Je suis, pour la première fois, sortit de la salle en ayant en tête non pas le film pour lequel j’avais payé, mais belle et bien l’une des bandes annonces qui le précédait.
Le film en question, "The Fountain", est sans doute un excellent travail mais une fois de plus, j’avoue avoir quelques difficultés à en dire du bien. Une fois de plus car, j’avais ressentit exactement la même sensation en sortant du dérangeant "Requiem for a Dream" du même Darren Aronofsky qui m’avait autant fait chier que pétrifié d’horreur et perdu dans mes songes. Un sentiment particulier, à mi-chemin entre la joie d’avoir côtoyé le génie d’un Aladin de la pellicule, et la frustration de ne pas y avoir pigé grand-chose...
Mais ce soir, ma satisfaction est ailleurs. Cette soirée est une majestueuse réussite. Il aura fallu 2’07’’ d’images d’une insolente beauté, rythmées par une divine mélodie à vous tirer les larmes des yeux pour donner un sens à ma présence dans cet UGC, au 18€ que me coûte ma carte chaque mois, pardonner les problèmes de RER (au ralenti dans les tunnels…un régal), justifier la construction même de ce cinéma et bénir les frères Lumières…
"Cashback". Derrière ce titre de film à la Chuck Norris, semble en fait se cacher une sorte de rêve éveillé. Une dimension parallèle, un autre cinéma, une approche différente de cet art majeur qui régit mon existence depuis bien longtemps. "Cashback" est un OVNI…ou devrais-je dire un OFNI…
Cette œuvre, à mon sens plus à considérer comme une toile de maître, que comme un long métrage, semble être la matérialisation même des délires d’un homme, Sean Ellis, photographe de profession. Alambiqué comme une toile de Dali, j’ai dans l’idée que nous devrions retrouver dans cette adaptation de court-métrage, une pléthore de splendides images, plans hallucinants et situations tant ubuesques que poétiques. La bande annonce semble en tous les cas, abonder dans ce sens.
Ce n’est pas la nudité sur grand écran qui donne toute son âme à ces 2’07’’, mais simplement l’enrobage. La mise en image et le montage même de cette bande annonce nous prouvent bien que plus qu’une question de moyen, le 7ème art est avant tout une question de talent.
C’est juste beau. Et ça doit se savourer comme tel…