24 mars 2003

Bangkok - Thaïlande

On la chérissait avant même d’y être cette ville de Bangkok…et non pas pour les raisons contenues dans le titre (pas uniquement). Des tonnes de choses nous rendaient impatients d’être ici, de la nourriture soi-disant délicieuse, aux fêtes bien arrosées qui, soi-disant, ne s’arrêtent jamais, en passant par l’affluence de jolis minois soi-disant pas farouches qui pullulent dans les rues…nous avions amassé dans nos crânes à peine remis de la claque indienne des tonnes de clichés qui paraissaient un peu gros pour s’avérer vrais à cent pour cent…et pourtant…

C’est à 5h 45 que ma montre sonne ce vendredi 21 mars. Nous émergeons assez facilement et saluons Jean-Loup à moitié endormi que nous nous promettons de retrouver quelques jours plus tard dans la capitale thaïlandaise. Katmandou, tôt le matin, est assez agréable… On a du mal à imaginer qu’à peine deux heures plus tard, ces même rues seront bondées de voitures, rickshaws et que l’air frais du matin deviendra de nouveau à peine respirable…

L’aéroport de Katmandou est le troisième de notre aventure, après ceux de Roissy et Chennai, dans lequel nous passons. Il n’a évidemment pas les mêmes passerelles à la StarTrek que celui de Paris, mais on est également loin, très loin, de l’aéroport de fortune sur lequel s’était posé notre Boeing, à Chennai. Le bâtiment est propre, les indications assez claires et le personnel qualifié (du moins il en a l’air…) Il s’avère en revanche que les pilotes de la Royal Népal Airlines ont pour leur part un léger problème de formation. S’entraînent-ils sur PlayStation ?…Franchement je ne pense pas, sinon ils piloteraient mieux que ça… Les personnes qui me connaissent sont à peu près toutes au courant de ma phobie de l’avion. Les personnes qui connaissent Baptiste savent à peu près tous qu’il n’en est pas à son premier vol. Il est donc normal en sachant cela, que je balise à l’atterrissage…mais que Baptiste lui-même se cramponne à son siège en serrant les dents, c’est déjà un peu plus étonnant. Nous avons tout simplement eu LA grosse frayeur, la faute à un temps pas mal nuageux à l’approche de Bangkok, et aussi, sans doute, à un style de pilotage un peu cavalier. Si l’on retranscrit les évènements en partant de M-10 avant l’atterrissage, voilà à peu prêt ce qu'il s’est passé : M-10 : nous entamons notre descente vers Bangkok. La vue est claire. M-8 : perdus dans les nuages…on ne voit plus rien. L’avion tremble. Quelques trous d’air. M-6 : ça se calme…les gens recommencent à parler. Le pilote nous fout de la ‘zique pour nous détendre…çà ne me détend pas DU TOUT (ça me rappelle les violonistes sur le Titanic) M-5 : nous pénétrons de nouveau dans de gros nuages. Il pleut. Nous entrapercevons tout de même le sol quelques centièmes de secondes…nous ne sommes plus très haut. M-3 : La piste n’est plus très loin. L’atterrissage approche, et pourtant, l’avion pique encore du nez. Ca tremble de nouveau. M-2 : idem…nous descendons toujours. Baptiste me dit qu’il n’a jamais vu un truc pareil, malgré plus d’une cinquantaine de vols à son actif. Je m’accroche au siège de devant. Trou d’air. M-1 : nous sortons du nuage mais il pleut à torrent. Le sol est tout près. L’avion ne se cabre toujours pas. S-30 : Violents coups d’ailes, à droite puis à gauche. Perte d’équilibre de l’appareil qui semble ne pas parvenir à s’aligner sur la piste. Une femme pousse un hurlement quatre rangées derrière moi. Baptiste est blanc. Je ferme les yeux. S-10 : Le Boeing se cabre au dernier moment et pose son gros cul sur la piste. Je commence à respirer. Rire nerveux de Baptiste. Quelques cons applaudissent…y a vraiment pas de quoi… Voilà globalement comment se sont passées les choses…vraiment pas le meilleur souvenir du voyage.

Nous sortons de l’appareil, les jambes en coton et partons à la découverte de l’aéroport de Bangkok. Pour donner une idée à ceux qui ne le connaissent pas, l’aéroport de Bangkok, c’est Roissy en plus moderne. Tout est nickel. Une succession de grands halls marbrés avec des inscriptions partout. Ca brille, ça sent bon et y’a la clim’…agréable… Après récupération des bagages, sans problème, nous nous dirigeons vers la porte de sortie (automatique la porte, il va de soi…) en quête d’un hypothétique bus pour nous mener à Khao San Road. La porte ouverte, c’est un air moite, chargé d’humidité et surtout supra chaud qui nous fouette le visage…quelque chose d’assez impressionnant. Après quelques mètres vers la station de bus, nous transpirons déjà à grosses gouttes. Les bus ne sont pas rares à Bangkok, et il est apparemment facile d’aller un peu partout, depuis un peu partout. Deux catégories de bus se distinguent. Les rouges, sans clim, et apparemment assez lents, et les jaunes, plus modernes, offrant une clim’ bien efficace (on caille presque à l’intérieur) et une vitesse de pointe, semblerait-il légèrement supérieure. Nous essayons les deux…

Plus d’une heure pour traverser la ville, et déjà le sentiment que nos clichés sur la Thaïlande ne sont pas si exagérés que cela, notamment concernant la population féminine… Pour sûr, la Thaïlande, c’est pas l’Inde. Une bombe atomique tous les dix mètres, arborant pour la plupart des T-Shirts à inscriptions bien décalées comme il faut, et mettant en valeur leurs atouts…qui s’en plaindrait ? L’ado thaïlandaise typique est belle, fine, élancée et son accoutrement que certains qualifieraient de provoquant ne l’empêche pas d’être assez élégante, à sa manière. On peut être plus ou moins fan…je ne vais pas cracher dans la soupe, perso, je trouve ça pas mal du tout… Anyway… Nous débarquons a Khao San Road, mouillés comme des vers solitaires et entamons la remontée de la rue, les yeux grands ouverts, voyant défiler en quelques minutes tout ce qu’on ne verra jamais en France. Luxur’ Land, Contrefaçon Land, Deprav’ Land, appelez cette ville comme vous voulez, le fait est qu’ici on trouve de tout…on trouve de tout, et pour pas cher… Y a le meilleur comme le pire, le bon goût comme le mauvais. On nous arrête à deux reprises pour nous proposer des filles. Le sexe a ici la place que la fumette avait à Katmandhou, et il est aussi facile de se dégoter une fille en Thaïlande que de fumer au Népal…mais je reste néanmoins persuadé que fumer au Népal reste moins dangereux. On a beau être jeune, fou, et à Bangkok, il faut savoir raison garder, et tête froide conserver…même quand ça chauffe…

Nous portons notre dévolu sur la LEK House qui, pour 260 bhats (la devise locale), nous propose une chambre, sans salle de bain mais néanmoins clean… Dur de réaliser que nous ne sommes plus au Népal, et que la Thaïlande, bien que très cheap, revient tout de même un tantinet plus cher…

Nous retrouvons nos petites anglaises le soir même, ici depuis deux jours, et partons ensemble nous taper la cloche au Gulliver (où nous retrouvons Matt et Andréa, un couple d’anglais, assez marrant !), un bar bien sympathoche, en Happy Hours entre 18 et 21h… Je claque 1000 bhats en une après-midi… La Thaïlande c’est cheap…mais qu’est-ce qu’on claque…

Je regagne ma chambre seul (Baptiste ayant pris congé plus tôt dans la soirée, sans doute un peu décalqué par le voyage), et me fait accoster par une bomba (appelons une chatte une chatte) qui m’enlace en me demandant un peu de mon temps… Ben c’est balo j’ai plus un radis, je suis un peu rond comme une queue de pelle et j’ai oun poquito envie de roupiller… Je prends poliment congé en promettant de revenir dans de meilleures conditions…mais c’est bien connu, je ne tiens jamais mes promesses (panique pas Maman !)… Je rentre et m’endors…

Il est encore tôt lorsque le bruit de la rue me fait ouvrir l’œil. Notre chambre, à l’évidence, n’est pas au top, niveau isolation sonore. La douche prise (ici c’est deux par jour, minimum) nous changeons d’hôtel et optons pour une chambre moins chère, non loin de Khao San Road, et soi-disant plus calme (Sylvain, un canadien voyageur, nous la recommande…). Les affaires déballées, nous passons claquer un gros beck à nos anglaises afin de connaître leur programme. N’étant pas décidées à bouger (elles sont en petite tenue, dans leur pieu à mater la télé, un milk-shake chacune) nous décidons finalement, avec Baptiste, de nous rendre à Pantip Plazza, le bastion du high-tech, pour enfin mettre la main sur le chargeur de batterie qui nous fait défaut depuis Varanasi (une grosse panne d’ordi, un coup dur pour top-départ).
Un voyage en rickshaw plus tard (ici ils sont surpuissants, de vrais bolides !), qui aura tout de même été marqué par un arrêt assez étrange chez un marchand de tissus. Il semblerait que les chauffeurs de rickshaws puissent se faire payer l’essence par les magasins à qui ils amènent des clients… Perso ça m’a vraiment énervé… Bref, nous changeons de rickshaw sans rien donner au premier qui nous a un peu pris pour des bouffons, et arrivons finalement à Pantip Plazza. Nous entrons…

Dingue. Un centre commercial monumental uniquement consacré au high-tech. C’est immense, et la pointe de la technologie est ici, vraiment édifiante. Un lecteur DVD ne coûte pas plus de soixante-dix euros, un appareil numérique surpuissant, à peine cent cinquante euros. Le tout est éparpillé sur cinq niveaux desservis par des escalators. C’est Surcouf, en dix fois plus grand, dix fois moins cher et avec dix fois plus de choix… On peut voir sur le même étalage, des DVD pirates des Walt Disney, juste à coté de toute une ribambelle de films hard. «Mulan», «Pocahontas», et «Par où t’es rentré on t’a pas vu sortir», en dolby digital…cherchez l’erreur… Tout est faux, tout est illégal, mais tout le monde s’en fout… C’est ça la Thaïlande…et c’est vraiment du délire… Après plusieurs essais, nous atterrissons finalement directement chez Toshiba. Ils ont ce que nous voulons, mais paradoxalement, c’est un peu cher. Près de soixante-dix euros, une petite fortune ici. Je fais l’erreur de payer avec ma carte (mais qu’est-ce qui me prend, bon sang…je suis drogué ou quoi ??)…en espérant ne pas avoir de mauvaises surprises en regardant mes comptes d’ici quelques jours… Nous quittons Pantip, faisons une halte rapide au Burger King (la première fois que j’y vais de ma vie…c’est pas dégueux et il y a de vraies tomates dans le whopper…) et regagnons notre hôtel.

La soirée est plutôt calme. Les anglaises sont pas trop motivées, et moi-même je marche au radar. A même pas 11h, tout le monde est au pieu.

Troisième jour. Au programme aujourd’hui, le Floating Market (marché flottant). Nous rejoignons Matt, Andréa, Maddy, Gemma et Ruth, stoppons deux rickshaws et après une négociation féroce, partons pour le susdit marché. Je ne sais pas trop où ça a merdé, mais le fait est qu’aucun des deux rickshaws n’arrive à bon port. Le nôtre (nous sommes avec Matt et Andréa) nous dépose au Week-end Market, un marché IMMENSE, où on trouve de tout (eh oui, là aussi !). Nous avons perdu les filles et le marché est si grand que nous ne les reverrons pas avant le soir. Nous entamons notre visite. Se succèdent, sous nos yeux émerveillés, tous les articles qu’il est possible de vendre en ce bas monde. DVD, montre, fruits, légumes, bijoux, habits, lunettes de soleils (des Ray-Ban à trois euros…étrange…), chiens de races, serpents, araignées, poissons multicolores, peintures (des oeuvres, et des pots !), matos hi-fi, vidéo, faux papiers (si, si, c’est officiel. On peut se faire faire une fausse carte d’étudiant, ou un faux permis…y a des magasins qui ne font QUE ça, délirant !), tatouages (vais peut-être y faire un tour) et j’en passe… Le tout est très économique. En une après-midi, je claque près de 800 bhats (à peine vingt euros…) Nous rentrons à l’hôtel sous une pluie battante, le déluge.

Nous partageons, encore (ça devient une habitude) un bon petit repas en compagnie de nos amis du moment et finissons la soirée en petit comité (je suis seul en compagnie de Matt, Andréa et Maddy) dans un petit bar non loin de notre hôtel (ce dernier dont je n’ai d’ailleurs pas parlé, mais qui s’avère vraiment dégueulasse, nid à cafards et paradis pour les rats…j’en ai vu en prenant ma douche…).

Je ne sais pas trop de quoi demain sera fait, il y a tant de choses à visiter ici…

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