24 avril 2003

Koh Lanta - Thaïlande

Bangkok c’est bien nickel…mais y a un moment ou il faut savoir tirer sa révérence. Nous aurons en tout, passé pas loin de douze jours dans la capitale Thaïlandaise, largement de quoi commencer à prendre ses petites habitudes…alors forcément, au moment du pliage des gaules, ça fait comme un petit pincement au cœur.

Et pourtant, nous ne partons pas vraiment pour le bagne, loin s’en faut. C’est sur Ko Lanta que nous jetons notre dévolu, emportant avec nous par la même occase, nos trois comparses anglaises dont nous ne pouvons décidément plus nous séparer… Le voyage est à l’image des précédents. De nuit, of course, dans le froid polaire d’un bus surclimatisé, nous obligeant à nous couvrir pour tenter de dormir les miches au chaud.

Tout se passe pour le mieux, du moins c’est ce que nous pensons (les explications suivront…) en arrivant à Ko Lanta après deux petits interludes marins frisant les dix minutes chacun (il a fallut embarquer le minibus sur un bateau navette pour rallier la cote à la première île, puis la première île à la seconde : Ko Lanta Yai)
Il est pas loin de 13h00 lorsque nous déposons, enfin, nos sacs dans le petit bungalow a quelques dizaines de mètres de la plage. L’endroit est modeste mais toutefois de meilleure qualité que ce que nous avions connu à Ko Chang, pour un prix quasi similaire. Une maisonnette faite de bambou et de ficelle, perchée sur quatre pieds, abritant un lit double sous moustiquaire (indispensable la moustiquaire…le lit double un peu moins…) une table de nuit d’époque Pompidou, un tantinet vermoulu, et un ventilateur (indispensable aussi) Toshiba trois vitesses plutôt efficace et modérément bruyant. Dans la pièce voisine (car il y a deux pièces, et oui !!) des toilettes non-turcs, et une douche dont la pomme présente un léger disfonctionnement (ça pisse que par un trou…étrange…) C’est pas le Sofitel mais ça fera très bien l’affaire. Nous partons, à peine nos sacs posés, nous plonger dans l’eau translucide et quasi à ébullition qui encercle l’île (sinon ce serait pas une île). Apres une bonne demie heure dans la flotte, à scruter la plage, dans l’espoir d’apercevoir nos britishs en bikini, courrant pour nous rejoindre, nous décidons d’aller frapper à leur porte pour savoir ce qui, grand dieu, justifie une si longue attente…leur réponse me glace le sang…

Depuis notre départ, nous n’avons, ni moi, ni Baptiste, rencontré aucun problème de vol…il fallait que ça arrive un jour ou l’autre…mais estimons nous heureux, ça aurait put être pire. Si nos amis étaient en retard, c’est qu’elles étaient en fait, en train de vérifier le contenu de leur sac respectif, car, grande surprise, il semblerait que, pendant son sommeil, quelqu’un ai dérobé à Ruth, pas moins de cinquante dollars, pourtant enfermés dans son sac, lui même verrouillé par un cadenas à trois chiffres, le tout dans la soute du bus. Nous décidons aussitôt, avec Baptiste, de vérifier à notre tour si le voleur s’est attardé sur nos baluchons. Résultat des courses : une trousse de toilette partit en fumée (la mienne) contenant un vieux rasoir Braun couvert de scotch, qui ne rasait plus grand chose, une boite neuve de coton tige carrefour, une brosse à dents Colgate, dure, utilisée pour la première fois le lendemain du réveillon de la St Sylvestre (je vous raconte pas la gueule de la brosse, surtout quand on sait qu’il s’agit du réveillon 2001), un dentifrice Vademecum mal bouché (donc tout sec au bout), un peigne (avec quelques cheveux) et pour finir (et c’est ça qui me chagrine le plus) un couteau multifonction (provenance : Nature&Découverte) généreusement offert par l’un de nos partenaires. Putain de misérable : se faire chier à trouver la combinaison de mon cadenas pour ça…franchement je rêve… Baptiste quand à lui, n’a rien perdu et a même récupéré un rouge à ongles qui ne lui appartenait pas …vraiment n’importe quoi ! Je me défoule pendant cinq minutes en gueulant des insanités, mêlées à quelques insultes racistes sur le peuple Thaïlandais, puis retourne me baigner en ronchonnant (ce qui me connaissent n’auront guère de mal à imaginer la scène).

Nous passons la fin de la journée à jouer au ballon dans l’eau, ce qui lorsqu’on est à la plage n’est pas la plus originale des occupations… Nous partageons ensuite un délicieux repas au milieu de toujours aussi peu de monde (le coins de l’île sur lequel nous nous trouvons est vraiment désert malgré un nombre impressionnant de bungalows…désespérément vide…) et filons nous coucher les uns après les autres, épuisés par cette après midi sportive à courir (ou plutôt nager) après la baballe. Je m’attarde tout de même sur la plage avec la plus courageuse des trois anglaises, pour profiter d’un ciel étoilé absolument fabuleux (plan drague un peu cliché, je vous l’accorde…)

Il est prêt de 10h00 lorsque la chaleur me fait ouvrir l’œil. Comme d’hab’, Baptiste est déjà debout depuis deux heures. Cette journée ci ne sera pas vraiment différente de la veille. On se baigne, on bronze, on joue au ballon, on nage…nous louons tout de même des masques et des tubas histoire d’admirer les fonds marins. Y a de la poiscaille, mais selon Baptiste, rien de comparable avec les fonds marins multicolores qui nous attendent en Nouvelle Calédonie. Moi qui n’ai jamais vue de poisson ailleurs qu’au rayon « mer » du Carrefour Montesson ou dans les émissions de Cousteau, je suis assez enchanté par le spectacle auquel j’assiste…

Le soir venu, nous partons en quête d’un restaurant un peu plus animé que celui de la veille. Apres une bonne vingtaine de minutes de marche sur la plage, nous stoppons devant celui qui semble le mieux convenir à nos attentes. Personnellement je ne regrette pas. Nous dégustons, pour un prix légèrement supérieur à nos habitudes (après tout, c’est notre dernier repas avec les anglaises, que nous quittons définitivement demain, après pas loin d’un mois de voyage groupé quasi ininterrompu), un succulent repas, arrosé d’un vin rouge Thaïlandais plus proche d’un jus de raisin Cidou que d’un Petrus 82…mais bon…à deux euros la bouteille, c’est un petit peu logique… Nous saluons nos amies une toute dernière fois avant d’aller nous coucher, car notre départ très tôt le lendemain ne nous permettra sans doute pas de leur faire la bise avant de grimper dans notre bus…

Nous quittons Ko Lanta au petit matin, direction la Malaisie, sans avoir aperçu un seul candidat, ou ne serait ce qu’une trace du jeu débile qui déchaîne les passions dans l’hexagone. Dommage, j’y aurait bien foutu ma merde (genre pisser sur leur feu ou leur barboter leurs fringues…amusant…)

Ko Lanta, c’est fait…à quand l’île de la tentation ?...

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