03 avril 2003

Chiang Mai - Thaïlande

Bon…on peu apprécier Bangkok sans pour autant scotcher sur le popotin des petites de Khao San Road… Après pas loin d’une dizaine de jours passés dans la capitale, chacun à vaquer à ses occupations (je vous laisse imaginer…), nous avons décidé, Baptiste et moi-même, enfin, de prendre notre envol vers Chiang Maï. J’utilise le mot « envol » juste pour le style…nous avons pris le bus, comme d’hab’...enfin presque comme d’hab’… Nous étions plutôt habitués au bus chers et moches, conduits par des manchots. Eh bien pour le coup, nous avons été bien surpris : imaginez un peu, pour à peine 2,5 euros (100 bhats) faire près de 700 bornes dans un bus avec clim’ et des super sièges qui se rabaissent, et qui ont un porte-gobelet sur le rabattant ! Que demande le peuple ? Nous sommes, encore et toujours, en compagnie de l’ami Jean-Loup, et de nos petites anglaises qui nous permettent, jour après jour de travailler notre langue (je parle d’anglais, bien sur).

Il est 7h du mat’ lorsque nous débarquons à Chiang Maï, en éveil. La température est fraîche (entre 22 et 25 degrés, pas plus…), le ciel est clair et les rues déjà bien remplies. Nous vagabondons, sacs aux dos, dans les rues pendant une vingtaine de minutes, avant de mettre la main sur un petit hôtel (qui par le plus pur des hasards s’avèrera rempli de Français) dans une ruelle calme non loin du centre ville. Nous partageons une chambre triple avec Jean-Loup, ce qui fait tomber le prix à moins de 90 bhats/personne…dérisoire… L’hôtel est dans le style typiquement thaïlandais, fait de pierre et de bois exotique (du teck), ce qui rend le tout plutôt agréable. Nos quatre britishs, quant à elles, s’installent dans la guest-house voisine, la nôtre ne proposant pas de chambre assez grande pour les loger toutes.

Les sacs déballés, nous nous lançons à la découverte de la ville. Première destination, le marché. Intéressant de se promener dans ses allées ou l’on trouve de tout. Amusant d’observer les multiples contrefaçons de marques de renom : Dadida pour Adidas, Tuna pour Puma et j’en oublie… Pas étonnante en revanche, la réaction des vendeurs lorsque l’on tente de prendre une vraie photo de leur fausse marchandise…ils sont pour ainsi dire pas très chauds, plutôt réticents même… Nous sortons du marché en sueur (il y fait une chaleur assommante) et partons chacun de notre côté, découvrir le reste de Chiang Maï. Pour ma part, je me laisse porter par le hasard, et tombe nez à nez avec deux des quatre anglaises, avec lesquelles je partage un Coca (original…) à la terrasse d’un café… Nous rentrons deux heures plus tard retrouver les autres et partageons ensemble un succulent dîner dans le resto jouxtant notre guest-house.

Deuxième jour à Chiang Maï. Au programme, location de moto et petit tour dans les environs de la ville avec Jean-Loup. Les motos en question sont en fait de petit engins de 125cm3 à mi-chemin entre le scooter et la moto. Quatre vitesses et des pointes flirtant avec 100 km/h…c’est assez étonnant lorsque, comme moi, on n'a jamais enfourché autre chose (je parle d’engins motorisés…) que les motos de la foire du Trône… Tous se passe bien, nous partons en direction d’un lac à quelques kilomètres de la ville. L’endroit est agréable, nous nous y arrêtons pour déguster un bon déjeuner, dans de petites maisons sur pilotis, les pieds dans l’eau. Nous prenons ensuite la direction d’un parc à éléphants mais nous heurtons à des portes fermées. Fin des représentations à 14h et notre montre pointe déjà sur les 16h…mauvais calcul… Le reste de la journée se résume à une suite de kilomètres sans trop savoir où nous allons. Nous nous arrêtons à deux reprises pour regonfler le pneu de Baptiste qui montre, comme qui dirait, de gros signes de crevaison… Nous retournons sur Chiang Maï vers les 18h30 et tombons en plein pendant le marché du dimanche. Nous y faisons un tour rapidement et décidons, au bout d’une heure de marche, de nous rentrer…c’est là que j’ai merdé… C’est en mettant la clef dans le contact que j’ai senti la première goutte d’eau…puis la seconde. Bref, en à peine cinq minutes, c’est le déluge. Jean-Loup s’arrête sur le bord de la route pour trouver un abri, car il est bien connu qu’il n’est guère prudent de rouler sur une route détrempée. Je roule derrière lui…et freine…sur une plaque de fer…là ou ça dérape… Résultat, la roue se bloque bien, mais la moto, elle, continue son chemin avant d’être stoppée par le feu arrière de celle de Jean-Loup, qui vole en éclat sous le choc. C’est de la location, je suis pas dans la merde…donc… Conséquence : 550 bhats à déverser pour réparer ça (soit environ 12 euros…). C’est pas le Pérou mais quand même, je m’en serais bien passé.

Le soir, nous cassons quelques peu les habitudes. Pas de regroupement comme à l’accoutumée. Alors que Jean-Loup et Baptiste partent de leur côté, je partage quant à moi, une bonne binouze avec Maddy dans un « Irish Bar » devant…la finale du tournoi des Cinq Nations. Finale opposant, l’Irlande, justement, à l’Angleterre, justement… Score final : 45 à 6 pour l’Angleterre, une Maddy ravie mais des Irlandais dégoûtés, à qui l’amertume de la défaite n’enlèveront pas l’envie de picoler…impressionnant… La soirée se termine peu avant minuit. Je rentre à l’hôtel encore sonné par les hurlements tantôt d’encouragement, tantôt d’insultes de la meute verte que je viens de quitter. Maddy, elle, a le sourire jusqu’aux oreilles. Son pays a gagné, et de la plus belle manière qui soit.

Troisième jour, Baptiste et Jean-Loup partent, seuls, au petit matin (nous devons rendre les motos à midi précis) à la découverte d’un temple sur les hauteurs de la ville. Je ne les suis pas, un peu sonné de la soirée de la veille…l’erreur… L’erreur, car à la vue des photos, ce temple paraît fabuleux, immense et immanquable…je l’ai pourtant manqué…la faute à moi… La soirée qui suivra sera la dernière avec l’ami Jean-Loup. Nous partirons en effet le lendemain matin, sans lui pour un trek de trois jours au sud de Chiang Maï. Au programme, un peu de rafting, une petite balade à dos d’éléphant, mais surtout beaucoup de marche à travers les villages les plus paumés de la Thaïlande. Nous sommes la veille de son anniversaire, l’occasion rêvée pour descendre quelques bières. Nous partageons également une bouteille d’alcool de fraise achetée sur le marché le midi même. Un délice !

Décollage le lendemain à l’aube, donc, pour le susdit trek. Pas grand chose à ajouter. Un premier jour de marche sous un soleil de plomb, après deux bonnes heures de 4x4. Un succulent repas le soir, suivi d’un spectacle que nous offrent les enfants du village. Deuxième jour, idem. Marche épuisante récompensée par une baignade dans le torrent, sous la cascade et une nuit dans la jungle, bercée par le bruit de l’eau. Troisième jour, éléphant le matin, pendant près d’une heure, et descente de la rivière en début d’après-midi pendant le même laps de temps. Retour sur Chiang Maï vers 18h30. Je me dois tout de même de souligner la présence, pendant ce trek, de Caroline et Olivier, un couple de Français avec qui nous n’avons cessé de délirer et de raconter des bonnes blaguounettes bien franchouillardes mais pas vraiment finaudes…poilantes à souhait !!

Nous quittons Chiang Maï non sans regret, un peu précipitamment, et disons par la même occasion au revoir à Olivier et Caroline d’une part, et à nos petites anglaises, d’autre part, que nous ne quittions plus depuis notre trek Népalais…émouvant…

Objectif : Phnom Penh pour le 8 avril, ou mes chers parents viendront nous rejoindre pour une durée avoisinant les deux semaines. La route est longue jusqu’à la capitale Cambodgienne, et les échos que nous avons reçus au sujet des transports dans ce pays ne sont pas vraiment excellents.

Les trois jours qui vont suivre vont sans doute se révéler bien crevants…on en a vu d’autres…

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