28 octobre 2007

Travailler moins pour faire chier plus

Superbe séjour, nous voilà de retour avec une image plein les mirettes. Ci-dessus, notre album photo.

Merci Air France, merci du fond du coeur.

Je me joins à la cause du personnel naviguant. Nathalie, moi même ainsi que les 473 autres âmes qui étions censées prendre place à bord du vol AF346 sommes fiers d'avoir sacrifié nos 10 jours de vacances (ainsi que les quelques heures de préparation, location de bagnole, reservation d'hôtel qui vont avec...) pour vous permettre, enfin, de travailler dans des conditions acceptables et plus comme à la légion.

Vraiment c'est un honneur. Et le fait que ce voyage était un cadeau d'anniversaire n'y change rien. Non, serieux ca me fait plaisir.

Je vais même verser ma petite larmichette, allé...

...et bon anniversaire Nathalie !

Dans le cul le caribou...

Air France en grève, nous ne partirons pas au Canada comme prévu pour cause de vol annulé.

Après plusieurs jours à attendre des trains qui n'arrivent jamais pour cause de grèves d'une poignée de connard qui refusent de bosser comme tout le monde, nous voilà aujourd'hui confronté à une nouvelle race de gréviste.

J'ignore leurs motivations exactes, je constate simplement qu'ils ont préféré viser les vacanciers ayant économisé pendant des mois pour se payer leur voyage, plutôt que les businessmans en voyage d'affaire en se foutant en grève le premier week-end des vacances de la Toussaint.

Classe, vraiment réfléchit et d'une générosité sans borne.

La vérité, j'ai honte pour eux...

15 octobre 2007

Ah que Johnny !

Triste soirée, triste fin.
Des dizaines de milliers de supporters dont un petit 10% en provenance de l'île du nord, et un bon 20% de gros connards bourrés à la bière (tous de chez nous, ceux la...).

Résultat, des crânes ouverts par des cannettes volantes (et pleines...) et des insultes à sens uniques. Je cite "Ferme ta gueule ! Ferme ta gueule putain de gros fils de pute de Rosbeef" et ce dés la transfo salvatrice puis le drop assassin de Wilkinson. Pendant un instant, assis à proximité d'un groupe d'anglais à la fête, j'ai eu honte d'être Francais.

Une sale soirée donc. Trop de monde, pas de son, un écran géant minuscule (à 200 mêtres, pas étonnant) et à la clé, une défaite que l'on osait pas imaginer...

J'en aurais chialé mais les plus forts ont gagné.

Don't be sorry, good game anyway...

13 octobre 2007

Après la pub

Etonnant ce débat qui entoure Frédéric Beigbeder. Etonnant car ce gars la n’est pas le genre de gars que l’on vénère ou que l’on déteste (un peu comme Dieudo, vous voyez le genre ?). Il peut être les deux à la fois, et ça il faut reconnaître que ce n’est pas courant.

Pour ma part, si le personnage (car il est bel et bien un personnage) me sort par les yeux, je suis en constant émerveillement devant son œuvre (oui, son "œuvre") et surtout, assez admiratif devant un type qui arrive à faire de l’argent (en quantité assez considérable semblerait-il) en racontant sa vie. Car soyons clair, j’ai beau ne rien y connaître en littérature, j’ai tout de même un avis sur son travail. Son style à lui, c’est non pas "de ne pas en avoir" (ca aurait fait une jolie phrase "Son style à lui, c’est de ne pas en avoir" mais ce n’est pas ce que je pense…) mais plutôt de simplement mêler "discours au présent" (J’ouvre les yeux. J’ai la bouche poisseuse, et le nez encore enfariné de la veille…) et figure de style trash (…à ma droite, une portoricaine sosie de J.Lo. fini de se masturber avec un godemiché électrique à l’effigie du Pape)… Il est comme ça. Il fouille dans ses souvenirs, rapporte tout à maintenant, retranscrit l’ensemble le plus fidèlement possible en forçant le coté provoc ‘ (une once de partouze, un soupçon d’ecsta et un poil de cul… ;).

Alors non, lorsqu’on me dit qu’écrire un livre de Beigbeder est à la porté de tout le monde, je ne suis pas d’accord. Ecrire un livre de Beigbeder est à la porté de tous ceux qui ont vécu comme Beigbeder. De tout ceux qui, comme lui n’ont pas peur de balancer sur le monde moderne, l’argent roi, l’économie mondiale, et de se gaver de pognon grâce à ça (on appelle ca, "cracher dans la soupe"). De tout ceux qui ont un budget "pute de luxe" chaque mois (moi j’ai des tickets restos, un autre genre...), une Amex aux bords usés, des sachets de coke planqués dans chaque pièce de la maison (au cas ou), un grand lit sous un grand miroir, une grosse cylindrée, pas de crédit, et 50% de leurs fringues encore étiquetées dans leur penderie. Ces mêmes personnes qui rentrent dans les clubs chicoss sans faire la queue, qui laissent des pourboires démentiels au vestiaire du Cab (lorsqu’ils n’ont pas leur carré + vestiaire VIP), et dont le service en porcelaine douze pièces, n’a jamais servit…

En pourcentage, quelle part de la population répond à ces critères ? 0,05% ? Et encore…

99F, le film, apparaitra comme un joyaux, pour ceux qui ont aimé le livre. Une histoire un peu modifié mais un même message. Ian Kounen, le plus talentueux des réalisateurs détestés, nous livre la un long métrage presque plus décalé que le livre. Ca fait grincer des dents à s’en péter l’email mais c’est un délice. La meilleure des tortures. Du jamais vu.

Bref. Frédéric, tu es grand. Tu es une merde, mais une merde qui me rend, à chacun de tes coups d’éclats, plus heureux de ne pas être comme tes héros (donc comme toi?). Je t’aime et je te déteste et c’est la tout le paradoxe…

29 septembre 2007

Alerte aux cons

"Julien G. Date de naissance, 30 octobre 79. Célibataire, pas d’enfant. L’homme pianote sur un antique clavier IBM qu’un manque d’entretien évident a rendu poisseux comme une tétine de nourrisson..."

Y’a vraiment des jours ou on ferait mieux de rester au lit. Genre hier.

8h00, France info. Le journal, précède la chronique pas drôle d’une godiche à qui je ne prédis pas un avenir florissant sur les ondes. J’ai mal au dos, au bras…partout en fait, la faute à de vilaines courbatures et une reprise du sport un peu brusque.

Dehors, temps de merde. En plus ca caille. C’est gueule enfarinée et merde au coin de l’œil que je me présente sur le quai de la gare. C’est bondé, comme d’hab. A ma droite, un gus appuyé contre un pilier, se roule une cigarette et me sort pour l’occase une baveuse de St Bernard dotée d’un piercing d’assez bon goût, numéroté façon boule de billard (la numéro 8, la noire…). Pas vraiment envie d'y jouer…

Je somnole dans mes pensées débiles, le regard absorbé par la cravate Asterix d’un quinquagénaire dégarnie, quand une blondasse sévèrement poitrinée se met à hurler à l’autre bout du quaie. Elle court après son sac à main, solidement harnaché à la pogne bagousé d’un merdeux en jean baskets qui manque de me faire trébucher.

Reflex pas trop salvateur. Je tends machinalement la main vers cette hanse qui flotte au vent et parvient je ne sais pas trop comment, à prendre possession du sac (une horreur de chez Burberry) sous les regards interloqués de mon St Bernard junkie, et son pote gaulois.

La belle histoire.

Et bien non, car apparemment aussi surpris que moi et semblerait il, quelque peu déséquilibré dans sa course, le merdeux ne trouve rien de mieux à faire que de nous gratifier d’un somptueux plongeon à la Manaudou dans les escaliers bétonnés menant aux souterrains.

J’ai l’air d’une lopette, regard dans le vide, bouche ouverte, sac pendouillant à la main.

Miss gros poumon (à qui il ne manque que le maillot de bain rouge et la bouée qui va avec) récupère son sac pourrit, me remercie à peine…et s’en retourne à l’autre bout du quai ! Pour rappel, à cinq mètres derrière elle, un petit groupe est en train de se former autour de Laure (Manaudou, faut suivre…) qui se tord de douleur en bas de l’escalier, en baragouinant des insultes à mon attention, à celle de ma mère péripatéticienne, mon anus, et ma descendance…

Trente minutes plus tard, je suis le cul vissé sur une chaise, face à l’agent Schmidt (ca ne s’invente pas…) et à son PC en fin de vie…

J’en ai plein le dos. Ce qui devrait durer 10 minutes prend une éternité. Il m’annonce que le voleur de sac moche est sain et sauf et que, je cite "aucune charge ne sera retenue contre moi". J’hésite entre vomir ou pouffer de rire. Manquerait plus que ça. Je me fais également reprocher de ne pas avoir retenue Pamela (Anderson, faut suivre…), dont le témoignage aurait pu faire "gagner un temps précieux". La je manque carrément de tomber de ma chaise…

Bref, après un sermon que même mon père n’aurait jamais osé m’imposer, je retrouve finalement ma liberté en m’estimant heureux d’avoir échappé au toucher rectal (des fois que j’y ai planqué le rouge à lèvre de Pamela, sait on jamais...).

Il est midi passé, j’arrive au taf. La standardiste me dit que j’ai une sale gueule et commence à me charrier sur une soit disant panne d’oreiller.

Je lui ouvre le crane avec un cendrier…



Cédric, j’ai bien eu ton commentaire sur mon précédent post. Mais puisque je n’ai rien à dire, et bien je suis obligé de faire marcher mon imagination.

Quand à savoir ce que je ferais si une blonde aux gros seins se faisait gauler son Burberry, ça l’histoire ne le dit pas...

08 septembre 2007

Not so funny...

Earl est un pauvre type. Un boulet. Il est à la société ce que la moule est au ponton. Préservé la tête hors de l’eau par des larcins minables, ce mec est une merde.

Dans cette série from states, "My name is Earl" où Jason Lee incarne de bien belle manière le sus-dit loser, il est question de karma. Le karma est, pour les non avertis, une sorte de philosophie de la vie qui consiste à faire le bien pour provoquer le bien. La parfaite interprétation de l’adage bien connu "on récolte ce que l’on sème". Soit bon dans la vie, et la vie sera bonne avec toi…

Bref, s’il est aujourd’hui question de karma c’est qu’en ce moment au boulot, c’est un peu l’hécatombe et qu’il semblerait vraiment que celui (le karma) de l’agence dans laquelle j’évolue soit au jour d’aujourd’hui de bien mauvaise humeur.

Le bon coté, c’est que si il nous arrive des merdes à nous (gaufrages en deux roues notamment), les clients eux, ne sont apparemment pas scrutés par ce mauvais œil. Taux de perte zéro, ils sont tous revenus à bon port.

On a prévu de faire venir un marabout avant la fin du mois pour nous aider à faire tomber la malédiction.

Quand à moi je vais bien mâcher mes cacahuètes, ne plus gober mes knacki-balls, et regarder deux fois avant de traverser. Ca serait trop con...

09 août 2007

Putain de semaine

Je serais passé, ces cinq derniers jours par toutes les couleurs de l’arc en ciel.

Semaine assez difficile, la faute à une bien triste nouvelle, tombée ce lundi. Le type d’événement qui vous donne envie de bouffer la vie à pleine dent tant celle-ci tient à peu de choses. Le genre de nouvelle qui vous donne envie de coller au rebus tous vos problèmes d’argent, de cul, vos petites histoires d’ongles pétés, de fierté mise à l’épreuve, de week-end gâché pour cause de pluie ou de portière égratigné par un connard qu’a pas regardé en ouvrant la sienne.

Bref, cette semaine, j’ai reçu comme un électrochoc. Ca fait la troisième fois que ça m’arrive mais sans doute étais-je les deux premières fois, trop jeune pour vraiment en tirer les leçons.

Cette fois je n’oublierai pas. Je me souviendrai que nul n’est à l’abris de l’impensable. Que la probabilité de faire LA combinaison de mauvais choix qui nous sera fatale est aussi faible qu’omniprésente.

Ca ne rendra pas la réalité moins dure mais ça pourrait bien nous éviter le pire…

05 août 2007

Love is gone

Bon, j'entend d'ici les mauvaises langues, dire qu'il est simple d'alimenter un blog avec ce genre de chose mais qu'importe... Je vous merde !

Voici LE clip du moment, réalisé de mains de maître. TOP !

David, ma parole t'es le meilleur ;)

02 août 2007

Cécile la conne

La vie est complexe. Le simple fait de tenir un blog en est la preuve. En effet, derrière chacune de nos lignes se cache une question à laquelle on ne se sent pas capable de répondre seul. Si l’on écrit pas pour provoquer l’échange ou tout du moins pour être lu, alors pourquoi tenir un blog et pas un journal intime ?

J’ai pour ainsi dire jamais été doué en calcul, mais force est de reconnaître que j’ai toujours aimé écrire. Le second article de ce blog-ci, portait sur mon journal intime. Un fichier word (pas de papier, ça reste jamais intime bien longtemps) tout ce qu’il y avait de plus simple, sur lequel je racontais tout. Je me prend à le relire de temps à autre…

En 1996 je suis en première dans un lycée high-tech. Mitterrand vient de lâcher la rampe et la télé nous passe en boucle les images de son labrador, qui ouvre la marche derrière le corbillard. Le monde nous déteste depuis que nous tuons les poissons du pacifique-sud à coup de bombes atomiques et toute une catégorie de jeunes (à laquelle j’appartiens) arrose son exemption du service national. Damon Hill est champion du monde de F1, la France arrache la coupe Davis à la Suède, et le PSG fait du football (si, si). Les Booster MBK se vendent comme les champignons à Ko Phangan, alors que Eidos vole la vedette à Marc Dorcel avec une natte et deux gros seins virtuels. Edifiant…

Je suis un gars gentils (comprendre "concon"), plein de bonnes intentions, et d’une naïveté qui agace. J’ai pas le permis, pas le bac, pas d’abonnement chez SFR et pas de copine. Je scotche sur une fille, Cécile (jamais trop su pourquoi, mais à la lecture du sus-dit journal et de la quantité d’articles qui parlent d’elle, j’étais clairement et définitivement accroc). Elle est brune, pas bien grande (un signe), ni vilaine pour un sous. C’est pas la star du lycée, ni la recluse à qui on vole son goûté. C’est juste une jolie fille. Pure. Simple. Touchante presque innocente, du moins c’est ce que pense le concon-naïf qui écrit.

C’est intéressant de se replonger la dedans de temps en temps. On réalise soudain qu’en à peine plus de dix ans, on en a quand même apprit un rayon et que la terre ne s’est pas vraiment arrêtée de tourner, bien au contraire.

Aujourd’hui, ma vision des choses a pas mal changé et j’ai vraiment du mal à croire que c’est bien moi qui ai écrit tout ça. C’est aussi touchant que navrant.

Exemple (qui vaut son pesant de cacahuète) :
- « …si j’ai une fille je l’appellerai Cécile… ». Consternant…

J’avais 16 ans. C’était en 1996. Je me rappelle précisément quand j’ai écrit ça. C’était très sérieux.

…et évidemment, je l’ai jamais niqué. La conne...

31 juillet 2007

Pasapalabra !

...c’était, un peu, LE mot de cette petite semaine à Barcelone, grosse ville de bord de mer qui entre DIREKT dans le top five de mes villes favorites.

C’est une cité agréable et vivante. En son cœur, un vieux quartier clairsemé de petite ruelles, dont certaines si étroites qu'elles ne laissent passer qu’un homme à la fois. Autour, la ville dite "nouvelle", quadrillage millimétré de boulevards gigantesques que bordent des commerces en tous genres, ainsi que d’imposants immeubles dont je souhaite aux résidents d’avoir adoptée la technologie du double vitrage…

Le tout, affublé d’un soleil généreux dont la douce chaleur ne faiblit qu’occasionnellement, et d’une plage qu’on m’avait souvent décrite comme pas fantastique, mais qui remplis en fait plus qu’honorablement sont rôle.

Là-bas, les gars sont musclés et arborent fièrement des tablettes de chocolats dignes d’un spot Côte d’Or, les filles sont comme dans les magazines de modes ou les pubs pour le parfum. Les gens sont beaux, cool et sportifs. Ils parlent certes un peu fort, mais sont à l’évidence bien dans leurs tongs.

A Barcelone, le soir après que le soleil ai disparu derrière les arbres longeant le littoral, on rentre chez soi. On fait (ou non) une halte chez le marchand de glaces et on déguste son bâtonnet Haagen Dazs cookies & cream en remontant l’avenue qui mène à la maison, on prend le temps de se laver, on sort son plus beau t-shirt, ses claquettes à paillettes pour, à nouveau se perdre dans les rues de la vieille ville entre les restos à tapas et les bars à sangria, jusqu'au levé du jour.

Je me plais à dire que Barcelone, c’est un peu Paris. Avec plus de rues piétonnes. Une mer à 24°. Moins de cons. Et du soleil toute l’année…

Rien à voir, donc…

Ah oui, j’oubliai Pasapalabra. Un jeux télévisé auquel je n’ai toujours rien pigé, mais que je me suis surpris à suivre avec autant d’attention qu’un France-Brésil 98.

Ces espagnols font décidément des miracles…

08 juillet 2007

Bruce tout-puissant


J'en attendais pas moins du héros de mon enfance. John Mac Lane est définitivement le plus fort, et Die Hard 4, LE gros film d'action de l'année. Je ne me rappelle pas avoir vu aussi spectaculaire depuis le très controversé Bad Boys II.

Die Hard 4, c'est plus de deux heures d'explosions, de pneus qui crissent, de caméras qui virevoltent dans tous les sens, de plans assassins et d'actes de bravoure.

Ca se termine par un grand n'importe quoi qui fait sourire autant qu'il fascine. Du jamais vu !

Les fans de Sandrine Bonnaire devraient s'emmerder sévère. Pour les autres, ca sera le panard intégrale.

Jubilatoire vraiment...

04 juillet 2007

Turn it on Again (and again)

Samedi 30 juin 2007, nous sommes postés devant l’imposant bâtiment ovale (aka "Parc des Princes").

Dans la rue, une foule de gens en file indienne se dirigent calmement vers l’une des nombreuses entrées que compte l’édifice. Nous sommes pour notre part, sagement assis sur le bord d'un trottoir, à guetter l’arrivée de notre amis boitillant et de sa délicieuse moitié. Dix minutes plus tard, les voilà qui rappliquent, pestant sur la pénurie de place de stationnement qui frappe la capitale. Pour le coup, j'acquiesce.
Le ciel est menaçant. La bruine est notre épée de damoclès. Elle est toute près. Elle nous nargue, on la sent omniprésente comme si elle couvrait déjà tout Paris à l’exception de notre refuge d’un soir.

C’est donc, pas vraiment certain de la tournure que prendra la soirée, qu’une fois un hotdog "géant" (dixit l’affichette placardée derrière son créateur) et une binouze engloutis, nous pénétrons dans l’arène qui a vu tant de fois perdre Monaco (spéciale dédicace).

Un zozo t-shirt vert pomme nous place. Il a le sourire, c’est toujours ça. Première impression très mitigée. Nos places à 83,50€ ne valent assurément pas leur prix. C’est du moins ce qui m’est venu à l’esprit en constatant que, malheur de malheur, la tribune au dessus de la notre, sous laquelle nous sommes abrités, nous cache le sommet de la scène.

Méchant que je suis, je prie jusqu’à l’entrée du bedonnant Phil, de son chauve de batteur et de ces trois comparses clavio-guitaristes, pour qu’il pleuve à torrent…
La tournée s’appelle "Turn-it on again" et c’est précisément par ce tube que le groupe entame son show.

Il fait jour. C’est mon premier concert dans un stade à ciel ouvert, et très franchement, c’est au départ assez déroutant. L’imposant écran géant semble noyé dans le béton., c’est un peu comme mater la téloche dans son jardin. Tout est plat et sans saveur. Ma gorge se sert, mon regard se vide. Je regarde autour de moi, même le public semble amorphe…

"Home By The Sea". Voilà le déclencheur. Ce "Home By The Sea" sonne comme le décompte qui vous réveil d’une séance l’hypnose. Sur l’écran géant qui m’explose soudain à la figure, pointe une maison fantôme aux fenêtres jaunes sur fond fushia, donc des chauves souris dopées au Gatorade s’échappent par tous les orifices. Phil Collins rayonne comme j’esquisse mon premier rictus.

Après, tous va très vite. En vrac, "Mama", "Follow you, follow me", un mémorable "Domino" sur fond de…domino (un peu la pub pour “le sucre”, remember…) en images de synthèse, un duet de batterie sur tabourets de bar avec Chester Thompson, un "Invisible touch" sous feux d’artifices, pour finir en rappel par un "I Can’t Dance" de derrière les fagots que l’on attendait plus.

C’était simplement énormissime. Le gros Phil a assurément un truc en plus (hormis les kilos). Cette communion avec le public, ces grimaces à la Courtemanche (sur le fameux "I Can’t Dance" notamment), et surtout cette pêche de soixantenaire (ou quasi ?...quel âge a-t-l ?). Simplement édifiant !

Point d’"Abacab" en revanche, ni de "Calling all Stations", comme si ces deux albums magistraux et le poissard Ray Wilson (pour le second) n’avait jamais existés. Un peu regrettable.
Point non plus de Peter Gabriel, qui, selon les dires du divin chauve qui m’accompagnait (mais qui n’est pas gardien de buts) aurait décliné l’invitation.

Passés ces quelques détails, c’était du grand spectacle.

Une fin en apothéose on appelle ça…

31 mars 2007

Tous ego

J’ai toujours été surpris de la facilité avec laquelle, certains déballent leurs problèmes sur la toile. De même, il m’est toujours apparu comme très surprenant, le fait de publier des écrits sur sa vie, en y abordant tous les sujets les plus personnels, tels que la mort de ses parents, sa première expérience trioliste, ou son incommensurable impuissance…

Longtemps j’ai essayé de comprendre comment, une personne à l’égo raisonnable, pouvait être persuadé que sa misérable existence pouvait intéresser quelqu’un d’autre qu’elle-même et son nombril. Cette question m’a longtemps turlupiné, provoquant la plupart du temps un agacement lattant assez difficile à dissiper. Je tournais en rond, pour arriver toujours au même résultat : il faut une foutu confiance en soit, et un sacré amour propre pour oser s’aventurer dans des proses interminables au sujet d’affaires tout à fait personnelles dont on demeure le seul à connaître le ou les enjeux réels. Des enjeux qui, vues de l’extérieur se situent sur l’échelle de l’importance, entre le choix du bon baril de lessive à la superette du coin, et celui du bon jour pour rentrer ses géraniums avant les premiers gels…

J’ai finalement compris que plus que de vulgaires outils d’auto-propagande narcissique, ces ouvrages ou ces blogs sont en fait les éléments majeurs d’une véritable thérapie. Moins chers et sans doute aussi efficace qu’une séance de psy (je m’aventure un peu la…jamais mis les pieds chez le psy) ils donnent le sentiment d’être écouté. Et dans la plupart du temps ce sentiment se confirme et devient une certitude. Effectivement, nos soit disant problèmes de fuites de chasses d’eau donnent parfois naissance à de vrais débats et à des échanges vraiment passionnants.

Le besoin de parler de soi et quelques choses que l’on ressent tous. Les humbles sont en réalité une belle bande de faux culs montés sur starting-blocks, parés à partir au quart de tour à la première infime question à leur attention. Demandez l'heure à un modeste, il vous collera sa Rolex sous le nez en se targuant de l’avoir payé le prix d’une petite Fiat (neuve). J’ai connu un mec comme ça. Il était ridicule (et roulait en Ford)…

Si j’imagine que les générations passées ont couvé une sacrée ribambelle de frustrés (because pas d’internet…brrrr, le bagne cette époque !) aujourd’hui, j’ai dans l’idée que si l’internet a fait naitre bien des soucis, il aura au moins fait disparaître celui-ci : "la solitude". Et je ne vous cause pas de solitude "physique" (pour le coup, je pense qu’à ce niveau les choses ont plutôt tendance à empirer…) mais bel et bien de solitude "morale" (le syndrôme "personne ne me comprend"). Si les chances de recevoir une réponse en provenance de la croix (ou similaire) fixée au dessus de son lit, à nos questions d’adolescents étaient quasi-nulles (pour ne pas dire nullissimes), aujourd’hui, le moindre petit blog pouilleux dénombre au moins un lecteur par semaine. Et cet unique lecteur suffit à donner l’impression d’être écouté. Mieux encore, l’anonymat de ce lecteur permet même de se laisser aller aux problèmes personnels abordés précédemment. Au pire personne ne les lira...et quand bien même, on ne saura jamais qui…

Bref, je m’égare. Tout cela pour dire que si j’ai beaucoup écrit à une certaine époque (quasiment un message par jour pendant une courte période) c’est que j’en ressentais le besoin. C’était une aide. J’aimais qu’on me lise c’est vrai, mais le plus jouissif dans l’histoire était d’avoir des choses à raconter…chiantes, comme mon boulot à cette époque. Et que ça fasse rire les gens. Aujourd’hui, si je n’écris plus, c’est que je n’ai plus rien à dire. Non pas que tout aille bien, simplement que j’ai déjà les réponses à mes questions…

Finalement, et après relecture de ce que je viens de lire, j’ai peut être moi aussi un ego démesuré.

Dans ce cas, je pense que je vais opter pour le baril d’Ariel...

04 janvier 2007

Le 7ème art

Il s’est passé hier soir, alors que nous nous apprêtions à vivre une soirée ciné tout ce qu'il y a de plus normal, quelque chose de bien étrange.
Je suis, pour la première fois, sortit de la salle en ayant en tête non pas le film pour lequel j’avais payé, mais belle et bien l’une des bandes annonces qui le précédait.

Le film en question, "The Fountain", est sans doute un excellent travail mais une fois de plus, j’avoue avoir quelques difficultés à en dire du bien. Une fois de plus car, j’avais ressentit exactement la même sensation en sortant du dérangeant "Requiem for a Dream" du même Darren Aronofsky qui m’avait autant fait chier que pétrifié d’horreur et perdu dans mes songes. Un sentiment particulier, à mi-chemin entre la joie d’avoir côtoyé le génie d’un Aladin de la pellicule, et la frustration de ne pas y avoir pigé grand-chose...

Mais ce soir, ma satisfaction est ailleurs. Cette soirée est une majestueuse réussite. Il aura fallu 2’07’’ d’images d’une insolente beauté, rythmées par une divine mélodie à vous tirer les larmes des yeux pour donner un sens à ma présence dans cet UGC, au 18€ que me coûte ma carte chaque mois, pardonner les problèmes de RER (au ralenti dans les tunnels…un régal), justifier la construction même de ce cinéma et bénir les frères Lumières…

"Cashback". Derrière ce titre de film à la Chuck Norris, semble en fait se cacher une sorte de rêve éveillé. Une dimension parallèle, un autre cinéma, une approche différente de cet art majeur qui régit mon existence depuis bien longtemps. "Cashback" est un OVNI…ou devrais-je dire un OFNI…

Cette œuvre, à mon sens plus à considérer comme une toile de maître, que comme un long métrage, semble être la matérialisation même des délires d’un homme, Sean Ellis, photographe de profession. Alambiqué comme une toile de Dali, j’ai dans l’idée que nous devrions retrouver dans cette adaptation de court-métrage, une pléthore de splendides images, plans hallucinants et situations tant ubuesques que poétiques. La bande annonce semble en tous les cas, abonder dans ce sens.

Ce n’est pas la nudité sur grand écran qui donne toute son âme à ces 2’07’’, mais simplement l’enrobage. La mise en image et le montage même de cette bande annonce nous prouvent bien que plus qu’une question de moyen, le 7ème art est avant tout une question de talent.

C’est juste beau. Et ça doit se savourer comme tel…