Tout allait trop bien depuis un certain temps. Niveau santé, rien à signaler depuis plusieurs mois…Jule et Baptiste, solides comme le roc… Quelqu’un peut il m’expliquer pourquoi il aura fallu attendre que nous nous trouvions dans le trou du cul du monde, à cinq cents bornes de la première pharmacie pour que le démon chtouille décide de frapper ??
C’est en effet après une nuit plus qu’exécrable à lutter contre des aigreurs d’estomacs entrecoupées de gargouillis disgracieux que je me réveil, le front anormalement chaud en cette plutôt frisquette matinée d’Août bolivien. En deux mots : je suis malade…
Impossible de trouver l’énergie pour me rendre en cuisine déguster le petit dèj’ en compagnie des autres…impossible de trouver la moindre énergie pour quoi que ce soit d’ailleurs. Le simple fait d’aller uriner me pompera les neuf dixièmes du peu de ressources me restant encore pour mettre un pied devant l’autre. Je suis vidé, comme une batterie de 2CV qui n’aurait pas roulé depuis des lustres…
N’importe ou sauf ici, j’aurais dit : pas de problème, je reste au lit, je visiterai la ville demain. Seul hic, nous sommes en tour organisé, et le programme aujourd’hui est tout sauf une balade de santé. Du 4x4 jusqu'à plus soif, sur des chemins plus accidentés que le palmarès d’Alesi…une journée à ne pas vivre à 50% de ses capacités…bref…
Nous décollons malgré tout à 7h00, et entamons notre longue ascension vers Laguna Colorada. Pas évident de décrire le panorama…la seule chose que j’ai aperçu est la manche droite de ma polaire sur laquelle j’ai fait reposer ma tête jusqu'à près de 13h00, moment bénit ou les deux Advils et Immosels que je m’étais envoyés le matin ont commencé à faire effet.
Lorsque je relève la tête, nous sommes au bord d’un lac, gelé par endroit mais surtout fréquenté par plusieurs familles de flamants roses… Ils sont finalement assez peu nombreux mais le simple fait d’en apercevoir un me laissera pantois… Cet animal est vraiment tout bonnement somptueux… Nous reprenons place dans le Toyota pour nous rendre sur notre lieu de déjeuner. Encore un Lagon, mais celui-ci est, a perte de vue, couvert du même animal rose que quelques minutes auparavant. On ne les compte plus. Comme si le spectacle n’était pas assez beau, derrière le lac se dresse une petite chaîne montagneuse se reflétant dans l’eau… Nous mitraillons de photos pendant près de vingt minutes, avant, comme la veille sur le lac salé de nous plier à la coutume "sandwich fromage-tomate" les 13h00 tapantes…
Ce tour bien que plutôt agréable n’est en rien vraiment original. Nous sommes en effet rarement seul et les étapes se font toujours en compagnie d’une ou plusieurs dizaines d’autres 4x4, ce qui implique que nous ne cessons de croiser encore et encore les même personnes. Nous partagerons ainsi le plaisir pour les yeux qu’est d’admirer ces paysages magnifiques avec nombre de touristes parmi lesquels Patrice et Catherine, couple de français agréable et amicaux, croisés la première fois dans les mines de Potosi, et qui nous resterons fidèle jusqu'à la fin de ce tour (nous croiserons leur chemin en tout pas loin d’une petite demie douzaine de fois).
Le reste de la journée se résumera à une partie de "Monster Truck" plutôt réaliste qui nous secouera comme des pruniers durant les quasiment quatre heures nous séparant de notre "hôtel" (je me marre !) pour la nuit, établit à "Laguna Colorada", réserve naturelle dont les droits d’entrés nous allègeront de trente Bolivianos (environs 3,5 euros).
Ce lagon ci vaut son nom à la couleur (couleur, colorada…logique…) pourpre de ses eaux. Un rouge bordeaux donnant l’impression d’avoir sous les yeux un lac de vin rouge…avec toujours des flamants roses. Un mélange de couleurs qui nous fera encore prendre de nombreuses photos pendant dix trop courtes minutes (la est tout le problème des tours organisés…on ne fait pas ce qu’on veut…).
Notre chambre est en realité un dortoir pour sept personnes (notre chauffeur et la cuistot dormiront dans la voiture). Nous sommes à dix minutes du lagons dans une petite longère d’une quinzaine de chambres, au beau milieu d’une plaine désertique, aussi paumés que la veille. Nous déballons nos affaires et ne tenons pas dix minutes les yeux ouverts dans nos lits respectifs après avoir dégusté le repas soupe-spaghettis de notre cuistot dont je ne parviens décidément pas a me remémorer le nom… La fatigue aura vite raison de nous, et cela malgré des lits en cuvette format Péruvien (1m30 de long) qui nous laisseront les pieds dans le vide jusqu'à notre réveil, les 6h00 hurlantes…
Je me sens à présent mieu. C’est désormais au tour de Dora, l’espagnole du groupe de lutter contre "una diaritha muy dolorosa" due sans doute au repas de l’avant veille (nous avions dégusté une soupe bonne bien qu’un peu douteuse) accentuée par les spaghettis et leur sauce plus bolivienne que bolognaise, qu’une faim démesurée nous avait fait engloutir en à peine cinq minutes.
Le temps qui fils ne nous permettra même pas d’admirer le levé du soleil derrière les flamants roses…encore une fois obligé de courir. C’est en effet à 10h00 que nous attend notre bus pour San Pedro.
Nous entamons les hostilités ce matin à "Sol de Mañana", avec un geyser entouré de plusieurs bassins bouillonnants, le tout dans une atmosphère chargee en souffre, à pas loin de 4950 mètres d’altitude (nous surpassons le Mont Blanc !). Spectacle pour le moins surprenant que nous partageons avec pres d’une centaine d’autres curieux. Autant de monde au mètre carré ici qu’à St Lazare un lundi matin…cherchez l’erreur.
Nous descendons ensuite de quelques dizaines de mètres, jusqu’à 4200, à "Termas de Polques" ou l’amis Paul se laissera tenter par une petite baignade dans un bain à trente degrés. Nous nous contenterons quand à nous de le prendre en photos (ca caille dehors…et j’ai pas mon maillot de bain…).
La dernière étape de ce tour nous offrira un spectacle semblable à celui de "Laguna Colorada". La seule différence entre ce lagon ci, et "Laguna Verde" est bel et bien la couleur de ses eaux. Aujourd’hui, nous sommes dans les verts. Un vert turquoise qui, apparemment virera au bleu en début d’après midi, thèse que nous ne pourront vérifier, la faute à un planning ric-rac qui nous obligera à lever le camp après tout juste dix minutes à zieuter. La seconde différence avec la veille, hormis la couleur, est la non présence aujourd’hui, du moindre flamant rose. Les eaux doivent en fait leur couleur à un élément chimique (dont je ne me rappel plus du nom) dont les animaux ne sont apparemment pas friant.
Nous quittons les lieux et roulons jusqu’à la frontière chilienne, au beau milieu du désert, ou nous attend notre minibus pour San Pedro. Quarante minutes plus tard nous débarquons dans la petite ville du nord du Chili (l’entrée dans le pays aura tout de même été marquée par une séance de désinfection de la semelle de mes tongs assez ridiculement comique. Passeront aussi au produit miracle, les quatre pneus de notre bus, et les chaussures de ses occupants…).
San Pedro est l’étape obligatoire après le tour d’Uyuni. Pour cette raison, les prix ici sont scandaleusement élevés pour le Chili. La ville ne nous paraissant en plus pas forcément très intéressante, nous décidons en à peine cinq minutes, de prendre notre ticket pour Arica, via Callama, petite ville étape dans laquelle nous ne nous arreterons que quelques heures.
Nous quittons Paul, notre compagnons de voyage depuis Potosi. Ces expressions Luxembourgeoises et son humeur festive nous auront bien fait rire cette dernière semaine.
Nous debarquerons à Arica au petit matin. Nous ne devrions pas tarder je pense, à joindre de nouveau la Bolivie...
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