31 juillet 2003

Buenos Aires - Argentine

Bon…comment, en deux mots, décrire la capitale Argentine ?… Pas évident. Le titre est en fait une bonne description (un peu argotique je vous l’accorde, on va se mettre les « Chiennes de garde » à dos avec ça) de ce que l’on peut apercevoir lorsqu’on se promène dans les rues de la ville. Car ce qui marque le plus (c’est un point de vue perso) c’est bel et bien l’affluence de jeunes filles, d’une part seules, et d’autre part belles à se taper la tête contre le trottoir, que l’on croise en à peine cinq minutes. Pour vous donner une vague idée, la plus laide des plus laides doit se situer approximativement au niveau de notre Miss France (ça reste plutôt pas mal donc) …c’est énorme, et hyper frustrant pour le touriste qui parle l’espagnol comme une vache anglaise…car passé le « Qué hora es ? » la conversation s’embourbe rapidement…

Evidemment, Buenos Aires, ce n’est pas que des jolies filles…Buenos Aires, c’est aussi une immense cité de près de treize millions d’habitants, decoupée en plusieurs quartiers, équivalents aux arrondissements de Paris ou Marseille, et offrant chacun une vision différente du pays. On pourrait aussi comparer ça aux différents mondes de Disneyland : Tangoland pour le quartier de « La Boca » (au nord-ouest de la ville), Designland pour celui de « Palermo », ou Parisland pour le quartier de « Recoleta », offrant des rues similaires à certaines de la capitale francaise. Et la ressemblance avec la France (et notamment Paris, donc…) ne s’arrête pas la. On croise en plus, ici, des Renault et des Peugeot à tous les coins de rues, et les taxis ont adopté la bonne vieille Peugeot 504 (qu’on ne produit plus chez nous depuis des lustres) et la Renault Chamade (une 19 sans hayon) comme modèle de prédilection. Bref, le seul élément (de taille, il est vrai) qui nous remet les pieds sur terre pour affirmer que « nous ne sommes pas rentrés à la maison », c’est bel et bien qu’ici comme au Chili, les gens ne parlent pas Français, pire certains doivent même penser que c’est une langue morte (genre "en France on parle latin"…)
C’est sous un ciel dégagé, par une belle matinée de fin juillet que je débarque en compagnie de Kirstie, une anglaise rigolote rencontrée la veille, en gare de Retiro (le nom du quartier) après vingt et une interminables heures de bus (on a fait pire en Inde, mais bon, je suis plus habitué en fait, ca doit être ça…). Je dois retrouver Baptiste à Buenos-Aires, le seul pépin est que je n’ai pas la moindre idée de où, ni quand cela doit se passer. J’aurais à peine le temps de me poser la question puisque, comble d’un hasard bienfaiteur, le juste nommé me tombe dessus alors que mon pied gauche n’a pas encore touché le sol argentin (je rappelle que je viens de Santiago). Deux semaines que nous ne nous sommes pas vus, tout va bien, banalités habituelles, je le présente à Kirstie, et zouuuu, direction l’hôtel que nous avons choisi dans le LonelyPlanet, via le métro, auquel nous allons goûter par la même occasion. Si le métro parisien et un tantinet glacial, en plastoc jaune pisse, et sièges en toile rouge et bleu (je sais, sur la ligne B c’est du skaï !!), eh bien celui de Buenos-Aires (du moins celui de la ligne partant de Retiro) est assez sympathique. Très ancien, tout en bois, avec une lampe au plafond à chaque mètre, coiffée d’une applique de verre gravée (pas une ne manque ou n’a été brisée…le vandalisme ?…connais pas…) et des parois étonnamments propres, vierges de toute inscription du type « le neuf trois en force » ou « nique la police » si classiques dans notre RER national. La fraude est, elle aussi, à exclure, un agent des forces de l’ordre étant posté à chaque tourniquet..une organisation Sarkosiesque, mais contrairement à certaines personnes en France, ici, personne ne s’en plaint.

C'est un peu soulagé que nous parvenons finalement à notre hôtel, soulagement de courte durée puisque nous nous apercevons assez rapidement que celui-ci est en fait fermé pour rénovation. Bon, va falloir trouver autre chose. Baptiste nous propose l’Hotel Inn Tango, qui lui a apparemment été chaudement recommandé par un allemand rencontré à Bariloche. Nous lui faisons confiance. Vingt minutes plus tard (Kirstie nous a un peu paumé dans les rues en lisant la carte : pourquoi les femmes ne savent- elles pas lire une carte ??) nous nous trouvons face à l’hôtel. Nous entrons. L’ambiance a l’air d’y être assez jeune et détendue, le style assez sympathique de vieille maison retapée nous plaît immédiatement. Nous optons pour la solution la plus économique du lit en dortoir, et payons les quinze pesos (1 euro = 3 pesos) par personne pour la première nuit. Ici, le petit dej' est offert jusqu'à dix heures et trois ordinateurs connectés à internet sont à disposition des résidents de l’hôtel, et ce, 24h/24. Nous sommes plutôt satisfaits, tous semble bien s’organiser…mais y a un hic (lorsque j’écris un article, y a TOUJOURS un hic…).

Faut-il choisir un hôtel en fonction de l’allure des chambres ou plutôt des autres résidents avec lesquels vous allez passer vos prochains jours ? Jusque-là, Baptiste et moi-même avions favorisé les prestations…nous allons revoir notre jugement après cette traumatisante expérience argentine. Le hic, est brun (ou brune), parle hébreu, et fait preuve lorsqu’il voyage (avant et après je ne sais pas…) d’un manque de respect et d’intérêt pour les autres qui me file des aigreurs d’estomac. Nous étions restés muets à ce sujet de peur de réveiller les foudres des associations antixénophobie du net, mais il y a un moment où trop c’est trop. C’est en Inde que nous nous étions frottés pour la première fois à un groupe d’israéliens. Nous avions à l’époque (ça fait déjà quatre mois bon sang !!) admis le fait qu’ils nous étaient apparus comme de fieffés trouducs, sur le compte de la fatigue. Nous avions renouvelé cette expérience depuis, mais toujours choisi de ne point aborder le sujet ici même. Mais il y a un moment où le hasard n’est plus vraiment du hasard, et aujourd’hui, brisons la glace : l’israélien en voyage est un cauchemard. Nous avons même discuté de cela avec un allemand qui nous a expliqué s’être fait insulter par l’un d’eux (je vous laisse imaginer les insultes hypra originales qu’un israélien peut faire à un allemand) alors qu’il prenait la défense de la réceptionniste qui elle-même venait de se prendre un savon par le susdit israélien, car elle prétendait ne point pouvoir monter ses trente kilos de bagages. Vrai ou pas, il n’en reste pas moins que les quatre jours que nous avons passés dans cet hôtel ont été gâchés par tout ce groupe hermétique, impénétrable, nous ayant lamentablement zappé et faisant mine de nous découvrir à chaque fois que nous nous levions le matin. Une certaine ligne à tenir m’oblige à dire que nous n’avons malgré tout pas eu de chance de tomber sur ces mauvais bougres…et j’espère que c’est le cas.

Nous entamons la visite de Buenos-Aires en début d’après-midi le premier jour, ayant eu quelques difficultés le matin même à ouvrir les yeux. Un petit tour dans le quartier de San Telmo autour de notre hôtel, juste histoire de tâter le terrain avant de vraiment nous engouffrer dans la ville le jour suivant. Nous tombons en plein tournage d’un film, ayant nécessité de bloquer l’un des axes principaux de la ville…amusant. Nous nous offrons un resto italien pour notre premier soir avant de retourner à l’hôtel retrouver Kirstie. Nous ressortons à quatre, Nick, un américain, ayant accepté de partager une « Quilmes » (la bière locale) dans un bar du coin. Nous goûtons finalement le vin argentin. Je ne suis pas spécialiste mais bon, comme ca, je dirais qu’il n'était pas mal (après le troisième verre je ne serais même plus capable de différencier un blanc d’un rouge…c’est pour dire…). Nous rentrons à l’hôtel et tombons nez a nez avec un groupe de jeunes chauds comme la braise tout juste prêts à repartir en boîte. Deux jeune femmes, respectivement Mexicaine et Néo-Zeéandaise, nous collent aux bonbons… Nick, quant à lui, est en pleine négociation de gars bourré avec une jeune Argentine (pour le coup l’EXCEPTION à la description que j’ai faite plus haut des filles d’ici. Celle-ci était plus « Miss camping des trois bécasses » que « Miss France »…) apparemment assez réceptive à son accent McDo…bref… Nous partons tous en boîte. Baptiste, Axelle (une francaise de Lille également à l’hôtel), Kirstie et moi-même faisons finalement demi-tour, sentant cette soirée assez moyennement… (carrément mal en fait…). Nous rentrons, donc, et je profite de cette nuit pour écrire, enfin, mes aventures Néo-Calédoniennes (ça craint du boudin,pas antillais) sur l’un des trois ordinateurs gratuitement mis à ma disposition par le staff de l’hôtel.

La journée suivante se fera avec Kirstie, Baptiste ayant choisi de se lever d’ultra bonne heure (genre huit heures…si si, ca fait tôt !) pour visiter la ville. Je pars donc avec mon anglaise du moment, direction le quartier de « La Boca ». Nous marchons sous un ciel menaçant pendant près d’une heure à travers la ville, puis le long des docks à observer près d’une dizaine d’épaves de cargos rouillées, avant d’atteindre enfin le lieu tant convoité.

Ce quartier est assez somptueux. Non seulement à cause de l’omniprésence de l’esprit « Tango », danse dont les argentins ne sont pas peu fiers (et ils ont raison de l’être…) mais aussi grâce aux multiples couleurs dont sont peintes les maisons longeant les rues piétonnes. La Boca (du moins cette partie du quartier car La Boca est en fait assez vaste) est pastel. C’est un délice pour les yeux, comme pour les oreilles de s’y promener (vous pouvez également tester l’un des nombreux restaurants du coin pour ajouter un plaisir supplémentaire à la visite). Nous revenons le soir, lessivé par cette journée de marche mais également ravis. Une pizza (délicieuse by the way…) engloutie sur le pouce plus tard, et nous voici au lit.

Nous nous attaquons le lendemain, Baptiste et moi, au quartier de "Palermo" pour commencer, puis "Recoleta". On nous avait recommandé "Palermo" pour les nombreuses galeries design que l’on peut y trouver dans l’une de ses rues principales. Après vérification, il est vrai que cette rue (dont le nom m’échappe) compte une devanture futuriste à peu près tous les dix mètres. Le résultat est plutôt agréable pour les yeux. Beaucoup de couleurs sur près de huit cents mètres et une petite place remplie de restaurants pour boucler le tout. Nous nous laissons tenter.

Après une longue ligne d'environ deux kilomètres, et une seconde rue interminable frisant la même distance, nous débarquons à "Recoleta", quartier apparemment réputé pour sa grande ressemblance avec Paris. Il faut admettre que tous les éléments sont là. Les rues pavées, les vieux bâtiments d’époque, les hôtels de luxe. Nous avons même mis la main sur l’Ambassade de France, et quelques dizaines de mètres plus loin sur un somptueux hôtel Sofitel, classe juste comme il faut, à la Francaise. Nous croisons également par hasard l’emplacement de l’ancienne ambassade d’Israel, qui (et ma culture m’a fait défaut pour le coup) avait apparemment été littéralement réduite en miettes le 18 avril 1992 par un attentat à la bombe qui avait fait pas moins de 29 morts (si quelqu’un peut m’en dire plus sur cet attentat, il est le bienvenu).

Nous partageons le repas du soir avec Kirstie, et Hwyel (au Scrabble sur mot compte triple…), un Irlandais (au nom imprononcable donc…) très cool avec qui nous discutons jusqu'à tard dans la nuit passant de bar en bar (Baptiste nous quittera prématureéent because of lève-tot le lendemain pour aller visiter « La Boca » vivement recommandé par Kirstie et moi- même).

La journée du lendemain est la dernière pour nous à Buenos-Aires. Elle sera pour moi assez courte, n’ayant ouvert les yeux qu’a quatorze heures. Juste un petit tour dans San Telmo, une séance d’internet (gratuit, wow !) à l’hôtel et voici déjà Baptiste qui revient.

Nous sortons immédiatement manger et croisons Kirstie que nous embarquons au passage. Nous atterrissons dans un pub non loin de l’hôtel après tout de même près de vingt minutes à tourner en rond dans le quartier. Cette derniere soirée est plutôt calme, rien à voir avec nos adieux à Sydney ou Bali.

Demain, départ pour Iguazu et ses chutes légendaires. Nous saluerons également définitivement Kirstie qui nous aura bien fait rire pendant quatre jours. C’est dix-huit heures de bus supplémentaires qui nous attendent. Les chutes doivent probablement valoir le détour…

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