Renaissance
Journée de transfert que celle d’aujourd’hui. Transfert de nos deux personnes, par bus, de Kanyakumari à Kollam, via Trivandrum. Je m’attendais ce matin à une journée bien crevante, tape-cul à souhait, et forte en réponses aux questions du genre « iou com frrom waire ? », « ouatsse iorre neillme ? »…eh ben dans le mille Emile, ça n’a pas loupé, du moins pour les courbatures du soir et les bleus sur le cul…car aujourd’hui, oh miracle, nous avons répondu à une toute autre question… Une question d’ordinaire insignifiante, mais qui PUTAIN nous a fait bien plaisir à Baptiste et à moi : « vous parlez français ? » Oui, notre premier français, croisé aujourd’hui au bout du bout de l’Inde, en gare des bus de Kanyakumari, est jeune (dans les 26 ans), grand, mince, un peu pâlichon, pas bien épais et très stylé baba-cool (avec tout l’attirail que cela implique, à savoir cheveux jusqu’aux fesses, barbe tressée, et surtout des ongles très longs…assez amusant) …c’est un voyageur solitaire à l’itinéraire proche du nôtre, mais dans l’autre sens. Il s’appelle François et a l’air ma foi plutôt sympathoche. Tout ça pour dire que le simple fait de tailler le bout de gras, avec lui, pendant une petite demi-heure en attendant notre bus pour Trivandrum, nous a fait un bien fou à tous les deux. Nous avons en plus appris pas mal de chose au sujet de nos destinations futures (en particulier Goa) puisque c’est précisément de là qu’il revenait.
Notre bus (enfin par bus entendez, long truc métallique qui roule, qui grince et qui pue) est finalement apparu au bout de deux heures d’attente pas désagréables, dans un nuage de fumée graisseuse et un barouf de tous les diables, qui a effrayé la chèvre qui pionçait sur le quai depuis notre arrivée à la gare.
Trajet classique, tape-cul, chiant, long, comme d’hab. Nous voici à Trivandrum, dans une gare de bus ressemblant trait pour trait à celle de Nagercoil. Trivandrum semble être une ville intéressante, assez vaste et culturellement au top (François nous avait parlé quelques heures avant, de ses musées et de l’intérêt qu’ils offraient). Entendez par « semble être » que nous n’avons pas pris le temps d’y faire un tour mais que le rapide aperçu que nous a offert le bus nous a fait à tous les deux une assez forte impression. Un homme, assis à côté de moi, nous a en plus donné quelques précieuses informations sur certains des quartiers que nous traversions, les noms des monuments, etc…
Arrivée à Kollam sous une pluie de moustiques (Baptiste n'a rien vu…moi je les ai bien sentis !) et une chaleur à vous décoller les ongles. Cette petite ville, non loin de la côte, est en fait coincée entre le Kollam Canal, et le lac Ashtamudi. C’est précisément là que nous débuterons demain notre virée en « Backwaters », ces bateaux confortablement aménagés, qui offrent, pour 300 roupies la possibilité de remonter vers le nord, non loin de 80 kilomètres de côtes, direction Allapuzah…le top, ou presque… Nous venons juste d’assister à un festival (une fête propre à Kollam, visant à célébrer St Sébastien) qui, semble t-il, dure depuis plusieurs jours. Des gens dans les rues par milliers, des bougies à la main, des pétards dans tous les coins, des musiques religieuses, des enfants qui courent dans tous les sens avec des ballons colorés, juste pour nous rappeler que l’Inde aussi a une histoire bien à elle, qui ne s’arrête pas à la légalisation du riz dans les lieux publics en 1934 par Oncle Ben’s, ou l’invention de la sandale anti-transpirante par le baron Scholl l’année suivante.
L’Inde est vivante, pétaradante, et débordante de vie, et les fêtes locales qui grouillent dans les pages du Lonely Planet, ne nous attendront malheureusement pas toutes pour débuter…on ne peut pas être partout à la fois…dommage…
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