23 mars 2006

Lignes de vie...

Les transports en commun. Quatre mots qui n’en font qu’un. Une combinaison magique qui nous fait soupirer à peine arrivée à nos oreilles. Qui aime prendre le RER ou le métro ? Qui ?

Les transports, je les connais quasiment par cœur. Disons que si je n’ai pas encore le statut de "métro-dépendant", réservé aux vrais parisiens (les "intra-périph"), je suis, pour un banlieusard, relativement bien renseigné sur le sujet.

Je considère depuis mes premiers pas dans une rame du RER A (destination le jardin d’acclimatation avec mère-grand), les transports comme un canaliseur de mauvaises ondes.

Au début, c’est notre trajet du matin qui régit toute notre journée, nous fait prendre telle ou telle décision, dire bonjour ou merde à nos collègues en arrivant au boulot, afficher un sourire benêt ou un regard noir jusqu’à la nuit tombée. Nous sommes le matin, TOUS dans la même galère. Unis dans notre solitude, solidaire dans notre haine mutuelle, partagés entre l’envie de kicker notre voisin et son coin d’attaché-case qui nous entaille la cuisse, ou de voler au secours de la vieille dame à qui un jeune con encasqué refuse de laisser son strapontin.

On se sent fort et vulnérable à la fois. On déteste son voisin sans même connaître son prénom, simplement parce qu’il est la et qu’il squatte notre espace vital.

Cette séance d’apnée dure, pour les plus chanceux, environ trente minutes. Placez vous, si vous avez du temps à perdre, à proximité d’une station de métro à fort trafic et comptez donc le nombre de gens qui soufflent sitôt passée la sortie. C’est simplement impressionnant…

Oui…impressionnant car personne ne souffle. Personne. Les transports en commun sont entrés dans les mœurs. Ils sont un peu notre malédiction à tous. Ils sont la, bien utiles malgré tout, faut faire avec car pas le choix. On oubli quasiment pourquoi on tire la tronche, tant le compostage de ticket (ou carte Orange, ou pass Navigo) est devenu un automatisme. On prend les transports comme on bouffe ses céréales où comme on prend sa douche. La énième étape d’une journée qui commence. Et au bout d’un moment, on oubli. On apprend à absorber, si bien qu’on y prête même plus attention. Voilà probablement l’origine de l’expression "train-train quotidien"…

Alors comment supporter tout cela si en plus, c’est pour se rendre à un boulot que l’on déteste et qui nous stress au moins autant que le signal de fermeture des portes, ou qu’un lapin à l'air con, qui colle ses doigts pile la ou il faut pas ?

Tout ça pour dire que le plus important n’est pas de savoir ce que l’on veut faire dans la vie.

Le plus important c’est de ne pas se satisfaire d’autre chose…

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Je ne suis pas fan de mon boulot, mais il est à 5 minutes de chez moi, à pieds, dans Paris intra-muros...! Bon, c'est vrai que quand il pleut c'est un peu lourd.
;)