13 octobre 2007

Après la pub

Etonnant ce débat qui entoure Frédéric Beigbeder. Etonnant car ce gars la n’est pas le genre de gars que l’on vénère ou que l’on déteste (un peu comme Dieudo, vous voyez le genre ?). Il peut être les deux à la fois, et ça il faut reconnaître que ce n’est pas courant.

Pour ma part, si le personnage (car il est bel et bien un personnage) me sort par les yeux, je suis en constant émerveillement devant son œuvre (oui, son "œuvre") et surtout, assez admiratif devant un type qui arrive à faire de l’argent (en quantité assez considérable semblerait-il) en racontant sa vie. Car soyons clair, j’ai beau ne rien y connaître en littérature, j’ai tout de même un avis sur son travail. Son style à lui, c’est non pas "de ne pas en avoir" (ca aurait fait une jolie phrase "Son style à lui, c’est de ne pas en avoir" mais ce n’est pas ce que je pense…) mais plutôt de simplement mêler "discours au présent" (J’ouvre les yeux. J’ai la bouche poisseuse, et le nez encore enfariné de la veille…) et figure de style trash (…à ma droite, une portoricaine sosie de J.Lo. fini de se masturber avec un godemiché électrique à l’effigie du Pape)… Il est comme ça. Il fouille dans ses souvenirs, rapporte tout à maintenant, retranscrit l’ensemble le plus fidèlement possible en forçant le coté provoc ‘ (une once de partouze, un soupçon d’ecsta et un poil de cul… ;).

Alors non, lorsqu’on me dit qu’écrire un livre de Beigbeder est à la porté de tout le monde, je ne suis pas d’accord. Ecrire un livre de Beigbeder est à la porté de tous ceux qui ont vécu comme Beigbeder. De tout ceux qui, comme lui n’ont pas peur de balancer sur le monde moderne, l’argent roi, l’économie mondiale, et de se gaver de pognon grâce à ça (on appelle ca, "cracher dans la soupe"). De tout ceux qui ont un budget "pute de luxe" chaque mois (moi j’ai des tickets restos, un autre genre...), une Amex aux bords usés, des sachets de coke planqués dans chaque pièce de la maison (au cas ou), un grand lit sous un grand miroir, une grosse cylindrée, pas de crédit, et 50% de leurs fringues encore étiquetées dans leur penderie. Ces mêmes personnes qui rentrent dans les clubs chicoss sans faire la queue, qui laissent des pourboires démentiels au vestiaire du Cab (lorsqu’ils n’ont pas leur carré + vestiaire VIP), et dont le service en porcelaine douze pièces, n’a jamais servit…

En pourcentage, quelle part de la population répond à ces critères ? 0,05% ? Et encore…

99F, le film, apparaitra comme un joyaux, pour ceux qui ont aimé le livre. Une histoire un peu modifié mais un même message. Ian Kounen, le plus talentueux des réalisateurs détestés, nous livre la un long métrage presque plus décalé que le livre. Ca fait grincer des dents à s’en péter l’email mais c’est un délice. La meilleure des tortures. Du jamais vu.

Bref. Frédéric, tu es grand. Tu es une merde, mais une merde qui me rend, à chacun de tes coups d’éclats, plus heureux de ne pas être comme tes héros (donc comme toi?). Je t’aime et je te déteste et c’est la tout le paradoxe…

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