15 mai 2003

Bali - Indonésie

Mais que se passe-t-il ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que les choses ont pris une tournure légèrement différente de ce à quoi nous nous attendions.

Explication: Bali, dans les esprits, c’est quoi ? Plages paradisiaques, sable fin, eau translucide, canons en bikini, petits bars sur la plage, ambiance d’enfer... bref, l’île où il fait bon vivre et faire la fête... grossière erreur! Car ici si tous les éléments sont réunis...il manque le principal: l’ambiance. Mais où celà coince-t-il? A vrai dire je ne sais pas trop. Nous nous attendions à trouver moins de touristes pour les mêmes raisons que d’habitude : SARS et guerre, auxquelles vient s’ajouter ici la bombe qui tua 228 personnes au « Sari Club » il y a près de huit mois... et pourtant les touristes sont présents . Ils sont même assez nombreux, comparé à la Malaisie et Singapour, désespérément déserts... Ce qui a manqué en fait, c’est le temps, car huit mois, c’est trop court pour oublier ce qui c’est passé ici.

Nous débarquons de notre 747 de la Qantas à minuit passé. L’aéroport de Denpasar n’est à première vue pas le plus crados que nous ayons connu... mais ne vaut pas non plus celui de Singapour. Nous remplissons le traditionnel questionnaire visant à savoir si nous avons ou pas léché la pomme d’un malade du SARS dans les vingt-quatre heures précédant notre arrivée, ou si nous transportons une bouteille de gaz reliée à un détonateur dans notre sac à dos. Nous répondons non pour le SARS et préférons ne rien dire pour la bouteille. Une fois la paperasserie remplie, nous partons en quête de nos sacs et là nous nous retrouvons quatre mois en arrière, à l'époque ou nous étions en Inde avec ses "casse-couilles" d’habitants... Deux lascars patibulaires rappliquent et demandent où est mon sac. Ils sont basanés, petits, moches et portent des costumes ressemblant à celui des forces de l’ordre locales... J’évite donc de faire l'idiot, et désigne du doigt, mon Lowe Alpine. A peine apparaît-il sur le tapis roulant qu'ils se se jettent dessus et me font signe de les suivre. "Ca y est, il vont fouiller mon sac"! Que nenni! Après avoir parcouru à peine... quoi? vingt mètres, ils le posent à terre et me demandent de l’argent pour le service!!! (l’Inde je vous dis !!). Moi, un peu décalqué par le voyage mais pas débilos pour autant, leur signale que, malheureusement (pas de bol) je n’ai pas d’argent sur moi. Ils désignent alors du doigt un « ATM » (distributeur de flouze) pensant sans doute que j’allais être assez bête pour tirer de l’argent. Moi, réponse à tout, leur explique que quelqu’un m’attend à l'extérieur pour me prendre en charge, ce qui explique que je n’ai pas non plus de carte bleue et que de toute manière je n’ai pas besoin d’argent. Ils se découragent alors et partent en courant tenter leur chance auprès d'un autre pigeon.

Bon début... et première leçon . En Indonésie, recompte tes doigts quand tu serres une main... Ah les bâtards !

Après avoir remis mon précieux sac sur le dos, direction la sortie où je tombe nez à nez avec Baptiste (qui avait pris un peu d’avance sur moi), le Marsouin (comprenez : Max, le frère de Baptiste) et la Mama (comprenez : Claire, la mère de Baptiste). Après les accolades d’usage et les banalités de retrouvailles, nous prenons ensemble, la route de l’hôtel que notre comité d’accueil avait choisi pour nous (notre chambre était même déjà réservée), sympa! Nous tapons la discute jusqu’à tard dans la nuit avant de sombrer dans le coma jusqu’au matin.

Notre première journée balinaise s’annonce plutôt calme. Comble de l’originalité, nous allons à la plage. C’est un peu dans les vapes (un voyage, ça crève, l’air de rien) que nous découvrons la mythique Kuta Beach. Pourquoi mythique? Pas la moindre idée... L’eau est claire, mais rien à voir avec Ko Lanta, sa température est acceptable, mais rien à voir avec Ko Lanta, le sable est fin, mais rien à voir avec Ko Lanta... et il y a pas mal de touristes qui se font dorer la pilule ou qui surfent... toujours rien à voir avec Ko Lanta ... Bref, si ce lieu est mythique, c’est sans doute plus à cause de ses nuits de folie que pour sa plage... mais là encore, ça bloque... Une nuit au Touquet en plein décembre offre, j’en suis sûr, plus de sensations fortes que dix à Kuta Beach tant la plage est MORTE passé 22h. Déprimant!!!

Nous passons la seconde partie de l’après-midi au marché de Denpasar, un lieu multicolore ou se mêlent trente odeurs différentes (pas toujours agréables, il est vrai) au mètre carré. Le repas du soir ne transpirera pas l’originalité non plus. Je vous le donne en mille: Du riz, avec des légumes et du poulet dissimulés sous un nom que nous ne connaissions pas : « Nasi Goreng Super »... chic, chic, chic !!! Extinction des feux peu avant minuit après une franche poilade avec le marsouin sur le balcon de notre chambre, sans doute le lieu le plus animé de tout Kuta.

C’est le "cul" posé sur une moto que nous passerons la majorité du jour suivant. Car l’un des gros problèmes de Bali, c'est que l’île est grande, et se déplacer n’est pas une partie de plaisir. Nous tentons tous de même le coup et décidons de louer trois mobs’ pour la journée afin de nous rendre à l’une des principales attractions de Bali, son volcan (ou même ses... car, il me semble qu’il y en a plusieurs) dont la dernière éruption remonte à 1973). Nous enfourchons nos bécanes alors que la petite aiguille de ma montre (qui est digitale mais bon...c’est juste pour le style) pointe sur le neuf. L’arrivée jusqu’à Denpasar n’est déjà pas une mince affaire. Pourtant, cela ne représente que 5% de la totalité du chemin à parcourir. Là alors, les choses deviennent vraiment lourdingues, limite agaçantes . Un basané en uniforme nous stoppe, pour nous demander nos permis (un prétexte encore pour essayer de nous soutirer de l’argent...). On nous avait mis en garde contre ce genre de piège. Ca n’a pas loupé. Il faudra au marsouin une bonne dizaine de minutes d’un speach ininterrompu, lui expliquant grosso modo que si l’île est désertée par les touristes, c’est à cause de "connards" comme lui, que nous sommes étudiants, donc sans le sou, et qu’un permis n’a jamais été obligatoire (en Indonésie pas plus qu’ailleurs) pour piloter une pétrolette comme celles que nous avions entre les cuisses, et qu’on commençait à en avoir ras le bulbe de ce pays où tout est sujet à enfilage (à sec, et avec le sourire s’il vous plaît). C’est des vacances après tout... Enfin,le policier nous laisse partir, en râlant (tant que ça nous coûte pas de flouze, il peut crier autant qu’il veut...). Nous apprendrons plus tard qu’il est rarissime que les flics lâchent le morceau aussi facilement et donc que nous avons eu beaucoup de chance.

Après ces quelques petites tracasseries sans conséquence désastreuse, nous parvenons à quitter Denpasar, dans une nuage de fumée à peine respirable et à rejoindre le (ou les...on sait pas, donc…) si prisé(s) volcan(s).

Voici un visage de Bali beaucoup plus plaisant. Devant nos yeux encore tout irrités par le gaz d’échappement des douze trente huit tonnes que nous venons de doubler, se dresse un panorama digne d’un puzzle Ravensburger. Au centre, le (ou l’un des...bref...) volcan est dissimulé derrière une légère brume de chaleur qui le rend somptueux, à sa droite un lac gigantesque dans lequel viennent se refléter les montagnes environnantes (d’autres volcans, peut être...). Le tout au milieu de fleurs essentiellement roses, dont j’ignore le nom exacte. En deux mots, "cé bo" !!! Un vilain gargouillis vient interrompre ma béatitude devant ce spectacle Dalissime. "Ce serait-t'y pas l’heure de casser la croûte par hasard" ? Nous partons donc en quête d’un resto à prix abordable (moins de deux euros par tête). Il nous faudra pas moins de trois tentatives avant de trouver un resto qui accepte de pratiquer des prix raisonnables. Les autres compensant le manque de touristes par une inflation délirante du prix des menus (près de quatre fois plus cher que ce que nous trouvions à Kuta). Ben voyons... Nous négocions finalement un repas pour dix mille roupies chacun : une broutille... Après avoir filé une claque sévère au buffet à volonté, nous reprenons la route de Kuta, avec passage obligatoire par Denpasar. Galère... Arrivée à Kuta vers les 21h30…repassés. Nous tenons encore à peine debout...

La journée du lendemain sera une copie carbone de la première : plage pour tout le monde... Cette activité à première vue reposante, demande en fait une condition physique athlétique, tant il est épuisant à longueur de journée, d'envoyer paître les trente vendeurs qui défilent à la minute pour essayer de vous vendre leurs trésors. De l’arc et ses flèches (facile à transporter...nickel pour prendre l’avion), aux paréos multicolores, en passant par des cigarettes bon marché, des glaces à foison, et des sculptures diverses et variées, (le bouddha restant néanmoins le sujet inspirant le plus le sculpteur balinais). Bref...comme la veille, lorsque sonne 22h, tout le monde dort déjà. Nous aurons tout de même tenté avec le marsouin une excursion dans l’un des clubs dit branché (on les compte sur les doigts d’une main depuis l’attentat du Sari Club) de Kuta Beach. Le Bounty, c’est son nom. Un bar en forme de voilier sur deux niveaux, censé enflammer (sans mauvais jeu de mots) la côte, à la nuit tombée. Eh bien ce soir là, le Bounty n’enflammera pas grand-chose, à part notre envie de partir. C’est révoltés (du Bounty...), que nous le quittons pour regagner notre guest-house.

C’est un rayon de soleil en plein visage qui me tire de mon sommeil ce matin-là. Il fait déjà chaud... Le programme d’aujourd’hui me laisse un peu dubitatif. Nous envisageons de prendre un taxi pour la journée afin de nous rendre dans un soi-disant temple de l’autre côté de l’île. La moto nous ayant un peu traumatisés, nous partons donc en quête d'un chauffeur pour la journée. C’est la mama qui prend les choses en main et nous dégotte le taxi qui pour la modique somme de 200 000 roupies (soit environ vingt euros) accepte de nous conduire au fameux temple et de nous ramener à Kuta. Nous prenons la route sur les 10h30... Arrivée au temple...
gloups... trois heures plus tard. Dur ! Le plus drôle tout de même, venu pour visiter un temple, nous n’avons en réalité trouvé qu’un jardin, certes magnifique, mais dépourvu du moindre édifice religieux. Même si les fontaines à l'architecture balinaise ornant l’allée centrale de ce coin de verdure sont somptueuses, nous nous demandons vraiment si ce spectacle valait les trois heures de route que nous venions de nous taper. Nous prenons tout de même une ribambelle de photos pour justifier le déplacement, avant de recoller nos moites popotins sur le skai de la Toyota Camry (c’est le nom du modèle) faisant office de taxi pour trois nouvelles heures. Nous arrivons à Kuta épuisés (très original) et n'avons plus avec le marsouin la force de rendre visite au mou du genou Bounty, préférant la dégustation d’un Coca cuvée 2003 sur le balcon de notre chambre (nos deux visiteurs nous quittent déjà demain... faut rendre cette soirée inoubliable. Ouais. Top la fête!)

Le lendemain , petite séance de « Ce n’est qu’un au revoir... » à l’aéroport de Denpasar lorsque la mama et le marsouin passent avec succès le détecteur de métaux. En plus d'un grand plaisir, leur venue nous aura permis de vivre quelques bonnes tranches de rigolade dans ce si morose Bali. Nous voici à nouveau tous les deux à Bali…pour encore quatre jours.

Alors quékonfé ? T’as pas une blague de Toto ?... ou alors un morpion dans le sable ? Nous optons finalement pour la plus originale des occupations, la bronzette (au grand désespoir de Baptiste pour qui rester le cul posé sur le sable plus de cinq minutes relève de l’exploit).

Peut-être devons-nous cette fin de séjour indonésien en apothéose à Franck, un français (et oui, tout arrive !!!) croisé sur la plage, la mama et le marsouin ayant à peine décollé leurs trains (je parle des roues de leur avion) de la piste de l’aéroport de Denpasar. Un gars plutôt sympa, la trentaine, fêtard à souhait. Il a le mérite de nous avoir fait rester au Bounty tard dans la nuit. Car si les boîtes parisiennes commencent à s’animer les douze coups de minuit à peine retentis, le Bounty lui, ne se remplit vraiment que vers les 1h00 (et des bananes) du mat’et là ça chauffe... De la touriste en tenue moulante à perte de vue... du local baraqué Milka transpirant sur le dance-floor... des cocktails alcoolisés circulant dans tous les sens au milieu de quelques "Bintang Beer" (la marque locale)..., tous les éléments sont réunis ici pour contenter le jeune (ou moins jeune) en quête de soirée mouvementée. Le seul petit hic se situe au rez-de-chaussée (là je parlais du premier niveau de la boîte). Cet endroit reprend en fait toutes les caractéristiques du niveau 1 mais, remplacez la musique hip-hop, par de la techno trash bien bourrine et les touristes en tenues moulantes par des putes (aussi en tenues moulantes as well)...sympa...mais bon...

Nous passons tout de même deux soirées dans l’unique lieu qui bouge de toute l’île, sans trop nous préoccuper des filles de petite vertu qui nous entourent, ne quittant jamais des yeux nos bananes respectives (je veux parler de ces petits portefeuilles que l’on s’accroche autour de la taille...)

Nous quittons Bali, pour Darwin, Australie, le soir du 14 Mai non sans faire promettre à Franck de nous tenir au courant de la suite de son périple indonésien.
Nous changeons de pays et même de continent, après quatre mois pour le moins mouvementés dans une Asie meurtrie par un vilain virus et une guerre à la "con" (orchestrée par un con, donc...) L’Australie nous fait rêver...nous ne devrions pas déchanter...

1 commentaire:

Anonyme a dit…

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