29 décembre 2008

The Butterfly Effect

Ce blog est un piège. Je réalise que la seule raison pour laquelle je n’écris plus n’est pas que je n’ai plus rien à dire, mais simplement que trop de monde a accès a ces pages pour que je puisse sincèrement y déballer ma vie.

Des gens d’un peu partout, rencontrés en soirée, au boulot, autour du monde. Un brésilien croisé dans un bar de Pat Pong, une bulgare côtoyée au taf, une british qui danse sur les tables, une pelle à merde douée de parole (vivante, un peu comme Pinocchio), une sœur, des parents, des cousins, amis, relations, connaissances ou vagues souvenirs.

Ce que pourrait lire l’un, je n’ai pas envie de le dire à l’autre. Et vice versa. Tant et bien que je me trouve condamné à taper dans la langue de bois. Le politiquement correct, ou l’art de faire plaisir à tout le monde.

Bien sur, cette petite théorie n’a de sens que si l’on considère que les internautes se bousculent sur mon blog. Mais même si je sais, stats à l’appui, que ce n’est pas le cas (ou "plus" le cas. Rappelez vous la grande époque des 10 internautes par jour et des commentaires à n'en plus finir !), et bien je préfère m’abstenir. Car le risque, aussi ridicule soit-il pourrait causer bien des dégâts. C’est un peu l’effet papillon. Petite cause, grosse conséquence.

Ce blog est clairement une thérapie. Du moins il l’était. Il n’en reste aujourd’hui qu’une adresse rigolote, renfermant des textes amusants mais dont l’âme c’est un peu évanouie.

Et moi avec...

27 octobre 2008

Demain ?

Plus le temps passe (et dieu sait qu’il passe) plus j’ai le sentiment que je vais, avec l’âge, devenir un vrai connard (plus que maintenant, je veux dire…). Il y a des signes qui ne trompent pas.

Le premier, et pas des moindres : je n’ai que 29 ans et pourtant, déjà cette sale impression de tout le temps parler du passé. Un peu comme si le meilleur était derrière moi.

Dernier exemple : ce soir dans mon bureau. Claire, éternelle stagiaire (on ne compte plus ses passages parmi nous), pétillante comme un Perrier, a l’âge de la pyramide du Louvre. Elle est née alors que Wilander remportait Roland Garros. Juste avant le dernier mandat de Mitterrand. Elle n’a jamais connu Coluche. Ni Desproges. Ni LeLuron. Ni Balavoine.

Il est 18h30, la miss entame de ranger ses affaires, et me suggère avant de prendre congé, de couper Ben Harper (désolé mec…) pour une petite session blind test si chère à Ardisson, Arthur, Nagui et toute la smala.
Moi, sympa, soumet donc à ses esgourdes alertes, une petite sélection de mon cru. Mode facile pour commencer. Balavoine donc…

Cinq minutes et un L’Aziza + Dieu que c’est beau plus tard, ma Claire est bouche bée. Fouillant dans sa toute jeune mémoire de vingtenaire, on sent pointer sur ses pommettes roses, les prémices d’un embarras que je n’avais pas vu venir. Car effectivement, si j’ai encore en mémoire, les morceaux d’hélico du chanteur, éparpillés sur les dunes du Sahel, pour elle, il n’en est rien. Et c’est logique. Elle avait en 86, un âge négatif. Elle n’était qu’un projet. Une ébauche de futur. Ou carrément, une idée folle.

Moi, grand couillon, dans ma logique débile à la Forever Young, suis en train de prendre conscience que, plus que mon âge, c’est mon statut qui change année après année. Je suis de moins en moins celui qui savoure les histoires ou subit les leçons de morale. Le cul entre deux chaises, je suis en passe de devenir trop vieux pour écouter, mais pas assez pour raconter. C’est comme si l’âge de raison frappait à ma porte. Cette période de la vie où on prend des décisions, des risques et où on commence à tirer des leçons de ses erreurs.

J’ai 29 ans. Si c’est déjà la crise un peu partout dans le monde, j’ai l’impression que la mienne commence à peine. Et comme elle a un nom, je me dis que je ne dois probablement pas être le premier à y faire face.

Ca n’aide pas vraiment, mais ça rassure un peu…

12 octobre 2008

Astérix et périls…

En 91 j’avais 11 ans. Un jour, un gars de ma classe m’a gentiment proposé de faire un tour, avec deux autres convives, dans le tout fraîchement inauguré Parc Astérix.

A cette époque, la structure a à peine deux ans. Ca ne sent plus bon la peinture fraîche (deux ans quand même, ça a eu le temps de sécher) mais on devine, en arpentant les chemins animés, une véritable volonté de bien faire. Facile à cette époque, de tailler le bout de gras avec Panoramix ou causer tricot avec Bonemine, les personnages de la BD étant légion [bruit de cymbales] dans l’enceinte du parc.

L’attraction star, s’appelle Goudurix. On comprend pourquoi. Un grand huit hallucinant. Un must dans le genre. Les allées sont propres. Les manèges sont neufs. Et le ciel est bleu.

Samedi dernier, même endroit. Depuis notre place de parking (Parking numéro 3, baptisé Cartapus. Prix : 7€. Réglé en liquide) on distingue difficilement, dans une purée de pois à vous effrayer un Londonien, la silhouette vieillissante du maître des lieux. On se pèle les meules, et le ciel d’une blancheur quasi éblouissante ne présage rien de bon.

La première attraction après avoir passé les guichets, et un classique du genre. Celle qui m’avait marqué, 17 ans auparavant. Le Grand Splash (wow !) n’a en réalité de grand que sa file d’attente. Embarcation rouillée comme une vieille 4L et dont l’état général aurait fait fuir un boat people, parcours sans intérêt entre des fougères mortes et des fontaines en pannes. Et du coup, une fin en apothéose que l’on apprécie à peine, toute notre attention étant capté par les trous béants (jadis comblés par des vis) de notre rafiot. Une misère.
On ressort donc de la, un poil frustré, et une touffe humide. Un délice par 10°.

S’en suivent quelques sensations pas vraiment sensationnelles. La Trace du Hourra, tout sauf marquante, surtout après 1h30 d’attente, Le Vol d’Icare, moyennement planant, et L’Oxygenarium, une sorte toboggan géant que l’on dévale à bord de grosses piscines manquant d’air pour 30% d’entre elles. Très rassurant.

Trop de monde pour Goudurix (et après l’andouillette de 12h30 je ne suis de toutes manières pas chaud chaud), ne reste que Tonnerre de Zeus, sorte d’hyper structure en bois de cagette, sur laquelle dévale un chapelet de petits chariots (des montagnes russes quoi...). La pour le coup, ça déboîte. Et surtout ça ne chlingue pas la rouille et la crasse.

Bref, une expérience amusante mais un peu inquiétante. Il règne la bas une atmosphère très Mirapolis. Et quand on connaît la funeste fin du géant à la fourchette, on est un peu inquiet pour le petit moustachu.

Pas encore de quoi vous filer des insomnix. Mais bon...

09 octobre 2008

Le bain d'Amy

Que ceux (les 4 lecteurs de ce site) qui n’ont pas encore vue "Mirrors" (et qui ont envie de le voir) s’abstiennent de lire ce qui suit.

Y a des choses qui, dans la vie, vous marquent plus que d’autres. Un évènement heureux ou pas (victoire au foot, accident, baise d’enfer, humiliation etc…), un film, un paysage surréaliste, une fille, deux filles ou que sais-je encore…

Hier, alors que le programme annonçait soirée ciné, la journée s’est finalement terminée par une soirée ciné privée (comprendre son dég' et image crados qu’un écran non-plat aurait tout aussi bien rendu…). Bref une misère.

Le film, Mirrors, long métrage de pseudo horreur orchestré par Alexandre Aja dont on avait déjà pu "apprécier" la scène de viol immonde en caravane, dans l’excellent remake de La colline a des yeux, est l’un des rares depuis bien longtemps, où l’on peut voir Kiefer Sutherland incarner un autre personnage que celui de Jack Bauer (faudrait checker sur IMDB mais je dois être dans le vrai).

Soyons honnête, ce film colle vraiment les jetons. Mais le pire. La chose vraiment marquante la dedans, c’est cette scène déjà anthologique ou l’on voit Amy Smart, nue (déjà marquant en soi, mais pas de quoi créer un trauma), endurer les sévices infâme de son reflet dans le miroir.

Si cette scène est absolument incroyable, c’est déjà par son coté gore sanguinolent, affreusement réaliste, mais aussi parce qu’elle touche ce personnage en particulier. Belle, nue (je le répète mais ça décuple l'aspect dramatique), totalement innocente, attachante et dont on était surtout persuadé que rien ne pourrait lui arriver puisque totalement étrangère au drame enduré par le personnage principal (le susdit Kiefer S.).

Cette scène est une torture visuel, plus par la situation (le lieu et la victime qui ne comprend rien à ce qu’il lui arrive) que par les images en elles même pourtant bien dégueulasses (en gros, elle s’arrache la mâchoire avec les mains… enfin c’est un peu plus complexe que ça…).

Ca dure à peu prêt une minute. La minute vraiment beurk du film.

Quoi qu’il en soit, l'ensemble est vraiment plaisant. C’est un film d’horreur (ou du moins d’épouvante) qui fait peur. Et ça faisait si longtemps que j’en avais pas vu que ça m’a fait tout drôle.

Enfin, tout peur quoi…

02 octobre 2008

Bed & Breakfast

L’aventure. Un mot qui fait briller les yeux des blasés qui s’emmerdent. L’aventure, c’est un truc qu’on a tous en nous. Ca veut tout et rien dire. C’est indéfinissable.

Il y en a un qui a tout compris. Ou du moins qui nous proposera, le 19 novembre, son interprétation de l’aventure.

Antoine de Maximy est un gars en apparence normal. Depuis 2004, il nous arrose de ses reportages d’un peu partout. Son objectif : aller dormir chez les gens. Comme ça. Sans payer. Une sorte de Pékin Express sans Stéphane Rotenberg.

Affublé d'une chemise rouge à la Gérard Holtz, et talonné par un caméraman qui j’imagine, n’échangerait sa place pour rien au monde, il nous a déjà gratifié d’un paquet de nuitées tout autour du globe. Mali, Japon, Australie, Bolivie, Inde, Cambodge, Chine, Éthiopie, Pérou, autant de destinations mises en avant par ces reportages pour le moins originaux.

Dans "J’irai dormir à Hollywood", Antoine De Maximy tente une nouvelle fois l’expérience. Une subtilité toutefois : ce n’est pas chez n’importe qui qu’il devra passer la nuit, mais chez une star d’Hollywood. Pas moins.

Alors certes, on imagine allègrement que la présence d’une équipe télé doit considérablement changer la donne...
Mais vous ? Vous laisseriez dormir sur votre sofa, un journaliste polonais (ou canadien, ou turc...) dont vous n’avez jamais entendu parler ?

Honnêtement ?

Clair qu’avec moi, il reprend son caméscope et il dégage direct ! ;)

20 août 2008

Josiane de Clichy

Josiane est une paumée. Résidente d’un deux pièces miteux dans les quartiers sombres de Clichy, elle élève seule Rémi, son fils de 11 ans qui n’a jamais connu son père.

Josiane a son secteur. Son monde à elle. Ce trottoir, elle le foule si souvent qu’elle en connaît le moindre centimètre carré. Paradoxalement, Josiane aime son boulot. Elle ne le fait pas pour survivre, elle le fait par plaisir, ce qui dans cette profession, est bien plus courrant qu'on ne le pense.

Constamment à l’affût, et alors que les voitures défilent sous ses yeux, elle patiente, tapie sur ce bitume froid, tel le félin avant l’assaut final. Et lorsqu’elle repère une cible potentielle, et qu’au bas de sa nuque, pointe ce frisson annonciateur de plaisir ; elle s’approche du véhicule, se penche à sa vitre… et sort son stylo.

Josiane est contractuelle.

Une pute au service du pouvoir. Sa mission : faire payer ceux qui ne sont pas la pour se défendre. Aligner des véhicules vides quand d’autres, pleins ceux la, roulent à 90 en ville, doublent par la droite et n’utilisent jamais leurs clignotants.

Josiane est lâche et déteste les gens, qui en général lui rendent bien.

Un tapin à 11, 35, 75 ou 135 €. A la différence de ces consoeurs du bois de Boulogne, Josiane ne paye pas de sa personne. Jamais. Ce qui la rend encore moins respectable.

Alors Josiane, si un jours entre deux orgasmes devant un monospace au feu arrière pété, et une 106 noire à l’assurance périmée depuis 5 jours, tu as le temps de te connecter sur le net avec le PC volé de ton fils débile et de lire cet article, sache une chose : je te hais.

Sache que j’ai moins de respect pour toi que pour l’étron fumant qui tapisse le fond de mes toilettes, mes pires lendemains de cuite.

Va donc au diable. Et emmènes-y ton stylo, ton calepin et le peu d’amour propre qu’il te reste.

Fais ce que tu veux, mais ne t’avises plus jamais de toucher à mon essuie glace…

30 juillet 2008

Un café nommé délire

Une chanson de Oldelaf et Monsieur D. Plutôt cucul il est vrai, mais le clip vaut vraiment le coup d'oeil. Un petit coté "Triplette de Belleville", aussi déprimant qu'hillarant. Je kiff :)

28 juillet 2008

La reine et le bidibule

1947. Le France est meurtrie par la guerre. C’est sous la toute jeune présidence de Vincent Auriol que nait Jean René. Un garçon sage.

1947. C’est l’année de Jean Robic, vainqueur d’un tour de France du renouveau (et oui, déjà…). A cette époque les participants portent encore leurs chambres à air en bandoulière, tels des mercenaires leurs munitions. Certaines routes sont à peine goudronnées, les vélos pèsent le poids d’un 103 Peugeot (c’est une mob, pas une voiture…), parmi les 10 premiers au général, on décompte pas moins de 5 français (comme aujourd’hui, à 5 prêt).

Le tour de France, ca sent bon les vacances. Les bouchons sur la nationale 7 avec la Panhard et le pic-nic sur la nappe à carreau en regardant passer les coureurs. Albert Seringue venant à peine de faire breveter son invention (un tube de verre coiffé d’une aiguille creuse servant à injecter des liquides dans les bras des malades) personne n’a encore été disqualifié pour tricherie. Et on grimpe toujours le Galibier en plus de 8 minutes…

Le petit Jean René grandit dans une famille sans histoire. Un père représentant chez Radiola, et une mère au foyer, font de lui un gaillard solide bien qu’un peu gras du bide. Deux redoublements, et un service national calamiteux plus tard, il est lâché dans la vie active. Brisé.

Il enchaine les jobs foireux. Homme canon à la foire du trône, modèle chez Bidibule, mascotte chez Orangina ou figurant pour le cinéma russe (dans le rôle de la poupée)…
En 1972, il s’entiche de Mauricette, journaliste pour le tout jeune Podium, torche cul de la star montante mais imbuvable du moment : Claude François. Rencontre qui changera son devenir à jamais et marquera ses premiers pas dans le journalisme.

Dés lors son destin est scellé. Après deux ans à la rédaction des fiches de Marc Toesca pour le TOP50, et un court passage dans la chanson (il est le premier interprète du tube planétaire "Big Bisou", plagié par Carlos), il croise finalement le chemin de Gérard Holtz lors des JMNM* dont il couvre le déroulement pour "Radio Ici et Maintenant".

En 1989, c’est comme arbitre d’un combat de titan entre LeMond et Fignon que le gros Jean René entre dans la légende du cyclisme. Après le passage de la ligne, et les 8 maudites secondes qui viennent de couter la victoire au Français, il prononce cette phrase dont tous les gros nazes pleins de bières qui courent sur le bord des routes, se souviennent sans doute encore : « Alors Laurent, heureux ? ».

Cette fois, sa patte est posée. Il sera, et ce pour des décennies, l’incontournable bedonnant transpirant du petit écran et de la reine du même qualificatif. L’homme des questions débiles. Les « qu’est ce qui vous a manqué pour réussir ? », « vous avez abandonné lors du prologue, vous tenterez de faire mieux l’an prochain ? », « selon vous qu’est ce qu’ Armstrong a de plus que les autres ? » bref, toutes les interrogations à la mords-moi le nœud que seuls les grands savent se poser.

En 89, Fignon perdait pour 8 secondes.

C’est à peu prêt le temps qu’il m’a fallu pour ne plus pouvoir piffrer Jean-René Godart…

* Journées Mondiales des Nabots Mielleux

26 juillet 2008

Molotov ou sans alcool ?

Gros mal de bide. Je viens de m’enfiler une boutanche de bordeaux dont le nom est bien moins marquant que le prix. Cette soirée est à l’image des quelques autres en tant que célibataire occasionnel : arrosée. Depuis deux semaines, et le départ de la petite chez sa mère du nord, je vivote. L’appart n’a pas changé d’un poil. Les même fringues sous le même lit, les même bols dans le même évier, les même volets fermés et les même plantes à l’article de la mort (de soif…). Je suis en roue libre. La pente me guide. Hier, un pic-nic binouze sur les bords de seine et aujourd’hui, donc, un repas de roi chez Louis Vins, dans ce 5ème arrondissement que je connais désormais comme ma poche mais bien moins que mon propre placard à balais.

En fait, c’est un peu n’importe quoi. Retour dans une enfance finalement pas si loin. Quand, passé minuit, je remontais de la gare à pied sans me poser de question. Quand j’utilisais mon salaire de chez N@rt (7500F à l’époque. Un must !) dans les restos du bvd Haussmann ou les CD de la FNAC des Champs (je vous épargne la sélection musicale). Quand j’étais abonné à des magazines que je ne lisais même pas. Quand je mangeais sans grossir. Quand je découvrais le monde du travail et le sentiment d’être utile à quelque chose. Quand je prenais sans même imaginer devoir rendre un jour. Je réapprend à être égoïste ce qui ne dérange finalement personne dans la mesure où, à l’instar de mes parents à l’époque, personne ne m’attend à la maison.

Alors cette vie la, elle est agréable. Agréable dans la mesure où le seul à qui j’ai des comptes à rendre, c’est bibi (et généralement je ne m’en demande pas trop). Elle est agréable mais elle fait peur. Un mois complet au même rythme et je finis sur le billard avec quelque chose de méchant. Alors quoi ?

Le remède contre la déchéance, c’est la vie de couple ? Un peu léger…

Il n’en reste pas moins qu’à deux je ne bois pas. Un mec bien. Et que seul, j’éponge sévère…