Bon…pourquoi les textes les plus pourris tombent-ils toujours sur moi ?? (ok, Buenos- Aires, c’était super, c’est vrai…)…on va encore me dire que je critique tout le temps (remarque j’aurais pu tomber sur Asuncion…)
C’est l’air jovial et la mine déconfite que nous grimpons dans notre bus, partagés entre la joie de quitter Asuncion (d’où l’air jovial) et la non-joie (d’ou la mine déconfite) de penser aux quelque vingt à trente heures de bus qui nous attendent.
Ce voyage aurait pu être une simple formalité si, cerise sur l’empanadas, nous n’avions pas partagé cette petite excursion avec des rescapés de la petite maison dans la prairie, à savoir deux familles de fermiers mexicains (selon leur passeport) parlant l’allemand (tout est normal) et étant tous habillés de la même façon, à savoir salopettes bleues, chemises blanches (qui devaient être blanches lors de leur conception, dans les années 60) et casquettes rouges pour les hommes (les deux pères de famille et leurs…allez quoi…six ou sept mioches) et robes noires et foulards à carreaux pour les deux femmes, en plus affublées d’une coupe de cheveux raie au milieu, d’une symétrie quasi parfaite...que du bonheur en somme…
Nous prenons la route vers les vingt heures, et ne pouvons, Baptiste et moi, nous empêcher de rire (rire nerveux sans doute) en pensant au comique de la situation : demain à la meme heure, nous serons encore dans ce même bus… On nous sert au bout d’une petite heure, un plateau repas. Apres mûre réflexion, je dois bien admettre ne toujours pas savoir ce que j’ai exactement mangé. C’était pour ainsi dire spécial, une sorte de gâteau sucré avec des patates et des œufs (non non je ne parle pas là du dessert) accompagné d’une tranche de viande blanche (pointure quarante-deux et demi pour moi…) que Baptiste jugera "pas mauvaise" mais que le hamburger que je me serais tapé juste avant le départ m’empêchera de pleinement apprécier (on va dire ça). Le tout est accompagné d’une bouteille de boisson gazeuse jaunâtre (qui a perdu ses analyses ?) qu’une soif démesurée me fera apprécier, comme le meilleur des Petrus.
A ce stade du voyage, le bus est encore clean…il faudra attendre que les Hingalls aient fini leur repas pour voir rouler entre nos jambes (ils sont derrière nous et le bus descend…) les premiers cadavres de bouteilles vides et fourchettes et couteaux couverts de cake à la patate.
Nous entamons notre nuit les yeux ouverts (je fixe pour ma part le bouton "on" de la lampe située au-dessus de mon siège…lampe qui ne marche pas, of course, j’aurais dû venir avec mon ampoule…). Baptiste, lui, se tourne dans tous les sens, essayant tant bien que mal de trouver le sommeil…en vain…). C’est sans doute a 4h54 que j’ai la première fois fermé les yeux et commencé à vaguement somnoler… 5h00, toutes les lumières se rallument (pas celles du plafonnier au-dessus de mon siège, j’ai déjà dit qu’elles ne marchaient pas, faut suivre !), et c’est un "MIGRACIONE !" qui stoppe net ma partie de pouilleux déshabilleur avec Laetitia Casta (encore elle !). Nous sommes en effet à "Pozo Colorado" et même si cette ville est à quinze plombes de la frontière, c’est apparemment ici que nous devrions obtenir notre tampon de sortie du Paraguay. Ok, j’ouvre donc les yeux (c’est con j’avais un bon jeu) et prend, avec Baptiste, la direction de l’office ou un gros basané nous attend, un tampon (encreur, évidemment) à la main. L’heure bien matinale n’entrave apparemment en rien l’humeur du gaillard, qui ne cessera de se marrer, constatant nos difficultés à répondre à ses questions en espagnol (genre question : "como esta ?"…réponse : si, si, Julianos, de la Franssia…et merde !), perso je vois pas trop ce qu’il y a de drôle.
Nous reprenons place dans le bus et tenterons à nouveau, en vain, de trouver le sommeil (et moi mes trois AS…).
Rien de bien palpitant jusqu’au repas si ce n’est le passage du poste frontière bolivien (près de neuf heures après notre "sortie" du Paraguay) et la galette fumante d’un des fils Hingalls, dans un sac tenu par sa moman (le cake à la patate de la veille sans doute)…juste avant le repas, c’t’un bonheur…
C’est dans un plateau plastoc similaire à celui de la veille que l’homme à tout faire du bus (à tout faire sauf à nettoyer les merdes qui s’amoncellent sous nos sièges) nous apporte le repas du jour, le petit Hingalls s’essuyant encore le visage. Aujourd’hui, semelle (du quarante-deux, toujours) panée, accompagnée de riz froid, de deux mini-sandwichs pain de mie fromage, et arrosés du même breuvage-mystère que la veille.
Je croque dans ma semelle, engloutis le mini- sandwitch et descend les cinquante millilitres de boisson, le tout en à peine dix minutes. L’homme à tout faire laissera nos plateaux joncher sur le sol jusqu'à notre arrivée à Santa Cruz, près de onze heures plus tard.
En plus de nos escalopes panées à peine entamées, nous comptons désormais sous nos sièges et entre nos pieds, pas moins de cinq bouteilles vides, trois plateaux-repas et trois ou quatre couteaux fourchettes appartenant aux deux Charles et à leurs familles respectives.
La suite du voyage est plutôt calme…la route est toujours aussi mauvaise et le bus bruyant, mais aucun mioche qui crache ses tripes, ni "MIGRACIONE" à signaler.
Preuve d’une splendide organisation de la part de Stel Tourismo (la compagnie de bus), nous débarquons a Santa Cruz à 00h 30, après vingt-huit heures d'un trajet pour le moins mouvementé. Nous choppons un taxi, ne discutons pas les prix et nous posons dans le premier hôtel du Lonely à vingt Bolivianos (la monnaie locale, 1 euro = 8,70 Bs) la nuit.
Santa Cruz pouvant difficilement être pire qu’Asuncion, c’est forcément de bonne humeur que nous émergeons, ce mercredi 6 août. Le temps est limite, mais le défilé de la fête nationale devrait, en théorie nous permettre d’assister à de bien belles choses.
Les hostilités debutent a dix heures pile, et c’est toute une troupe en uniforme qui défile sous nos yeux, le tout en musique…assez plaisant. Passent ensuite les employés de la mairie, de la poste, les élèves des écoles environnantes, ainsi que plusieurs représentants d’associations locales. L’association des plus de quatre-vingts ans était représentée par pas moins d’une quinzaine de personnes ayant du mal à marcher et porter leurs banderolles, mais prenant un plaisir visible à défiler devant une foule impressionnante brandissant des drapeaux boliviens à foison.
Nous partons nous rassasier de hamburgers à 1 Bs, achetés à une petite vendeuse ambulante d’une quinzaine d’années, qui nous offrira un sourire adorable lorsque nous lui dirons de garder la monnaie.
Santa Cruz étant finalement une ville assez banale, nous finissons la journée dans l’hôtel à taper la causette avec un petit groupe de touristes, allemano-néo-zélando-canado-francais (on rencontre finalement pas mal de Français ici), et prenons, suite à cela, avec Baptiste, la décision de quitter Santa Cruz le jour suivant, direction Samaiputa, un petit village à 1660 mètres d’altitude à quelques trois heures de bus (chicchicchic !).
La journée suivante nous verra passer par le marché (petit marché, rien a voir avec le monstrueusement génial Week-end Market de Bangkok), le cyber-café (on s’occupe comme on peut), et le troquet du coin (sandwich Coca). Nous croiserons de nouveau notre ami allemand d’Iguazu et sa charmante compagne (froide comme le carrelage de mes WC) à qui nous ferons part de nos projets.
Nous quittons Santa Cruz les dix-sept heures passées d’une dizaine de minutes à bord d’un van Mercedes plutôt confortable.
Le guide dit : trois heures de transport…souhaitons qu’il voie juste…pour une fois...
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