08 février 2003

Udaipur - Inde

Encore un seul article pour résumer les deux derniers jours…nous manquons à tous nos devoirs en ce moment, mais il y a une raison à cela :
Notre arrivée à Mumbai, et le peu que nous avions vu de cette usine de près de seize millions d’habitants (plus d’habitants qu’à Delhi, pourtant trois fois plus grande en superficie) nous avait laissé comme un goût amer dans la bouche, et une étrange
impression de déjà vu…Chennai peut être…

La nuit suivante a donc été sujette à une intense réflexion de la part de nos cerveaux respectifs, visant à savoir combien de temps nous resterions ici, et quelle serait notre destination suivante. En nous endormant, nous avions tranché : départ le
lendemain soir, direction Udaipur, par train de nuit… Nous quittons la chambre au petit matin (enfin, il est quand même 11h et des bananes) et nous lançons immédiatement à la recherche d’un billet de train pour le soir…une tâche que nous sentons périlleuse…nous n’allons pas être déçus.

Mumbai est une jungle, sans lianes, ni macaques, mais avec des autos dans tous les sens…En fait, Mumbai, c’est Chennai en plus grand, avec des rickshaws qui sont passés du noir au jaune et des taxis, du blanc au noir… Les échos que nous avions reçus de cette ville n’avaient guère été bons. Trop grande, trop bruyante, et pas forcément très intéressante. J’aimerais pouvoir confirmer ou réfuter ces affirmations mais je n’en ferai rien car les événements ne se sont pas exactement passés comme nous l’avions prévu. Après une heure à tourner en rond, balancés de place en place, par des gens qui paraîssaient aussi perdus que nous (des
indiens, pourtant…) nous commençons sérieusement à désespérer.

Il fait une chaleur à crever et le poids des sacs à dos commence véritablement à se faire sentir. Soudain, alors que tout espoir paraît perdu (bon, j’en rajoute un peu…ok…) elles apparaissent! Deux belles plantes d’un bon mètre soixante-cinq, un style
plutôt baba-cool, tout droit venues du pays de la galette, de la crêpe et des chapeaux ronds. La patrie de la mère Poulard, le pays du Mont St-Michel (bon c’est encore en discussion ça…), j’ai nommé, la Bretagne. Leurs prénoms : Aurélie et Isabelle, parlant un français parfait (c’est con de le préciser, mais ça me fait du bien) et toutes deux fraîchement débarquées à Mumbai (et même en Inde, pour une durée de six mois). Les deux jeunes femmes s’approchent de nous et commencent à nous poser une question dans un anglais à la française qui n’aura pas tenu une seconde face au deux fins limiers que nous sommes. Immédiatement Baptiste leur dit : « Vous êtes françaises ? » Après le oui libérateur, les accolades classiques, et comment tu t’appelles, et tu fais quoi dans la vie, et comment s’appelle ton chien et blablabla…bref…,nous apprenons que par le plus pur des hasards, les deux bretonnes se rendent à Udaipur et cherchent leur bus. S’ensuivent une multitude d’allées et venues dans les rues toujours aussi bordéliques de la ville, à zigzaguer entre les voitures, aiguillés par un type patibulaire (mais presque…) à qui nous avons dû faire confiance parce qu’il se trouve que nous avions épuisé toutes les solutions en notre possession. Nous parvenons finalement à obtenir deux billets supplémentaires pour Udaipur, dans le même bus que nos deux charmantes compatriotes.
Le voyage durera dix-sept longues heures, dans un bus somme tout correct mais sur des routes plus pourries qu’un politicien… Une suite sans fin de trous, de bosses et d’obstacles en tous genres (pendant un moment, même plus de bitume !)
qui ne nous a pas permis de fermer l’oeil un seul instant (une des secousses a été si violente que Baptiste a décollé de son siège au point de se cogner la tête sur le plafonnier…je rappelle que nous sommes dans un bus…le plafonnier est très haut,
imaginez la secousse !)

Nous arrivons à Udaipur après un voyage éprouvant, qui nous aura tout de même donné l’occasion de faire un peu plus connaissance avec Isabelle et Aurélie (surtout Isabelle, Aurélie semblant un peu plus réservée, mais néanmoins charmante...)
Jusque-là, rien ne semble pouvoir expliquer le titre, plutôt étrange dont a hérité cet article. La raison est en fait assez simple. Udaipur est en fait l’un des lieux de tournage du fameux épisode de James Bond portant ce nom. Mais le fait que Roger Moore soit passé par ici n’est pas du tout la raison qui me ferait qualifier cette ville de « magique », voire même « féerique ».
Tout est beau ici. Le lac qui borde la ville, et l’hôtel qui y est implanté au milieu, additionnés aux nombreux temples, palais et autres constructions titanesques qui apparaîssent çà et là lorsque l’on regarde Udaipur avec un peu de recul, rendent le tout fantastique. Pas étonnant que ce lieu ait été la cible d’un réalisateur pour tourner l’un de ces ouvrages. Aucun décor au monde ne pourrait recréer l’ambiance unique qui plane ici…c’est édifiant…

Après une après-midi à visiter la ville dans tous ses recoins, un déjeuner à l'ombre des arbres, partagé avec une meute de petits écureuils, et un coucher de soleil vraiment splendide, admiré en sirotant un Coca sur la terrasse de l’hôtel, nous voici
dans notre chambre avec des étoiles pleins les yeux, mais néanmoins un peu sur les rotules…

Nous tâcherons demain, d’obtenir nos billets pour Pushkar le soir même, avec ou sans nos amies bretonnes… Nous improviserons, au dernier moment, comme d’hab’…

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