Le premier, et pas des moindres : je n’ai que 29 ans et pourtant, déjà cette sale impression de tout le temps parler du passé. Un peu comme si le meilleur était derrière moi.
Dernier exemple : ce soir dans mon bureau. Claire, éternelle stagiaire (on ne compte plus ses passages parmi nous), pétillante comme un Perrier, a l’âge de la pyramide du Louvre. Elle est née alors que Wilander remportait Roland Garros. Juste avant le dernier mandat de Mitterrand. Elle n’a jamais connu Coluche. Ni Desproges. Ni LeLuron. Ni Balavoine.
Il est 18h30, la miss entame de ranger ses affaires, et me suggère avant de prendre congé, de couper Ben Harper (désolé mec…) pour une petite session blind test si chère à Ardisson, Arthur, Nagui et toute la smala.
Moi, sympa, soumet donc à ses esgourdes alertes, une petite sélection de mon cru. Mode facile pour commencer. Balavoine donc…
Cinq minutes et un L’Aziza + Dieu que c’est beau plus tard, ma Claire est bouche bée. Fouillant dans sa toute jeune mémoire de vingtenaire, on sent pointer sur ses pommettes roses, les prémices d’un embarras que je n’avais pas vu venir. Car effectivement, si j’ai encore en mémoire, les morceaux d’hélico du chanteur, éparpillés sur les dunes du Sahel, pour elle, il n’en est rien. Et c’est logique. Elle avait en 86, un âge négatif. Elle n’était qu’un projet. Une ébauche de futur. Ou carrément, une idée folle.
Moi, grand couillon, dans ma logique débile à la Forever Young, suis en train de prendre conscience que, plus que mon âge, c’est mon statut qui change année après année. Je suis de moins en moins celui qui savoure les histoires ou subit les leçons de morale. Le cul entre deux chaises, je suis en passe de devenir trop vieux pour écouter, mais pas assez pour raconter. C’est comme si l’âge de raison frappait à ma porte. Cette période de la vie où on prend des décisions, des risques et où on commence à tirer des leçons de ses erreurs.
J’ai 29 ans. Si c’est déjà la crise un peu partout dans le monde, j’ai l’impression que la mienne commence à peine. Et comme elle a un nom, je me dis que je ne dois probablement pas être le premier à y faire face.
Ca n’aide pas vraiment, mais ça rassure un peu…
5 commentaires:
Allez, joyeux anniversaire mon Jule !!! Courage... :)
Si ça peut te rassurer, je ne te connais pas depuis assez longtemps pour noter le changement... ^^
Au niveau du poids, si.
J'arrête pas de bouffer, tu vas voir, ça fait peur ! ;)
29, c'est dur, plus que 30 finalement... Tu as une année à te dire, l'année prochaine c'est 30 et une fois que c'est arrivé et bien c'est juste arrivé. C'est dur pour tout le monde et plus ça va, pire c'est... Nous voyons pointer les 40, je ne te dis pas l'angoisse... Pour moi ce n'est pas le poids, mais les cheveux blancs, et c'est horrible aussi...
la roue tourne pour tout le monde.
don't worry, be happy :)
Vieillir c'est déjà être vivant, non ??
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