27 mars 2006

La fille du bédouin

Au radar. Voilà comment je marche aujourd’hui, la faute à un week-end simplement crevant à faire tout sauf dormir (et encore j’ai pas à me plaindre comparé à certains).

Morzine. Son domaine skiable, son coté petit village de montagne plein de charme, ses luxueux hôtels, son télécabine pour Avoriaz...et depuis quelques années, son congrès de médecine Fœtale.

L’événement en deux mots : un palais des sports en partie réquisitionné, posé sur un imposant parking ayant troqué ses automobiles contre une monumentale tente de 600m2 accueillant tous les grands noms de l’industrie médicale (des fabricants d’échographes, aux revendeurs de sparadrap), et plus de 600 congressistes (moins de bac+12, s’abstenir…). Tous les cerveaux de l’hexagone, réunis dans une seule et même station de ski et ce pendant une petite semaine, à parler de syndrome postnatale, de clarté nucale, de cordon ombilicale…en bref : de médecine Fœtale.
La raison pour laquelle je me suis retrouvé la est simple : je connais quelqu’un qui connait quelqu’un qui travaille pour la société en charge de l’organisation de l’événement. Alors nous voilà…

Ce congrès c’est quelque chose. Ce monde, celui de la médecine, et vraiment une communauté à part. Un club assez fermé réservé à qui comprendra de quoi que ça cause. Pour donner une idée, lors de la conférence, j’ai décroché après trois mots : "bonjour-à-tous" (bon je suis pas une flèche, mais quand même...)

Bref, vendredi soir, pluie battante sur Paris. Je suis sur le départ. Station "Le Vésinet/Le Pecq", pas de problème, j’ai 53 minutes pour parcourir les quelques kilomètres qui me séparent de la gare de Lyon.
Arrivée gare de Lyon : 19h12, la faute à un RER qui s’est arrêté pas loin de vingt-cinq fois, pour un itinéraire qui ne comptait pourtant que dix stations. Génial.
Résultat des courses, un train de nuit au départ d’Austerlitz à 23h08 pour une arrivée à Thonon les Bains pas loin de neuf heures plus tard...

Je débarque finalement sur le sol Morzinois alors qu’il n’est pas encore 9h30.

Les congrès de Morzine ne sont pas à proprement parler, réputés pour être de tout repos. En effet, l’organisation à coutume d’embaucher toute la semaine durant, une fine équipe d’étudiants en médecine (3ème et 4ème années), carburant à l’alcool, aux boites de nuit et aux chansons paillardes. Des chansons aux paroles aussi subtiles que poilantes, qui parlent de bédouins, de feuilles de roses, de pieds de cochons, de tables de salle à manger, de bananes, de temps des fleurs, de Dudule, de pauvres aveugles, de libellules, de papillons, de joyeuses comptines (et farandoles), bref de finalement assez peu de choses en rapport avec la médecine.

Samedi 25, ce soir c’est la soirée de gala. Quarante tables installées dans l’auditorium, face à une scène qui ce soir accueillera, le seul, le vrai l’unique (j’en croyais pas mes yeux !)...Philippe Leroy ! Une réplique plus vraie que nature de Monsieur 100 000 volts (et je vous parle pas de Bécaud), notre Clo-clo national !

Une première partie plutôt calme, à se démener avec ses deux "Philippettes" sur nombre des plus fameux tubes de son original, puis un entracte pas vraiment entracte puisque théâtre d’une surprise concoctée par ceux que l’on appelle "les gilets rouges". Nous avons ainsi assisté pendant plus de cinq minutes à une chorégraphie inédite de "Magnolia Forever" par Jude et ses bidettes !

Retour de Clo-clo puis arrivée d’une chanteuse pleine de talent (dont le nom m’échappe) pour une fin de soirée (début de matinée même) aussi arrosée qu’une couche de nouveau né.

Débarrassage des tables et réinstallation des 700 chaises à six du mat’ (décalage horaire compris) puis dodo pour moi jusqu’à 10h00 mais levé une heure plus tard pour tous les autres (dur…).

Dimanche plutôt agréable à buller sur une chaise longue au pied des pistes avec un Coca, et à choper un coup de soleil terrible sur la tronche.
Départ en bus pour Bellegarde à 16h30, puis en train pour Paris à 19h50 pétantes.

Gros week-end donc, chargé en vin blanc et éclats de rire. Merci, donc, à nos généreux hôtes (et organisateurs) qui n’ont, une fois de plus, pas fait les choses à moitié…

Comme d’habitude…

23 mars 2006

Lignes de vie...

Les transports en commun. Quatre mots qui n’en font qu’un. Une combinaison magique qui nous fait soupirer à peine arrivée à nos oreilles. Qui aime prendre le RER ou le métro ? Qui ?

Les transports, je les connais quasiment par cœur. Disons que si je n’ai pas encore le statut de "métro-dépendant", réservé aux vrais parisiens (les "intra-périph"), je suis, pour un banlieusard, relativement bien renseigné sur le sujet.

Je considère depuis mes premiers pas dans une rame du RER A (destination le jardin d’acclimatation avec mère-grand), les transports comme un canaliseur de mauvaises ondes.

Au début, c’est notre trajet du matin qui régit toute notre journée, nous fait prendre telle ou telle décision, dire bonjour ou merde à nos collègues en arrivant au boulot, afficher un sourire benêt ou un regard noir jusqu’à la nuit tombée. Nous sommes le matin, TOUS dans la même galère. Unis dans notre solitude, solidaire dans notre haine mutuelle, partagés entre l’envie de kicker notre voisin et son coin d’attaché-case qui nous entaille la cuisse, ou de voler au secours de la vieille dame à qui un jeune con encasqué refuse de laisser son strapontin.

On se sent fort et vulnérable à la fois. On déteste son voisin sans même connaître son prénom, simplement parce qu’il est la et qu’il squatte notre espace vital.

Cette séance d’apnée dure, pour les plus chanceux, environ trente minutes. Placez vous, si vous avez du temps à perdre, à proximité d’une station de métro à fort trafic et comptez donc le nombre de gens qui soufflent sitôt passée la sortie. C’est simplement impressionnant…

Oui…impressionnant car personne ne souffle. Personne. Les transports en commun sont entrés dans les mœurs. Ils sont un peu notre malédiction à tous. Ils sont la, bien utiles malgré tout, faut faire avec car pas le choix. On oubli quasiment pourquoi on tire la tronche, tant le compostage de ticket (ou carte Orange, ou pass Navigo) est devenu un automatisme. On prend les transports comme on bouffe ses céréales où comme on prend sa douche. La énième étape d’une journée qui commence. Et au bout d’un moment, on oubli. On apprend à absorber, si bien qu’on y prête même plus attention. Voilà probablement l’origine de l’expression "train-train quotidien"…

Alors comment supporter tout cela si en plus, c’est pour se rendre à un boulot que l’on déteste et qui nous stress au moins autant que le signal de fermeture des portes, ou qu’un lapin à l'air con, qui colle ses doigts pile la ou il faut pas ?

Tout ça pour dire que le plus important n’est pas de savoir ce que l’on veut faire dans la vie.

Le plus important c’est de ne pas se satisfaire d’autre chose…

21 mars 2006

Back Jack

Ah la bonne surprise !

Ils sont fort ces américains quand même. Alors que j’avais fait une croix sur les chances qu’avaient 24 de reconquérir mon cœur de sériephile, je me suis trouvé happé ce vendredi, et ce, à peine trois minutes après le début du premier épisode de cette cinquième saison tant attendue, happé disais-je, par le coup de génie de la fine équipe de scénaristes en charge du projet. Cette saison semble être un tournoi de formule 1 couru avec des dragsters. Un rebondissement toutes les deux minutes, claque sur claque, ça ne s’arrête jamais !

Difficile d’écrire plus de trois lignes sur tout ceci sans trop donner d’indices. Je dirais simplement qu’à l’instar de cette saison 4, abracadabrante, ou l’on avait vu la CAT transformée en plateau de tournez manège, et ou chaque protagoniste menait sa propre petite guéguerre pour gravir les échelons alors que dehors l’apocalypse était en marche, cette saison ci semble tenir le pavé (du moins c’est toujours le cas à l’épisode 10).

Plus de :
"
- Demande à Edgard de trianguler le signal du portable de Berouz.
- Il est aux chiottes, Tony !
- Bon, et Chloé ?
- Vous l’avez mis aux arrêts parce qu’elle avait dépassé son quota de photocopies !
- Bon bon… Ou est Driscoll, j’aurais besoin de son expertise sur cette affaire.
- Elle est allée acheter des suppos pour sa tarée de fille. Elle devrait pas tarder.
- Voyons. Trois millions d’américains risquent de clamser dans l’heure. Appelez Rank-Xerox, qu’ils réalimentent la carte de Chloé. Faites la sortir de cellule et envoyez la chercher Driscoll à la pharmacie, avec trois gardes. Et amenez moi un café avec deux sucrettes !
"

Fini tout ça !
Cette saison 5 est une renaissance. Ils se sont tous calmés comme par enchantement….

Un peu comme s’ils avaient lu mon blog en fait…

17 mars 2006

A tous problèmes, dissolution

"La roue tourne". Tels furent les premiers mots de Baptiste à l’annonce de notre départ futur.

Ca n’aura duré qu’un an. 365 jours expérimentaux à plus d’un titre. Notre Loft à nous, sans caméra ni Loana. L’auberge espagnole sans espagnole. Un tour de force qui aura eu ses bons et ses mauvais cotés. On me l’avait proposé entre la poire et le dessert, j’avais accepté pour évité d’avoir à étrangler la petite avec les lacets de mes Reebok, dans notre boite à chaussure Ovilloise.

Clair que, de la place : on en manquait, on en eu. Deux étages pour quatre, un étage pour deux (soit un demi étage par personne…), un grand salon/salle à manger, une cuisine, deux salles de bain et un grand jardin en friche certes, mais plaisant malgré tout. On en aura vidé des tonneaux de blanc, des paquets de chips à la moutarde, des kilomètres de sauciflard, écumé des kilos de surimi, de tomates cerise, de saucisses Jean Caby, des litres et des litres de crème de cassis et de Smirnoff Ice, digéré des pléthores de Barilla n°1, de sauce bolognaise et de Pizzas trois fromages, à s’en filer des indigestions !

Et bien s’en est finit de la colloc’ Pequinoise, la petite et moi-même ayant décidé de plier les gaules pour l’horizon pas si lointain, qu’est la ville de mon enfance.

Y en aura eu du monde au Pecq, des amis venus de France et de Navarre. On se souviendra du riz au curry de Jean-Loup, des muffins/béarnaise de Chantal, des horaires de Helen, de la sœur d’Audrey (hey, c’est une blague !!!...moi ça me fait rire :), de l’accent d’Eveline, de la descente d’Emilie, de la calvitie de Cédric, du sonotone de JC, de la trombine d'Anna, de la musique du petit Jules, du portugais de Sophia (ah la la rien que d’y repenser…), du bide de Gaëlle, du bide de Pauline, du bidon de Patricia, de la copine de Gérard (Autrichienne, c’est ça ?), de la caisse de Séb, des gâteaux de Cathel, des marcels de Marco, des histoires de Jeremy, du karaoké de JP…et j’en passe…

Nous partirons donc bientôt (on sait pas trop quand), et ne manquerons pas de réquisitionner vos bras pour nous venir en aide (même ceux des personnes non citées ci-dessus…je t'oubli pas Ludo !).

La roue tourne, effectivement...

En ce jour du vendredi 17 mars 2006, la communauté de la gnôle…

…est dissoute…

15 mars 2006

Tabernacle !

15 mars 2006, dehors, fait un peu froid. Ce matin, réveil de la petite sur les coups de 6h00 (non, je ne parle pas de ma fille) pour cause d’avion à Roissy à 10h. Ce n’est pas elle qui part, mais Eveline, son amie Canadienne en visite depuis quelques jours dans notre si beau pays. Nous sortons donc d’une semaine sous le signe du Québec, au rythme de son accent si particulier et de ses expressions franco-françaises.

Le Québec. Sans doute l'endroit que je connais le mieux sans y avoir collé le moindre orteil. Le Québec. Ses hivers interminables, ses températures polaires, son St Laurent, son Biodôme, ses avenues numérotées, sa poutine, ses roties, ses huskys, ses matchs de hockey, ses caribous, ses bus scolaires, sa qualité de vie soit disant inégalable, ses chansons, ses bières, François Perus, Gilles Vigneault, Roch Voisine, Robert Charlebois…et Montréal.

Montréal, LE Montréal à l’été poisseux et l’hiver pétrifiant. Nat m’en a tellement parlé que je serais presque capable de m’y retrouver si on m’y parachutait au beau milieu de la nuit. Ce qui est sur, c’est que ces ouï-dire auront au moins eu le mérite d’attiser ma curiosité, plaçant la cité nord américaine sur la liste de mes destinations futures (les étés y sont, parait-il, sensationnels !).

Mais comme nous n’en sommes pas encore la, je m’en vais tacher de trouver un moyen légal et captivant de gagner ma vie afin de mettre à exécution, tous ces si beaux projets.

J’y travaille, comme on dit. Pour le moment ça paye pas des masses…

…mais je garde espoir !

14 mars 2006

Du travail de prozac !

Alors comme ça on se fait du souci sur mon état mental ? Que mon entourage se rassure, c’est pas demain que la dépression aura raison de moi. Bon, soit, j’admets que les derniers mois n’ont pas été les plus heureux de ma vie (et le fait que je ne sache pas ouvrir les huîtres n’arrange rien), mais tout de même…une dépression !? Pourquoi pas une chaude-pisse pendant qu’on y est ??

Nan nan je vais bien. Je m’évade comme je peux. Voilà plusieurs semaines que je scrute la carte de l’Asie, et que je lorgne la Birmanie, à n’en point douter mon prochain point de chute. Un atterrissage à Rangoon, avant de lentement se laisser glisser vers Bangkok, pour remonter vers le Laos, le Vietnam, traverser la Chine, puis conclure avec la Mongolie.
Bon, tout ça reste purement théorique, d’autant plus qu’une telle entreprise exige des moyens financiers non négligeables, et du temps. Cela dit, si j’ai tout de même quelques priorités, je garde ça dans un coin de ma tête.

Je me rappelle de la manière assez subtile dont j’avais fait part à mon entourage de mon départ prochain pour le sud Indien, voilà maintenant prêt de quatre ans. J’avais commencé par les amis. Mes annonces se faisaient souvent un verre à la main, histoire d’ouvrir un peu les esprits à l’ampleur de la nouvelle.
Pour les uns, je plaisantais, pour les autres j’étais déjà bourré. Arrivait ensuite la phase "attends, t’es sérieux la ?". Froncement de sourcils, yeux grands ouverts, airs concons. "mais euh…pourquoi, qu’est ce qu’il se passe ?". En y repensant, c’était assez comique. On débouchait ensuite sur "c’est une super idée, t’as raison, c’est maintenant ou jamais", bref, le truc classique.

Pour mes parents, c’était par mail que tout s’était joué, depuis mon lieu de travail, et ce, deux mois avant mon départ.
J’avais tout placé dans un plaidoyer d’une cinquantaine de lignes. Le pourquoi du comment, les arguments classés par ordre de pertinence et la réponse au fameux "et après ?" (réponse totalement erronée puisque l’après n’a finalement pas été aussi facile à gérer que cela). Je me souviendrai toujours de leur reaction. Je vérifiais mes mails en permanence en me dandinant sur ma chaise comme un gosse sans toilettes, quand leur réponse est arrivée. En bref, ils ont été les seuls à vraiment m’encourager. Dingue tout de même…

Et puis voilà. Ca s’est fait. Depuis j’ai reprit quinze kilos, renfloué mon compte en banque, saoulé tout le monde avec les "ping-pong shows" de Patpong et les sommets du Machu Picchu, mais jamais vraiment fait le deuil de cette fin de voyage.

Le bon truc avec les retours, c’est qu’ils rendent de nouveau les départs possibles.

Bon allé, j’en viens au fait : je pars début juin pour six mois en Asie !

Arfff, allé je déconne…

13 mars 2006

Encéphalogramme plat

Dieu qu’il est silencieux. C’est vrai qu’en ce moment, c’est pas pour ainsi dire la grosse gouache. Non pas que mon existence soit moins palpitante qu’avant, juste qu’elle l’est tout aussi peu.
Les deux dernières semaines n’ont été qu’une suite de désillusions, de longues journées vierges d’intérêt et de soirées plus tristes qu’un épisode de Caliméro.

Qu’est ce qui me rend différent de la semaine passée ? Qu’ai-je appris ces derniers jours ?

- il y a plus de 4000 kilomètres entre Montréal et Vancouver
- une source de chaleur peut recharger (en partie) une pile électrique vide
- Nero 7 est dispo au téléchargement
- Louis IX est né à Poissy et mort devant Tunis
- une Punto 60S Opéra de 97 cote toujours plus de 2000 euros
- une Ford Escort pèse plus d’une tonne
- les semelles anti-transpirantes fonctionnent vraiment
- le Destop ne dissout pas tout
- mes parents peuvent rester plus d’une semaine sans m’appeler
- je suis capable de m’autocensurer
- je suis nul pour ouvrir les huîtres
- je ne suis (vraiment) pas fan de Barjavel (désolé JC)…

Voilà.

Impressionnant, je sais…

07 mars 2006

Le monde de Nemo

De l’autre coté de ma vitre électrique, les gens emmitouflés dans leurs anoraks passent en regardant leurs chaussures. Il est 8h55, quelque part dans Poissy.

C’est toujours la même rengaine. Mon alarme se déclenche à 7h40. C’est les pieds traînants que je m’extirpe finalement de sous ma couette, quinze minutes plus tard. Nat est déjà sur le départ alors que je foule à peine le bac de douche. Elle me souhaite une bonne journée. Je lui réponds machinalement la même chose en essayant tant bien que mal de régler la température de la flotte qui me tombe sur le torse. Mon bras droit attrape ensuite le gel douche posé dans le petit balconnet en métal fixé au mur, l’index de ma main gauche en ouvre le capuchon. Application bras gauche puis bras droit, retour du gel à sa place originelle. Je frotte quinze secondes, tous les endroits de mon corps que mes mains peuvent atteindre. Je me retourne. Tête sous l’eau. Chair de poule. Je me réveille.

Premier exercice de la journée, tenter de sortir de la douche sans me casser la gueule. Coup d’œil dans le miroir. J’ai une sale gueule. L’eau calcaire me file des plaques rouges. Je me dit qu’un de ces quatre, j’irai voir le dermato. Coup de rasoir, de spray Adidas, retour dans la chambre. Plus de fringue propre, ah si voilà un t-shirt acceptable. Le futal d’hier fera l’affaire. Chaussettes propres. Impossible de mettre la main sur la paire. Tiens, celle-ci est dans les mêmes tons. De toutes manières tout le monde s’en fout, et je reste le cul vissé sur ma chaise le plus clair de mon temps.

Je dévale les escaliers, il est 8h17. Le pare-brise de la Swift est givré. Je sens que je vais encore me retrouver sur le carreau. Miracle ça démarre. Je gratte les vitres pendant que titine chauffe, puis pose mon manteau sur le siège passager. Installation de la façade du Pioneer. "Again" de "Archives" reprend la ou je l’avais stoppé la veille.

C’est partit. Comme d’hab’, une bouffonne tente de me passer devant au rétrécissement peu avant le pont du Pecq. Je jure tout seul, une voiture sur deux, c’est pourtant pas compliqué. Je cède. Madame est contente, sans doute sa seule satisfaction de la journée. Je lui souhaite quand même de se manger un platane en rentrant ce soir.
Gros ralentissement dans la cote de St Germain. "Again" est toujours aussi interminable. Un scooter me double et touche mon rétro. Gros con. Les voitures ronronnent, cul à cul. J’ai le regard vide. Une fille en Punto venant en sens inverse me lâche un sourire. Elle est mignonne, je lui rends la pareille. Place Royale, l’étoile version light. Priorité ? Connais pas…
A la dégonfle, je fend le flux d’autos, de ma puissante 4 cylindres. Ce matin ça passe. Le château de St Germain pointe ses douves. Encore un rétrécissement mais cette fois on me la fait pas.

A partir de la, la route se dégage. La traversée du bois vers Poissy est une formalité. Ca roule bien comme tous les jours. Le golf de St Germain puis les premiers bâtiments de ma ville de destination. Je croise cette vieille dame que je reconnais à sa voiture : la même que la mienne. On est comme les chauffeurs de bus, solidaires dans notre solitude. C’est à peine si on ne se fait pas des appels de phares.

Je cherche une place. On va tenter la même rue que d’habitude, un peu loin de mon bureau, mais hors de la zone bleue. Entre une prune et un retard de plus, le choix est vite fait. Ils n’ont qu’à me filer une place de parking après tout.

Place en vue, créneau, contact, autoradio. Pas envie de sortir de la voiture ce matin. Ca caille et on est lundi. Je déteste le lundi. Je me perds pendant deux bonnes minutes dans mon rétro intérieur.

J’atterris à nouveau.
De l’autre coté de ma vitre électrique, les gens emmitouflés dans leurs anoraks passent en regardant leurs chaussures. Il est 8h55, quelque part dans Poissy.

Un début de journée, copie carbone de l’avant avant-veille et du lendemain. Le parfum du gel douche, le morceau sur le Pioneer ou le grilleur de priorité changent parfois, mais la lassitude est toujours la même. On tourne en rond dans nos vies comme le poisson dans son bocal. Ce mouvement perpétuel serait il cependant aussi insoutenable s’il donnait lieu à un quelconque épanouissement ? Non, évidemment que non.

On a pas de mal à se lever le matin quand on sait qu’on se couchera différent. Le tout est de savoir pourquoi on se lève. En ce moment je ne sais pas pourquoi je me lève. Mon compte en banque évolue, moi pas.

On a tous des objectifs. Des désirs inavoués, des brochures colorées, planquées sous l’oreiller, que l’on regarde avant de s’endormir. La mienne parle d’un monde ou le travail est une passion, un passe temps, un loisir. Un monde ou l’on travaille comme d’autres jouent au golf ou à la PS2.

Juste vivre pour travailler...et pas l’inverse…

04 mars 2006

I want it that way

Une vraie poilade. Les Backstreet Boys made in Hong-Kong. Souvent imités, jamais égalés.

Chorégraphie assassine, plus ridicule quand ils chantent, que Lara Fabian en personne. Notez la présence en second plan de celui que nous appelerons "l'imperturbable". Le summum du non sens : simplement hilarant !...