29 août 2003

Machu Picchu - Pérou

Nous n’avons jamais été aussi près du but. On commence déjà à sentir l’ambiance Inca telle qu’on l’a abordée dans notre petite vie européenne. Un mix cliché regroupant les albums de Tintin (deux d’entre eux du moins…), "Les Chevaliers de Baphomet", Esteban, Zia, Tao, les cités d’or (aaaaahiaaaaahiaaaa) ou encore au moins deux des trois Indiana Jones et un des quatre Tomb Raider édités par Eidos (et je vous épargne "Alan Quatermann" et "Sonic the Hedgehog"…)…bref…on est dedans, on scrute l’horizon, on cherche Lara, le grand Condor, Poncho, Grucho, ou John Stobart (pour les connaisseurs uniquement…).

Nous embarquons à 9h 30 dans le bus qui va nous faire découvrir plusieurs des sites Incas éparpillés autour de leur capitale "Cusco".

Le bus semble assez confortable…et est évidemment rempli à craquer (de sièges, merci…) de touristes. Nous n’arriverons à Pisac, qu’après deux pauses interminables dans deux marchés que nous croiserons sur la route. Le parfait attrape-touristes avec des femmes en tenues locales (tenues qu’on ne doit plus porter ici depuis des lustres je suppose…) arborant leur tarif de un sol la photo, et des vendeurs de sacs, pantalons, t-shirts, bagues et autres objets divers soi- disant artisanaux (et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier alu…)…bref, vraisemblablement pas le meilleur endroit pour faire des affaires. Pour cette raison, j’achète trois t-shirt (comme un bon touriste…).

Nous arrivons finalement à la première attraction de la journée : Pisac. On nous avait vanté les mérites de ce site, certains avaient même prétendu l’avoir préféré au Machu Picchu… Verdict : espérons qu’ils se soit gourés… Car si Pisac est, il faut bien admettre, un bien beau site chargé d’histoire, il n’en demeure pas moins petit (ou alors n’ou n’en avons visité qu’une infime partie…mais j’en doute…). Pour résumer, je pense que cela vaut le coup d’œil sans toutefois casser des briques. Nous apprendrons tout de même comment les Incas procédèrent pour bâtir tous ces monumentaux édifices, et surtout transporter tous ces blocs de pierre (IMMENSES pour certains…) au sommet de la montagne. On en apprendra également un peu plus sur leur façon de tout calculer en fonction du soleil. Chaque fenêtre à sa place, chaque mur de chaque batisse est orienté au millimètre près de façon à recevoir le soleil à telle ou telle saison, à tel ou tel moment de la journée. Rien n’était laissé au hasard.

Nous restons près d’une heure sur le site puis regagnons notre bus, direction Ollantaytambo, avec tout de même une petite pause déjeuner sur la route. Personne ne nous avait parlé de cette petite ville. Elle m’impressionnera pourtant bien plus que Pisac. Le site regorge également de constructions vieilles de plus de mille ans qu’il nous faudra près d’une heure et demie pour visiter.

Ollantaytambo est également la ville ou les bus provenant de Cusco déposent les touristes ayant des moyens limités (genre nous…) à la gare pour choper le train direction Aguas Calientes. Le billet depuis cette ville est à douze $US contre plus de cinquante depuis Cusco…le calcul est vite fait.

Je partage une bière avec Gwendoline et descendons avec Baptiste une bonne demi- douzaine de sandwichs au fromage pendant les quatre heures que durera notre attente…le train n’est en effet qu’à 20h 30…

Nous embarquons à l’heure H dans deux wagons dédiés aux touristes. Les locaux sont en effet entassés dans le reste du train (moi aussi je trouve ça un peu débilos, ouais…).

Un couple d’heures plus tard, nous sommes arrivés. Il ne nous faudra pas plus de cinq minutes pour trouver un abri pour la nuit, une bande d’hôteliers péruviens munis de pancartes nous attendant à la sortie de la gare…

Un cocktail dans un bar plus tard, et nous sommes au lit. Demain, lever à six heures, objectif Machu Picchu.

La chambre est encore plongée dans un noir parfait et pourtant le réceptionniste de l’hôtel frappe à notre porte…chose étrange, ma montre n’a pas sonné. Explication : il est 5h 10 du mat. Apparemment, changement de plan, c’est maintenant qu’il faut partir. Je râle cinq minutes avant de sauter dans mon pantalon et de sortir dans un Aguas Callente encore endormi. Gwen et Mel, avec qui nous partageons la chambre, ne partiront que quelques heures plus tard, jugeant l’heure un peu matinale (je peux comprendre ca…).

Le bus qui nous emmène sur le site proprement dit est à 4,5$US…cher pour un voyage d’à peine vingt-cinq minutes… Le temps est plutôt couvert…mauvais départ…

Nous arrivons sur place vers les 6h 30…dans les nuages. Impossible de voir à plus de cinq mètres devant soi. Nous nous acquittons tout de même des 20$US que coûte le ticket d’entrée, prix qui à l’instar de la visibilité, est toujours aussi élevé (je sais, je trouve TOUT cher, mais la réalité est la suivante : je suis ruiné !).

Nous distinguons, dans le brouillard, un panneau "Inca Trek, 2 hours". Ni une, ni deux, nous voilà partis. Nous grimpons et grimpons encore, pendant un long moment, empruntant des chemins de pierres casse- gueule frôlant des précipices dont on ne distingue pas le fond (à cause des nuages, faut suivre !). Nous sommes dans du coton, à visibilité réduite, à espérer apercevoir le sommet après chaque tournant… Le sommet nous l’apercevons finalement au bout de deux heures donc (le panneau disait vrai). C’est un drapeau multicolore (le drapeau de la paix…pas le drapeau gay !) qui le marque. Un drapeau gigantesque qui nous apparaîtra comme une oasis dans le désert. Nous sommes comme au paradis. Autour tout est blanc, nous voyons nos pieds, un bout de chemin, et puis c'est tout. Nous nous posons là, sans aucun repère, ne sachant même pas ou se trouve le Machu Picchu, ni même à quelle hauteur nous sommes exactement. Je m’assied sur une pierre au dessus du vide… C’est lorsque les nuages se dissiperont un peu que je réaliserai vraiment la taille du gouffre sous mes pieds. Plusieurs centaines de mètres de vide qui me colleront de violents vertiges. Je m’éloigne du bord à quatre pattes, et regagne le pied du drapeau pour m’endormir une bonne heure, en espérant que le temps s’arrange quelque peu. J’ouvre les yeux à 9h 30, Baptiste dort encore. Les nuages sont bien moins denses. Sous mes yeux, la vallée commence à se dessiner. J’apercois les premiers arbres, les premières routes. Je réveille Baptiste. Il nous faudra encore attendre deux longues heures pour enfin apercevoir le Machu Picchu.

D’ici la vue est magnifique, difficile de vraiment transcrire la beauté du spectacle auquel nous avons assisté. C’est fabuleux. Nous scotchons là-dessus jusqu’à 12h 30, heure à laquelle nous nous décidons à redescendre, pour tout de même visiter un petit peu les lieux. De toute cette matinée au sommet, nous n’avons pas vu un seul touriste…

Quarante-cinq minutes plus tard et un repas (cher, aussi…des prix français) englouti, nous sommes au milieu des ruines. Le tout est assez imposant, des dizaines d’habitations étonnemment bien conservées, d’une robustesse à toute épreuve loin de nos maisons Phoenix en papier à cigarette. Le temps est à présent parfait…on crame littéralement. Nous tournons en rond jusqu'à seize heures à monter et descendre des escaliers dans tous les sens.

Il nous faudra près d’une heure et demie pour rejoindre Aguas Calientes à pattes, le bus à 4,5$US ne nous paraissant pas vraiment indispensable…

Nous rejoignons les filles à l’hôtel, tout juste rentrées des sources d’eau chaude, deuxième attraction de la ville. Elles nous vantent les mérites de l’endroit…vingt minutes plus tard, nous sommes dans une eau à trente degrés à regarder les étoiles… Ca shmoute un peu le soufre, mais c’est vraiment vraiment le pied…pour cette raison, nous restons près de deux heures à apprécier les lieux et à zieuter les naïades nous encerclant…pas désagréable.

Même rituel que la veille : resto avec nos deux suissesses et dodo pour tout le monde les minuits tapantes (une grosse discussion politico-sexuelle durant le repas explique l’heure tardive…).

Notre joindrons à nouveau Cusco demain matin. Notre train partira à six heures. Nous devrions atteindre notre objectif vers dix heures, si tout se passe bien…

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