précède ? Je m’attend à tomber sur Gilbert Montagné. Et bien non, c’est Myriam B. qui sort de sa Fiat Stilo.

Chose dingue : je reste zen (mais alors zen, un truc de malade !). Mes premiers mots : "rien de cassé ?". Elle me dit que tout va bien. Elle me demande si j’ai un constat amiable. Je lui dit que non. Elle en sort un de sa boite à gants.

Elle prend son téléphone. Au bout, ça gueule. Elle raccroche, il rappel. Je n’entend que les réponses mais devine les questions. "Non c’est à droite" que je vois bien, rétorqué a un "t’as tapée à gauche à l’avant ??...si c’est ça on va faire passer ça pour un refus de priorité, embobine le ce blaireau !".

On remplit la paperasse à deux. Je lui dicte sa plaque d’immatriculation. "Pas la peine de faire un croquis?" Je lui dis que si. Je fais un croquis. On signe, tout le monde est content sauf nous deux. L’année commence bien me dit elle, j’acquiesce. Elle repart dans sa Fiat au capot tordu. Je me gare la ou j’avais prévu de me garer. Mon pare-chocs touche ma roue. Il est 9h17.

La journée passe bien vite. Finalement ma voiture, je m’en fiche un peu. Je déclare le sinistre à la MACIF. Je tombe sur une dame charmante qui me dit que je vais être indemnisé à 100%. Si les réparations dépassent le prix du véhicule, la MACIF me rachète le bolide au prix fixé par l’expert. Compte tenu de l’état de mon cul de Swift, je commence à m’y préparer.

Et voilà. 22h51, j’achève cette article. Devant chez moi, ma bagnole (qui a fait le chemin Poissy/Le Pecq en warning à 30 km/h) ne ressemble plus à rien (sans commentaire).

Deux possibilités donc :
- Je n’ai résolument pas de chance. Le danger, c’est les autres.
- Je conduis comme un pied.

Comme mes croyances s’arrêtent à ce qui est certain et que la fatalité, c’est bon pour le cinéma…je crois que la messe est dite.

Nat, pardonne moi !