21 février 2003

Agra - Inde

Bien bien bien…qui n’a jamais entendu parler du Taj Mahal? Certains ont même pris l’habitude de le compter parmi l’une des sept merveilles du monde…ce qui n’est pas le cas (eh non !)…

Shimla nous avait bien plu malgré le temps plutôt limite, un tantinet nuageux…qu’allait-il en être d’Agra? La descente de Shimla vers Kalka, où nous attendait notre train pour Delhi, ne restera pas dans ma mémoire comme un moment d’intense plaisir routier… Disons que le style Alesiesque de notre chauffeur ne m’aurait pas vraiment plu sur route sèche…Imaginez la même chose avec de la neige…une tuerie… Nous arrivons finalement à bon port (ou plutôt à bonne gare) pour aussitôt repartir pour Delhi. Trajet normal, sans histoire en sleeper class…pas grand chose a raconter donc…je m’endors, le cul à peine posé sur ma couchette…jusqu’au petit matin…

Delhi, cette ville est un monstre, une usine, un pays à elle toute seule… Nous avions un goût amer dans la bouche concernant les grandes villes. On se souvient de Chennai et ses rues dégueux, et de Bombay…et de ses rues dégueux… Delhi, à première vue, semble aussi avoir des rues dégueux…rien de bien original en somme. Si l’apercu (très cours apercu) que nous en avons eu ne m’a personnellement pas autant traumatisé que Bombay et Chennai, c’est peut-être que nous avons debarqué dans la capitale sur les coups de 6h 30 du mat’, une heure où les rues sont bien désertes… Nous parcourons tout de même les rues en rickshaw (sur un vélo donc, à ne pas confondre avec auto-rickshaw), à la fraîche, pour aller de la gare de Old-Delhi à celle de New-Delhi, là où nous attend notre train pour Agra. Trajet sans histoire, sympathoche un Delhi en éveil… L’arnaque du jour revient à une agence de voyage située en face de la gare de New-Delhi, explications : notre second billet Delhi-Agra ne nous permet pas, dans un premier temps, d’avoir une place assise dans le train. Les raisons restent encore inconnues, le fait est que lors de l’achat du susdit billet à Shimla, le guichetier nous avait dit : "pour le moment vous êtes sur liste d’attente, mais aucun problème, rendez-vous au "tourism office" en gare de New-Delhi, et ils vous trouveront une place". Nous, un peu decalqués au petit matin, les yeux encore tout collés, demandons au premier quidam que nous croisons, où se trouve le "tourism office". Le gaillard, l’âme généreuse, nous prend donc sous son aile en quête du fameux bureau. Nous traversons la rue, et arrivons en face d’un immeuble qui, selon les dires de l’homme en sandales, renferme ce que nous cherchons. Nous entrons et sommes accueillis par un autre homme en sandales, tout sourire, qui nous propose de confirmer notre billet (nous trouver des places assises donc), moyennant un ajout financier frisant les 200 roupies…euh…là ça coince. Nous tournons les talons et partons en lui lâchant un sourire un peu forcé plus proche du "saloperie d’escroc" que du "merci mon brave"… Nous recroisons notre guide du moment, l’envoyons péter dans les fraisiers et retournons vers la gare. Et là, en gros, inscrit sur un panneau rouillé mais lisible, nous lisons : "tourism office". Nous grimpons les escaliers, dix secondes, entrons dans le bureau, deux secondes, envoyons paître un gamin qui nous tendait la main, une seconde, demandons à une guichetière de confirmer notre billet dans un anglais parfait, quatre minutes trente secondes… total, quatre minutes et quarante-trois secondes pour avoir nos places assises dans le train…et cela sans débourser le moindre centime…de quoi devenir dingue…ah les voleurs !!!

Le trajet jusqu’à Agra est plutôt pépère…trois heures à buller sur une couchette (en plein jour, oui oui)…

Nous redoutions quelque peu l’arrivée à Agra. On nous avait prévenus, à plusieurs reprises, de nous méfier de la vague de chauffeurs d’auto-rickshaws qui s’abattrait sur nous à peine le pied posé sur le quai de la gare…ça n’a pas loupé...
Un premier gaillard moustachu nous interpelle, à peine mon gros orteil ayant gouté à l'air poisseux de la gare centrale. L'homme nous propose un forfait : deux cents roupettes pour la journée du lendemain pour se faire balader de place en place par auto-rickshaw. Au programme, le Fort Rouge, Taj Mahal, Baby Taj et quelques artisans locaux. Nous répondons oui...je sais pas trop pourquoi, mais le fait est que nous répondons oui... Après avoir trouve un hôtel avec notre ami "rick-shawiste" nous partons en quête de notre billet pour Varanasi, qui, semblerait-il, soit assez difficile à obtenir pour la simple et bonne raison qu'il n'y a qu'un train par jour et que la demande est assez conséquente (Varanasi est généralement la destination suivante après Agra, pour les voyageurs). Le chauffeur (que nous appellerons Alfred...j'ignore son nom véritable...) nous dépose à une agence tenue par l'un de ses amis. Nous rentrons. Un homme, turban sur la tête, descend, s'assied en face de nous et nous lâche un "welcome my friends" mielleux à souhait...pas très bon tout ça. Nous lui faisons part de notre requête : deux billets pour Varanasi en "Sleeper Class". Nous payons la modique somme de six cents roupettes pour deux, et nous faisons promettre d'avoir nos billets le lendemain soir...jusqu'ici tout va bien. Là ou ça merdouille généralement avec les commercants indiens, c'est lorsqu'ils essayent de tisser avec vous des liens autres que professionnels...genre limite amicaux. C'est le cas ici. L'homme nous fixe cinq secondes avec un sourire benêt, nous dit "I'm happy, this is my birthday today" et nous invite à une soi-disant soirée, que, grosse erreur, nous imaginons plus champagne/petits fours que Coca/pistache, l'homme ayant l'air plus riche commercant (il est assez gras et joufflu), que mendiant SDF. Là encore, allez savoir pourquoi, nous acceptons... Nous revenons le soir à l'agence. On nous fait monter à l'étage dans une pièce basse de plafond (Passe-partout y tiendrait à peine debout), sans fenêtres, avec un tas de vieux tapis poussiéreux enroulés et entassés dans le fond...pas trop la salle de bal que nous avions imaginée. Le mielleux et Alfred nous rejoignent quelques secondes plus tard et se postent en face de nous, dans un fauteuil Emmaus branlant par toutes les lattes. Le mielleux prend la parole, et nous propose un vrai marché à l'indienne (je rappelle que nous sommes les invités, et que l'on n'a rien demandé à personne) : "vous payez la boisson, je paye la nourriture". Bon, soit, pour la troisième fois nous acceptons. Et allons-y pour la bouteille de Rhum à cent-cinquante roupettes...le mielleux, quant à lui, nous apporte deux paquets de cacahuètes qui piquent, deux crêpes au massala et une petite assiette de poulet aux oignons...bref, environ cinquante roupies de bouffe...un vrai partage à l'indienne... Pas trop le repas a la Loiseau (RIP) auquel nous nous attendions... Je rappelle au passage que nous sommes six, et non plus quatre, deux amis du mielleux nous ayant rejoints...bref... Nous bouffons rapidos (pas trop le choix...) en regardant la coupe du monde de cricket à la télé (le sport national)...plutôt sympa... Nous nous apprêtons à prendre congé quand le mielleux nous fait une autre proposition, et nous invite le lendemain soir à déguster un succulent poulet cuisiné facon locale...nous acceptons (mais pourquoi bon sang ?) Nous quittons l'agence de voyage (que nous appellerons "la ruche" (rapport au mielleux) vers les 21h 30. Alfred nous raccompagne à notre hôtel, ou nous ne tardons pas à sombrer dans un profond sommeil...

Nouvelle journée, nouvelle donne. Nous attaquons ce vendredi l'esprit clair, bien decidés à savourer la visite de la ville qui nous attend. Alfred passe nous prendre vers 10h 30, juste le temps pour nous de savourer un succulent petit déj' sur la terrasse de l'hôtel, avec vue sur le Taj. Au programme to-day, le Red Fort, Baby Taj' et quelques artisans locaux... Le Red Fort, doit son nom (est-il utile de préciser cela?) à la couleur de ses remparts. Un rouge orange le rendant vraiment immanquable. Nous pénétrons à l'intérieur après nous être acquittés des deux-cent-cinquante roupies nécessaires à l'obtention du ticket. Au bout d'une longue allée (rouge, évidemment), nous arrivons dans le premier des deux grands espaces verts que contient le fort. Le tout est parfaitement entretenu, ce qui, en Inde, est plutôt rarissime. A notre droite un grand bâtiment (rouge, encore) que je ne sais pas trop comment qualifier. Le tout est de plain-pied, avec une petite cour intérieure...plutôt jolie, et surtout très calme, la majorité des touristes s'engouffrant dans la partie principale du fort... Le "jardin" principal donne en fait accès à toute une série d'autres bâtiments, tantôt rouges (ba oui...), tantôt marbre. Notre visite est bercée par les coups de marteaux des tailleurs de pierre, travaillant à la réfection de l'allée centrale (je vous laisse deviner la couleur...) Nous quittons le fort après deux heures d'une visite plutôt agréable, rejoignons Alfred et partons déjeuner.

Il est près de 14h 30 lorsque nous pénétrons dans la fabrique d'objets en marbre. Assez intéressante la manière dont les artisans fabriquent toutes ces tables, tous ces plateaux, échiquiers et autres sous-bocks qui ornent la boutique dans laquelle nous nous trouvons. Assez intéressante également, mais limite gonflante l'insistance avec laquelle ils essayent de nous refourguer les susdits objets pour des prix tirés vers le haut...de quoi nous filer le vertige. Nous parvenons à quitter le magasin après environ deux heures d'une lutte acharnée... Même rituel lors de l'étape suivante, en remplacant cependant les objets en marbre par des tapis. Le vendeur est tout de même moins coriace et nous libère au bout d'une petite vingtaine de minutes... Il est près de cinq heures. Nous passons rapidement devant le Baby Taj, que nous prenons en photo de l'extérieur et partons en direction de la ruche, déguster notre poulet, en compagnie d'Alfred et du mielleux.

Il est 19h, nous avons faim. Nos estomacs crient famine et il nous tarde de déguster le si convoité poulet. Nous remontons dans l'antre de Passe-partout, nous postons aux mêmes places que la veille en compagnie d'Alfred qui nous sort, a 19h 08, la blaguounette du jour (je commencais à désespérer...) "ça fera deux cents roupies par tête"... Pris d'une soudaine envie de rire, de pisser et de vomir (une sensation étrange), je regarde Baptiste qui visiblement n'est pas d'humeur joyeuse. Nous tentons d'expliquer à Alfred, tout en restant courtois (je rappelle que nous avons payé nos billets mais que nous ne les avons pas encore...) que deux cents roupettes c'est un peu chéro, et que nous préférerions aller dîner à l'extérieur. Le mielleux rapplique et nous sort, sur un ton mielleux (évidemment...) qu'il est prêt à se sacrifier, que l'argent n'est pas un problème et que cent roupies chacun suffiront (ca m'énerve quand j'y repense...quel connard !) Nous acceptons donc, un peu pris au piège. Je tiens à preciser qu'en Inde, il est facile de se faire péter la lampe pour à peine cinquante roupies. Nous nous attendions donc à un vrai festin, genre un demi-poulet par personne avec de la sauce partout et du riz à foison pour accompagner le tout. Tu parles...le mielleux nous ramène au détail près, la même assiette de poulet au oignons que la veille. Regard vers Baptiste "est-ce que par hasard quelqu'un dans la pièce ne serait-il pas en train de se foutre de notre gueule?" Quelques minutes plus tard, un homme gras vient nous rejoindre et se poste à notre droite. Il se présente comme étant le beau-frere du mielleux. Apres une soirée faussement joyeuse, à se raconter des blagues faussement drôles en compagnie de vrais cons, nous regagnons notre hôtel, avec un goût amer dans la bouche.

Nous revenons le lendemain matin, pour réclamer nos fichus billets pour Varanasi. Cette fois, c'est le beauf qui nous accueille, tout sourire...mefiance donc... Il nous invite à entrer pour attendre le mielleux, en course à l'extérieur (à la chasse aux pigeons, sans doute). Après quelques minutes de silence il se met a nous parler de quelques chose que j'ai encore un peu de mal à comprendre...une sorte de proposition de job, qui, selon ses dires nous permettrait de gagner près de deux mille dollars US en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Pas très catholique. Premier trait de génie de ces trois jours à Agra...nous refusons (quand mêêême)... Pas de mielleux au bout de trente minutes, nous quittons la ruche non sans nous être fait promettre auparavant de nous faire livrer les billets de train à notre GuestHouse...

Direction Taj-Mahal. Nous faussons compagnie à Alfred et entamons, seuls, la visite du si populaire monument. Les sept-cent-cinquante roupettes à débourser à l'entrée nous font un peu déglutir mais qu'importe...cela doit probablement valoir le coup... Nous entrons...effectivement, ça vaut le coup. Un jardin immense avec à son centre un long canal. Au bout, trois édifices monumentaux. A droite et à gauche, deux mosquées de pierre rouge, identiques, que l'on apercoit à peine tant le monstre de marbre, au centre, pompe toute notre attention. Le Taj-Mahal est immense et d'un blanc immaculé. Il est couvet d'inscriptions, qui, même si elles ne me parlent pas des masses, rendent le tout absolument fabuleux. C'est grandiose, monumental et impressionnant.

Nous quittons le site avec des images plein la tête et retournons à notre GuestHouse. Apres une longue attente, le mielleux rapplique enfin, 1h 30 avant le départ de notre train. Il tente de nous piquer un peu plus de pognon, prétextant des taxes sorties d'on ne sait où. Nous refusons, il nous file nos billets, toujours avec un sourire bien relou, et se casse enfin...

Nous quittons la guest non sans avoir salué Loic et Marie, nos amis du moment. Gare d'Agra, notre train arrive avec une bonne quarantaine de minutes de retard. Nous grimpons et nous mettons en quête du contrôleur qui normalement devrait pouvoir nous trouver des places, le mielleux n'ayant pas été foutu de nous trouver des places assises (le comble !). La journée des cons. Le contrôleur nous envoie péter dans les fraisiers commes des malpropres. Nous entamons donc notre nuit, d'abord à deux sur une couchette aimablement prêtée par Gwendal et Sophie, un couple de francais plutôt sympathiques, et manifestement généreux (Gwendal nous cuisine même du riz au cumin à l'aide d'un réchaud de camping...dans le train, tout est normal...), puis dans le couloir du train, un peu froid et pas hyper confortable. A 4h 30 des places se libèrent enfin. Nous ne les quitterons pas jusqu'au matin...

Varanasi promet. Les images que nous en avons vues sont fabuleuses. C'est énervés comme des puces que nous débarquons à la gare centrale...

17 février 2003

Shimla - Inde

Certains nous ont déjà reproché notre manque de finesse dans nos articles…qu’ils soient prévenus, celui ci ne va pas dérogé à la règle (y a qu’à voir le titre)… Non pas que nous n’ayons rien à raconter, mais il faut bien admettre que les trois journées qui viennent de s’écouler n’ont pas été vraiment passionnantes.

Nous avons quitté Jodhpur samedi matin pour un voyage qui s’annonçait interminable…nous étions encore bien loin de la vérité… C’est fiévreux et complètement dans le gaz que je monte, en compagnie de Baptiste, dans notre train de 10h15. Première mauvaise surprise, notre ticket, que nous avions commandé directement à l’hôtel, nous donne accès à un wagon de 3ème classe. Siège en bois dur comme de la pierre…pendant vingt heures, ça va pas le faire… Baptiste part immédiatement en quête du contrôleur pour tenter de remédier à ce problème. Pendant son absence, un enfant se faufile dans l’allée centrale et commence à me tendre la main pour me demander de l’argent. Il est torse nu, sec comme un coup de trique (pas bien épais) et ne respire pas vraiment la santé…

La scène qui suivra nous marquera à vie, Baptiste et moi… Alors que je commence à être sérieusement agacé par ce môme qui me colle aux bonbons et qui s’accroche à mon pied droit quand j’essaye de me déplacer, Baptiste revient avec le contrôleur. Celui-ci, voyant mon embarras (je ne cesse de crier stop !), s’approche de moi et donne un coup de pied d’une rare violence dans le thorax de l’enfant, qui projette celui-ci contre la paroi opposée. L’enfant, un peu sonné tente alors de regagner la sortie…non content de sa première performance, le contrôleur lui donne alors un second coup de pied, d’une violence égale au premier, en plein dans l’épaule. L’enfant se relève,
et nous lance alors un regard que nous n’oublierons jamais. Baptise et moi sommes bouche bée…immobiles... Je n’aurais même pas fait ça à un chien, mais il semblerait qu’ici, les castes soient plus fortes que tout. Les vaches sont sacrées…cet
enfant aurait pu crever la gueule ouverte sur le quai de la gare, que personne ne s’en serait soucié… Je trouve ça sauvage et complètement débile…mais c’est aussi cela l’inde…

Nous continuons malgré tout notre voyage. Baptiste parvient finalement à nous obtenir deux places en « sleeper class » (une sorte de train couchette pas top confort). Je monte sur ma couchette pour n’en descendre que vingt-trois heures plus tard (je ne compte pas les aller-retour aux toilettes), autant dire que je n’ai pas vu grand chose du voyage, à part la texture plastifiée et crados de la couchette sur laquelle je ne suis pas parvenu à fermer l’oeil. Notre voyage est tout de même marqué par la présence à nos côtés d’une famille de porcs. Deux générations d’indiens (le père et le fils) qui ne cessent de se racler la gorge, de cracher, de roter, et même de péter pour le plus vieux. Nous avons même droit à la fumée de cigarette, sans ce soucier de savoir si ça nous dérange.

Après la séance de kickboxing du contrôleur le matin, vous m’auriez demandé ce que je pense du peuple indien à ce moment précis, je vous aurais répondu que c’est une bande de sous-développés dégueulasses, qui respectent plus leurs putains de
vaches qui salopent les rues que leurs propres enfants, qui crachent et émettent des bruits répugnants à longueur de temps, qui ne savent pas manger, qui sont lourdingues au possible, arnaqueurs, voleurs et méprisables.

Peut-être est-ce la fièvre qui m’a fait avoir cette pensée un peu facile et à la limite xénophobe l’espace d’un instant…le fait est que j’avais vraiment la haine en arrivant à Kalka. Shimla, notre destination, est une ville perdue au milieu des montagnes, si bien qu’aucun train ne peut aller jusque là…aucun train, sauf le « Toy Train » (on l’appelle comme ça dans le Lonely Planet), un mini-train qui évolue sur des mini-rails pendant SIX maxi longues heures…au milieu, il faut bien l’avouer, d’un paysage fabuleux.

Il nous aura fallu en tout et pour tout pas loin de trente-deux heures pour rallier Jodhpur à Shimla…une vraie expédition ! Mais cela valait-il vraiment le coup ?…à vrai dire, je me pose encore la question. Shimla est sans doute un coin fabuleux…mais nous ne pouvons en profiter, la faute à une brume épaisse qui nous empêche de voir dix mètres devant nous. Shimla, c’est un peu, « le village dans les nuages »…il ne manque que Paltoc et Calamine (ça c’est pour les fans de la série)…
Nous sommes dans une chambre d’hôtel assez class, avec télé, moquette et eau chaude.

Juste un détail, il n’y a pas de chauffage, et l’isolation laisse à désirer (un courant d’air glacial traverse la pièce environ toutes les trente secondes, faisant
bouger les rideaux…). Je n’ai pas vraiment une idée précise de la température qu’il fait ici, le fait que de la fumée qui nous sort de la bouche quand on parle (dans la chambre, si, si !) n’est pas vraiment signe d’une chaleur extrême…

Ma journée et demie ici se résume en un seul mot : dodo. Je n’ai en effet pas décollé du lit depuis notre arrivée hier, laissant à Baptiste la joie d’aller visiter seul cette belle ville qu’est Shimla. Le peu que j’ai vu de cette ville est que sa position de ville paumée ne l’empêche pas d’être étonnamment civilisée et moderne. Nous avons en effet croisé dans la seule rue principale, deux distributeurs de billets, une cafétéria ultra design, une salle de jeu, un cybercafé et une Pizza Domino… On croise en plus une poubelle tous les dix mètres (les premières que l’on voit en Inde) ce qui implique que les rues ici sont d’une propreté incroyable (nous avons d’ailleurs appris que le fait de jeter un papier par terre peu nous coûter la bagatelle de cinquante roupies). Shimla semble être une ville oû il fait bon vivre quand le temps est plus clément…nous ne pouvons malheureusement pas en profiter.

Demain peut être, si le ciel se décharge un peu, et si mon état de santé s’améliore.
Baptiste pourra sans doute vous en dire plus lors de sa prochaine intervention…

12 février 2003

Jaisalmer - Inde

Le bus…ce moyen de transport me sort par les yeux. Après notre, pour le moins éprouvant, voyage entre Udaipur, que nous quittions à regret, et Pushkar, nous avons remis le couvert cette nuit, jusqu'à Jaisalmer…ce fut plus long, et plus chiant que tout ce nous avions connu jusqu’à présent. Douze
heures dans un bus bon pour la casse sur une route (ou devrais-je dire, un sentier…) pas vraiment entretenue, assis dans un fauteuil, un ressort qui me rentre dans le cul, avec à ma droite une fenêtre qui s’ouvre à chaque soubresaut du bus (c’est-à-dire toutes les quatre secondes environs) et à ma gauche, Baptiste qui se débat avec le gars, couché dans le couloir qui pompe toute la place…vraiment un calvaire !…on l’a cherché remarque…

Nous arrivons à Jaisalmer alors que la montre pointe sur les sept heures du mat’. Je suis malade comme un chien avec des douleurs abdominales qui me feraient accepter n’importe quel hôtel à n’importe quel prix du moment qu’il y ait une salle de bain avec des chiottes non-turques… Baptiste, quant à lui, marche au radar.

Le système à Jaisalmer, concernant l’accueil des touristes, est un peu différent de celui pratiqué dans les autres villes. Une troupe de chauffeurs de rickshaws (une meute de chiens affamés qui vendraient leur mère pour qu’on les suive !) nous
attendent à la sortie du bus en brandissant la carte de l’hôtel avec lequel ils ont un accord. Ici, la course est gratuite. Le rickshaw qui ramène un client touchera de la part de l’hôtel, une petite commission dont j’ignore le montant exact (secret-défense).Du délire ! A peine avons-nous posé le pied sur le sol sablonneux de Jaisalmer, que tous se jettent sur nous comme des lions sur une gazelle. Et ça hurle des trucs dans tous les sens (une espèce de dialecte indy-glish incompréhensible) visant sans doute à présenter tel ou tel hôtel, et ça se bouscule, et ça tape sur nos épaules de tous les côtés pour attirer notre attention… Au bout d’un moment, le tout devient tellement insupportable que je hurle un stop libérateur et me dirige avec Baptiste vers la Jeep de notre voisin de bus qui avait eu tout le temps de nous vanter les mérites de sa propre guest-house pendant la dernière heure de notre interminable voyage…

Jaisalmer est une cité magique. Une espèce de forteresse au milieu du désert, arborant une seule et unique couleur sable qui la fait se fondre dans le décor. De loin elle peut s’apparenter à une sorte de château-fort. De près, on réalise en fait l’ampleur de la chose et ses dimensions pour le moins impressionnantes. Le fort est en fait, au centre d’une petite ville, elle-même entourée par une seconde ligne de fortifications. La frontière pakistanaise n’est qu’à une centaine de kilomètres et des avions de chasse brisent le calme de la cité, environ trois fois par jour. Jaisalmer reste néanmoins un endroit reposant à l’architecture fascinante. Les bâtiments internes au fort semblent être comme taillés dans le roc. On accède à la place principale par une large allée pavée (une sacrée côte à grimper !). C’est de cette place que partent toutes les petites ruelles assurant l’accès aux
nombreuses habitations, hôtels et restaurants que contient le fort.

Les autos étant apparemment interdites dans l’enceinte du fort, notre Jeep nous dépose à un rickshaw qui lui-même nous dépose devant notre hôtel. Nous somme accueillis par Indra, le maître des lieux, un gaillard au dimensions forçant le respect, et parlant un français plus que convenable compte tenu de ce que nous avions entendu jusqu'à présent. Après quelques présentations banales mais utiles, Indra nous propose la fameuse balade en chameau dans le désert, piège à touristes dans lequel nous nous laissons tomber. Une journée dans la sécheresse du Rajasthan qui commencera par une balade en Jeep le matin et la visite de deux temples, continuera par un repas préparé sur place, à l’ombre d’un arbre et finira par une balade de plusieurs heures à dos de chameaux (une bosse…et ils appellent pourtant cela des chameaux…étrange) au milieu des dunes, d’où nous observerons le coucher du soleil avant de revenir sur la ville. Nous rejoignons ensuite notre chambre et sombrons dans un profond sommeil jusqu’à midi.

Le Rajasthan est apparemment un lieu très apprécié par nos chers compatriotes de l’hexagone. On croise autant de Français ici que de chinois dans le 13ème, c’est impressionnant. A peine sortis de notre chambre, les yeux à peine ouverts, nous
tombons sur Olivier et Philippe, deux Parisiens, en Inde pour deux semaines, qui nous proposent immédiatement de partager le repas avec eux, histoire de faire connaissance. Arrivés sur la place centrale, nous tombons sur Jean-Jacques et sa
charmante fille Sarah…nous voici six, en direction du resto’ « chez Monica », chaudement recommandé (le resto, pas Monica !) par notre bible depuis quatre semaines : le Lonely Planet…

Après un succulent repas à parler de notre bonne vieille France, nous nous séparons pour visiter, chacun à notre rythme la ville et ses alentours (nous les recroiserons tous au moins une fois dans l’après-midi). Après une balade au bord du lac, et un coucher de soleil gâché par une vilaine brume à l’horizon et un joueur de flûte qui nous cassait les oreilles (je l’aurais bien payé pour qu’il s’arrête) nous voici, encore, au resto en compagnie de nos deux voisins de chambrée, et d’un troisième Français, Cyril, illuminé et très zen, ayant comme projet, de passer une semaine à Rishikesh, capitale mondiale du Yoga (non loin de Shimla, une de nos futures destinations).

La table voisine est occupée par des français (très original) avec qui nous nous mettons à partager nos expériences indiennes. Ils nous vantent les méritent d’une ville, Mt Abu, qui selon leurs dires mérite encore plus le détour que le si populaire Agra. Bien que tentés l’espace d’un instant, de modifier encore notre itinéraire, nous décidons avec Baptiste de garder la tête sur les épaules et de nous en tenir à notre plan initial…Mt Abu, ce sera pour une autre fois.

Enfin un vrai lit et du silence…nous n’avons pas volé cette nuit à l’hôtel Surya, qui nous a fait un bien fou. Nous nous réveillons sous un soleil toujours aussi généreux et mettons le cap vers le lieu de rendez-vous d’où nous entamerons notre
journée dans le désert. Ross, un anglais proche de la cinquantaine est déjà la. Nous grimpons dans la Jeep et quittons Jaisalmer pour la première étape de la journée, une sorte de Sanctuaire jouxtant la vieille ville…pas vraiment captivant. S’en suivront plusieurs étapes pas plus passionnantes, du minuscule temple paumé au milieu de nulle part (où on nous a encore proposé de faire un don pour Ganesh, Vishnou, Hanuman et les autres…), à la visite d’un village ou il n’y avait vraisemblablement rien à voir, à part des gosses qui nous demandaient de l’argent, en passant par une sorte de « camps de travailleuses » ou l’on a pu observer des
femmes creuser des sortes de digues en prévision de la mousson (que font les hommes pendant ce temps-là ?).

Tous ça pour dire, qu’à la fin de la matinée, nous commençons sérieusement à nous demander si l’on ne s’est pas fait comme qui dirait « entuber ». La suite des événement nous a fait mentir. Le délicieux repas, préparé devant nous par notre guide, et le chauffeur de la Jeep (un succulent Tali, très bon, bien qu’un peu relevé) une fois englouti, nous entamons notre balade à
dos de chameau…anthologique !

Le chameau (à une bosse donc…j’aurais juré le contraire) est vraiment un animal étrange. Au premier abord, il est assez adorable mais après l’avoir observé, et avoir passé pas loin de trois heures sur son dos, je peux désormais dire qu’il n’est pas mon animal favori.
Le chameau n’est en fait, pas vraiment l’incarnation de la propreté. Etant le dernier de la file indienne (amusant ça !) que composait nos trois montures (Ross en tête, Baptiste devant, puis moi) j’ai pu en fait m’apercevoir que cet animal passe en fait son temps à chier et à uriner. C’était du moins le cas du mien et de celui de Ross, Baptiste ayant eu la chance de tomber sur un chameau vraiment pas chiant (un mâle sans doute…éh éh). Le plus ignoble reste tout de même le fait que, non content de se soulager sous nos yeux, l’animal ne peux s’empêcher, pendant qu’il opère, de balancer sa queue de haut en bas, aspergeant par la même occasion son passager d’une urine jaunâtre et malodorante (…et je précise qu’il effectue le même
rituel lorsqu’il fait popo…tout un programme). Bien qu’ayant parfois les idées un peu tordues, je n’en suis pas encore arrivé au point d’apprécier de payer pour me faire déféquer dessus…bref…

La balade s’est quand même révélée fabuleuse, et marcher dans les dunes du désert de Thar est vraiment vraiment quelque chose d’unique. Il règne ici un silence comme je n’en ai jamais entendu (normal pour un silence me direz-vous…)…une fabuleuse expérience. Le coucher de soleil sur les dunes vaut aussi son pesant de cacahuètes…

Retour vers 19h00 sur Jaisalmer. Nous croisons Jean-Jacques et Sarah puis Cyril, Olivier et Philippe, et nous donnons rendez-vous après une séance décrassage plutôt bienvenue. Nous finissons notre soirée au resto surplombant la place (la table à notre droite était encore occupée par des français…est-il encore utile de le préciser !) avant de nous diriger vers la gare pour choper notre train direction Jodhpur en compagnie de Philippe et Olivier.

Notre arrivée à Jodhpur est prévue pour les 6h00 du mat’…nous pourrons voir le soleil se lever sur la cité bleue. J’en ai l’eau à la bouche…

08 février 2003

Udaipur - Inde

Encore un seul article pour résumer les deux derniers jours…nous manquons à tous nos devoirs en ce moment, mais il y a une raison à cela :
Notre arrivée à Mumbai, et le peu que nous avions vu de cette usine de près de seize millions d’habitants (plus d’habitants qu’à Delhi, pourtant trois fois plus grande en superficie) nous avait laissé comme un goût amer dans la bouche, et une étrange
impression de déjà vu…Chennai peut être…

La nuit suivante a donc été sujette à une intense réflexion de la part de nos cerveaux respectifs, visant à savoir combien de temps nous resterions ici, et quelle serait notre destination suivante. En nous endormant, nous avions tranché : départ le
lendemain soir, direction Udaipur, par train de nuit… Nous quittons la chambre au petit matin (enfin, il est quand même 11h et des bananes) et nous lançons immédiatement à la recherche d’un billet de train pour le soir…une tâche que nous sentons périlleuse…nous n’allons pas être déçus.

Mumbai est une jungle, sans lianes, ni macaques, mais avec des autos dans tous les sens…En fait, Mumbai, c’est Chennai en plus grand, avec des rickshaws qui sont passés du noir au jaune et des taxis, du blanc au noir… Les échos que nous avions reçus de cette ville n’avaient guère été bons. Trop grande, trop bruyante, et pas forcément très intéressante. J’aimerais pouvoir confirmer ou réfuter ces affirmations mais je n’en ferai rien car les événements ne se sont pas exactement passés comme nous l’avions prévu. Après une heure à tourner en rond, balancés de place en place, par des gens qui paraîssaient aussi perdus que nous (des
indiens, pourtant…) nous commençons sérieusement à désespérer.

Il fait une chaleur à crever et le poids des sacs à dos commence véritablement à se faire sentir. Soudain, alors que tout espoir paraît perdu (bon, j’en rajoute un peu…ok…) elles apparaissent! Deux belles plantes d’un bon mètre soixante-cinq, un style
plutôt baba-cool, tout droit venues du pays de la galette, de la crêpe et des chapeaux ronds. La patrie de la mère Poulard, le pays du Mont St-Michel (bon c’est encore en discussion ça…), j’ai nommé, la Bretagne. Leurs prénoms : Aurélie et Isabelle, parlant un français parfait (c’est con de le préciser, mais ça me fait du bien) et toutes deux fraîchement débarquées à Mumbai (et même en Inde, pour une durée de six mois). Les deux jeunes femmes s’approchent de nous et commencent à nous poser une question dans un anglais à la française qui n’aura pas tenu une seconde face au deux fins limiers que nous sommes. Immédiatement Baptiste leur dit : « Vous êtes françaises ? » Après le oui libérateur, les accolades classiques, et comment tu t’appelles, et tu fais quoi dans la vie, et comment s’appelle ton chien et blablabla…bref…,nous apprenons que par le plus pur des hasards, les deux bretonnes se rendent à Udaipur et cherchent leur bus. S’ensuivent une multitude d’allées et venues dans les rues toujours aussi bordéliques de la ville, à zigzaguer entre les voitures, aiguillés par un type patibulaire (mais presque…) à qui nous avons dû faire confiance parce qu’il se trouve que nous avions épuisé toutes les solutions en notre possession. Nous parvenons finalement à obtenir deux billets supplémentaires pour Udaipur, dans le même bus que nos deux charmantes compatriotes.
Le voyage durera dix-sept longues heures, dans un bus somme tout correct mais sur des routes plus pourries qu’un politicien… Une suite sans fin de trous, de bosses et d’obstacles en tous genres (pendant un moment, même plus de bitume !)
qui ne nous a pas permis de fermer l’oeil un seul instant (une des secousses a été si violente que Baptiste a décollé de son siège au point de se cogner la tête sur le plafonnier…je rappelle que nous sommes dans un bus…le plafonnier est très haut,
imaginez la secousse !)

Nous arrivons à Udaipur après un voyage éprouvant, qui nous aura tout de même donné l’occasion de faire un peu plus connaissance avec Isabelle et Aurélie (surtout Isabelle, Aurélie semblant un peu plus réservée, mais néanmoins charmante...)
Jusque-là, rien ne semble pouvoir expliquer le titre, plutôt étrange dont a hérité cet article. La raison est en fait assez simple. Udaipur est en fait l’un des lieux de tournage du fameux épisode de James Bond portant ce nom. Mais le fait que Roger Moore soit passé par ici n’est pas du tout la raison qui me ferait qualifier cette ville de « magique », voire même « féerique ».
Tout est beau ici. Le lac qui borde la ville, et l’hôtel qui y est implanté au milieu, additionnés aux nombreux temples, palais et autres constructions titanesques qui apparaîssent çà et là lorsque l’on regarde Udaipur avec un peu de recul, rendent le tout fantastique. Pas étonnant que ce lieu ait été la cible d’un réalisateur pour tourner l’un de ces ouvrages. Aucun décor au monde ne pourrait recréer l’ambiance unique qui plane ici…c’est édifiant…

Après une après-midi à visiter la ville dans tous ses recoins, un déjeuner à l'ombre des arbres, partagé avec une meute de petits écureuils, et un coucher de soleil vraiment splendide, admiré en sirotant un Coca sur la terrasse de l’hôtel, nous voici
dans notre chambre avec des étoiles pleins les yeux, mais néanmoins un peu sur les rotules…

Nous tâcherons demain, d’obtenir nos billets pour Pushkar le soir même, avec ou sans nos amies bretonnes… Nous improviserons, au dernier moment, comme d’hab’…

04 février 2003

Colva - Inde

Ah là là…André, si tu nous regardes…salut l’artiste…

Nous voici de nouveau tous les deux depuis ce midi. André s’en est allé, direction Chennai, sa ville d’adoption avant de regagner ses pénates dans la capitale française et ses température polaires, la semaine suivante.

Cette semaine en sa compagnie s’est plutôt bien passée, et son aide nous a été
vraiment précieuse. C’est à lui que nous devons cette beuverie à Cochin avec les pêcheurs de l’île (un grand moment !) ou encore cette promenade dans la jungle Periyardaise (mots à vérifier), par nuit noire, entourés par de charmant gardes
forestiers pas contents du tout…bref…bon retour à toi André. Nous t’invitons à suivre le reste de nos aventures (depuis ce Paris qui nous manque toute de même un peu), et te donnons rendez-vous dans huit mois autour d’une bonne Despé sur la plus belle avenue du monde pour nous remémorer les franches poilades de la semaine dernière…

Cette journée n’a pas été vraiment passionnante. Nous avons quitté Vagator Beach, vers les 9h du mat’ direction Margao, où nous avions prévu d’acheter nos billets de train pour Mumbai (et de dire au revoir à André…donc…). Le moins que l’on puisse dire c’est que, comparés au fonctionnaires locaux, les fonctionnaires Français sont des flèches (imaginez un peu…) Prés d’une heure et demie d’attente avant d’atteindre le guichet (il n’y avait pourtant que cinq personnes devant nous) et vingt minutes de plus à attendre…la monnaie de nos billets (14 malheureuses roupies, soit 30 cents d'euro…). Une chose est sûre, je ne râlerai plus jamais en faisant la queue dix minutes à la Poste…

Après nous être bien remplis le ventre, nous nous sommes offerts un petit tour en moto afin de joindre l’arrêt de notre bus. La moto, un mode de transport très utilisé ici, mais que nous n’avions pas encore essayé. Pour 10 roupies par personne, deux indiens nous ont pris derrière eux (avec nos gros sacs sur le dos…amusant) pour nous déposer environs deux kilomètres plus loin à l’angle d’une rue, ou nous avons pû choper notre bus pour notre destination suivante : Colva.

Colva est une plage qui, en taille, s’apparente un peu à celle de Deauville. Un autre style que les trois que nous avions visitées avant… Toujours pas le charme de Palolem, mais un genre beaucoup plus « grand public » et touristique qui pourrait
plaire à certains. C’est une plage sympa…ça casse pas des barreaux de chaises non plus…

Après avoir trouvé un hôtel, et effectué un rapide tour du propriétaire, nous avons terminé notre journée un peu prématurément vers les 18h afin de nous doucher (une douche chaude…la première depuis notre départ de Paris), d’étudier notre parcours à partir de Bombay, et de mettre à jour notre carnet de voyage…

C’est comme une habitude, et ça dure depuis 18 jours…

02 février 2003

Palolem - Inde

On a tous en tête son petit paradis à soi. Le coin auquel on pense pendant les coups de stress au boulot ou les cafards passagers.
Ne cherchez plus, Baptiste et moi avons trouvé cet endroit.

C’est une plage au sud de Goa portant le nom de Palolem. A vue d’oeil, environ deux kilomètres de plage de sable blanc, en forme de croissant avec une paroi rocheuse à chaque extrémité. Des cocotiers à foison, des femmes toutes plus belles les unes que les autres se trémoussant en maillot, des gens accueillants et souriants, et des petits bars de plage (plus chers que ceux que nous avions vus jusqu’à présent, mais encore tout à fait abordables : le dîner de ce soir pour 105 roupies (soit environ un peu plus de deux euros) proposé tous les trente mètres. Peut-on parler de pied intégral ?…sans hésitation, oui !

Nous sommes ici depuis hier soir, dans une petite cabane en bambous donnant directement sur la plage, offrant des nuits bercées par le bruit des vagues et des oiseaux locaux. Réveil ce matin, vers 10h, petite baignade puis petit déj’ sur la plage en fixant l’horizon. J’ai souvent pensé à un endroit comme ça et le fait de l’avoir trouvé me fait une drôle d’impression. C’est le genre d’endroit que l’on partagerait volontiers avec sa moitié…pas grave, je reviendrai !

La suite de la journée d’hier a été assez classique : baignade-plage-baignade-plage…et ce jusqu’au soir. La nuit qui ici pointe vers les 18h 30 nous a offert un joli coucher de soleil sur les brumes de chaleur frôlant l’horizon (un coucher de soleil de plus…on a cessé de les photographier depuis Fort Cochin)

Cette journée s’est achevée par un délicieux repas à la bougie dans un resto local proposant une carte assez variée. Chicken Tandoori pour moi (le meilleur que j’aie jamais mangé), Chicken Kuruma pour Baptiste (servi avec une sauce blanche dont
j’ignore la consistance exacte…je sais qu’il y a des lardons dedans…) et Dal Fried, un plat à base de lentilles noires, servi avec du riz blanc et des Nans (des petites crêpes fourrées à l’ail) pour l’ami André qu’on ne quitte plus depuis près d’une une
semaine maintenant. Pour finir, bière(s) (de la King’s…délicieuse) autour d’un feu dans un bar de la plage, avec des gens de passage de nationalités diverses.

Demain nous partirons vers une autre plage dans le nord de Goa, réputée pour ses fêtes incroyables qui ne s’arrêtent jamais.

Y assisterons-nous, sachant que nous sommes hors-saison ?…surprise…