27 octobre 2008

Demain ?

Plus le temps passe (et dieu sait qu’il passe) plus j’ai le sentiment que je vais, avec l’âge, devenir un vrai connard (plus que maintenant, je veux dire…). Il y a des signes qui ne trompent pas.

Le premier, et pas des moindres : je n’ai que 29 ans et pourtant, déjà cette sale impression de tout le temps parler du passé. Un peu comme si le meilleur était derrière moi.

Dernier exemple : ce soir dans mon bureau. Claire, éternelle stagiaire (on ne compte plus ses passages parmi nous), pétillante comme un Perrier, a l’âge de la pyramide du Louvre. Elle est née alors que Wilander remportait Roland Garros. Juste avant le dernier mandat de Mitterrand. Elle n’a jamais connu Coluche. Ni Desproges. Ni LeLuron. Ni Balavoine.

Il est 18h30, la miss entame de ranger ses affaires, et me suggère avant de prendre congé, de couper Ben Harper (désolé mec…) pour une petite session blind test si chère à Ardisson, Arthur, Nagui et toute la smala.
Moi, sympa, soumet donc à ses esgourdes alertes, une petite sélection de mon cru. Mode facile pour commencer. Balavoine donc…

Cinq minutes et un L’Aziza + Dieu que c’est beau plus tard, ma Claire est bouche bée. Fouillant dans sa toute jeune mémoire de vingtenaire, on sent pointer sur ses pommettes roses, les prémices d’un embarras que je n’avais pas vu venir. Car effectivement, si j’ai encore en mémoire, les morceaux d’hélico du chanteur, éparpillés sur les dunes du Sahel, pour elle, il n’en est rien. Et c’est logique. Elle avait en 86, un âge négatif. Elle n’était qu’un projet. Une ébauche de futur. Ou carrément, une idée folle.

Moi, grand couillon, dans ma logique débile à la Forever Young, suis en train de prendre conscience que, plus que mon âge, c’est mon statut qui change année après année. Je suis de moins en moins celui qui savoure les histoires ou subit les leçons de morale. Le cul entre deux chaises, je suis en passe de devenir trop vieux pour écouter, mais pas assez pour raconter. C’est comme si l’âge de raison frappait à ma porte. Cette période de la vie où on prend des décisions, des risques et où on commence à tirer des leçons de ses erreurs.

J’ai 29 ans. Si c’est déjà la crise un peu partout dans le monde, j’ai l’impression que la mienne commence à peine. Et comme elle a un nom, je me dis que je ne dois probablement pas être le premier à y faire face.

Ca n’aide pas vraiment, mais ça rassure un peu…

12 octobre 2008

Astérix et périls…

En 91 j’avais 11 ans. Un jour, un gars de ma classe m’a gentiment proposé de faire un tour, avec deux autres convives, dans le tout fraîchement inauguré Parc Astérix.

A cette époque, la structure a à peine deux ans. Ca ne sent plus bon la peinture fraîche (deux ans quand même, ça a eu le temps de sécher) mais on devine, en arpentant les chemins animés, une véritable volonté de bien faire. Facile à cette époque, de tailler le bout de gras avec Panoramix ou causer tricot avec Bonemine, les personnages de la BD étant légion [bruit de cymbales] dans l’enceinte du parc.

L’attraction star, s’appelle Goudurix. On comprend pourquoi. Un grand huit hallucinant. Un must dans le genre. Les allées sont propres. Les manèges sont neufs. Et le ciel est bleu.

Samedi dernier, même endroit. Depuis notre place de parking (Parking numéro 3, baptisé Cartapus. Prix : 7€. Réglé en liquide) on distingue difficilement, dans une purée de pois à vous effrayer un Londonien, la silhouette vieillissante du maître des lieux. On se pèle les meules, et le ciel d’une blancheur quasi éblouissante ne présage rien de bon.

La première attraction après avoir passé les guichets, et un classique du genre. Celle qui m’avait marqué, 17 ans auparavant. Le Grand Splash (wow !) n’a en réalité de grand que sa file d’attente. Embarcation rouillée comme une vieille 4L et dont l’état général aurait fait fuir un boat people, parcours sans intérêt entre des fougères mortes et des fontaines en pannes. Et du coup, une fin en apothéose que l’on apprécie à peine, toute notre attention étant capté par les trous béants (jadis comblés par des vis) de notre rafiot. Une misère.
On ressort donc de la, un poil frustré, et une touffe humide. Un délice par 10°.

S’en suivent quelques sensations pas vraiment sensationnelles. La Trace du Hourra, tout sauf marquante, surtout après 1h30 d’attente, Le Vol d’Icare, moyennement planant, et L’Oxygenarium, une sorte toboggan géant que l’on dévale à bord de grosses piscines manquant d’air pour 30% d’entre elles. Très rassurant.

Trop de monde pour Goudurix (et après l’andouillette de 12h30 je ne suis de toutes manières pas chaud chaud), ne reste que Tonnerre de Zeus, sorte d’hyper structure en bois de cagette, sur laquelle dévale un chapelet de petits chariots (des montagnes russes quoi...). La pour le coup, ça déboîte. Et surtout ça ne chlingue pas la rouille et la crasse.

Bref, une expérience amusante mais un peu inquiétante. Il règne la bas une atmosphère très Mirapolis. Et quand on connaît la funeste fin du géant à la fourchette, on est un peu inquiet pour le petit moustachu.

Pas encore de quoi vous filer des insomnix. Mais bon...

09 octobre 2008

Le bain d'Amy

Que ceux (les 4 lecteurs de ce site) qui n’ont pas encore vue "Mirrors" (et qui ont envie de le voir) s’abstiennent de lire ce qui suit.

Y a des choses qui, dans la vie, vous marquent plus que d’autres. Un évènement heureux ou pas (victoire au foot, accident, baise d’enfer, humiliation etc…), un film, un paysage surréaliste, une fille, deux filles ou que sais-je encore…

Hier, alors que le programme annonçait soirée ciné, la journée s’est finalement terminée par une soirée ciné privée (comprendre son dég' et image crados qu’un écran non-plat aurait tout aussi bien rendu…). Bref une misère.

Le film, Mirrors, long métrage de pseudo horreur orchestré par Alexandre Aja dont on avait déjà pu "apprécier" la scène de viol immonde en caravane, dans l’excellent remake de La colline a des yeux, est l’un des rares depuis bien longtemps, où l’on peut voir Kiefer Sutherland incarner un autre personnage que celui de Jack Bauer (faudrait checker sur IMDB mais je dois être dans le vrai).

Soyons honnête, ce film colle vraiment les jetons. Mais le pire. La chose vraiment marquante la dedans, c’est cette scène déjà anthologique ou l’on voit Amy Smart, nue (déjà marquant en soi, mais pas de quoi créer un trauma), endurer les sévices infâme de son reflet dans le miroir.

Si cette scène est absolument incroyable, c’est déjà par son coté gore sanguinolent, affreusement réaliste, mais aussi parce qu’elle touche ce personnage en particulier. Belle, nue (je le répète mais ça décuple l'aspect dramatique), totalement innocente, attachante et dont on était surtout persuadé que rien ne pourrait lui arriver puisque totalement étrangère au drame enduré par le personnage principal (le susdit Kiefer S.).

Cette scène est une torture visuel, plus par la situation (le lieu et la victime qui ne comprend rien à ce qu’il lui arrive) que par les images en elles même pourtant bien dégueulasses (en gros, elle s’arrache la mâchoire avec les mains… enfin c’est un peu plus complexe que ça…).

Ca dure à peu prêt une minute. La minute vraiment beurk du film.

Quoi qu’il en soit, l'ensemble est vraiment plaisant. C’est un film d’horreur (ou du moins d’épouvante) qui fait peur. Et ça faisait si longtemps que j’en avais pas vu que ça m’a fait tout drôle.

Enfin, tout peur quoi…

02 octobre 2008

Bed & Breakfast

L’aventure. Un mot qui fait briller les yeux des blasés qui s’emmerdent. L’aventure, c’est un truc qu’on a tous en nous. Ca veut tout et rien dire. C’est indéfinissable.

Il y en a un qui a tout compris. Ou du moins qui nous proposera, le 19 novembre, son interprétation de l’aventure.

Antoine de Maximy est un gars en apparence normal. Depuis 2004, il nous arrose de ses reportages d’un peu partout. Son objectif : aller dormir chez les gens. Comme ça. Sans payer. Une sorte de Pékin Express sans Stéphane Rotenberg.

Affublé d'une chemise rouge à la Gérard Holtz, et talonné par un caméraman qui j’imagine, n’échangerait sa place pour rien au monde, il nous a déjà gratifié d’un paquet de nuitées tout autour du globe. Mali, Japon, Australie, Bolivie, Inde, Cambodge, Chine, Éthiopie, Pérou, autant de destinations mises en avant par ces reportages pour le moins originaux.

Dans "J’irai dormir à Hollywood", Antoine De Maximy tente une nouvelle fois l’expérience. Une subtilité toutefois : ce n’est pas chez n’importe qui qu’il devra passer la nuit, mais chez une star d’Hollywood. Pas moins.

Alors certes, on imagine allègrement que la présence d’une équipe télé doit considérablement changer la donne...
Mais vous ? Vous laisseriez dormir sur votre sofa, un journaliste polonais (ou canadien, ou turc...) dont vous n’avez jamais entendu parler ?

Honnêtement ?

Clair qu’avec moi, il reprend son caméscope et il dégage direct ! ;)