17 février 2003

Shimla - Inde

Certains nous ont déjà reproché notre manque de finesse dans nos articles…qu’ils soient prévenus, celui ci ne va pas dérogé à la règle (y a qu’à voir le titre)… Non pas que nous n’ayons rien à raconter, mais il faut bien admettre que les trois journées qui viennent de s’écouler n’ont pas été vraiment passionnantes.

Nous avons quitté Jodhpur samedi matin pour un voyage qui s’annonçait interminable…nous étions encore bien loin de la vérité… C’est fiévreux et complètement dans le gaz que je monte, en compagnie de Baptiste, dans notre train de 10h15. Première mauvaise surprise, notre ticket, que nous avions commandé directement à l’hôtel, nous donne accès à un wagon de 3ème classe. Siège en bois dur comme de la pierre…pendant vingt heures, ça va pas le faire… Baptiste part immédiatement en quête du contrôleur pour tenter de remédier à ce problème. Pendant son absence, un enfant se faufile dans l’allée centrale et commence à me tendre la main pour me demander de l’argent. Il est torse nu, sec comme un coup de trique (pas bien épais) et ne respire pas vraiment la santé…

La scène qui suivra nous marquera à vie, Baptiste et moi… Alors que je commence à être sérieusement agacé par ce môme qui me colle aux bonbons et qui s’accroche à mon pied droit quand j’essaye de me déplacer, Baptiste revient avec le contrôleur. Celui-ci, voyant mon embarras (je ne cesse de crier stop !), s’approche de moi et donne un coup de pied d’une rare violence dans le thorax de l’enfant, qui projette celui-ci contre la paroi opposée. L’enfant, un peu sonné tente alors de regagner la sortie…non content de sa première performance, le contrôleur lui donne alors un second coup de pied, d’une violence égale au premier, en plein dans l’épaule. L’enfant se relève,
et nous lance alors un regard que nous n’oublierons jamais. Baptise et moi sommes bouche bée…immobiles... Je n’aurais même pas fait ça à un chien, mais il semblerait qu’ici, les castes soient plus fortes que tout. Les vaches sont sacrées…cet
enfant aurait pu crever la gueule ouverte sur le quai de la gare, que personne ne s’en serait soucié… Je trouve ça sauvage et complètement débile…mais c’est aussi cela l’inde…

Nous continuons malgré tout notre voyage. Baptiste parvient finalement à nous obtenir deux places en « sleeper class » (une sorte de train couchette pas top confort). Je monte sur ma couchette pour n’en descendre que vingt-trois heures plus tard (je ne compte pas les aller-retour aux toilettes), autant dire que je n’ai pas vu grand chose du voyage, à part la texture plastifiée et crados de la couchette sur laquelle je ne suis pas parvenu à fermer l’oeil. Notre voyage est tout de même marqué par la présence à nos côtés d’une famille de porcs. Deux générations d’indiens (le père et le fils) qui ne cessent de se racler la gorge, de cracher, de roter, et même de péter pour le plus vieux. Nous avons même droit à la fumée de cigarette, sans ce soucier de savoir si ça nous dérange.

Après la séance de kickboxing du contrôleur le matin, vous m’auriez demandé ce que je pense du peuple indien à ce moment précis, je vous aurais répondu que c’est une bande de sous-développés dégueulasses, qui respectent plus leurs putains de
vaches qui salopent les rues que leurs propres enfants, qui crachent et émettent des bruits répugnants à longueur de temps, qui ne savent pas manger, qui sont lourdingues au possible, arnaqueurs, voleurs et méprisables.

Peut-être est-ce la fièvre qui m’a fait avoir cette pensée un peu facile et à la limite xénophobe l’espace d’un instant…le fait est que j’avais vraiment la haine en arrivant à Kalka. Shimla, notre destination, est une ville perdue au milieu des montagnes, si bien qu’aucun train ne peut aller jusque là…aucun train, sauf le « Toy Train » (on l’appelle comme ça dans le Lonely Planet), un mini-train qui évolue sur des mini-rails pendant SIX maxi longues heures…au milieu, il faut bien l’avouer, d’un paysage fabuleux.

Il nous aura fallu en tout et pour tout pas loin de trente-deux heures pour rallier Jodhpur à Shimla…une vraie expédition ! Mais cela valait-il vraiment le coup ?…à vrai dire, je me pose encore la question. Shimla est sans doute un coin fabuleux…mais nous ne pouvons en profiter, la faute à une brume épaisse qui nous empêche de voir dix mètres devant nous. Shimla, c’est un peu, « le village dans les nuages »…il ne manque que Paltoc et Calamine (ça c’est pour les fans de la série)…
Nous sommes dans une chambre d’hôtel assez class, avec télé, moquette et eau chaude.

Juste un détail, il n’y a pas de chauffage, et l’isolation laisse à désirer (un courant d’air glacial traverse la pièce environ toutes les trente secondes, faisant
bouger les rideaux…). Je n’ai pas vraiment une idée précise de la température qu’il fait ici, le fait que de la fumée qui nous sort de la bouche quand on parle (dans la chambre, si, si !) n’est pas vraiment signe d’une chaleur extrême…

Ma journée et demie ici se résume en un seul mot : dodo. Je n’ai en effet pas décollé du lit depuis notre arrivée hier, laissant à Baptiste la joie d’aller visiter seul cette belle ville qu’est Shimla. Le peu que j’ai vu de cette ville est que sa position de ville paumée ne l’empêche pas d’être étonnamment civilisée et moderne. Nous avons en effet croisé dans la seule rue principale, deux distributeurs de billets, une cafétéria ultra design, une salle de jeu, un cybercafé et une Pizza Domino… On croise en plus une poubelle tous les dix mètres (les premières que l’on voit en Inde) ce qui implique que les rues ici sont d’une propreté incroyable (nous avons d’ailleurs appris que le fait de jeter un papier par terre peu nous coûter la bagatelle de cinquante roupies). Shimla semble être une ville oû il fait bon vivre quand le temps est plus clément…nous ne pouvons malheureusement pas en profiter.

Demain peut être, si le ciel se décharge un peu, et si mon état de santé s’améliore.
Baptiste pourra sans doute vous en dire plus lors de sa prochaine intervention…

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