Dur dur...
Journée de ouf que celle d’aujourd’hui…un truc de dingue qui a commencé dès ce matin à notre départ de l’hôtel. Dans le genre arnaque, on a trouvé encore mieux que le musée de Chennai, à la différence près que cette fois-ci, nous ne nous sommes pas laissés faire. Voilà comment se sont passées les choses, c’est assez simple en fait.
Nous sommes arrivés à Madurai jeudi matin sur les coups de 5h du mat’ et avons trouvé un hôtel sur les 6h tapantes. Nous nous renseignons sur les prix : une chambre double pour 350 roupies (soit à peu prêt 8 euros)…la bonne affaire se dit Basile, nous voici dans la chambre, les affaires déballées, y a plus qu’à payer. Je descend donc pour accomplir ce qui était censé n'être qu’une simple formalité. Je re-demande presque machinalement « the price »…et là, la grosse buse qui servait de réceptionniste me sort « fivv hundrrede roupiss » (traduction « 500 roupies »). Moi, surpris, je lui demande en gros, d’où il me sort ces 150 fâcheux roupies tombées de nulle part, et là il me remontre la carte avec les prix, et marqué en dessous « luxury taxes, 20% » (c’est nouveau, ça vient de sortir)…on avait pas pris le temps de lire ça…bon, pas envie de calculer si 5% de 350 font bien 150, trop claqué (c’était pourtant pas compliqué, c’est vrai, mais je rappelle qu’il est 6h du mat’)…ok, je lui file ses putains de 150 roupies et remonte dans ma chambre pour me défouler sur mon oreiller. Je raconte ça à Baptiste…et soudain un doute surgit dans mon esprit : nous avons payé 500 roupies en arrivant à 6h du mat’…ne vont-ils pas nous compter cette fin de nuit comme une nuit complète ?…ne va-t-on pas devoir payer 500 + 500 roupies au final ?…Je fais part de mon inquiétude à Baptiste, qui descend donc à la réception pour s’assurer de cela (il est 6h20 du mat’)…je le vois remonter deux minutes plus tard « pas de problème, ça roule, on part vendredi matin et on n'aura rien à payer en plus… Parfait, me dis-je, on jure sur ces enfoirés de commerçants locaux pendant cinq minutes et on s’endort sans plus d’histoires. On se réveille sur les coups de midi, on fait notre journée (je ne vais pas revenir dessus, Baptiste vous a déjà tout raconté).
C’est le réveil de ce matin qui est intéressant. Nous descendons à la réception vers 11h, décalqués, pas trop dans nos assiettes, mal au bide (là non plus je ne rentrerai pas dans les détails…je vous laisse imaginer) avec nos gros sacs sur le dos, dans l’espoir de passer une journée plus agréable que la nuit qui a précédé…que nenni !!
Et là, ça commence : Le réceptionniste (pas le même que la fois précédente mais toujours une sale tronche) : « so, two nights » Nous, en cœur : « no, no, just one night » bref, voilà le premier malaise de la journée qui pointe son nez. On discute pendant près de vingt minutes dans un anglais qui ferait tordre de rire un rosbeef (aussi étrange que cela puisse paraître, certain indiens se mettent à parler un anglais tout à fait clair dés qu’il s’agit de réclamer du pognon !…un peu comme la femme de ménage pour les étrennes). Bref, le ton monte, Baptiste se met à hurler qu’il est hors de question de payer une roupie de plus, que leurs chambres sont merdiques, qu’ils prennent leurs 500 roupies et qu’ils aillent se faire voir (c’est véridique, tout ça mot à mot, et en anglais). Moi, agacé, mais toujours zen, tente désespérément de calmer Baptiste qui déjà se dirige vers la sortie, et d’expliquer au gus devant moi que nous n’allons manifestement pas répondre favorablement à sa requête car nous ne sommes restés qu’une nuit dans son trou à rat, et qu’après vérification, comme l’avait fait remarquer Baptiste, 5% de 350 roupies n’ont jamais fait 150 roupies, point barre. Le patron rapplique, ça gueule pendant dix minutes…et finalement ils craquent avant nous et nous laissent filer en tirant une tronche de quinze mètres qui devait sans doute vouloir dire « saloperie d’étrangers ».
Nous montons dans le premier taxi que nous croisons et filons illico vers la station de bus, direction « Kaniakumari » (aussi appelé Cap Comorin). La gare centrale de bus de Madurai est une gigantesque place remplie de bus (normal…) avec à son centre un imposant hangar abritant des vendeurs, toujours, mais aussi des pseudos « agences de voyages » censées aider les touristes perdus moyennant une petite commission (enfin par petite, entendez qu’ils se goinfrent comme des malpropres) A peine sortis du taxi, un lascar nous saute dessus et nous demande où nous voulons aller. Nous lui expliquons, comme d’habitude, et toujours la même réponse : « it’s okay, no ploblem » ; il nous fait signe de le suivre et nous entraîne dans l’une des ces soi-disant « agences » (un bien grand mot pour un pauvre box avec un guichet en bois vermoulu et un type derrière) pour nous proposer un billet dont le prix de départ devait être 130 roupies pour deux, mais qui, par une habile manipulation a finalement terminé à 260 roupies (sur le LonelyPlanet il y avait indiqué : trajet en bus Madurai/Kaniakumari : 50 roupies par personne…cherchez l’erreur !) Nous voilà partis pour Nagercoil, une petite ville à dix-huit km de notre objectif à bord d’un bus d’avant-guerre, grinçant par tous les écrous et à la boîte de vitesses aussi craquante qu’un bol de corn flakes…partis pour un voyage de sept heures sous une chaleur diabolique, assis (c’est déjà ça) dans des fauteuils aussi durs qu’une baguette surgelée…le bonheur ! Les sept heures se passent (Baptiste qui était côté fenêtre à chopé un coup de soleil sur le bras droit) et nous descendons donc, comme prévu, à Nagercoil, ville sans grand intérêt, ressemblant trait pour trait à ce que nous avons déjà connu jusqu’à présent. Nous nous mettons immédiatement à la recherche de la gare de bus sous le regard amusé des habitants (toujours AUCUN touriste !). Une fois celle-ci trouvée, nous recherchons notre bus parmi une bonne cinquantaine (sans exagérer !) d’engins aussi pourris les uns que les autres, garés dans tous les sens, et une foule impressionnante de gens qui nous regardent en se demandant ou nous avons garé notre soucoupe volante. On nous indique un bus, puis un autre, puis encore un autre…finalement nous tombons sur le bon et embarquons pour dix-huit kilomètres, dans des conditions encore pires que celles du trajet précédent. …et finalement, Kaniakumari. Ce que l’on peut dire c’est que nos efforts ont été récompensés. Cette petite ville de bord de mer est d’un calme olympien, ses habitants ont l’air d’y être agréables et ses commerçants honnêtes (c’est du moins le cas de l’excellent restaurant d’où nous revenons à l’instant).
Tout est bien qui finit bien. Nous allons passer la journée de demain au calme et sans doute dormir une seconde nuit dans cette chambre à 300 roupies avec vue sur la mer d’où j’écris actuellement. Demain est un autre jour…pas de bus de prévu, c’est toujours ça…
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