
Samedi 30 juin 2007, nous sommes postés devant l’imposant bâtiment ovale (aka "Parc des Princes").
Dans la rue, une foule de gens en file indienne se dirigent calmement vers l’une des nombreuses entrées que compte l’édifice. Nous sommes pour notre part, sagement assis sur le bord d'un trottoir, à guetter l’arrivée de notre amis boitillant et de sa délicieuse moitié. Dix minutes plus tard, les voilà qui rappliquent, pestant sur la pénurie de place de stationnement qui frappe la capitale. Pour le coup, j'acquiesce.
Le ciel est menaçant. La bruine est notre épée de damoclès. Elle est toute près. Elle nous nargue, on la sent omniprésente comme si elle couvrait déjà tout Paris à l’exception de notre refuge d’un soir.
C’est donc, pas vraiment certain de la tournure que prendra la soirée, qu’une fois un hotdog "géant" (dixit l’affichette placardée derrière son créateur) et une binouze engloutis, nous pénétrons dans l’arène qui a vu tant de fois perdre Monaco (spéciale dédicace).
Un zozo t-shirt vert pomme nous place. Il a le sourire, c’est toujours ça. Première impression très mitigée. Nos places à 83,50€ ne valent assurément pas leur prix. C’est du moins ce qui m’est venu à l’esprit en constatant que, malheur de malheur, la tribune au dessus de la notre, sous laquelle nous sommes abrités, nous cache le sommet de la scène.
Méchant que je suis, je prie jusqu’à l’entrée du bedonnant Phil, de son chauve de batteur et de ces trois comparses clavio-guitaristes, pour qu’il pleuve à torrent…
La tournée s’appelle "Turn-it on again" et c’est précisément par ce tube que le groupe entame son show.
Il fait jour. C’est mon premier concert dans un stade à ciel ouvert, et très franchement, c’est au départ assez déroutant. L’imposant écran géant semble noyé dans le béton., c’est un peu comme mater la téloche dans son jardin. Tout est plat et sans saveur. Ma gorge se sert, mon regard se vide. Je regarde autour de moi, même le public semble amorphe…
"Home By The Sea". Voilà le déclencheur. Ce "Home By The Sea" sonne comme le décompte qui vous réveil d’une séance l’hypnose. Sur l’écran géant qui m’explose soudain à la figure, pointe une maison fantôme aux fenêtres jaunes sur fond fushia, donc des chauves souris dopées au Gatorade s’échappent par tous les orifices. Phil Collins rayonne comme j’esquisse mon premier rictus.
Après, tous va très vite. En vrac, "Mama", "Follow you, follow me", un mémorable "Domino" sur fond de…domino (un peu la pub pour “le sucre”, remember…) en images de synthèse, un duet de batterie sur tabourets de bar avec Chester Thompson, un "Invisible touch" sous feux d’artifices, pour finir en rappel par un "I Can’t Dance" de derrière les fagots que l’on attendait plus.
C’était simplement énormissime. Le gros Phil a assurément un truc en plus (hormis les kilos). Cette communion avec le public, ces grimaces à la Courtemanche (sur le fameux "I Can’t Dance" notamment), et surtout cette pêche de soixantenaire (ou quasi ?...quel âge a-t-l ?). Simplement édifiant !
Point d’"Abacab" en revanche, ni de "Calling all Stations", comme si ces deux albums magistraux et le poissard Ray Wilson (pour le second) n’avait jamais existés. Un peu regrettable.
Point non plus de Peter Gabriel, qui, selon les dires du divin chauve qui m’accompagnait (mais qui n’est pas gardien de buts) aurait décliné l’invitation.
Passés ces quelques détails, c’était du grand spectacle.
Une fin en apothéose on appelle ça…