30 janvier 2003

Kumily - Inde

Ca farri !

Eh bien mes enfants, si ça c’est pas de l’aventure ! Depuis une semaine, chaque jour qui passe offre son lot de surprises…impressionnant et crevant à la fois… (j’hésite à me plaindre en disant que je suis fatigué car « ce n’est pas comme ça qu’on voyage » paraît-il…). Tout va bien, je pète la forme donc !

Réveil à 7h ce matin par Baptiste qui a vraisemblablement un peu de mal à faire ses nuits. Nous sommes à Kumily depuis hier soir, sous un ciel toujours aussi dégagé mais une température qui a quelque peu descendu…pas plus mal me direz-vous…
Nous quittons définitivement (du moins c’est ce que nous pensions…attendez la suite) l’hôtel vers les 12h après un passage au Cybercafé du coin pour une mise à jour du site qui s’imposait vraiment. Et là, par le plus pur des hasard, nous tombons nez à nez avec Ali et Stav (le couple anglo-australien que nous avions rencontré au cours de cette paradisiaque journée BackWater entre Kollam et Allepey) avec leurs sacs sur le dos et une simple paire de tongs en guise de chaussures…pour faire de la marche, j’ai connu mieux… Stav nous expliquera plus tard qu’ils ont en fait été obligés de vendre leurs chaussures, faute de pouvoir tirer de l’argent à un distributeur, apparemment encore plus dur à trouver ici, qu’un autographe de Gandhi… Nous partons ensemble direction la réserve de Peryar pour une rencontre avec la nature qui s’annonce palpitante.

Mais à l’arrivée, déception…plus aucune chambre de libre, rien, « full full full » nous dit-on… Stav et Ali qui ont, pour leur part, réservé l’unique tour d’observation pour la nuit, nous proposent de leur tenir compagnie, sans prendre en compte les « non » catégoriques des gens de la réserve, lorsqu’on leur parle de l’éventuelle possibilité de passer une nuit à six, dans une tour apparemment prévue pour deux…pour résumer, il va falloir la jouer serré si l’on veut voir des éléphants…
Nous voilà partis pour l’île, à bord d’un bateau que l’on pourrait comparer à l’un de nos bons vieux bateaux-mouches (vieux est le bon mot je pense…) Stav tente de négocier avec le conducteur du navire (ou devrais-je dire, du « vaisseau »…non non je ne critique pas les bateaux des gentils indiens…ils sont top !), rien à faire « no possible, no possible, only two people in the tower ». Quand on nous demande si nous comptons rester sur l’île, on fait mine de ne pas comprendre…

Nous débarquons finalement sur l’île de la tour, en esquivant habilement les questions du capitaine (sans doute un peu soupçonneux de nos intentions) de notre « paquebot », et commençons d’un pas décidé, notre lente avancée (dans une forêt qui pourrait s’apparenter à une jungle, en bien moins dense je pense) vers la tour d’observation tant convoitée…

Après environ un kilomètre de zigzags entre les plantes sauvages et les défections d’éléphants qui sentaient très bon (je ne critique pas les crottes des éléphants d’Asie…vraiment de belles merdes), nous arrivons finalement au pied de la tour et y croisons ses précédents occupants qui n’avaient pas pu la quitter le matin, à cause d’une troupe d’éléphants qui leur avait barré la route. Nous nous installons et attendons… Le calme de l’extérieur (pas un animal à l’horizon…le calme blanc) me laisse le temps de lire les nombreuses inscriptions gravées au couteau ou simplement inscrites au Stabilo, sur les parois de la cabane. Des gens de toutes les nationalités ont laissé ici une trace indélébile pour marquer leur passage. Je sors mon couteau et prend le temps d’inscrire mon nom et celui de Baptiste (il semblerait que ce soir la coutume) ainsi que la date et notre pays d’origine, au dessus de la porte d’entrée. Une heure passe…premier Renne à l’horizon. Une heure passe…des buissons remuent sur notre droite…apparaissent un, puis un autre, puis encore un autre et finalement un total de sept éléphants, à la queue leu leu qui vont nous offir pendant plus d’une heure, un spectacle des plus impressionnants, juste sous nos fenêtres (enfin les trous dans les murs qui faisaient office de fenêtre…oups, j’ai rien dit…)

18h30, la nuit est déjà bien installée. Nous sommes tous là, assis, à contempler la plaine illuminée de lucioles dans un bien- être qui file des frissons (un grand moment de bonheur) Soudain, sur notre droite, apparaît le faisceau d’une lampe torche (trop gros pour être une luciole). Sara, André, Baptiste et moi nous asseyons dans la cabane histoire de dissimuler notre présence apparemment interdite en ces lieux magiques. Stav, toujours très zen sort en demandant ce qu’il se passe. Deux des hommes montent et constatant notre présence, nous dit d’un ton sec, limite désagréable, que c’est illégal que nous soyons ici, et que nous devons les suivre (je rappelle qu’il fait nuit noire et que nous sommes au beau milieu de la jungle). Nous ne discutons pas, prenons nos cliques et nos claques et filons, après avoir rapidement salué nos deux éphémères compagnons de chambrée.
Après dix minutes de bateau, nous sommes raccompagnés aux portes du parc…et là, à nous de nous débrouiller. Un rickshaw qui passait par là (une chance…ils ne sont plus nombreux à cette heure-ci) nous ramène à Kumily pour 30 roupies. Nous reprenons le même hôtel que la veille…allons grignoter un morceau et filons dans nos chambres respectives d’où j’écris actuellement…

Je ne sais absolument pas de quoi sera faite la journée de demain. Peut-être quitterons-nous Kumily, direction Goa… Peut-être ou peut-être pas…

PS : concernant mes réflexions bizarres entre parenthèses, vous aurez sans doute plus de facilités à les comprendre en jetant un œil sur le livre d’or, sur un message du 29/01/03

28 janvier 2003

Kochi (Cochin) - Inde

L'île aux pêcheurs...

Aurions-nous changé de pays sans s’en apercevoir ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Kerala, que nous parcourons depuis deux jours maintenant, n’a en commun avec le Tamil Nadu, que la couleur de ses habitants (toujours aussi indiens). Tout ici est différent, de la température (il règne ici une moiteur encore plus importante qu’à Kaniakumari, ce qui donne l’impression d’avoir gagné quelques degrés), jusqu’à la flore environnante (essentiellement des cocotiers qui donnent au paysage une allure tropicale) en passant par le comportement des gens (beaucoup moins sur notre dos qu’auparavant, et sans doute plus habitués à fréquenter des touristes). Le réveil de ce matin à été plutôt calme comparé à la nuit pour le moins mouvementée que nous avions vécue. Une interminable partie de « Wing Commander » avec des moustiques d’une agressivité féroce qui ne s’est terminée qu’à l’aube et qu’y m'a laissé sur le corps des traces rouges et assez disgracieuses (putains de moustiques de merde !) Bref, nous partons ce matin sur les coups de 12h 30 (c’est plus trop le matin mais bon…) en bus direction Cochin, après un rapide passage de une heure à la banque (pour changer cinquante malheureux euros…c’est pas des rapides ici…) et une baignade improvisée à Allepey Beach, en compagnie d’une ribambelle de jeunes locaux, très très très (très très) collants, et apparemment euphoriques de voir sur leur plage quatre européens palichons et friqués (ils n’ont pu s’empêcher de me demander de l’argent…). Nous sommes toujours en compagnie de Sara et André, quatuor improvisé mais qui apparemment semble plutôt bien fonctionner. Nous arrivons à Cochin sous un soleil de plomb et un ciel d’un bleu azur (je crois avoir déjà utilisé cette expression…mais le ciel étant toujours bleu ici, je commence à manquer de superlatifs…) et prenons immédiatement un auto-rickshaw, direction l’embarcadère pour Fort Cochin, une île paradisiaque à quelques kilomètres de la côte…autant vous dire qu’à quatre dans cette petite auto à trois roues (sans compter les bagages), c’était plutôt folklorique.

Une heure plus tard, nous débarquons à fort Cochin après un trajet de vingt minutes sur un pseudo ferry d’avant-guerre (celle de 14-18) à bord duquel nous avons (encore !!) fait la connaissance d’un couple de belges qui nous ont vanté les mérites de l’île en question.

Fort Cochin est un petit paradis. A peine débarqué du ferry, j’ai (et je pense que ce fut le cas d’un peu tout le monde) été séduit par le charme de cet endroit. Il règne en ces lieux un calme et un esprit « zen » qui, personnellement, m’a fait un bien fou. Il semblerait que cet esprit si particulier n’ait pas séduit que nous, car il nous faudra la bagatelle d’une bonne heure et des poussières pour, enfin, trouver un hôtel avec, un prix abordable, et surtout, des chambres de libres !
Nous nous établissons finalement au « Royal Grace Hotel », un endroit bien sympathique, qui propose, pour 250 roupies, une chambre double avec balcon. L’île, qui nous avait d’abord paru assez exiguë, semble en fait s’étendre sur plusieurs kilomètres. Les rues y sont larges et ornées d’arbres, probablement plusieurs fois centenaires, aux dimensions impressionnantes.

Après nous être enfin débarrassés de nos sacs à dos qui commençaient à nous entailler les épaules nous allons faire un rapide tour du propriétaire histoire de vérifier si cette fameuse île était à la hauteur de sa réputation. Cette petite balade nous conduit sur ce qui semble être le « centre d’activités » de l’île. Un marché apparemment quotidien longeant la mer sur près de 500 mètres et regroupant un peu de tout : des chemises, aux poissons (fraîchement pêchés…et joliment présentés sur une couverture et sous une nuée de mouches) en passant par les flûtes artisanales (un morceau de bambou avec des trous) et les jus de fruits maison (mélange de pastèques, mangues, ananas…au choix en fait…).

Après avoir dégusté un succulent bol de riz aux crevettes (Prawn Fried Rice) et avoir pris, encore (je vais finir par être blasé), quelques photos du magnifique spectacle que nous offrait le soleil se couchant sur la mer, je rentre seul à l’hôtel pour piquer un petit somme, entre autres (et pour une autre raison que je vous laisse grand soin d’imaginer…ça a rapport avec les crevettes que je viens de manger…)

Le temps d’une coupure de courant d’une bonne heure, et voici les autres qui rentrent pour repartir quelques instant plus tard, avec moi, déguster une bonne binouse (de la « King Fish ») dans un bar à touristes, « le Brighton » à une cinquantaine de mètres en allant vers la mer. La bière vidée, il nous vient l’idée (géniale) d’en commander trois autres (Sara, trop fatiguée a préféré nous laisser entre hommes) et d’aller les déguster sur la plage. A peine les premiers mètres de sable foulés du pied, Baptiste, dans un éclair de génie, nous sort « on se baigne ? ». Ni une ni deux, nous voici à l’eau, à 23h30 en train de faire les cons à plonger depuis l’une des énormes machines en bois servant aux pêcheurs pour gagner leur vie (un système de balancier avec d’un côté un énorme filet carré, et de l’autre un chapelet de grosses pierres reliées par une corde, servant de contrepoids). Vers minuit, quatre hommes nous font savoir qu’ils vont devoir se servir de la machine. André, tchatcheur devant l’éternel, commence à tailler le bout de gras avec eux pour finalement nous obtenir la permission de les aider dans leurs manœuvres. Notre boulot (on ne l’a fait qu’une fois) est de tirer sur la corde pour relever le filet…assez simple. La seule difficulté réside dans le fait qu’il ne faut ni relever trop vite, ni trop lentement, juste trouver le bon équilibre. Après avoir dégusté quelques verres d’un alcool local dont j’ignore toujours la consistance exacte, et écouté Ashraf, l’un des pêcheurs, nous chanter une chanson a capella, nous rentrons, Baptiste et moi (André est resté encore un peu…) suivis par une meute de chiens sur les coups de 1h 30 du mat’.

Demain nous quittons Fort Cochin, direction Kumaly, à quelques kilomètres de la réserve naturelle de Peryad…on va enfin voir des éléphants…chic chic chic…

26 janvier 2003

Kanyakumari (Cap Comorin) - Inde

Renaissance

Journée de transfert que celle d’aujourd’hui. Transfert de nos deux personnes, par bus, de Kanyakumari à Kollam, via Trivandrum. Je m’attendais ce matin à une journée bien crevante, tape-cul à souhait, et forte en réponses aux questions du genre « iou com frrom waire ? », « ouatsse iorre neillme ? »…eh ben dans le mille Emile, ça n’a pas loupé, du moins pour les courbatures du soir et les bleus sur le cul…car aujourd’hui, oh miracle, nous avons répondu à une toute autre question… Une question d’ordinaire insignifiante, mais qui PUTAIN nous a fait bien plaisir à Baptiste et à moi : « vous parlez français ? » Oui, notre premier français, croisé aujourd’hui au bout du bout de l’Inde, en gare des bus de Kanyakumari, est jeune (dans les 26 ans), grand, mince, un peu pâlichon, pas bien épais et très stylé baba-cool (avec tout l’attirail que cela implique, à savoir cheveux jusqu’aux fesses, barbe tressée, et surtout des ongles très longs…assez amusant) …c’est un voyageur solitaire à l’itinéraire proche du nôtre, mais dans l’autre sens. Il s’appelle François et a l’air ma foi plutôt sympathoche. Tout ça pour dire que le simple fait de tailler le bout de gras, avec lui, pendant une petite demi-heure en attendant notre bus pour Trivandrum, nous a fait un bien fou à tous les deux. Nous avons en plus appris pas mal de chose au sujet de nos destinations futures (en particulier Goa) puisque c’est précisément de là qu’il revenait.
Notre bus (enfin par bus entendez, long truc métallique qui roule, qui grince et qui pue) est finalement apparu au bout de deux heures d’attente pas désagréables, dans un nuage de fumée graisseuse et un barouf de tous les diables, qui a effrayé la chèvre qui pionçait sur le quai depuis notre arrivée à la gare.
Trajet classique, tape-cul, chiant, long, comme d’hab. Nous voici à Trivandrum, dans une gare de bus ressemblant trait pour trait à celle de Nagercoil. Trivandrum semble être une ville intéressante, assez vaste et culturellement au top (François nous avait parlé quelques heures avant, de ses musées et de l’intérêt qu’ils offraient). Entendez par « semble être » que nous n’avons pas pris le temps d’y faire un tour mais que le rapide aperçu que nous a offert le bus nous a fait à tous les deux une assez forte impression. Un homme, assis à côté de moi, nous a en plus donné quelques précieuses informations sur certains des quartiers que nous traversions, les noms des monuments, etc…
Arrivée à Kollam sous une pluie de moustiques (Baptiste n'a rien vu…moi je les ai bien sentis !) et une chaleur à vous décoller les ongles. Cette petite ville, non loin de la côte, est en fait coincée entre le Kollam Canal, et le lac Ashtamudi. C’est précisément là que nous débuterons demain notre virée en « Backwaters », ces bateaux confortablement aménagés, qui offrent, pour 300 roupies la possibilité de remonter vers le nord, non loin de 80 kilomètres de côtes, direction Allapuzah…le top, ou presque… Nous venons juste d’assister à un festival (une fête propre à Kollam, visant à célébrer St Sébastien) qui, semble t-il, dure depuis plusieurs jours. Des gens dans les rues par milliers, des bougies à la main, des pétards dans tous les coins, des musiques religieuses, des enfants qui courent dans tous les sens avec des ballons colorés, juste pour nous rappeler que l’Inde aussi a une histoire bien à elle, qui ne s’arrête pas à la légalisation du riz dans les lieux publics en 1934 par Oncle Ben’s, ou l’invention de la sandale anti-transpirante par le baron Scholl l’année suivante.
L’Inde est vivante, pétaradante, et débordante de vie, et les fêtes locales qui grouillent dans les pages du Lonely Planet, ne nous attendront malheureusement pas toutes pour débuter…on ne peut pas être partout à la fois…dommage…

24 janvier 2003

Madurai - Inde

Dur dur...

Journée de ouf que celle d’aujourd’hui…un truc de dingue qui a commencé dès ce matin à notre départ de l’hôtel. Dans le genre arnaque, on a trouvé encore mieux que le musée de Chennai, à la différence près que cette fois-ci, nous ne nous sommes pas laissés faire. Voilà comment se sont passées les choses, c’est assez simple en fait.
Nous sommes arrivés à Madurai jeudi matin sur les coups de 5h du mat’ et avons trouvé un hôtel sur les 6h tapantes. Nous nous renseignons sur les prix : une chambre double pour 350 roupies (soit à peu prêt 8 euros)…la bonne affaire se dit Basile, nous voici dans la chambre, les affaires déballées, y a plus qu’à payer. Je descend donc pour accomplir ce qui était censé n'être qu’une simple formalité. Je re-demande presque machinalement « the price »…et là, la grosse buse qui servait de réceptionniste me sort « fivv hundrrede roupiss » (traduction « 500 roupies »). Moi, surpris, je lui demande en gros, d’où il me sort ces 150 fâcheux roupies tombées de nulle part, et là il me remontre la carte avec les prix, et marqué en dessous « luxury taxes, 20% » (c’est nouveau, ça vient de sortir)…on avait pas pris le temps de lire ça…bon, pas envie de calculer si 5% de 350 font bien 150, trop claqué (c’était pourtant pas compliqué, c’est vrai, mais je rappelle qu’il est 6h du mat’)…ok, je lui file ses putains de 150 roupies et remonte dans ma chambre pour me défouler sur mon oreiller. Je raconte ça à Baptiste…et soudain un doute surgit dans mon esprit : nous avons payé 500 roupies en arrivant à 6h du mat’…ne vont-ils pas nous compter cette fin de nuit comme une nuit complète ?…ne va-t-on pas devoir payer 500 + 500 roupies au final ?…Je fais part de mon inquiétude à Baptiste, qui descend donc à la réception pour s’assurer de cela (il est 6h20 du mat’)…je le vois remonter deux minutes plus tard « pas de problème, ça roule, on part vendredi matin et on n'aura rien à payer en plus… Parfait, me dis-je, on jure sur ces enfoirés de commerçants locaux pendant cinq minutes et on s’endort sans plus d’histoires. On se réveille sur les coups de midi, on fait notre journée (je ne vais pas revenir dessus, Baptiste vous a déjà tout raconté).
C’est le réveil de ce matin qui est intéressant. Nous descendons à la réception vers 11h, décalqués, pas trop dans nos assiettes, mal au bide (là non plus je ne rentrerai pas dans les détails…je vous laisse imaginer) avec nos gros sacs sur le dos, dans l’espoir de passer une journée plus agréable que la nuit qui a précédé…que nenni !!

Et là, ça commence : Le réceptionniste (pas le même que la fois précédente mais toujours une sale tronche) : « so, two nights » Nous, en cœur : « no, no, just one night » bref, voilà le premier malaise de la journée qui pointe son nez. On discute pendant près de vingt minutes dans un anglais qui ferait tordre de rire un rosbeef (aussi étrange que cela puisse paraître, certain indiens se mettent à parler un anglais tout à fait clair dés qu’il s’agit de réclamer du pognon !…un peu comme la femme de ménage pour les étrennes). Bref, le ton monte, Baptiste se met à hurler qu’il est hors de question de payer une roupie de plus, que leurs chambres sont merdiques, qu’ils prennent leurs 500 roupies et qu’ils aillent se faire voir (c’est véridique, tout ça mot à mot, et en anglais). Moi, agacé, mais toujours zen, tente désespérément de calmer Baptiste qui déjà se dirige vers la sortie, et d’expliquer au gus devant moi que nous n’allons manifestement pas répondre favorablement à sa requête car nous ne sommes restés qu’une nuit dans son trou à rat, et qu’après vérification, comme l’avait fait remarquer Baptiste, 5% de 350 roupies n’ont jamais fait 150 roupies, point barre. Le patron rapplique, ça gueule pendant dix minutes…et finalement ils craquent avant nous et nous laissent filer en tirant une tronche de quinze mètres qui devait sans doute vouloir dire « saloperie d’étrangers ».

Nous montons dans le premier taxi que nous croisons et filons illico vers la station de bus, direction « Kaniakumari » (aussi appelé Cap Comorin). La gare centrale de bus de Madurai est une gigantesque place remplie de bus (normal…) avec à son centre un imposant hangar abritant des vendeurs, toujours, mais aussi des pseudos « agences de voyages » censées aider les touristes perdus moyennant une petite commission (enfin par petite, entendez qu’ils se goinfrent comme des malpropres) A peine sortis du taxi, un lascar nous saute dessus et nous demande où nous voulons aller. Nous lui expliquons, comme d’habitude, et toujours la même réponse : « it’s okay, no ploblem » ; il nous fait signe de le suivre et nous entraîne dans l’une des ces soi-disant « agences » (un bien grand mot pour un pauvre box avec un guichet en bois vermoulu et un type derrière) pour nous proposer un billet dont le prix de départ devait être 130 roupies pour deux, mais qui, par une habile manipulation a finalement terminé à 260 roupies (sur le LonelyPlanet il y avait indiqué : trajet en bus Madurai/Kaniakumari : 50 roupies par personne…cherchez l’erreur !) Nous voilà partis pour Nagercoil, une petite ville à dix-huit km de notre objectif à bord d’un bus d’avant-guerre, grinçant par tous les écrous et à la boîte de vitesses aussi craquante qu’un bol de corn flakes…partis pour un voyage de sept heures sous une chaleur diabolique, assis (c’est déjà ça) dans des fauteuils aussi durs qu’une baguette surgelée…le bonheur ! Les sept heures se passent (Baptiste qui était côté fenêtre à chopé un coup de soleil sur le bras droit) et nous descendons donc, comme prévu, à Nagercoil, ville sans grand intérêt, ressemblant trait pour trait à ce que nous avons déjà connu jusqu’à présent. Nous nous mettons immédiatement à la recherche de la gare de bus sous le regard amusé des habitants (toujours AUCUN touriste !). Une fois celle-ci trouvée, nous recherchons notre bus parmi une bonne cinquantaine (sans exagérer !) d’engins aussi pourris les uns que les autres, garés dans tous les sens, et une foule impressionnante de gens qui nous regardent en se demandant ou nous avons garé notre soucoupe volante. On nous indique un bus, puis un autre, puis encore un autre…finalement nous tombons sur le bon et embarquons pour dix-huit kilomètres, dans des conditions encore pires que celles du trajet précédent. …et finalement, Kaniakumari. Ce que l’on peut dire c’est que nos efforts ont été récompensés. Cette petite ville de bord de mer est d’un calme olympien, ses habitants ont l’air d’y être agréables et ses commerçants honnêtes (c’est du moins le cas de l’excellent restaurant d’où nous revenons à l’instant).

Tout est bien qui finit bien. Nous allons passer la journée de demain au calme et sans doute dormir une seconde nuit dans cette chambre à 300 roupies avec vue sur la mer d’où j’écris actuellement. Demain est un autre jour…pas de bus de prévu, c’est toujours ça…

22 janvier 2003

Villupuram - Inde

Mortel transit

Encore une journée bien agitée et la nuit qui va suivre promet d’offrir son lot de surprises. Il est 19h 30, nous sommes en gare de Villupuram à attendre notre train de 22h 15. Dans une espèce de cafétéria locale, (rien à voir avec celle de votre Casino), un peu glauque et surtout très crados. Pas facile d’écrire sur une table bancale ! Dans un souci évident de sécurité, nous avons évité de sortir notre portable au profit du bon vieux duo papier/crayon dont je ne m’étais pas servi depuis bien longtemps. Le départ de Pondichéry a été plutôt mouvementé. Imaginez un peu, marcher dans une ville grouillante d’automobiles sous un soleil de plomb, et un barouf de tous les diables, mélange de moteurs diesel, sonnettes de vélo, hurlements en tout genre, en tessayant tant bien que mal de se frayer un chemin sur le bord de la chaussée (les trottoirs, comme on dit chez nous…), entre les sans-domicile couchés à même le sol, les tas d’ordures ou de pierres, les mendiants qui vous accrochent par le futal en vous tendant la main, tout cela avec sur le dos un sac d’une quinzaine de kilos, et gênés par les gouttes de sueur qui vous piquent les yeux…j’exagère à peine… Voici en gros les conditions dans lesquelles s’est déroulé notre trajet à pied entre le « Ram international » (notre hôtel ) et l’arrêt du bus pour Villupuram. Mais aussi curieux que cela puisse paraître, cette petite balade, dirons-nous « chaleureuse » dans Pondichéry n’a pas été la partie la plus mouvementée…loin s’en faut. Connaissez-vous le « Salaire de la peur » ? Pour vous donner un aperçu de la façon dont on conduit les bus ici, je dirais qu’en remplaçant Yves Montand par notre chauffeur (et le camion par un bus), ce petit chef-d’œuvre du cinéma français n’aurait duré que le temps du générique d’intro. Si je devais qualifier le style de leur conduite, je dirais « brutale » comme si la boîte de ces engins n’avait que deux vitesses , « ultra speed » , et « stop », pas de demi-mesure. Notre voyage s’est résumé à une suite interminable de zigzags entre les différents obstacles qui se dressaient sur notre parcours (on a même fait une embardée sur le bas-côté pour éviter un vieillard), bref, un grand moment de conduite (et dire que j’ai loupé trois fois mon permis). Arrivée à Villupuram avec une chaleur toujours aussi lourde et pesante. Nous voici dans la rue principale de cette ville que nous ne connaissons pas dans une situation quasi-similaire à celle du matin même (chaleur, autos…etc). Notre train est donc à 22h 15, cela nous laisse à peu près dix heures pour trouver la gare. L’artère principale de Villupuram est une large rue reprenant à quelques détails près tous les éléments que nous avions aperçus à Madras et Pondichéry : vaches, vendeurs de fruits et légumes, motos-taxi, chiens errants, étalages de fleurs aux mille couleurs…etc. Nous avons été frappés par le nombre de cybercafés que nous avons rencontrés (pas loin d’une demi-dizaine en remontant la rue). Nous nous arrêtons dans l’un d’entre eux et y rencontrons deux jeunes de la ville (George et Moorthy) avec lesquels Baptiste essaye d’entamer la conversation. Non pas qu’ils soient réticents à parler mais simplement que, comme nous l’avons déjà fait remarquer, leur accent est assez incompréhensible. Nous voici embarqués dans un pub de la ville pour y déguster un rhum-coca recette indienne, avec nos deux nouveaux amis. Une chose est certaine, c’est qu’ils ne dosent pas leurs cocktails de la même façon qu’en France (c’est plus du 50/50, que le soupçon de rhum auquel nous sommes habitués . Résultat : ça décape !!). Nous sortons du « King’s Pub» un peu retournés, pour nous rendre à la gare d’où j’écris actuellement. Encore une petite heure et demie d’attente et nous partirons pour un voyage de sept heures, direction Madurai, par un moyen de transport que nous n’avons pas encore essayé…un grand moment en perspective…

20 janvier 2003

Pondicherry - Inde

Un peu d'air...

Et ça tourne dans tous les sens, et ça klaxonne, et ça prend les rond-points à l’envers…voici un échantillon de nos sept heures de voiture entre Chennai et Pondichéry. Pendant ce trajet, nous avons pu découvrir notamment les premières rizières, le tournage d’un film ainsi que quelques temples. A propos de ces derniers, ne faites pas comme tous les touristes en payant 250 roupies à l’entrée. Il suffit parfois juste de contourner le grillage pour voir le temple, et la vue est parfois meilleure ! Le fait de croiser quelques touristes dès l’arrivée à Pondichéry nous a vraiment fait du bien. Il faut dire que depuis le départ de Londres, on a dû en voir à peine un ou deux. Un petit plus, pas mal de personnes parlent le français. Si l’on devait citer une chose marquante depuis le début de notre voyage, c’est qu’il n’est vraiment pas évident de respecter son budget, tant ici tout revient à l’argent, toujours l’argent…payer, payer, payer !!! Il est vraiment difficile de supporter le fait de voir un enfant qui fait la manche sans lui donner quelque chose…mais quand on en croise cinquante en une demi-heure, qui vous suivent sur des centaines de mètres en répétant la même chose, faisant mine de ne pas entendre les « no money » qu’on leur répète encore et encore, il y a un moment ou même le riche vacancier en tongs et chemise à fleur ne peut plus fournir. Résultat, il s’installe en nous une méfiance limite paranoïaque qui nous fait un peu craindre tout et tout le monde ici, ce qui ne colle pas tout à fait avec le comportement adorable et attachant du reste de la population n’ayant rien à voir avec le monde du commerce. Tout est sujet à controverses ici et il semblerait que beaucoup de commerçants voient l’étranger plus comme un distributeur de billets (…une vache à lait comme on dit…) que comme une source potentielle d’échange culturel. Nous ne cessons de nous répéter qu’atteint un certain seuil de pauvreté il est normal qu’un enfant pense plus à nous demander une pièce, plutôt que le titre du dernier Luc Besson ou le nom du vainqueur de la StarAc’ mais à l’impossible nul n’est tenu, il y a donc un moment ou l’on en a vraiment marre…à un point… bref… Revenons sur Pondichéry. Dès notre arrivée, nous avons pu faire un tour rapide de la ville à la recherche d’un hôtel. Notre guide pour trois jours dans un excès de zèle (il fait beaucoup d’excès…ça aussi ça devient gonflant, on vous racontera…) nous a baladé d’auberge en auberge afin de nous dégotter quelque chose. Nous avons finalement atterri dans un hôtel de luxe (…enfin ici, un hôtel de luxe, c’est ni plus ni moins l’équivalent de nos bons vieux Formule 1, à prix cassé) qui nous a offert pour la modique somme de 545 roupies une prestation plutôt intéressante (pas encore l’eau chaude…ça viendra peut-être avec l’été). Le seul ennui avec ce genre d’endroit feutré, c’est qu’il n’est guère propice à d’éventuelles rencontres potentiellement enrichissantes ce qui est tout de même, rappelons le, l’objectif premier de ce voyage. Nous voilà donc ok pour la nuit. Nous décidons donc de nous rendre sur ce que l’on pourrait qualifier de « croisette Pondichéroise » au bord de la mer donc (en compagnie de notre guide, donc…encore lui…on vous racontera je vous dis !!) pour assister à une magnifique représentation de danse indienne, dont la douceur des mouvements et la parfaite symbiose des mains, des pieds et du reste du corps, nous a envoûtés, nous permettant d’oublier par la même occasion nos maigres petits soucis (dont ceux avec le guide…on vous racontera !!!) Cette journée fut encore pleine de surprises, et de frayeurs (regardez donc les photos du Cobra que Julien, n’écoutant que son courage, n’a pas hésité à saisir de ses mains pour sauver un vieillard sénile d’une mort certaine). Baptiste pendant ce temps courait vers la mer (car il est bien connu que les serpents ne savent pas nager); les surprises, il va sans doute encore y en avoir…les frayeurs aussi… (on va tenter d’éviter quand même…) Demain Pondichéry, et après-demain, Madurai (sans le guide…cette fois..on vous rac…ok, t’es lourd Julos !!)

19 janvier 2003

Chennai (Madras) - Inde

La gifle

Il semblerait que l’anglais de France et celui d’ici ne correspondent pas vraiment (mais y a-t-il seulement quelque chose qui corresponde avec notre culture ici?). Nous avions donné rendez-vous à Surguru, notre pseudo-guide, vers les dix heures, il est arrivé à neuf heures. Avec nos cinq heures de sommeils en deux jours, le réveil en pleine forme est plutôt loupé. Côté positif, on n'a pas vu passer le décalage horaire.
A cette heure-ci la ville est plus animée qu'à notre arrivée, on commence vraiment à la découvrir ce matin. Pour dresser un portrait rapide de Chennai, imaginez le Tout-Paris tassé dans une seule rue, et vous aurez une bonne representation de l’artère principale de la ville. Retirez à cela les feux tricolores, les voitures de luxe, les bourgeoises en tailleur Chanel et les caniveaux (mais laissez les merdes et les sacs plastoc), secouez le tout pendant six mois. Rajoutez-y quelques vaches (sacrées et maigres), une pincée de chiens enragés, et une louche de Rickshaw (des petits engins mi-auto, mi-moto qui font chier le monde en roulant à deux à l’heure) et quelques vendeurs de fruits et légumes (800, pas plus…ni moins…) et passez au four thermostat 27°C, taux d’humidité 90% (sur les anciens fours uniquement cette touche là)…bref, qualifier Chennai d’enfer sur terre (pour les riches occidentaux pourris gâtés uniquement) n’est pas en soi une exagération. On voulait du dépaysement…on l’a…
J’ai déjà cherché une vache boulevard Haussmann…sans succès (hormis à la période des fêtes dans les vitrines des Galeries)
Rapidement le programme de notre journée : exceptionnellement je ne citerai pas nos moultes activités de ce Dimanche par ordre chronologique, mais par ordre d’entubage, autrement dit de la plus grande à la plus petite arnaque.
Le gagnant du jour est le musée de Chennai (ou un des musées, on sait pas trop…). A première vue le cadre a l’air plutôt sympathique, mais il renferme en réalité, en plus des vitrines poussiéreuses et vides pour minimum 25% d’entres elles, une belle bande d’arnaqueurs (de touristes…blancs..et donc riches croient-ils…oups, mauvaise pioche…). En effet, il nous a été demandé de l’argent («moné», comme ils disent…) en plus du billet d’entrée (qui, soit dit en passant avait déjà subi une inflation de précisément 2450%, pour cause de peau claire) pour pouvoir visiter une partie du musée soi-disant fermée pour rénovation (ce qui à la vue des bâtiments tenait plutôt la route) et cerise sur le gâteau, une deuxième rallonge pour avoir le droit de photographier les objets exposés (nous sommes suite à celà, restés en apnée pendant le reste de la visite de peur de devoir payer notre droit à respirer).
Deuxième place à l’arraché au parc d’attraction qui lui aussi nous a fait payer une surtaxe pour prendre des photos.
Les deux restos dans lesquels nous sommes allés n’ont, quant à eux, pas eu l’occase de nous piquer notre flouze plus que de raison car les prix étaient inscrits sur la carte.
Voici pour les mauvais côtés…

L’Inde (ou du moins Chennai) est multicolore. Cette description chaotique que nous en avons faite quelques lignes plus haut n’est que la partie visible de l’iceberg.
Ces habitants sont en fait des gens majoritairement heureux (même ceux, qui apparemment ne roulent pas sur l’or) qui parviennent à trouver dans cet enchevêtrement de vaches, klaxons, gaz d’échappements et autres vapeurs nauséabondes, la vraie valeur des choses, choses sur lesquelles, nous, petits privilégiés, n’attachons plus la moindre importance depuis notre première console de jeu.
La pire des autos passe ici pour un carrosse (beaucoup ne vont qu’à vélo…ou à pied…ou ne vont pas du tout), la moindre vache maigre et mourante est malgré tout qualifiée de sacrée (sur la route, ici on les évite pour ne pas les blesser…en France c’est plutôt pour ne pas blesser la voiture) et la plus modeste des chambres d’hôtel (genre la nôtre…) a pour eux la valeur qu’aurait pour nous, la suite présidentielle du Ritz avec jacuzzi, mini-bar et Laetitia Casta, nue sur le lit à baldaquin…bref, les gens vivent (même si certain meurent) pleinement et intensément la moindre sensation.
Notre excursion de cet aprèm’ au parc d’attraction VGP en a été la meilleure illustration possible. Ce parc, apparemment pas tout jeune, et majoritairement rempli de manèges d’époque Gandhi, nous montre les gens au summum de leur joie. Pas besoin de looping au grand huit, ni de projections holographiques dans le train fantôme pour les rendre euphoriques. Il est vrai qu’après être passés par Disneyland, la plupart des attractions nous ont bien amusés, simplement en les regardant fonctionner (du moins essayer de fonctionner…).
Le petit train à moteur a besoin d’un petit coup de pouce de son propriétaire pour finir sa boucle (pourtant pas bien grande), le bateau pirate de quelques bandes adhésives pour rester monobloc et la piste de kart d’un deuxième kart pour organiser une course. Si vous êtes à cheval sur la sécurité de vos enfants (ou de vous-même), s’abstenir car votre progéniture pourrait se retrouver décapitée par le chariot des montagnes russes (j’ai moi-même posé la main sur les rails dix secondes avant son passage), propulsée jusqu’au Sri-Lanka par une chaise tournante (et volante, pour le coup) mal fixée à son arceau, ou encore concassée par le mécanisme (perdu le couvercle !) mise à nue de la grande roue (donc la fixation des nacelles est plutôt douteuse…).
Cependant, si vous êtes friand de vidéo-gag, pensez à vous munir de votre camescope (cassette de quatre heures minimum), car le spectacle de danse du dimanche nous a offert pas moins d’une dizaine de surprises en à peine deux heures, de la bande-son qui saute stoppant net les danseurs en pleine chorégraphie, à l’extinction de voix de l’enceinte droite, en passant par l’invasion de la scène par une meute d’enfants avides d’applaudissements…bref, on a tout eu, sauf l’effondrement de la sus-dite scène…que du bonheur !
Mais après tout, cela est-il vraiment important? Chacun était tellement absorbé par ce spectacle que l’on qualifierait en Europe de bide total que quasiment personne (à part deux couillons pâlichons) n’a vraiment prêté attention à ces nombreux fâcheux événements. Ils étaient tous aux anges, affichant sur leurs visages un sourire figé qui fait plaisir à voir…que cela serve de leçon à ceux qui ne savent pas vivre…
P.S. : les moustiques qui me piquent le dos depuis que j’écris ce message ne vont pas vivre longtemps…eux…quant aux puces qui tapissent mon matelas, je n’en parle même pas…

18 janvier 2003

Paris - France

Partez !

11:49 heure francaise. Nous voici perdus quelque part entre Londres et Chennai à bord d’un Boeing dernier cri. Le décollage ce matin n’a pas été vraiment évident, d’autant que la nuit précédente avait été d’une blancheur étincelante. C’est au moment précis ou l’on voit sa maison s’éloigner derrière les vitres encore embuées de la voiture (le matin ça pèle grave !) que l’on se pose LA question : "qu’est-ce qu’on est en train de faire ?…tout cela est-il vraiment raisonnable ?"…et surtout "irons-nous jusqu’au bout ? et finirons-nous ce voyage en respectant à la lettre le plan initial ?" Nous voilà donc parachutés dans un aéroport grand comme une petite ville, et déjà quelques hésitations se font ressentir, alors que tout le monde parle un francais parfait…voilà qui promet pour la suite… Bref, nous arrivons néanmoins à bord, non loin d’une femme et de sa fille que j’aurais personnellement bien defenestrée (ou devrais-je dire déhublotée ?) tant ses hurlements à chaque coup de réacteur nous cassaient les oreilles. Bref, l’avion décolle, rien à signaler jusqu'à Londres, si se n’est la dégustation au petit déj’ d’un croissant fourré avec un fromage bizarre aux fines herbe (genre tartare) et de cube de saumon fumé…pas ordinaire mais franchement bon… Atterrissage à Heathrow sous un soleil de plomb digne d’une Normandie en plein décembre, pour ainsi dire, une grisaille déprimante qui ne nous a pas fait regretter le fait de quitter le sol anglais à peine une heure et demie plus tard. L’avion dans lequel j’écris actuellement est plutôt gros (j’ai pas mon bac option gros porteur mais sans trop prendre de risque je dirais qu’il s’agit d’un Boeing 737…dans ces eaux-là) et équipé d’un petit écran derrière chaque siège qui diffuse des films en VO pas vraiment passionnants mais dont la bande sonore a tout de même le mérite de couvrir le bruit assommant des réacteurs (je préférais presque le con de braillard du matin) Baptiste dort comme une masse et j’ai moi-même quelques faiblesse visuelles de temps à autre. Le voyage ne fait que commencer et il faudra sans doute quelques jours pour que les choses prennent leur place. Notre arrivée à Chennai (Madras) ce soir ne devrait être qu’une formalité étant donné que nous sommes attendus et que notre chambre est réservée. Reste à prier pour que nos bagages ne soient pas actuellement en partance pour la Barbade…des bagages perdus, ça peut vous flinguer un séjour. Arrivée à Madras dans approximativement six heures et des poussières (nous survolons actuellement Istanbul). Un peu de patience donc… Ce voyage en avion sera sans doute le plus agréable de notre périple, tâchons d’en profiter...

15 janvier 2003

Paris - France

Chez Mosaic

Nous n'avons pas encore quitté Paris et pourtant, le carnet de voyage se remplit déjà... Peut-être est-ce parce que dans nos
têtes nous sommes déjà ailleurs?
Quoi qu'il en soit, mardi soir, nous étions chez Mosaïc, un de nos généreux sponsors, qui nous a remis un cadeau des plus
utiles, puisqu'il s'agit tout simplement de l'appareil photo numérique qui nous permettra de vous faire vivre, en images, cette
passionnante aventure .
Nous avons été reçus à bras ouverts et avons pu faire un point sur la situation alors que nous ne sommes plus qu'à trois jours
du départ...
Ce fut convivial, instructif et bien arrosé.
Merci à l'équipe de Mosaïc, donc...