31 juillet 2003

Buenos Aires - Argentine

Bon…comment, en deux mots, décrire la capitale Argentine ?… Pas évident. Le titre est en fait une bonne description (un peu argotique je vous l’accorde, on va se mettre les « Chiennes de garde » à dos avec ça) de ce que l’on peut apercevoir lorsqu’on se promène dans les rues de la ville. Car ce qui marque le plus (c’est un point de vue perso) c’est bel et bien l’affluence de jeunes filles, d’une part seules, et d’autre part belles à se taper la tête contre le trottoir, que l’on croise en à peine cinq minutes. Pour vous donner une vague idée, la plus laide des plus laides doit se situer approximativement au niveau de notre Miss France (ça reste plutôt pas mal donc) …c’est énorme, et hyper frustrant pour le touriste qui parle l’espagnol comme une vache anglaise…car passé le « Qué hora es ? » la conversation s’embourbe rapidement…

Evidemment, Buenos Aires, ce n’est pas que des jolies filles…Buenos Aires, c’est aussi une immense cité de près de treize millions d’habitants, decoupée en plusieurs quartiers, équivalents aux arrondissements de Paris ou Marseille, et offrant chacun une vision différente du pays. On pourrait aussi comparer ça aux différents mondes de Disneyland : Tangoland pour le quartier de « La Boca » (au nord-ouest de la ville), Designland pour celui de « Palermo », ou Parisland pour le quartier de « Recoleta », offrant des rues similaires à certaines de la capitale francaise. Et la ressemblance avec la France (et notamment Paris, donc…) ne s’arrête pas la. On croise en plus, ici, des Renault et des Peugeot à tous les coins de rues, et les taxis ont adopté la bonne vieille Peugeot 504 (qu’on ne produit plus chez nous depuis des lustres) et la Renault Chamade (une 19 sans hayon) comme modèle de prédilection. Bref, le seul élément (de taille, il est vrai) qui nous remet les pieds sur terre pour affirmer que « nous ne sommes pas rentrés à la maison », c’est bel et bien qu’ici comme au Chili, les gens ne parlent pas Français, pire certains doivent même penser que c’est une langue morte (genre "en France on parle latin"…)
C’est sous un ciel dégagé, par une belle matinée de fin juillet que je débarque en compagnie de Kirstie, une anglaise rigolote rencontrée la veille, en gare de Retiro (le nom du quartier) après vingt et une interminables heures de bus (on a fait pire en Inde, mais bon, je suis plus habitué en fait, ca doit être ça…). Je dois retrouver Baptiste à Buenos-Aires, le seul pépin est que je n’ai pas la moindre idée de où, ni quand cela doit se passer. J’aurais à peine le temps de me poser la question puisque, comble d’un hasard bienfaiteur, le juste nommé me tombe dessus alors que mon pied gauche n’a pas encore touché le sol argentin (je rappelle que je viens de Santiago). Deux semaines que nous ne nous sommes pas vus, tout va bien, banalités habituelles, je le présente à Kirstie, et zouuuu, direction l’hôtel que nous avons choisi dans le LonelyPlanet, via le métro, auquel nous allons goûter par la même occasion. Si le métro parisien et un tantinet glacial, en plastoc jaune pisse, et sièges en toile rouge et bleu (je sais, sur la ligne B c’est du skaï !!), eh bien celui de Buenos-Aires (du moins celui de la ligne partant de Retiro) est assez sympathique. Très ancien, tout en bois, avec une lampe au plafond à chaque mètre, coiffée d’une applique de verre gravée (pas une ne manque ou n’a été brisée…le vandalisme ?…connais pas…) et des parois étonnamments propres, vierges de toute inscription du type « le neuf trois en force » ou « nique la police » si classiques dans notre RER national. La fraude est, elle aussi, à exclure, un agent des forces de l’ordre étant posté à chaque tourniquet..une organisation Sarkosiesque, mais contrairement à certaines personnes en France, ici, personne ne s’en plaint.

C'est un peu soulagé que nous parvenons finalement à notre hôtel, soulagement de courte durée puisque nous nous apercevons assez rapidement que celui-ci est en fait fermé pour rénovation. Bon, va falloir trouver autre chose. Baptiste nous propose l’Hotel Inn Tango, qui lui a apparemment été chaudement recommandé par un allemand rencontré à Bariloche. Nous lui faisons confiance. Vingt minutes plus tard (Kirstie nous a un peu paumé dans les rues en lisant la carte : pourquoi les femmes ne savent- elles pas lire une carte ??) nous nous trouvons face à l’hôtel. Nous entrons. L’ambiance a l’air d’y être assez jeune et détendue, le style assez sympathique de vieille maison retapée nous plaît immédiatement. Nous optons pour la solution la plus économique du lit en dortoir, et payons les quinze pesos (1 euro = 3 pesos) par personne pour la première nuit. Ici, le petit dej' est offert jusqu'à dix heures et trois ordinateurs connectés à internet sont à disposition des résidents de l’hôtel, et ce, 24h/24. Nous sommes plutôt satisfaits, tous semble bien s’organiser…mais y a un hic (lorsque j’écris un article, y a TOUJOURS un hic…).

Faut-il choisir un hôtel en fonction de l’allure des chambres ou plutôt des autres résidents avec lesquels vous allez passer vos prochains jours ? Jusque-là, Baptiste et moi-même avions favorisé les prestations…nous allons revoir notre jugement après cette traumatisante expérience argentine. Le hic, est brun (ou brune), parle hébreu, et fait preuve lorsqu’il voyage (avant et après je ne sais pas…) d’un manque de respect et d’intérêt pour les autres qui me file des aigreurs d’estomac. Nous étions restés muets à ce sujet de peur de réveiller les foudres des associations antixénophobie du net, mais il y a un moment où trop c’est trop. C’est en Inde que nous nous étions frottés pour la première fois à un groupe d’israéliens. Nous avions à l’époque (ça fait déjà quatre mois bon sang !!) admis le fait qu’ils nous étaient apparus comme de fieffés trouducs, sur le compte de la fatigue. Nous avions renouvelé cette expérience depuis, mais toujours choisi de ne point aborder le sujet ici même. Mais il y a un moment où le hasard n’est plus vraiment du hasard, et aujourd’hui, brisons la glace : l’israélien en voyage est un cauchemard. Nous avons même discuté de cela avec un allemand qui nous a expliqué s’être fait insulter par l’un d’eux (je vous laisse imaginer les insultes hypra originales qu’un israélien peut faire à un allemand) alors qu’il prenait la défense de la réceptionniste qui elle-même venait de se prendre un savon par le susdit israélien, car elle prétendait ne point pouvoir monter ses trente kilos de bagages. Vrai ou pas, il n’en reste pas moins que les quatre jours que nous avons passés dans cet hôtel ont été gâchés par tout ce groupe hermétique, impénétrable, nous ayant lamentablement zappé et faisant mine de nous découvrir à chaque fois que nous nous levions le matin. Une certaine ligne à tenir m’oblige à dire que nous n’avons malgré tout pas eu de chance de tomber sur ces mauvais bougres…et j’espère que c’est le cas.

Nous entamons la visite de Buenos-Aires en début d’après-midi le premier jour, ayant eu quelques difficultés le matin même à ouvrir les yeux. Un petit tour dans le quartier de San Telmo autour de notre hôtel, juste histoire de tâter le terrain avant de vraiment nous engouffrer dans la ville le jour suivant. Nous tombons en plein tournage d’un film, ayant nécessité de bloquer l’un des axes principaux de la ville…amusant. Nous nous offrons un resto italien pour notre premier soir avant de retourner à l’hôtel retrouver Kirstie. Nous ressortons à quatre, Nick, un américain, ayant accepté de partager une « Quilmes » (la bière locale) dans un bar du coin. Nous goûtons finalement le vin argentin. Je ne suis pas spécialiste mais bon, comme ca, je dirais qu’il n'était pas mal (après le troisième verre je ne serais même plus capable de différencier un blanc d’un rouge…c’est pour dire…). Nous rentrons à l’hôtel et tombons nez a nez avec un groupe de jeunes chauds comme la braise tout juste prêts à repartir en boîte. Deux jeune femmes, respectivement Mexicaine et Néo-Zeéandaise, nous collent aux bonbons… Nick, quant à lui, est en pleine négociation de gars bourré avec une jeune Argentine (pour le coup l’EXCEPTION à la description que j’ai faite plus haut des filles d’ici. Celle-ci était plus « Miss camping des trois bécasses » que « Miss France »…) apparemment assez réceptive à son accent McDo…bref… Nous partons tous en boîte. Baptiste, Axelle (une francaise de Lille également à l’hôtel), Kirstie et moi-même faisons finalement demi-tour, sentant cette soirée assez moyennement… (carrément mal en fait…). Nous rentrons, donc, et je profite de cette nuit pour écrire, enfin, mes aventures Néo-Calédoniennes (ça craint du boudin,pas antillais) sur l’un des trois ordinateurs gratuitement mis à ma disposition par le staff de l’hôtel.

La journée suivante se fera avec Kirstie, Baptiste ayant choisi de se lever d’ultra bonne heure (genre huit heures…si si, ca fait tôt !) pour visiter la ville. Je pars donc avec mon anglaise du moment, direction le quartier de « La Boca ». Nous marchons sous un ciel menaçant pendant près d’une heure à travers la ville, puis le long des docks à observer près d’une dizaine d’épaves de cargos rouillées, avant d’atteindre enfin le lieu tant convoité.

Ce quartier est assez somptueux. Non seulement à cause de l’omniprésence de l’esprit « Tango », danse dont les argentins ne sont pas peu fiers (et ils ont raison de l’être…) mais aussi grâce aux multiples couleurs dont sont peintes les maisons longeant les rues piétonnes. La Boca (du moins cette partie du quartier car La Boca est en fait assez vaste) est pastel. C’est un délice pour les yeux, comme pour les oreilles de s’y promener (vous pouvez également tester l’un des nombreux restaurants du coin pour ajouter un plaisir supplémentaire à la visite). Nous revenons le soir, lessivé par cette journée de marche mais également ravis. Une pizza (délicieuse by the way…) engloutie sur le pouce plus tard, et nous voici au lit.

Nous nous attaquons le lendemain, Baptiste et moi, au quartier de "Palermo" pour commencer, puis "Recoleta". On nous avait recommandé "Palermo" pour les nombreuses galeries design que l’on peut y trouver dans l’une de ses rues principales. Après vérification, il est vrai que cette rue (dont le nom m’échappe) compte une devanture futuriste à peu près tous les dix mètres. Le résultat est plutôt agréable pour les yeux. Beaucoup de couleurs sur près de huit cents mètres et une petite place remplie de restaurants pour boucler le tout. Nous nous laissons tenter.

Après une longue ligne d'environ deux kilomètres, et une seconde rue interminable frisant la même distance, nous débarquons à "Recoleta", quartier apparemment réputé pour sa grande ressemblance avec Paris. Il faut admettre que tous les éléments sont là. Les rues pavées, les vieux bâtiments d’époque, les hôtels de luxe. Nous avons même mis la main sur l’Ambassade de France, et quelques dizaines de mètres plus loin sur un somptueux hôtel Sofitel, classe juste comme il faut, à la Francaise. Nous croisons également par hasard l’emplacement de l’ancienne ambassade d’Israel, qui (et ma culture m’a fait défaut pour le coup) avait apparemment été littéralement réduite en miettes le 18 avril 1992 par un attentat à la bombe qui avait fait pas moins de 29 morts (si quelqu’un peut m’en dire plus sur cet attentat, il est le bienvenu).

Nous partageons le repas du soir avec Kirstie, et Hwyel (au Scrabble sur mot compte triple…), un Irlandais (au nom imprononcable donc…) très cool avec qui nous discutons jusqu'à tard dans la nuit passant de bar en bar (Baptiste nous quittera prématureéent because of lève-tot le lendemain pour aller visiter « La Boca » vivement recommandé par Kirstie et moi- même).

La journée du lendemain est la dernière pour nous à Buenos-Aires. Elle sera pour moi assez courte, n’ayant ouvert les yeux qu’a quatorze heures. Juste un petit tour dans San Telmo, une séance d’internet (gratuit, wow !) à l’hôtel et voici déjà Baptiste qui revient.

Nous sortons immédiatement manger et croisons Kirstie que nous embarquons au passage. Nous atterrissons dans un pub non loin de l’hôtel après tout de même près de vingt minutes à tourner en rond dans le quartier. Cette derniere soirée est plutôt calme, rien à voir avec nos adieux à Sydney ou Bali.

Demain, départ pour Iguazu et ses chutes légendaires. Nous saluerons également définitivement Kirstie qui nous aura bien fait rire pendant quatre jours. C’est dix-huit heures de bus supplémentaires qui nous attendent. Les chutes doivent probablement valoir le détour…

25 juillet 2003

Santiago de Chili - Chili

C'est avec un semi plaisir que je tire ma révérence à la Nouvelle-Calédonie et sa capitale Nouméa. Pourquoi semi ?... Tout simplement parce qu'avec le temps j'ai appris à apprécier tous ces Français qui grouillaient à l'Auberge de Jeunesse et que fatalement, les quitter, sans me fendre le coeur, me noue tout de même le fond de la gorge.

Bref, je pars malgré tout pour une aventure que j'imagine longue et "chiante" à souhait, à savoir deux heures d'avion jusqu'à Auckland, auxquelles viendront s'ajouter,le lendemain, onze autres heures de vol..., jusqu'à Santiago du Chili.
Je choppe mon bus direction l'aéroport de la Tontouta, et quitte un Nouméa ensoleillé et surexcité par la venue le lendemain même de notre Chichi de Président.
Une poignée de minutes plus tard (environ quarante-cinq)... me voici à l'aéroport passant mes nerfs sur une foutue machine à boissons qui vient de m'avaler pas moins de 200 francs pacifiques soit 1,80 euros environ. Rien à faire, la Nouvelle-Calédonie restera du vol jusqu'au bout...

Je réussis enfin à décoller et à rejoindre Auckland comme prévu, après un vol plutôt calme à tailler le bout de gras avec Alex. Ce Français installé à Nouméa depuis trois ans m'a vanté les mérites de cette île que j'aurais essayé, en vain, d'apprécier durant les deux semaines précédentes...

Une nuit à Auckland plus tard, me voici de retour à l'aéroport à observer l'A340 de la "LAN CHILE" qui va me faire traverser le Pacifique. C'est un peu anxieux (qui ne l'est pas en pénétrant dans un avion ?) que je foule du pied le sol moquetté de l'Airbus flambant neuf.

Onze heures plus tard: Santiago. Le voyage a été relativement calme. Quelques trous d'air et un bébé qui braillait... rien de bien méchant. "Putain" de mioche quand même !!!

Alors l'Amérique du Sud à première vue? Ben ça a l'air d'aller plutôt bien. Le ciel assez dégagé m'offre un Santiago sous son plus beau jour. La température, quant à elle, bien qu'un tantinet frisquounette, reste tout à fait supportable... avec une écharpe bien sur... Pas de problème, puisque je dispose d'une écharpe dont je ne me suis plus servi durant ces trois semaines en Nouvelle-Calédonie et que je vais me faire un plaisir de sortir de mon sac... et d'oublier dans le bus... A la question, ai-je un cerveau? Je répondrai non, et définitivement non... non mais quel "gland" je vous jure...

Après une vingtaine de minutes à jurer contre moi-même, je réussis enfin à mettre la main sur le backpacker chaudement recommandé par Baptiste... complet...
Sur le même trottoir, dix mètres plus loin avec la rencontre d'un australien et plus tard d'un couple de Français, me voici dans un hôtel à 5000 pesos la nuit, étendu sur mon lit.

Nous partons, avec Amandine et Fred (puisque tels sont leurs prénoms) à la découverte de la ville. Nous finissons la soirée dans un petit bar à déguster d'affilée: un litre d'Escudos (la bière locale), un Mojito à tomber par terre et un Daikiri Fruituta... pas dégueux tout ça!!! Le tout pour la modique somme de 7000 pesos soit environ 9 euros. Pour le même prix j'ai pu également déguster un succulent hot-dog et descendre une canette de Pepsi.

Le lendemain, levé... 4h00... PM. En France, on dit 16h00. Juste le temps de me rendre à la gare de bus acheter mon billet pour Buenos-Aires pour le jour suivant.
Cette excursion à la gare centrale restera pour moi un "Grand Moment de Solitude". Faire comprendre que l'on désire se rendre à Buenos-Aires... une véritable épreuve de force quand on ne parle pas la langue. Si au Chili, personne ne parle anglais, le français reste quasiment une langue inconnue dont une petite poignée d'élus locaux a vaguement entendu parler dans d'obscures documentaires sur les chaînes câblées.
La gare comprend pas loin d'une trentaine de guichets proposant toutes les destinations, sauf évidemment... Buenos-Aires. Je parviens tout de même après une véritable expédition à mettre la main sur la sociéte "CATA Internacional" (rassurant comme nom !) qui propose pour la modique somme de 21000 pesos (moins de 30 euros) un bus direct pour la capitale Argentine, en tout de même 21 heures...

Ma dernière soirée à Santiago et au Chili par là même, sera comble de l'originalité, goulûment arrosée. On prend les mêmes et on recommence. Seule variante, on change de quartier. Nous nous rendons à Bellavista, charmant quartier de Santiago, où l'on croise plus de discothéques sur les trottoirs que de Chiliens. Ca grouille de monde pourtant. Nous dégustons pour des clopinettes un succulent repas et enchaînons avec une dégustation d'Escudos dans un bar glauque de la ville... Je fus stoppé net dans mon élan par un hoquet dont j'ai tenté de me débarrasser en vain pendant toute la soirée. J'ai même failli prendre feu en essayant de le faire passer... Un peu compliqué à expliquer mais cela fera bien rire Amandine, Fred et Todd.

Départ pour Buenos-Aires où je devrais retrouver Baptiste le lendemain, après une trop courte nuit à lutter contre un mal de ventre à faire pleurer Stalone.
Le Chili fut un peu vite survolé... Nous allons nous rattraper en Argentine...

22 juillet 2003

Nouméa - Nouvelle-Calédonie

La Nouvelle Calédonie, c’est un peu dans nos esprits métropolitains, l’île paradisiaque de l’autre côté du globe, que l’on atteint qu’à la retraite, avec bobonne et le caniche nain... C’est un peu notre paradis perdu à tous. Le lieu auquel pense le jeune cadre dynamique, l’œil vide, dans ses moments d’absence, au dix septième étage de sa tour Framatome en regardant par la fenêtre la toile se dressant sous la Grande Arche... Le rêve du postier de St Adèle les Margoulasse pendant sa pause jambon beurre dans le parc de la commune. L’idéal de la jeune fille de 16 ans, décrochant à peine de sa période Alizée Lorrie, dont le démon hormone commence à titiller les sens, et dont l’appelle du jeune Kanak affûté Milka se fait de plus en plus ressentir...

La Nouvelle Calédonie, dans nos esprits franchouillards, c’est un peu tout ça à la fois. Quand on ne la connaît pas, on la veut... on la désir... on la rêve... On l’imagine couverte de sable venant fouetter une eau translucide où se mêlent mille variétés de poissons multicolores au mètre carré... On pense tout ça... mais on se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

Explications :

Nous arrivons,avec Baptiste, ce Samedi 8 Juillet à l’aéroport international de la Tontouta. Les dix minutes ayant précédé l’atterrissage nous avaient déjà bien mis l’eau à la bouche. Une eau bleue turquoise parsemée, ça et là de petits îlots dignes des plus belles brochures du Club Med. Nous posons la tong sur le tarmac, les yeux remplis d’espoir, bien décidés à envoyer aux oubliettes le si pluvieux Auckland. Le drapeau Français flottant fièrement au dessus de l’entrée me tire immédiatement un sourire, le français parfait de la jeune réceptioniste me fera friser l’orgasme.

Nous sommes en France... il y a des Peugeot dans les rues, ça parle Français, ça pense Français, ça respire Français... c’est finalement assez peu de chose mais après six mois de baragouinage pseudo franglais, ça fait vraiment du bien.

Bon début donc... mais l’euphorie sera de courte durée. L’explication à cette désillusion est finalement très simple. Après avoir parcouru pendant quarante cinq minutes environ, dans un bus flambant neuf, la distance séparant la Tontouta de Nouméa, sur un air de Kassav’, nous pénétrons dans la capitale Néo-calédonienne.

A première vue, Nouméa, c’est assez... banal! Certes il fait beau, mais la plage que nous pensions toute proche de la ville est en fait à près de cinq kilomètres. Nouméa, c’est une place (la place des cocotiers) entourée de rues bondées de voitures les heures de pointe. Nouméa, c’est une ville de bord de mer, voilà...

Nous parvenons après une courte ascension à l’Auberge de jeunesse de la ville (l’unique accommodation abordable : 80 boules la nuit). Nous réglons les paperasses d’usage et partons à la découverte de nos nouveaux compagnons de chambrée. Alors où est-ce que ça coince?

Etrangement, notre première impression au sujet des occupants de l’Auberge est excécrable. La raison en est simple. Qu’est ce qu’un Français a à apprendre d’un autre Français?... ben rien mon "con"! Tous le monde connais les origines de chacun. Dans ces circonstances, difficile de trouver un sujet de conversation. Il me faudra plusieurs jours de contact pour apprécier chacun, là ou une dizaine de minutes auraient suffi en Asie où en Océanie.

Nous partons le premier jours, chargés à bloc, bel et bien décidés à explorer de fond en comble cette Ile mythique. La nuit a eu un effet apaisant sur nos esprits. La Nouvelle Calédonie ne peu définitivement pas nous décevoir et Nouméa doit probablement regorger de coins fabuleux que nous chercherons toute la matinée...

Nous entamerons les hostilités avec le marché, sous la houlette de "Naval", un local rencontré sur la route qui nous y conduira. Il faudra batailler dur (avec Naval... humour... bon ok)... pour ne pas éclater de rire en voyant le prix du kilo de tomates... ça frise les 40 balles pardon 6e! Ok, tout est normal...

Nous tournons en rond dans la ville pendant deux bonnes heures (on peut en faire le tour en vingt minutes... à cloche pied) et retombons finalement sur la Place des Cocotiers (confirmant le fameux dictons, "Tous les chemins ménent à la Place des Cocotiers"), à coup sur, l´endroit le plus "attractif" de la Capitale. Bon... combien de jours nous restent-ils déjà?

Le truc en Nouvelle-Calédonie, c´est de bouger. N´espérez pas apprécier votre séjour en restant dans la Capitale, sauf si vous êtes fan des villes où il fait bon "s´emmerder" (genre Nouméa... on tourne en rond là ). C'est pas laid, non, seulement 10000 boules de billet d´avion depuis Paris, pour celà, ça fait un peu mal au colon. Le truc donc, c´est en effet de bouger... seulement se pose alors un délicat problème. Pour se déplacer, il faut de l´argent. La location d´une voiture ici ne pouvant se faire qu´à plusieurs afin d'amortir les frais, nous optons pour l´aller retour pour l'ile la plus proche (l´Ile des pins) débutant à 6400 francs pacifiques si vous revenez dans la journée. Les prix grimpent encore si vous y passez la nuit, sans parler des hotels (peut-être aussi parce que je n'ai pas la moindre idée du prix de la chambre). Pour bouger il faut des Euros... mais qui en a ? Surement pas les jeunes comme nous au milieu d'un Tour du Monde.

En résumé je dirais que la Nouvelle-Calédonie pourrait être appréciée par... papa, bobonne et le caniche nain...(on y revient)..., autrement dit par des personnes travaillant, venues de France pour trois semaines sur l'Ile et ayant de gros moyens...(la recette peu aussi marcher avec un teckel, un bichon frisé ou un caniche non-nain... la race du chien n'est pas, à proprement parlé primordiale)...

Nous pensons que la soirée va rattraper tout celà... Nous débarquons à l'Auberge avec Baptiste, le coeur rempli d'espoir de trouver en pénétrant dans la salle principale, tout l'attirail du parfait fétard déballé sur le dancefloor. Boules à facettes, Kenwood 4x2000 watts, cotillons multicolores, langues de belle-mères et l'inséparable couple "sarbacanes/boulettes papier maché" (celles que l'on ramasse en fin de soirée, imprégnées de coca-cola...bien dég') et of course "Le petit bonhomme en mousse" de Patrick Sébastien à fond les ballons... bref, la fiesta quoi!

Description rapide du tableau qui se dresse sous nos yeux brillants encore pleins d'espoir (z'ont pas brillés longtemps): Deux tables, une degueullasse portant encore des trainées de ketchup oubliées par on ne sait qui (car ici tout, le monde mange des pâtes ou du riz arrosé de ketchup et y ajoute du rapé les dimanches et jours feriés... le plat le plus économique)... sur la seconde est posé un superbe Scrabble d'époque fin René Coty, avec toutes ses lettres (je n'avais rien d'autre à faire que de les compter...) et son couvercle d'origine.

Philippe avec qui nous partageons notre chambre, est installé au fond et feuillette le "Lonely Planet" apparement à la recherche d'une occupation pour le lendemain (lire le Lonely reste l'occupation la plus abordable)...Bon j'admet que j'extrapole un peu... la salle compte en fait une dizaine de personnes mais se videra assez rapidement, une fois 22h00 passées...

La raison est en fait assez simple, et rejoint ce que j'ai dit précèdement. La vie ici étant hors de prix, et la seule solution pour y séjourner plus de trois semaines à moins de prendre un crédit sur 120 mois et bel et bien de...(un peu de mal à écrire ce mot)...travailler! Et bizarement, là où la Nouvelle Calédonie ne péche pas, c'est au niveau des offres d'emplois. Il est en effet assez facile de trouver un petit job lorsqu'on est jeune sans le sous, et que l'on réside à l'Auberge de jeunesse. Etant donné que les neuf dixièmes des locataires de l'Auberges travaillent, et bien ils ont à se lever tôt... et disparraissent dans leurs chambre de bonne heure (au moment ou les voyageurs des bus "Stray" de Nouvelle-Zélande ouvrent leur quinzième "Speight's"...bon ok je fais un scotch la...)

Nous papotons donc avec les quelques "couches-tard" et filons au pieu aux onze coups de 23h00 (pas tenu jusqu´au douze de minuit). Le lendemain nous decouvrirons deux choses: Le parc zoologique et le centre culturelle "Jean Marie Jibaou" qui doit sa popularité (et c'est un avis personnel) plus à son impressionnante architecture qu´à son contenu.

Nous sommes en compagnie de Anna, une Suisse toute gentille, et Kush (allez y avec vos blagues...on les a déjà toutes faites avec Baptiste : son nom de famille n'est ni Pampers, ni culotte, ni dozone, ni toila)...une charmante anglaise devant son nom peu ordinaire, à des origines indiennes... Baptiste et Anna se contenteront d'observer le parc depuis son entrée et de filer droit vers le centre culturel.

J'attaque seul avec Kush (qui n'en tient pas une... genre vous y avez pas pensé!)...la visite, à la recherche du fameux "Kagou", l'oiseau star ici. Nous apercevons toutes sortes d'animaux, en grande majorité des oiseaux, tous plus colorés les uns que les autres, dans une atmosphère plutôt agréable et sous un chaleureux soleil. Nous apercevons le sus-dit "Kagou"... joli mais ça casse pas des barreaux de chaise non plus...

Nous sortons de là l'esprit léger et entammons alors une séance d'auto-stop. Nous tendons le pouce, et cinq secondes plus tard, un camion s'arrête, nous prend à son bord pour nous déposer aux portes du centre culturel. Super bon point donc. Les gens ici sont vraiment adorables (et ceci n'est qu'un exemple parmi beaucoup d'autres) mais bon... on trouve des personnes adorables à Boulogne sur Mer aussi (à trois heures et demie de train de Paris)...

Le centre culturelle est plutôt impressionnant. Le prix du ticket (500 Frp) est douloureux mais, une fois à l'intèrieur, on ne peut que s'emerveiller devant l'architecture si particulière du bâtiment. Pour information,, l'édifice est signé Renzo Piano, Italien d'origine, ayant déjà fait parler de lui par le biais du "Centre Pompidou"... et qui apparement a pris depuis quelques cours de bon goût...

Nous tournons autour du bâtiment pendant plusieurs minutes (je tire le portrait à Teddy et Philéon au passage), mettons la main sur Baptiste qui a encore trouvé le moyen de rentrer sans payer au prix tout de même d'une séance de varape sur les falaises, et pénétrons à l'interieur... Nous en ressortons vingt minutes plus tard, car si le centre est grand, on sent que les organisateurs ont un peu péché à le remplir. On y trouve des peintures (plutôt modernes), un historique (plutôt intêressant il faut bien l'admettre) de la vie de Jean Marie Jibaou, une librairie hors de prix, un marchand de T-shirt (idem) ainsi que les maquettes des projets concurrents de celui de Renzo Piano... voilà quoi, c'est tout!

Nous sortons, direction Anse Vata (en stop encore... ça marche toujours aussi bien)... et assistons à un spectacle ultra touristique mais hyper sympa, de dances locales. Tous les âges, sans aucun complexes. Des femmes plutôt rondelettes se déhanchant au milieu de jeunes filiformes... Voilà bien quelque chose d'inimaginable dans la Capitale métropolitaine où la moindre irrégularité physique serait dévisagée par le premier qidam de passage...

Ce spectacle nous ravi. Nous rencontrons en plus ce même soir Fred et Stéphanie, nos deux compagnons de route d'Australie, avec qui nous avions passé près de deux semaines à bord d'un Van poubelle.

De retour à l'Auberge en stop nous faisons la connaissance de Guillaume et de son Renault Kangoo, Tatoueur professionnel qui aura quelques jours plus tard, l'occasion d'exercer son talent sur mon homoplate droite...

Le lendemain, départ pour le sud de l'Ile en compagnie de Yann et Antoine à bord d'une 405 avec plus de kilometres au compteur que qu'un bus indien, mais qui nous permettra tout de même, et c'est un peu le principal quelque part (merci à Yann d'ailleurs) de découvrir les chemins de terre rouge menant à Port Boise ainsi que les plages de Prony. Nous découvrons même une ancienne mine de nickel désafectée, le décor idéal pour un hypothétique "Indiana Jone 4"...

Nous rentrons vers les 19h00 alors que la lune est déjà bien haute.

La journée du lendemain sera marqué le soir, par la visite de la "Plage", boite à la mode de la Baie des Citrons, par l'achat de deux billets pour "l'Ile des Pins" le jour suivant, et la découverte par Baptiste après l'achat de ces billets que son vol pour Auckland est en fait précisement le lendemain (chapeau bas l'artiste)... Nous parvenons a refiler le billet (au rabais) à Antoine, qui nous sauve un peu la mise, et surtout 6400 francs CFP.

Je quitte Baptiste le soir même lui donnant rendez-vous trois semaines plus tard au Chili, puis part rejoindre Nathalie (dont c'est aujourd'hui les 35 ans), ainsi que la quasi totalité de l'Auberge accompagné de Denis, Jérôme, Gérald, Isabelle et Vincent à la fameuse "Plage" où nous devrions théoriquement finir la nuit. Ca boit, ça dance, ça drague dur dans tous les sens, ça claque son "flouze" en veux-tu en voilà, et ça rentre à 4h30 du mat juste pour chopper son bateau de 5h00... Je tue les trente dernières minutes qui me séparent de mon transfert vers le port, à taper la discute avec Nathalie, sur un existentiel sujet dont je ne parlerai pas ici afin de ne pas lui faire de tort... Puis, départ vers le port (ou devrais-je dire "l'embarcadère") puis monter à bord du bateau qui nous transportera, pendant trois interminables heures vers l'Ile des Pins. Je suis avec le fraichement reveillé Antoine (qui tient une pêche d'enfer, il a dormi le veinard) ainsi que Gaëtan et Veronique, respectivement Québécois et Française, expatriés pour un temps au Vanuatu, et en vacances sur l'Ile française pour encore quelques jours.

Le voyage est cauchemardesque...ça tangue dans tous les sens, sans arrêt pendant les deux dernières heures. Les passagers se lèvent précipitement un par un de leur siège pour cracher leurs tripes dans les rares toilettes que compte l'embarcation...des personnes à l'esprit clair, ayant passé une longue et reposante nuit... Je vous laisse imaginer mon état. Je choppe aux premiers remoux la porte à droite des toilettes pour n'en sortir qu'une fois le bateau solidement amaré au ponton de l'Ile. Mes compagnons de voyages ont bien rigolé... il faut admettre que celà frisait le ridicule...

Et l'Ile des Pins alors?... Ben ça claque! C'est même carrement magnifique. C'est bien ici que sont prises les photos de cartes postales... Des plages de sable blanc, tout y est... La Nouvelle-Calédonie c'est là... Nous nous baignons dans la piscine naturelle, mitraillons de photos les plages sous tous les angles, dégustons un succulent repas dans un panorama de rêve... et reprenons trop rapidement le chemin du retour... En tout cas, si vous décidez d'aller sur l'Ile des Pins, surtout n'y restez pas qu'une seule journée... c'est tout simplement ridicule...

Les quatres jours suivant se résumeront en un seul et unique mot : pluie... Les conditons météo idéales pour envisager de se faire décorer l'omoplate (trop penser fait faire des bétises parfois) Trois rendez-vous plus tard, et pas loin de 550 francs (pas pacifiques cette fois) dépensés, et me voici marqué à vie de l'emblême "margouillat" (la Tatoueuse m'a lancé sur un ton moqueur "pfff, mais de toute façon, en Métropole, ils savent même pas ce que c'est qu'un "margouillat"... je lui ai juré que si, pas la peine donc d'expliquer de quoi il s'agit). Ca fait quand même un peu mal, mais suis très content du résultat...

Enfin, dernière excursion avant mon départ, et pas des moindres. Un trip de trois jours du côté de Hieghene, dans une tribu au fin fond de la brousse, de l'intense en perspective... M'accompagneront pour cette aventure, Jérôme, Antoine et Nathalie (peut être oui mais en fait non... on sait pas trop. Ca dependra du temps et puis en fait, oui! même s'il fait pas beau c'est pas grave mais en fait non)... bref, nous partons à trois, sans Nathalie mais à bord d'une Peugeot 106 serie spéciale "Pop-Art" flambant neuve, pechue à souhait... nickel...

Une journée de route sous la pluie plus tard (notemment une séance de Rallye-Raid dans le chemin boueux menant à la tribu...anthologique!!!) nous voici chez nos hotes.

Première bourde, nous demandons à renconter Marceline, Dame qui selon notre contact à l'office de tourisme, aurait du nous accueillir. Erreur, toute la famille s'est réunie justement ce week-end...pour enterrer Marceline... D'entrée, ça jette un froid. Je manque de tuer sa remplaçante en garant la 106, déguste un délicieux repas (du cerf, pas mauvais du tout) espérant effectuer une petite formalité journalière avant le dodo, à savoir, un passage obligatoire aux toilettes. Bonjour la formalité...

Un trou entre deux planches, et des mouches comme compagnons... sympa la séance. Je jette l'éponge au bout de quatorze secondes décidant de serrer les fesses jusqu'au lendemain. Nous avons prévu de prendre la voiture pour aller en ville, marcher, regarder le paysage, visiter de fabuleuses grottes (dont le nom m'échappe) à deux pas de Hieghene, et puis prendre beaucoup de jolies photos...

La nuit suivante sera calme pour Antoine et moi. Jerome quant à lui aura fait copain copine avec une scolopendre, charmante bestiole comparable à un mille-pattes mais qui a en plus, a en juger les cris de la victime, la capacité de piquer, de faire très mal et de paraliser...nous, solidaires, nous rigolons (ah les cons...)

Nous arrivons à placertout notre programme dans la matinée suivante (oui oui, vraiment tout)!, et consacrerons notre après-midi à une petite escursions aux alentours de la tribu, jusqu'à un barrage plus haut sur la colline, guidés par Alice, notre hote... jolie la cascade...

Nous partons le lendemain à l'aube et battons sans doute pour ce retour le record chrono Hieghene-Nouméa, la 106 étant décidement une petite voiture pleine de ressource. Nous stoppons tout de même plusieurs fois, pour manger notemment mais également pour admirer la plage de Poe...bon c'est beau, allez on se casse, on va faire les cons avec la 106 ! (débile, vraiment debile)

Juste un détail au sujet du style de conduite des Néo-Caledoniens... ils sont pire que les Italiens (et que ma Soeur, mais ça tout le monde s'en fout)... Et malgrès notre amusement avec la voiture, nous sommes tout de même resté très prudent comparés aux malades mentaux que nous avons pu croiser...affolant !

Je consacre ma dernière journèe en Nouvelle-Calédonie a prèparer mon départ...Reveil à 11h15...11h22 mon sac est fait...et maintenant?...ben il pleut! on fait un ping pong ?

Je tiens ainsi jusqu'au soir et termine ce superbe séjour (il est vrai que l'on a bien rigolé) par un Scrabble (que je gagné, WOW !!!)

Départ demain... franchement, je ne sais pas si je reviendrai... si, si je perd un pari peut être....

08 juillet 2003

Auckland - Nouvelle-Zélande

Wellington, c’était plutôt génial et même si cette ville, capitale méconnu de la Nouvelle-Zélande, doit avoir la taille d’un de nos villages français (ok, un peu plus grand peut être…), nous ne nous y sommes pas ennuyé une seule seconde. Partant de ce principe, Auckland, monumentale cité regroupant à elle seule prêt du tiers de la population du pays, ne pouvait que nous emballer. Emballer, le mots est sans doute un peu grand. Auckland reste tout de même une ville sympathique.

J’y débarque deux jours après Baptiste. Notre traversée de l’île du nord, bien qu’un peu frustrante (nous n’avons eu le temps de nous arrêter nulle part) s’est déroulée de la meilleure façon qui soit. Me voici, aprés des adieux à Tonton Reiner, à cinq heure et demie du matin, assis dans mon bus près à lever l’ancre. Je fais la connaissance de mon nouveau chauffeur, Gibo de son prénom, qui sans être à la hauteur de notre Chops national, semble plutôt cool et amusant. Avec moi également (et ce n’est pas pour me déplaire), la belle Hélène, n’ayant pas oublié son charme à l’hôtel. Les femmes belles au saut du lits se comptent sur les doigts d’une main…j’en connais au moins une, Hélène la talonne de très prêt…

Nous prenons la route et roulons jusqu’à Taupo et son fameux lac, pour un arrêt d’à peine dix minutes. Là, de nouveaux arrivant dans le bus. Parmi eux, Christelle, une charmante australienne de Perth, à qui je n’adresserai la parole qu’à notre arrivée à Auckland, n’ayant consacré mon voyage qu’à dormir, et discuter avec mon glaçon préféré, Hélène.

Sans doute est-ce cette surabondance de belles plantes tout autour de moi qui m’a fait perdre mes repères, le fait est que je me trompe d’hôtel et défait mes valises au ACB (Auckland Central Backpackers) Baptiste, Sarha et Gabriel étant quand à eux au CCB (Central City Backpackers) à deux blocs plus au sud. Ici, une nuit coûte la bagatelle de 22$NZ, (environ 11 euros…).

Nous passerons notre première soirée à Auckland, au Globe Bar, en compagnie de Christelle, Hélène, Chops et Gibo, à boire de l’Export Gold (de la bière…évidement…).Je finirai la soirée seul avec Christelle, Hélène ne pouvant apparemment pas me sentir (ou alors étant simplement fatiguée). Elle me parle de Perth, de ses études, de sa famille, conversation typique de deux personnes qui se découvrent. Nous nous quittons les minuits passées pour ne plus jamais nous revoir, schéma trop classique de ce genre de voyage…mais que peut-on y faire ?

Je me réveil le lendemain, pour trouver un ciel gris et pluvieux. La journée sera donc calme. Je m’adonne l’après midi à une séance de ciné, un incroyable Ang Lee aux commandes d’un "Hulk" plutôt réussit, parfait croisement entre le film et la bande dessinée (j’appellerai cela de la "bande filmée"). Le soir, nous ne savons guère trop comment nous occuper. Je suis de plus attristé par le départ de ma chère Sarha que je n’aurais pas eu l’occasion de revoir (elle m’avait promis un massage…et puis elle était cool Sarha…). Gabriel, notre amis brésilien est lui aussi introuvable. Bref, Baptiste vient me retrouver à mon hôtel mais ni lui ni moi ne savons vraiment quoi faire de cette soirée. Nous rencontrons dans le hall, deux jeune filles respectivement française et canadienne avec qui nous passerons près de trois heures au bar (nous mettrons également, par hasard, la main sur Gabriel). Baptiste partita dormir avant moi. Je resterai seul avec les deux jeunes filles qui finiront par s’engueuler comme du poisson pourrit. Je tiendrai cinq minutes sans rien dire, avant de me lever (sans rien dire non plus) et d’aller me pieuter, gaver par tant de débilité…

Dernière nuit dans cet hôtel, demain je pars rejoindre Baptiste et Gabriel au CCB, moins cher de deux dollars. Le choix s’avèrera plus que judicieux car le CCB est non seulement moins cher mais aussi beaucoup plus convivial. J’y fait la connaissance de Gabriela, jeune chilienne de vingt trois ans, adorable, avec qui je passerai un après-midi tout ce qu’il y a de plus agréable. Nous visiterons ensemble la fameuse SkyTower et attendrons près de trois heures à son sommet, afin d’assister à un fabuleux couché de soleil sur l’océan…un régale pour les yeux (le couché de soleil était pas mal non plus…).

Le soir, coma général sur les banquettes du salon devant la télé et dodo les minuits à peine atteintes…

Dernier jour à Auckland. Au programme aujourd’hui, un tour de la ville en bus, pour la modique somme de rien du tout. Trois heures à déambuler dans les rues, l’occasion de réaliser que si Auckland est une ville sympathique, elle n’a rien, si ce n’est sa SkyTower, de vraiment captivant. Ce tour s’avèrera instructif, sans plus.

Demain matin, un autre bus, mais celui-ci nous conduira à l’aéroport d’ou décollera notre avion pour Nouméa, Nouvelle-Calédonie. Ces îles font rêver tout le monde. Nous vérifierons si tout ceci est justifié…

03 juillet 2003

Wellington - Nouvelle-Zélande

Stray, s’très bien... parfait même. On rencontre du monde, on voit du pays, on s’éclate à fond les ballons... rien à redire. Seul hic! ça coûte cher, très cher même et, à la seule pensée, de consulter mes relevés banquaires sur Internet (en admettant que celà fonctionne, "putain" d’écureuil)! me file des plaques rouges. Bref, et celà n’est pas caractéristique à la Nouvelle-Zélande mais, s’amuser coute cher... Si la raison dicte à Baptiste de ne point trop se laisser aller à des dépenses dites "superflues" (genre un pack de douze tous les soirs, et trois jugs de Speight’s la bière locale par night-clubs visité), et bien avec moi, elle reste désespérément silencieuse (ou alors je fais mine de ne point entendre)... en deux mots "la ruine guette, va falloir la jouer fine"...

Invercargill, fut plutôt vite expédier. La raison principale étant que c’est assez insignifiant. Pour preuve, ma séance de ciné en compagnie de Andy et Camille (respectivement Anglais et Danoise), à savourer un "Bruce Almighty" où Jim Carrey, au sommet de son art enchaîne les grimaces dans un scénario abracadabrant! amusant...
C’est au petit matin que nous quittons Invercargill, sans larme aucune. Dunedin, notre prochaine destination, est semble-t- il, encore une ville assez volumineuse (ici, une ville de plus de cinquante mille habitants est dite "volumineuse")!!! Au programme de ce jour, du lion de mer, du pingouin, et beaucoup de route. Pour ceux qui ne connaissent pas les lions de mer, je dirais que l’on peu comparer celà à une grosse Otarie. C’est assez colossale comme animal, un peu pataud... mais perso, ça m’éclate. Nous resterons près d’une vingtaine de minutes à mitrailler de photos les pauvres bêtes. Notre arrêt pingouins quand à lui, ne sera récompensé que par la timide sortie d’un pingouino minuscule que j'aurais à peine le temps de phototographier. Pas top...

Nous arrivons à Dunedin à la tombée de la nuit... même conclusion que la veille au soir... insignifiant. Nous tentons tout de même une sortie billard (juste l’occasion de me ridiculiser un peu au manié de queue... pas vraiment pas mon truc)... retour à la maison vers les 23h00, un peu moins clair et plus pauvre qu’à mon départ…

Notre départ de Dunedin est une copie carbone de la veille, juste l’occasion pour nous d’admirer le ciel rose bonbon que nous offre un levé de soleil... fabuleux. Cette journée de bus sera marquée par un cour arrêt en sortie de Dunedin, sur Baldwin Street, apparemment la rue la plus pentue du monde... il faut bien admettre que celà est très impressionnant.

Nous la grimpons, en compagnie de Sue (une canadienne plutôt poilante) et Delphine (une française, mais si !!! drôle aussi pour le coup) et nous laissons aller à quelques photos bien débilos dont l’originalité laisse à désirer (genre je suis couché par terre et j’escalade la rue en rampant)... boarf, ça nous aura bien fait rire après tout !!

Nous atteignons Christchurch au soir, dans une atmosphère étonnement française... ce soir, les "All Blacks" rencontrent le "Quinze de France", ceci explique peut être celà. Pris d’une soudaine crise de patriotisme, chauvin à souhait, nous nous rendons dans un bar voisin pour zieuter ensemble ce match au sommet, baigné parmi des néo-zélandais pour qui la victoire de leur équipe ne fait aucun doute... A noter, la présence de la charmante Sarha, jolie plante fraîchement rencontrée à l’hôtel, accompagnée dela non moins charmante Delphine et de Baptiste... voici, donc pour le clan Français... La solidarité aura fait venir Hélène, et une ribambelle d’autres anglais, parmi nous pour supporter, je vous le donne en mille : les All Blacks!!! ("putain de rosbifs" !!!)... comme quoi, la langue est plus forte que la proximité!!!
Passons... Vous connaissez la suite, on prend notre toise 31-23 (mini toise, mais toise malgré tout) juste l’occasion pour la poignée de Kiwi qui nous entoure de nous taper dans le dos en nous lançant des "faut pas se décourager... keep the faith!"... et ta sœur!... La prochaine fois je tacherai de faire le bon choix entre supporter les vainqueurs, ou les français...

Nous terminons la soirée dans un bar boite... On boit, on danse et je me ruine... jusque tard dans la nuit. Je rentre seul avec Sarha, Sue et Chops ayant décidé d’aller casser la croûte (un Burger King à trois heures du mat... tout est normal!...)

Nous passons la journée suivante à Chrischurch... ça ne transpire pas non plus l’originalité. C’est grand et froid... le truc le plus marquant restera le hot-dog à deux dollars cinquante que je me suis offert, midi pointant à la porte.

Le soir est l’occasion pour nous de nous retrouver dans un resto indien plutôt sympa, nous rappelant à Baptiste et moi, les six semaines passées dans ce si surprenant pays (ça fait déjà quatre mois)... Nous regagnons ensuite la chambrée, les copains ayant décidé de rempiler pour une séance de bière... euh... temps mort là, l’écureuil peut plus suivre...

Notre objectif pour cette journée est Kaikoura. Nous avons sur place deux possibilités. Soit effectuer un petit tour en hélico pour admirer les baleines ou, seconde option, une baignade au milieu des dauphins. C’est bel et bien pour des raisons purement financières que ni Baptiste, ni moi n’optons pour aucune des deux solutions. Celà coûte tout de même la bagatelle d' environ cinquante euros par tête... Boire ou mater les baleines, il faut choisir (j’admet alors que le choix n'est pas très futé mais bon)...

Le soir même diner en compagnie d’une dizaine de convives venus du monde entier. Imaginez une table de douze personnes, allant du Brésil, à la Suisse, en passant par la Nouvelle Zélande, l’Allemagne, la France, le Canada, la Hollande et l’Angleterre. Au résultat, une super soirée à parler de tout et de n’importe quoi et à se découvrir les uns les autres... super chaleureux et vraiment captivant!!!

Ce soir, retour à Wellington. Un nouvel arrêt "lion de mer" (dont vous ne verrez jamais aucune image... je vous expliquerai plus tard)... et nous voici, à Picton où nous attend notre Ferry. Les deux heures de route seront l’occasion pour nous de parler une dernière fois avec Chops, notre chauffeur, que nous quitterons, en théorie, définitivement ce soir même...

Nous connaissons bien Wellington, seule difficulté pour nous ce soir, mettre la main sur un téléphone à pièce pour nous assurer que mon Oncle de Lower Hutt est bel et bien prêt à nous recevoir. Après une bonne heure à tourner en rond, sac au dos, et prêt de deux dollars perdus dans deux "P..." de cabines à pièce qui ne marchaient vraisemblablement pas, nous décidons d’aller dormir à l’hôtel, ne nous sentant pas trop de débarquer à l’improviste chez nos si généreux Hôtes...

La soirée est classique... un petit tournoi de fléchettes dans un des bars branchés de la ville (noter l’absence de Baptiste, décidé à se coucher de bon heure pour cause de départ matinal le lendemain... il atteindra finalement Auckland trois jours avant moi) en compagnie de Matt (plus connu sous le pseudo "Mister Yellow"), Chops et le quatuor féminin Sarha, Marlène, Hélène et Andréa, avec qui je m’adonnerai (on se calme)! à une séance de photos anthologique orchestrée par un Mister Yellow (Matt, donc)... au meilleur de sa forme... un pur régal. Seul bémol de la soirée, la boulette de la belle Hélène (quelle poire!)... qui, voulant regarder les photos sur mon appareil, ne trouvera rien de mieux à faire que de formater ma carte mémoire. Résultat des courses, deux jours de photos passés à la trappe, dont les fameux lions de mer de Kaikoura. Son visage angélique me fera répondre un hypocrite "no problem" lorsqu’elle me demandera, toute gênée, avec sa petite voix "I’m soooo sorry Julian, is it ok?... of course! NO WORRIES!!!)...

La journée suivante sera marquée par deux évènements. La présence d’Hélène à mes cotés à qui je parviendrai finalement à extirper plus de cinq mots d’affilé, et les retrouvailles de ma chère Familia qui ne cachera pas sa joie de me retrouver, regrettant un peu tout de même, l’absence de Baptiste. Je visite donc ce jour le jardin botanique en compagnie d’Hélène (une fleur parmi les fleurs) et essaye pour l’occasion le fameux "Cable Car" (comparable au funiculaire qui mène au Sacré Cœur... en plus ancien). Le soleil est au rendez-vous ce qui n’était pas vraiment le cas deux semaines auparavant. Nous nous rendons, après une séance de sandwichs-coca en centre ville, au musée Te Papa (la deuxième fois pour moi... mais je ne m’en lasse pas). Hélène, opte, vers les 16h00, pour l’option "sieste dans sa chambre d’hôtel", activité apparemment plus captivante que rester avec moi...on croit rêver!!!

Je consacre ma soirée à conter le récit de mon voyage dans l’île du sud à Tante Evelyn et Oncle Reiner apparemment visiblement passionnés par mon aventure (ils partent dans cette même île du sud dans moins d’une semaine). Leur accueil est toujours autant chaleureux et les talents de cuisinière d’Evelyn toujours aussi appréciables…

C’est après une nuit calme dans mes appartements privés de Lower Hutt que je prend, de nouveau la direction de Wellington par le bus de 10h19. Rien de bien spécial au programme aujourd’hui, si ce n’est une séance d’au revoir non pas définitif, mais tout de même émouvante, à ma chère Annette que je ne reverrai plus jusqu'à sa prochaine visite en France (incessamment sous peu je l’espère)...

Je passe également rendre visite à Eve, le jolie minois de l’agence STA Travel, qui avait eu la bonne idée de nous proposer ce petit tour "Stray" sur l’île du Sud. Après une vingtaine de minutes de bavardage avec la jeune femme, je chope in extremis mon bus pour Point Howard et regagne la demeure familiale pour y partager un ultime, et succulent repas en compagnie de Tata, Tonton et Cousin Robert... Je me suis rendu également ce soir là, en compagnie de Reiner, à une conférence sur la géologie et l’activité sismique de la chaîne des Alpes de l’ile du sud (contenant le fameux Mt. Cook). En Français, ce doit être compliqué à comprendre... en Anglais, c’est une véritable épreuve de force. Je décroche au quatrième mots et fais mine de comprendre en hochant la tête pendant l’heure et demie que dure la conférence...
Dodo à 23h00 pétantes après moult remerciements et embrassades avec ma si généreuse Famille. Demain levé 5h30 pour choper mon bus Stray, direction Auckland. Reiner poussera le bouchon jusqu'à me proposer de me conduire en ville à cette heure si avancée de la matinée... j’accepte un peu gêné... mais il faut bien admettre que ça m’arrange bien! bien! bien!...

Dernière nuit dans la capitale Néo-zélandaise... demain, Auckland et sa Sky Tower...