29 août 2003

Machu Picchu - Pérou

Nous n’avons jamais été aussi près du but. On commence déjà à sentir l’ambiance Inca telle qu’on l’a abordée dans notre petite vie européenne. Un mix cliché regroupant les albums de Tintin (deux d’entre eux du moins…), "Les Chevaliers de Baphomet", Esteban, Zia, Tao, les cités d’or (aaaaahiaaaaahiaaaa) ou encore au moins deux des trois Indiana Jones et un des quatre Tomb Raider édités par Eidos (et je vous épargne "Alan Quatermann" et "Sonic the Hedgehog"…)…bref…on est dedans, on scrute l’horizon, on cherche Lara, le grand Condor, Poncho, Grucho, ou John Stobart (pour les connaisseurs uniquement…).

Nous embarquons à 9h 30 dans le bus qui va nous faire découvrir plusieurs des sites Incas éparpillés autour de leur capitale "Cusco".

Le bus semble assez confortable…et est évidemment rempli à craquer (de sièges, merci…) de touristes. Nous n’arriverons à Pisac, qu’après deux pauses interminables dans deux marchés que nous croiserons sur la route. Le parfait attrape-touristes avec des femmes en tenues locales (tenues qu’on ne doit plus porter ici depuis des lustres je suppose…) arborant leur tarif de un sol la photo, et des vendeurs de sacs, pantalons, t-shirts, bagues et autres objets divers soi- disant artisanaux (et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier alu…)…bref, vraisemblablement pas le meilleur endroit pour faire des affaires. Pour cette raison, j’achète trois t-shirt (comme un bon touriste…).

Nous arrivons finalement à la première attraction de la journée : Pisac. On nous avait vanté les mérites de ce site, certains avaient même prétendu l’avoir préféré au Machu Picchu… Verdict : espérons qu’ils se soit gourés… Car si Pisac est, il faut bien admettre, un bien beau site chargé d’histoire, il n’en demeure pas moins petit (ou alors n’ou n’en avons visité qu’une infime partie…mais j’en doute…). Pour résumer, je pense que cela vaut le coup d’œil sans toutefois casser des briques. Nous apprendrons tout de même comment les Incas procédèrent pour bâtir tous ces monumentaux édifices, et surtout transporter tous ces blocs de pierre (IMMENSES pour certains…) au sommet de la montagne. On en apprendra également un peu plus sur leur façon de tout calculer en fonction du soleil. Chaque fenêtre à sa place, chaque mur de chaque batisse est orienté au millimètre près de façon à recevoir le soleil à telle ou telle saison, à tel ou tel moment de la journée. Rien n’était laissé au hasard.

Nous restons près d’une heure sur le site puis regagnons notre bus, direction Ollantaytambo, avec tout de même une petite pause déjeuner sur la route. Personne ne nous avait parlé de cette petite ville. Elle m’impressionnera pourtant bien plus que Pisac. Le site regorge également de constructions vieilles de plus de mille ans qu’il nous faudra près d’une heure et demie pour visiter.

Ollantaytambo est également la ville ou les bus provenant de Cusco déposent les touristes ayant des moyens limités (genre nous…) à la gare pour choper le train direction Aguas Calientes. Le billet depuis cette ville est à douze $US contre plus de cinquante depuis Cusco…le calcul est vite fait.

Je partage une bière avec Gwendoline et descendons avec Baptiste une bonne demi- douzaine de sandwichs au fromage pendant les quatre heures que durera notre attente…le train n’est en effet qu’à 20h 30…

Nous embarquons à l’heure H dans deux wagons dédiés aux touristes. Les locaux sont en effet entassés dans le reste du train (moi aussi je trouve ça un peu débilos, ouais…).

Un couple d’heures plus tard, nous sommes arrivés. Il ne nous faudra pas plus de cinq minutes pour trouver un abri pour la nuit, une bande d’hôteliers péruviens munis de pancartes nous attendant à la sortie de la gare…

Un cocktail dans un bar plus tard, et nous sommes au lit. Demain, lever à six heures, objectif Machu Picchu.

La chambre est encore plongée dans un noir parfait et pourtant le réceptionniste de l’hôtel frappe à notre porte…chose étrange, ma montre n’a pas sonné. Explication : il est 5h 10 du mat. Apparemment, changement de plan, c’est maintenant qu’il faut partir. Je râle cinq minutes avant de sauter dans mon pantalon et de sortir dans un Aguas Callente encore endormi. Gwen et Mel, avec qui nous partageons la chambre, ne partiront que quelques heures plus tard, jugeant l’heure un peu matinale (je peux comprendre ca…).

Le bus qui nous emmène sur le site proprement dit est à 4,5$US…cher pour un voyage d’à peine vingt-cinq minutes… Le temps est plutôt couvert…mauvais départ…

Nous arrivons sur place vers les 6h 30…dans les nuages. Impossible de voir à plus de cinq mètres devant soi. Nous nous acquittons tout de même des 20$US que coûte le ticket d’entrée, prix qui à l’instar de la visibilité, est toujours aussi élevé (je sais, je trouve TOUT cher, mais la réalité est la suivante : je suis ruiné !).

Nous distinguons, dans le brouillard, un panneau "Inca Trek, 2 hours". Ni une, ni deux, nous voilà partis. Nous grimpons et grimpons encore, pendant un long moment, empruntant des chemins de pierres casse- gueule frôlant des précipices dont on ne distingue pas le fond (à cause des nuages, faut suivre !). Nous sommes dans du coton, à visibilité réduite, à espérer apercevoir le sommet après chaque tournant… Le sommet nous l’apercevons finalement au bout de deux heures donc (le panneau disait vrai). C’est un drapeau multicolore (le drapeau de la paix…pas le drapeau gay !) qui le marque. Un drapeau gigantesque qui nous apparaîtra comme une oasis dans le désert. Nous sommes comme au paradis. Autour tout est blanc, nous voyons nos pieds, un bout de chemin, et puis c'est tout. Nous nous posons là, sans aucun repère, ne sachant même pas ou se trouve le Machu Picchu, ni même à quelle hauteur nous sommes exactement. Je m’assied sur une pierre au dessus du vide… C’est lorsque les nuages se dissiperont un peu que je réaliserai vraiment la taille du gouffre sous mes pieds. Plusieurs centaines de mètres de vide qui me colleront de violents vertiges. Je m’éloigne du bord à quatre pattes, et regagne le pied du drapeau pour m’endormir une bonne heure, en espérant que le temps s’arrange quelque peu. J’ouvre les yeux à 9h 30, Baptiste dort encore. Les nuages sont bien moins denses. Sous mes yeux, la vallée commence à se dessiner. J’apercois les premiers arbres, les premières routes. Je réveille Baptiste. Il nous faudra encore attendre deux longues heures pour enfin apercevoir le Machu Picchu.

D’ici la vue est magnifique, difficile de vraiment transcrire la beauté du spectacle auquel nous avons assisté. C’est fabuleux. Nous scotchons là-dessus jusqu’à 12h 30, heure à laquelle nous nous décidons à redescendre, pour tout de même visiter un petit peu les lieux. De toute cette matinée au sommet, nous n’avons pas vu un seul touriste…

Quarante-cinq minutes plus tard et un repas (cher, aussi…des prix français) englouti, nous sommes au milieu des ruines. Le tout est assez imposant, des dizaines d’habitations étonnemment bien conservées, d’une robustesse à toute épreuve loin de nos maisons Phoenix en papier à cigarette. Le temps est à présent parfait…on crame littéralement. Nous tournons en rond jusqu'à seize heures à monter et descendre des escaliers dans tous les sens.

Il nous faudra près d’une heure et demie pour rejoindre Aguas Calientes à pattes, le bus à 4,5$US ne nous paraissant pas vraiment indispensable…

Nous rejoignons les filles à l’hôtel, tout juste rentrées des sources d’eau chaude, deuxième attraction de la ville. Elles nous vantent les mérites de l’endroit…vingt minutes plus tard, nous sommes dans une eau à trente degrés à regarder les étoiles… Ca shmoute un peu le soufre, mais c’est vraiment vraiment le pied…pour cette raison, nous restons près de deux heures à apprécier les lieux et à zieuter les naïades nous encerclant…pas désagréable.

Même rituel que la veille : resto avec nos deux suissesses et dodo pour tout le monde les minuits tapantes (une grosse discussion politico-sexuelle durant le repas explique l’heure tardive…).

Notre joindrons à nouveau Cusco demain matin. Notre train partira à six heures. Nous devrions atteindre notre objectif vers dix heures, si tout se passe bien…

23 août 2003

Cusco - Pérou

Au même titre que Hergé et son premier volet avant "Le Temple du Soleil" (non c’est pas "Objectif Lune"…), notre prochaine étape sera une première partie, une sorte de mise en bouche avant le Machu Picchu.

Le voyage aura été plutôt long, mais cette fois nous y sommes. On l’aura rêvé de longues semaines, on en aura entendu parler à moultes reprises de la bouche de touristes encore sous le charme des lieux…Jour J, nous y sommes : Cusco nous voilà !
C’est au petit matin, les cinq heures n’ayant pas encore sonné que nous débarquons, en compagnie de nos deux récentes compagnes de voyage Mélanie et Gwendoline, sur le sol cuscosien. Les compagnies de bus sud-américaines sont définitivement les championnes niveau horaires…passons… Chose à savoir, Cusco est la dernière grande ville avant le si populaire Machu Picchu. Cela propulse les lieux en toute première position concernant la quantité de touristes au mètre carré. Le bon côté, c’est qu’il n’est pas vraiment difficile de ce fait de mettre la main sur un taxi…heure matinale ou pas.

Cinq minutes plus tard, nous sommes à l'"euro hospedaje" petit hôtel bien sympa, ayant le gros avantage de proposer des prestations plutôt intéressantes pour un prix vraiment raisonnable.

Notre hôte n'est pas à proprement dit une flèche. Il lui faudra près de cinq minutes pour parvenir à nous donner nos clefs, pourtant les seules restantes dans le casier de vingt-cinq (cinq par cinq) cases prévu à leur rangement (il est cinq heures, on va dire que c’est ca…).

Les clefs en poche, nous montons au dernier étage de l’hôtel, et gagnons chacun nos chambres respectives Gwen et Mélanie dorment ensemble…ma blague "Hey Mèl, on partage une double ?" n'aura eu comme réponse que le claquement de la porte… On tente, sur un malentendu ca pourrait marcher…

Nous sommes sous les toits. Le plafond de notre habitation est occupé à 50% par un énorme "Velux", résultat, une heure à peine après nous être assoupis, rayon de soleil en pleine poire pour Baptiste (qui aura hérité du lit que je lui aurais laissé…j’avais senti le truc…).

Petit déj’ rapide après avoir somnolé pas loin d’une heure en nous tournant dans nos lits, et nous voici sur pied, direction la place centrale de la ville (qui, comme toutes les places centrales de toutes les villes d’Amérique du Sud porte le nom "Plaza de Armas"). Sur la route, de nombreux vendeurs d’objets traditionnels pour touristes (donc, pas traditionnels du tout…mais jolis, c’est l’essentiel). Je me laisse tenter par une écharpe "made in Taiwan" et investis dans nombre d’autres articles à offrir dès mon retour en France.

La place centrale en question est vraiment agréable. Entourée d’arcades abritant des restaurants, bars, agences de tourisme, cybercafés et autres magasins de change, on trouve en son centre une gigantesque fontaine elle-même entourée d’une bonne dizaine de bancs, point de rendez-vous des amoureux ou des nombreux touristes avant la traditionnelle bière du soir (ici, c’est la Cusqueña…à la Paz, c’était la Paceña, une ville, une bière, ça marche comme ca ici).

Le temps nous sourit, et c’est sous un soleil généreux que nous retrouvons Mélanie et Gwendoline, fraîches comme la rosée. Nous partons tous les quatre en quête d’un resto à prix abordable. Nous trouvons, pour dix soles, un "entrée plat, dessert et boisson", qui aurait quasiment sa place dans le Michelin…délicieux…

La suite de la journée nous verra trouver une solution à la question number one ici : "comment visiter le Machu Picchu pour un prix abordable" (autrement dit, sans débourser les 80$US (ça monte même jusqu’à 100 dans certaines agences) demandés en moyenne ici pour la visite du site). C’est César, patron de l’une des douze mille agences que doit compter la ville, et l’âme plutôt généreuse, qui nous fournira gratuitement tous ces si précieux renseignements.

Nous nous laisserons ensuite tenter par la projection, au "Mama Africa", du dernier Michael Bay "Bad Boys II", une copie pirate dont la qualité exécrable justifiait la gratuité.

Nous finissons la soirée dans un des restos jouxtant la place. Il est cher mais nous avait été chaudement recommandé par Paul, notre ami Luxembourgeois, avec qui nous avions visité, entre autres, les mines de Potosi (oui, oui, y avait Chloé aussi…). Je goûte donc à la viande d’alpaca, blanche tendre et savoureuse. C’était à faire, je l’ai fait… Egalement un Pisco Sour, boisson locale délicieuse (du moins dans cet établissement).

Demain nous partirons en bus pour Pisac et poursuivrons jusqu’à Ollantaytambo, deux sites Incas, en guise d’échauffement avant le Machu Picchu. Nous atteindrons Aguas Calientes le soir même un train nous attendant à Ollantaytambo à 20h 30 précises.
Le billet aller simple nous coûtera 12$US, idem pour celui du retour. L’entrée du site atteint quant à elle les 20$US. Le Machu Picchu à 44$US…c’est pas le Pérou. On est bien loin des prix exorbitants proposés à Cusco.

Demain c’est cours d’histoire…nous tâcherons d’être attentifs (une grande première)…

19 août 2003

San Pedro de Atacama - Chili

Tout allait trop bien depuis un certain temps. Niveau santé, rien à signaler depuis plusieurs mois…Jule et Baptiste, solides comme le roc… Quelqu’un peut il m’expliquer pourquoi il aura fallu attendre que nous nous trouvions dans le trou du cul du monde, à cinq cents bornes de la première pharmacie pour que le démon chtouille décide de frapper ??

C’est en effet après une nuit plus qu’exécrable à lutter contre des aigreurs d’estomacs entrecoupées de gargouillis disgracieux que je me réveil, le front anormalement chaud en cette plutôt frisquette matinée d’Août bolivien. En deux mots : je suis malade…

Impossible de trouver l’énergie pour me rendre en cuisine déguster le petit dèj’ en compagnie des autres…impossible de trouver la moindre énergie pour quoi que ce soit d’ailleurs. Le simple fait d’aller uriner me pompera les neuf dixièmes du peu de ressources me restant encore pour mettre un pied devant l’autre. Je suis vidé, comme une batterie de 2CV qui n’aurait pas roulé depuis des lustres…

N’importe ou sauf ici, j’aurais dit : pas de problème, je reste au lit, je visiterai la ville demain. Seul hic, nous sommes en tour organisé, et le programme aujourd’hui est tout sauf une balade de santé. Du 4x4 jusqu'à plus soif, sur des chemins plus accidentés que le palmarès d’Alesi…une journée à ne pas vivre à 50% de ses capacités…bref…

Nous décollons malgré tout à 7h00, et entamons notre longue ascension vers Laguna Colorada. Pas évident de décrire le panorama…la seule chose que j’ai aperçu est la manche droite de ma polaire sur laquelle j’ai fait reposer ma tête jusqu'à près de 13h00, moment bénit ou les deux Advils et Immosels que je m’étais envoyés le matin ont commencé à faire effet.

Lorsque je relève la tête, nous sommes au bord d’un lac, gelé par endroit mais surtout fréquenté par plusieurs familles de flamants roses… Ils sont finalement assez peu nombreux mais le simple fait d’en apercevoir un me laissera pantois… Cet animal est vraiment tout bonnement somptueux… Nous reprenons place dans le Toyota pour nous rendre sur notre lieu de déjeuner. Encore un Lagon, mais celui-ci est, a perte de vue, couvert du même animal rose que quelques minutes auparavant. On ne les compte plus. Comme si le spectacle n’était pas assez beau, derrière le lac se dresse une petite chaîne montagneuse se reflétant dans l’eau… Nous mitraillons de photos pendant près de vingt minutes, avant, comme la veille sur le lac salé de nous plier à la coutume "sandwich fromage-tomate" les 13h00 tapantes…

Ce tour bien que plutôt agréable n’est en rien vraiment original. Nous sommes en effet rarement seul et les étapes se font toujours en compagnie d’une ou plusieurs dizaines d’autres 4x4, ce qui implique que nous ne cessons de croiser encore et encore les même personnes. Nous partagerons ainsi le plaisir pour les yeux qu’est d’admirer ces paysages magnifiques avec nombre de touristes parmi lesquels Patrice et Catherine, couple de français agréable et amicaux, croisés la première fois dans les mines de Potosi, et qui nous resterons fidèle jusqu'à la fin de ce tour (nous croiserons leur chemin en tout pas loin d’une petite demie douzaine de fois).

Le reste de la journée se résumera à une partie de "Monster Truck" plutôt réaliste qui nous secouera comme des pruniers durant les quasiment quatre heures nous séparant de notre "hôtel" (je me marre !) pour la nuit, établit à "Laguna Colorada", réserve naturelle dont les droits d’entrés nous allègeront de trente Bolivianos (environs 3,5 euros).

Ce lagon ci vaut son nom à la couleur (couleur, colorada…logique…) pourpre de ses eaux. Un rouge bordeaux donnant l’impression d’avoir sous les yeux un lac de vin rouge…avec toujours des flamants roses. Un mélange de couleurs qui nous fera encore prendre de nombreuses photos pendant dix trop courtes minutes (la est tout le problème des tours organisés…on ne fait pas ce qu’on veut…).

Notre chambre est en realité un dortoir pour sept personnes (notre chauffeur et la cuistot dormiront dans la voiture). Nous sommes à dix minutes du lagons dans une petite longère d’une quinzaine de chambres, au beau milieu d’une plaine désertique, aussi paumés que la veille. Nous déballons nos affaires et ne tenons pas dix minutes les yeux ouverts dans nos lits respectifs après avoir dégusté le repas soupe-spaghettis de notre cuistot dont je ne parviens décidément pas a me remémorer le nom… La fatigue aura vite raison de nous, et cela malgré des lits en cuvette format Péruvien (1m30 de long) qui nous laisseront les pieds dans le vide jusqu'à notre réveil, les 6h00 hurlantes…

Je me sens à présent mieu. C’est désormais au tour de Dora, l’espagnole du groupe de lutter contre "una diaritha muy dolorosa" due sans doute au repas de l’avant veille (nous avions dégusté une soupe bonne bien qu’un peu douteuse) accentuée par les spaghettis et leur sauce plus bolivienne que bolognaise, qu’une faim démesurée nous avait fait engloutir en à peine cinq minutes.

Le temps qui fils ne nous permettra même pas d’admirer le levé du soleil derrière les flamants roses…encore une fois obligé de courir. C’est en effet à 10h00 que nous attend notre bus pour San Pedro.

Nous entamons les hostilités ce matin à "Sol de Mañana", avec un geyser entouré de plusieurs bassins bouillonnants, le tout dans une atmosphère chargee en souffre, à pas loin de 4950 mètres d’altitude (nous surpassons le Mont Blanc !). Spectacle pour le moins surprenant que nous partageons avec pres d’une centaine d’autres curieux. Autant de monde au mètre carré ici qu’à St Lazare un lundi matin…cherchez l’erreur.
Nous descendons ensuite de quelques dizaines de mètres, jusqu’à 4200, à "Termas de Polques" ou l’amis Paul se laissera tenter par une petite baignade dans un bain à trente degrés. Nous nous contenterons quand à nous de le prendre en photos (ca caille dehors…et j’ai pas mon maillot de bain…).

La dernière étape de ce tour nous offrira un spectacle semblable à celui de "Laguna Colorada". La seule différence entre ce lagon ci, et "Laguna Verde" est bel et bien la couleur de ses eaux. Aujourd’hui, nous sommes dans les verts. Un vert turquoise qui, apparemment virera au bleu en début d’après midi, thèse que nous ne pourront vérifier, la faute à un planning ric-rac qui nous obligera à lever le camp après tout juste dix minutes à zieuter. La seconde différence avec la veille, hormis la couleur, est la non présence aujourd’hui, du moindre flamant rose. Les eaux doivent en fait leur couleur à un élément chimique (dont je ne me rappel plus du nom) dont les animaux ne sont apparemment pas friant.

Nous quittons les lieux et roulons jusqu’à la frontière chilienne, au beau milieu du désert, ou nous attend notre minibus pour San Pedro. Quarante minutes plus tard nous débarquons dans la petite ville du nord du Chili (l’entrée dans le pays aura tout de même été marquée par une séance de désinfection de la semelle de mes tongs assez ridiculement comique. Passeront aussi au produit miracle, les quatre pneus de notre bus, et les chaussures de ses occupants…).

San Pedro est l’étape obligatoire après le tour d’Uyuni. Pour cette raison, les prix ici sont scandaleusement élevés pour le Chili. La ville ne nous paraissant en plus pas forcément très intéressante, nous décidons en à peine cinq minutes, de prendre notre ticket pour Arica, via Callama, petite ville étape dans laquelle nous ne nous arreterons que quelques heures.

Nous quittons Paul, notre compagnons de voyage depuis Potosi. Ces expressions Luxembourgeoises et son humeur festive nous auront bien fait rire cette dernière semaine.

Nous debarquerons à Arica au petit matin. Nous ne devrions pas tarder je pense, à joindre de nouveau la Bolivie...

17 août 2003

Uyuni - Bolivie

Nos quelques jours à Sucre nous ayant un peu déréglé les horloges hormonales, un séjour en milieu désertique devenait plus que nécessaire, histoire de remettre un peu les choses à leur place. Le Sahara n’étant pas à portée de main c’est sur le non moins renommé lac salé d’Uyuni que Baptiste et moi même jetons finalement notre dévolu.

Nous débarquons à Uyuni, en fin d’après- midi, après une excursion en bus tout terrain de près de sept heures pour le moins mouvementées, mais ayant eu tout de même le mérite de nous offrir des paysages assez fabuleux.

C’est en sifflotant une musique d’Ennio Morricone que je pose la Lafuma (la marque de mes pompes) sur le sol poussiéreux de Uyuni. La ville semble en effet au premier coup d’œil rassembler tous les éléments propices à un western des temps modernes : grandes rues larges et vides sur lesquelles flotte une brume blanchâtre sans doute un peu dûe au froid. Le froid justement, cela fait quasiment une semaine que l’on nous met en garde contre lui, les nuits ici sont apparemment semi-polaires, et la température aurait soi-disant une fâcheuse tendance à décroître disproportionnellement avec la descente du soleil. Pour toutes ces raisons…nous débarquons en t-shirt (pas fute-fute, je vous l’accorde…). Paulo, étant depuis deux jours notre boussole, de par son espagnol plus que parfait, nous décidons sans ronchonner de le suivre dans l’hôtel qu’il pointera de la moufle. Son choix s’avérera judicieux.

La ville d’Uyuni nous semblant un petit peu morte et pas vraiment intéressante, c’est sans perdre un instant que nous commençons à sillonner les rues (on a vite fait le tour…) à la recherche d’une agence susceptible de nous proposer un tour, destination San Pedro de Atacama, Chili, à prix abordable . La tache est plutôt aisée, car à Uyuni une boutique sur deux est une agence de voyage. En revanche, gros hic, toutes proposent rigoureusement les mêmes prix, à savoir, pour le tour nous intéressant, 80$US pour trois jours à travers le lac salé, Laguna Colorada et Laguna Verde (entre autres). C’est en serrant les fesses que nous tendons avec un sourire un peu crispé tout de même, la liasse de billets au jeune Bolivien vissé sur sa chaise à roulettes, calé derrière un bureau d’époque Ikea (collection 96). Paul parviendra tout de même à grappiller quelques cinq précieux dollars, ramenant donc la douloureuse à 75$US…ça fait déjà un peu moins mal…

La soirée sera calme. Nous traversons Uyuni (cinq minutes chrono) pour nous rendre à la Loco, un Restau-Pub ne faisant en rien baisser la moyenne Bolivienne de 22,5 français au kilomètre carré. Deux tables remplis de gens de l’hexagone…et un serveur breton…

Un hamburger arrosé à la Huari (une des quinze bières boliviennes…) plus tard, nous voici dans notre chambre à essayer de trouver le sommeil, bercés par une musique récurrente un chouïa casse-bonbons, provenant de la cabane du vendeur de hot-dogs posté pile-poil sous nos fenêtres…

Nous décollons les paupières aux premiers rayons du soleil. Première mission (ou devrais-je dire "expédition") de la journée : la douche. Car si à Bangkok les premiers contacts de l’eau glacée sur nos corps poisseux de sueur nous faisaient friser l’érection, ici à Uyuni, où le climat est rigoureusement inversé, la douche est un cauchemar que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi. En deux mots, on se pèle sévère les arpions !… Je sors de là grelottant pour me glisser dans les mêmes fringues que la veille (ne cherchez pas à comprendre…)

Aujourd’hui, il fait frais, mais le soleil est au rendez-vous. C’est en sa compagnie que, Paul, Baptiste et moi même dégustons un succulent petit déjeuner, que nous ne nous privons pas de savourer, bien conscients que les trois prochains jours risquent fort d’être avares de confort.

Les dix heures bipantes à ma Casio, nous sommes à notre agence, à scruter le bout de la rue, dans l’espoir de voir enfin apparaître notre moyen de transport pour les soixante-douze heures à venir… 10h 03, je râle…et ce n’est qu’un début car à onze heures, nous sommes toujours à Uyuni… On nous balade vers une autre agence…nous apercevons, enfin, à 11h34 notre 4x4. Un Land Cruiser (Toyota, of course…) gris plutôt confort pour quatre personnes. Pas de problème, nous sommes neuf… En plus de notre chauffeur et de la cuistot, nous accompagneront dans ce périple, Victor et Dora, espagnols de souche ainsi qu’Oliver et Sarah originaires quant à eux de ma chère Angleterre que je ne suis pas prêt de cesser d’adorer (le voyage aura aussi servi à ça…). Faites le calcul, avec Paul, Baptiste et moi- même, cela fait bel et bien neuf personnes (je précise que nous emportons nos sacs avec nous…le mien frise les vingt-et-un kilos…).

Et c’est parti pour soixante-douze heures, plié comme une chaise longue avec les genoux qui me rentrent dans le bide. Je râle pendant encore quelques secondes avant de me laisser envoûter par les paroles de la charmante Sarah avec laquelle je taillerai le bout de gras pendant la trentaine de minutes nous séparant de la salière.

Devant nous, une toile de Dali…un rêve , quelque chose d’unique. Comme si cette partie du globe n’avait pas été éditée…ce lac, c’est une page vierge… On cherche des repères pour évaluer les distances, en vain. Au loin, des montagnes mais entre elles et nous, rien. Le vide. Mêmes impressions qu’au ski, manque les remontées mécaniques et les chaussures casse-gueule, en revanche, une réverbération hallucinante dont l’intensité me fera bénir ma paire de fausses "Police" achetée au marché de Bangkok. Le lac salé sans lunettes, c’est pire que le "Bungy jump" sans élastique, définitivement…

Notre Toyota file droit, sur une surface d’une platitude parfaite…moins de turbulences que sur une paire de patins à glace, j’aurais quasiment pu me faire tatouer sur la plage arrière…

Nous stoppons une première fois à l’hôtel de sel dont il est inutile, je pense, de préciser la particularité. Je me surprendrai tout de même à lécher les murs afin de valider le fait que ce lieu soit si célèbre…

Nous embarquons à nouveau pour quarante minutes supplémentaires de ligne droite au milieu du néant avant de stopper à nouveau…prés d’un mirage. Car au même titre que l’oasis au milieu du désert, le rocher couvert de cactus perdu au milieu de rien, se dressant devant nous, nous apparaît bel et bien comme une hallucination : "Bon dieu mais qu’est ce que ce truc fiche ici ??". Je pense qu’un HLM, un vendeur de Kebabs, ou une piscine olympique auraient plus eu leur place ici que cet oursin géant tombé d’on ne sait ou…

Je tourne autour de la chose pendant une trentaine de minutes, la bouche ouverte, l’air con, incapable de dissimuler mon étonnement, avant de reprendre mes esprits et casser la croûte en compagnie de mes huit acolytes voyageurs.

Nous roulerons encore pas loin d’une demi- heure avant d’atteindre "la terre ferme" (nous étions sur ce qu’on appelle "un lac"…). C’est à ce moment précis que je réaliserai l’utilité d’avoir adopté le 4x4 comme moyen de transport. Le chemin est plutôt accidenté… Pour le tatouage sur la plage arrière, mieux vaut à présent oublier, sauf à condition bien sûr d’apprécier l’art abstrait…

Nous atteignons notre toit pour la nuit, celle-ci tombant à peine. Le village s’appelle San Juan…et est vraiment vraiment le coin le plus paumé que l’on puisse trouver sur cette planète. Pas un troquet, pas une mobylette…rien, LA zone… Nous mettrons tout de même avec Baptiste la main sur le lieu à la mode du village. Un, dirons-nous "débit de boissons" où je dégusterai le vin le plus "jus de raisin" de toute mon existence, Baptiste se laissant séduire quant à lui par un classique "milk tea".

Nous reprendrons la route demain jusqu’à "Laguna Colorada". Au programme, paysages de folie et flamants roses (ouais comme dans le générique de Miami Vice !). Messieurs dames, à vos pellicules...

15 août 2003

Potosi - Bolivie

Sucre, c’était purement génial... c’est quasi diabétiques, en overdose de cette ville dont nous commençons apparemment à devenir dépendants (pire que du Coca je vous dis!) que nous grimpons dans notre bus pour Potosi, après nous être acquittés du montant raisonnable du billet et, toute dernière trouvaille (ils ne savent plus quoi inventer) d’une "taxe" de gare (comme les taxes d’aéroport, si si !) de deux bolivianos (à quand les taxes de sièges ?).

La qualité du bus est à la hauteur de celle des routes, plutôt médiocre donc, mais qu’importe ?... la beauté du panorama nous fera vite oublier les quelques couinements intempestifs de notre carrosse.

C’est sur le premier hôtel du LonelyPlanet que nous et nos rencontres sucrettes, avions décidé de nous retrouver à Potosi. L’hôtel Felcar semble en effet proposer des prestations assez sympatoches pour un prix dérisoire (ils le sont tous plus ou moins en Bolivie). Nous nous mettons donc, sitôt descendus du bus, en quête du lieu convoité. C’est alors que mon cerveau commençait à effleurer l’idée de lever le doigt pour héler un taxi, que l’un des rares touristes de notre bus m’interpelle, l’air jovial. Il parle Français avec cependant un fort accent fleurant bon les collines berlinoises. L’homme corrigera mon erreur de jugement assez rapidement, c’est en effet du Luxembourg que Paul est issu. Il est cool, amical et, chose excellente, parle un espagnol plus que respectable.

Nous traçons la route à trois et nous engouffrons dans Potosi. Avec un sac de vingt kilos sur le dos (dont pas loin de deux et des bananes pour cette p... d’antiquité d’ordinateur de malheur) je ressens en à peine trente secondes les prémices d’un essoufflement avancé dû à l’altitude. Le bus que Paul somme de s’arrêter est donc plus que bienvenu. C'est après quelques questions par-ci par-là, genre "Que es le nombre de esta calle, por favor ?" (la technologie du panneau indicateur n’est apparemment pas encore arrivée jusqu’ici...) que nous apercevons enfin le nom de notre hôtel sur une vieille pancarte crasseuse. Manque de pot, nous avons choisi le seul et unique lieu en travaux dans la ville. Nous enjambons (mais pas en croûte... ça c’est pour Papa!) donc une demi-paire (un seul donc...) de sacs de ciment et pointons nos truffes chargées des vapeurs de la ville, au guichet mélaminé de la réception. Nous sommes, trois minutes plus tard, étendus sur nos lits respectifs (Paul partage une chambre triple avec nous).

Les sacs à peine défaits, nous démarrons notre sondage de la ville, à la recherche tout d’abord d’un restaurant, histoire de remédier à une monumentale faim qui nous tiraille le ventre depuis de trop longues heures.

Paul nous fait part, entre autres, de son intention le jour suivant de partir en expédition guidée, dans l’une des nombreuses mines jouxtant Potosi. J’ignorais pour ma part tout, jusqu'à leur simple existence (ok, j’ai pas vraiment révisé avant de venir...). C’est apparemment LA Chose à ne pas manquer ici, et nous décidons donc, Baptiste et moi-même, sans trop savoir à quoi nous attendre, de le suivre dans cette aventure le jour suivant.

La nuit sera plutôt dure pour moi. Les quatre-mille-quatre-vingt-cinq mètres d’altitude ne me posant apparemment pas uniquement des difficultés à reprendre mon souffle, mais également a trouver le sommeil... Je me retourne dans tous les sens sur mon multi-spear (celui-ci étant plutôt mono que multi mais bon...) avant de finalement sombrer d’épuisement, le ciel commençant déjà à s’éclaircir.

Le meilleur remède à cette nuit trop courte, histoire de ne pas m’endormir dans un wagonnet pendant la visite de la journée, serait encore une bonne douche (elle me servira par la même occasion à me laver un peu...tant qu’à faire…). La gérante de l’hôtel nous avait assuré une eau chaude entre 8 heures et 17 heures...impossible de lui reprocher quoi que ce soit, l’eau était effectivement chaude, bouillante même. C’est par séquences de trente centièmes de secondes que je prends ma douche, consacrant le reste de mon temps à tenter de trouver une hypothétique manivelle (ou bouton, ou poignée... qu’importe du moment que ça fonctionne) me permettant de baisser cette fichue température, et de faire disparaître par la même occase le nuage de vapeur transformant la cabine en sauna, et commençant à s’étendre dans tout l’hôtel... Bref, je sors finalement de là (trente secondes pour trouver la poignée de la porte) transpirant comme un bœuf, et regagne ma chambre glaciale (pour choper un rhume on n'a pas fait mieux) pour m’habiller.

L’hôtel grouille de Français. Nous avions déjà, la veille, taillé le bout de gras avec deux d’entre eux. Aujourd’hui, c’est avec Pia et Manu que nous partageons le petit déj’. Ils nous parleront des mines qu’ils ont visitées la veille. Viendra s’ajouter à cela le rapide salut de Daniel et Christelle, nos amis Toulousains rencontrés à Samaipata, et Hilgueness et Claudia, respectivement Canadienne et Allemande, croisées elles pour la première fois à Santa Cruz. Nous ferons également connaissance ce matin-là (matin béni...) d’une adorable anglaise répondant au doux nom de Chloé (plus Français comme nom, connais pas) et parlant la langue de Molière de la façon la plus parfaite qui soit (la perfection à son sujet ne se limite d’ailleurs pas à la langue qu’elle parle... on se calme... l’altitude sans doute!). Bref, Chloé nous présente Andrew (cela commence à faire du monde, faudrait un shéma !) anglais de souche lui aussi, bien sympathique et reprenant au moindre détail toutes les caractéristiques physiques des gens de l’île du nord tels qu’on les imagine. Nous les convainquons tous deux de nous accompagner l’après-midi dans les mines et partons en leur compagnie en quête du guide qui nous y emmènera.

Les mines étant l’attraction number one ici, cela ne nous prendra pas plus de quinze minutes. C’est pour cinquante bolivianos que Johnny (c’est le nom du guide) nous baladera pendant près de quatre heures, tout d’abord dans le marché des mineurs (où nous achèterons quelques présents, ainsi que de la dynamite, et les mèches qui vont avec... véridique!) puis dans les tunnels des mines de San Miguel, à plus de quatre-mille-trois- cents mètres d’altitude mais à tout de même pas loin d’une cinquantaine de mètres sous le niveau du sol.

Le départ est donné à 13h30. Nous prenons place dans la fourgonnette et nous rendons au marché. Celui-ci est en fait une rue dont tous les magasins sont consacrés à une seule et unique chose: la mine. On y trouve toutes les marques de dynamite, tous les types de mèches, mais également des feuilles de Coca et autres produits dont usent fréquemment les employés des mines. Johnny nous concocte un petit panier garni pour cinq Bolivianos par personne.

Après une ascension de prêt de quinze minutes (nous sommes maintenant accoutrés de l’attirail du parfait touriste mineur: combinaison imperméable jaune, lampe et casque Playmobil sur la tête), nous pénétrons enfin dans la mine.

Cette visite fut assez impressionnante. Le seul moyen de vraiment réaliser les conditions exécrables dans lesquelles travaillent ces mineurs est bel et bien de les voir à l’œuvre. Les faits sont durs, et le milieu dans lesquels évoluent ces centaines d’hommes fait qu’ils ne passeront pas pour la plupart la barre des cinquante ans. Leur travail est un enfer au quotidien. Des journées de douze à quatorze heures à creuser millimètre par millimètre une pierre plus dure que le métal à l’aide d’outils préhistoriques, dans des galeries tenant debout par l’opération du Saint-Esprit (ça ne tient pas à grand-chose, donc...). Les accidents arrivent... on réalise assez rapidement pourquoi... On pourrait également se poser la question de savoir si le côté "DisneyLand" de ces visites touristiques est vraiment sain... Ce qui est certain c’est que les touristes aident les mineurs par leur présence et leurs présents... mais les aider, est-ce une bonne opération ?... vaste débat... Quoiqu’il en soit, cette visite nous a fait réaliser bien des choses, et nous aura même filé quelques frayeurs, notamment lorsque le souffle de la dynamite que fera péter notre guide, éteindra les flammes de nos lampes et nous plongera instantanément dans un noir parfait... Nous sortons de là épuisés, choqués, mais néanmoins heureux d’être encore en vie...

La dernière soirée à Potosi sera l’occasion pour moi de goûter enfin à la viande de lama. C’est en compagnie de Paul, Chloé et Andrew que Baptiste et moi partageons cet ultime repas. Chloé est toujours aussi charmante (arrête, Jule !) et Andrew aussi anglais (sortant de ma bouche, cela n’a rien de méchant. Je voue en effet une adoration pour ce peuple depuis le début de notre voyage). Nous finissons à jouer aux cartes dans notre chambre (sans Andrew mais avec Chloé) et faisons même la connaissance de Fidèl, (un Equatorien à qui je ferai la monumentale erreur de demander un tire- bouchon) occasionnellement ivre mais apparemment génétiquement con et raciste (anti-allemand essentiellement) dont la conversation avec Paul tournera rapidement au vinaigre.

Nous trouvons le sommeil peu après minuit (je me réveillerai assez rapidement sans parvenir à me rendormir) et nous retrouvons au matin pour le désormais rituel petit déjeuner.

Nous prévoyons de partir attraper le bus de 11h30 direction Uyuni. Andrew nous rejoindra le jour suivant, la belle Chloé quant à elle partira dans l’autre sens (direction Sucre) ayant déjà égayé de son angélique frimousse le si morne lac salé... Nous la saluons donc, non sans nous faire promettre de nous rendre visite lors de son prochain passage en France.

Nous vérifierons bientôt si le Lac Salé est à la hauteur de sa réputation. Cela doit sans aucun doute être impressionnant...

07 août 2003

Santa Cruz - Bolivie

Bon…pourquoi les textes les plus pourris tombent-ils toujours sur moi ?? (ok, Buenos- Aires, c’était super, c’est vrai…)…on va encore me dire que je critique tout le temps (remarque j’aurais pu tomber sur Asuncion…)

C’est l’air jovial et la mine déconfite que nous grimpons dans notre bus, partagés entre la joie de quitter Asuncion (d’où l’air jovial) et la non-joie (d’ou la mine déconfite) de penser aux quelque vingt à trente heures de bus qui nous attendent.
Ce voyage aurait pu être une simple formalité si, cerise sur l’empanadas, nous n’avions pas partagé cette petite excursion avec des rescapés de la petite maison dans la prairie, à savoir deux familles de fermiers mexicains (selon leur passeport) parlant l’allemand (tout est normal) et étant tous habillés de la même façon, à savoir salopettes bleues, chemises blanches (qui devaient être blanches lors de leur conception, dans les années 60) et casquettes rouges pour les hommes (les deux pères de famille et leurs…allez quoi…six ou sept mioches) et robes noires et foulards à carreaux pour les deux femmes, en plus affublées d’une coupe de cheveux raie au milieu, d’une symétrie quasi parfaite...que du bonheur en somme…

Nous prenons la route vers les vingt heures, et ne pouvons, Baptiste et moi, nous empêcher de rire (rire nerveux sans doute) en pensant au comique de la situation : demain à la meme heure, nous serons encore dans ce même bus… On nous sert au bout d’une petite heure, un plateau repas. Apres mûre réflexion, je dois bien admettre ne toujours pas savoir ce que j’ai exactement mangé. C’était pour ainsi dire spécial, une sorte de gâteau sucré avec des patates et des œufs (non non je ne parle pas là du dessert) accompagné d’une tranche de viande blanche (pointure quarante-deux et demi pour moi…) que Baptiste jugera "pas mauvaise" mais que le hamburger que je me serais tapé juste avant le départ m’empêchera de pleinement apprécier (on va dire ça). Le tout est accompagné d’une bouteille de boisson gazeuse jaunâtre (qui a perdu ses analyses ?) qu’une soif démesurée me fera apprécier, comme le meilleur des Petrus.

A ce stade du voyage, le bus est encore clean…il faudra attendre que les Hingalls aient fini leur repas pour voir rouler entre nos jambes (ils sont derrière nous et le bus descend…) les premiers cadavres de bouteilles vides et fourchettes et couteaux couverts de cake à la patate.

Nous entamons notre nuit les yeux ouverts (je fixe pour ma part le bouton "on" de la lampe située au-dessus de mon siège…lampe qui ne marche pas, of course, j’aurais dû venir avec mon ampoule…). Baptiste, lui, se tourne dans tous les sens, essayant tant bien que mal de trouver le sommeil…en vain…). C’est sans doute a 4h54 que j’ai la première fois fermé les yeux et commencé à vaguement somnoler… 5h00, toutes les lumières se rallument (pas celles du plafonnier au-dessus de mon siège, j’ai déjà dit qu’elles ne marchaient pas, faut suivre !), et c’est un "MIGRACIONE !" qui stoppe net ma partie de pouilleux déshabilleur avec Laetitia Casta (encore elle !). Nous sommes en effet à "Pozo Colorado" et même si cette ville est à quinze plombes de la frontière, c’est apparemment ici que nous devrions obtenir notre tampon de sortie du Paraguay. Ok, j’ouvre donc les yeux (c’est con j’avais un bon jeu) et prend, avec Baptiste, la direction de l’office ou un gros basané nous attend, un tampon (encreur, évidemment) à la main. L’heure bien matinale n’entrave apparemment en rien l’humeur du gaillard, qui ne cessera de se marrer, constatant nos difficultés à répondre à ses questions en espagnol (genre question : "como esta ?"…réponse : si, si, Julianos, de la Franssia…et merde !), perso je vois pas trop ce qu’il y a de drôle.

Nous reprenons place dans le bus et tenterons à nouveau, en vain, de trouver le sommeil (et moi mes trois AS…).

Rien de bien palpitant jusqu’au repas si ce n’est le passage du poste frontière bolivien (près de neuf heures après notre "sortie" du Paraguay) et la galette fumante d’un des fils Hingalls, dans un sac tenu par sa moman (le cake à la patate de la veille sans doute)…juste avant le repas, c’t’un bonheur…

C’est dans un plateau plastoc similaire à celui de la veille que l’homme à tout faire du bus (à tout faire sauf à nettoyer les merdes qui s’amoncellent sous nos sièges) nous apporte le repas du jour, le petit Hingalls s’essuyant encore le visage. Aujourd’hui, semelle (du quarante-deux, toujours) panée, accompagnée de riz froid, de deux mini-sandwichs pain de mie fromage, et arrosés du même breuvage-mystère que la veille.

Je croque dans ma semelle, engloutis le mini- sandwitch et descend les cinquante millilitres de boisson, le tout en à peine dix minutes. L’homme à tout faire laissera nos plateaux joncher sur le sol jusqu'à notre arrivée à Santa Cruz, près de onze heures plus tard.

En plus de nos escalopes panées à peine entamées, nous comptons désormais sous nos sièges et entre nos pieds, pas moins de cinq bouteilles vides, trois plateaux-repas et trois ou quatre couteaux fourchettes appartenant aux deux Charles et à leurs familles respectives.

La suite du voyage est plutôt calme…la route est toujours aussi mauvaise et le bus bruyant, mais aucun mioche qui crache ses tripes, ni "MIGRACIONE" à signaler.

Preuve d’une splendide organisation de la part de Stel Tourismo (la compagnie de bus), nous débarquons a Santa Cruz à 00h 30, après vingt-huit heures d'un trajet pour le moins mouvementé. Nous choppons un taxi, ne discutons pas les prix et nous posons dans le premier hôtel du Lonely à vingt Bolivianos (la monnaie locale, 1 euro = 8,70 Bs) la nuit.

Santa Cruz pouvant difficilement être pire qu’Asuncion, c’est forcément de bonne humeur que nous émergeons, ce mercredi 6 août. Le temps est limite, mais le défilé de la fête nationale devrait, en théorie nous permettre d’assister à de bien belles choses.

Les hostilités debutent a dix heures pile, et c’est toute une troupe en uniforme qui défile sous nos yeux, le tout en musique…assez plaisant. Passent ensuite les employés de la mairie, de la poste, les élèves des écoles environnantes, ainsi que plusieurs représentants d’associations locales. L’association des plus de quatre-vingts ans était représentée par pas moins d’une quinzaine de personnes ayant du mal à marcher et porter leurs banderolles, mais prenant un plaisir visible à défiler devant une foule impressionnante brandissant des drapeaux boliviens à foison.
Nous partons nous rassasier de hamburgers à 1 Bs, achetés à une petite vendeuse ambulante d’une quinzaine d’années, qui nous offrira un sourire adorable lorsque nous lui dirons de garder la monnaie.

Santa Cruz étant finalement une ville assez banale, nous finissons la journée dans l’hôtel à taper la causette avec un petit groupe de touristes, allemano-néo-zélando-canado-francais (on rencontre finalement pas mal de Français ici), et prenons, suite à cela, avec Baptiste, la décision de quitter Santa Cruz le jour suivant, direction Samaiputa, un petit village à 1660 mètres d’altitude à quelques trois heures de bus (chicchicchic !).

La journée suivante nous verra passer par le marché (petit marché, rien a voir avec le monstrueusement génial Week-end Market de Bangkok), le cyber-café (on s’occupe comme on peut), et le troquet du coin (sandwich Coca). Nous croiserons de nouveau notre ami allemand d’Iguazu et sa charmante compagne (froide comme le carrelage de mes WC) à qui nous ferons part de nos projets.

Nous quittons Santa Cruz les dix-sept heures passées d’une dizaine de minutes à bord d’un van Mercedes plutôt confortable.

Le guide dit : trois heures de transport…souhaitons qu’il voie juste…pour une fois...