28 janvier 2003

Kochi (Cochin) - Inde

L'île aux pêcheurs...

Aurions-nous changé de pays sans s’en apercevoir ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Kerala, que nous parcourons depuis deux jours maintenant, n’a en commun avec le Tamil Nadu, que la couleur de ses habitants (toujours aussi indiens). Tout ici est différent, de la température (il règne ici une moiteur encore plus importante qu’à Kaniakumari, ce qui donne l’impression d’avoir gagné quelques degrés), jusqu’à la flore environnante (essentiellement des cocotiers qui donnent au paysage une allure tropicale) en passant par le comportement des gens (beaucoup moins sur notre dos qu’auparavant, et sans doute plus habitués à fréquenter des touristes). Le réveil de ce matin à été plutôt calme comparé à la nuit pour le moins mouvementée que nous avions vécue. Une interminable partie de « Wing Commander » avec des moustiques d’une agressivité féroce qui ne s’est terminée qu’à l’aube et qu’y m'a laissé sur le corps des traces rouges et assez disgracieuses (putains de moustiques de merde !) Bref, nous partons ce matin sur les coups de 12h 30 (c’est plus trop le matin mais bon…) en bus direction Cochin, après un rapide passage de une heure à la banque (pour changer cinquante malheureux euros…c’est pas des rapides ici…) et une baignade improvisée à Allepey Beach, en compagnie d’une ribambelle de jeunes locaux, très très très (très très) collants, et apparemment euphoriques de voir sur leur plage quatre européens palichons et friqués (ils n’ont pu s’empêcher de me demander de l’argent…). Nous sommes toujours en compagnie de Sara et André, quatuor improvisé mais qui apparemment semble plutôt bien fonctionner. Nous arrivons à Cochin sous un soleil de plomb et un ciel d’un bleu azur (je crois avoir déjà utilisé cette expression…mais le ciel étant toujours bleu ici, je commence à manquer de superlatifs…) et prenons immédiatement un auto-rickshaw, direction l’embarcadère pour Fort Cochin, une île paradisiaque à quelques kilomètres de la côte…autant vous dire qu’à quatre dans cette petite auto à trois roues (sans compter les bagages), c’était plutôt folklorique.

Une heure plus tard, nous débarquons à fort Cochin après un trajet de vingt minutes sur un pseudo ferry d’avant-guerre (celle de 14-18) à bord duquel nous avons (encore !!) fait la connaissance d’un couple de belges qui nous ont vanté les mérites de l’île en question.

Fort Cochin est un petit paradis. A peine débarqué du ferry, j’ai (et je pense que ce fut le cas d’un peu tout le monde) été séduit par le charme de cet endroit. Il règne en ces lieux un calme et un esprit « zen » qui, personnellement, m’a fait un bien fou. Il semblerait que cet esprit si particulier n’ait pas séduit que nous, car il nous faudra la bagatelle d’une bonne heure et des poussières pour, enfin, trouver un hôtel avec, un prix abordable, et surtout, des chambres de libres !
Nous nous établissons finalement au « Royal Grace Hotel », un endroit bien sympathique, qui propose, pour 250 roupies, une chambre double avec balcon. L’île, qui nous avait d’abord paru assez exiguë, semble en fait s’étendre sur plusieurs kilomètres. Les rues y sont larges et ornées d’arbres, probablement plusieurs fois centenaires, aux dimensions impressionnantes.

Après nous être enfin débarrassés de nos sacs à dos qui commençaient à nous entailler les épaules nous allons faire un rapide tour du propriétaire histoire de vérifier si cette fameuse île était à la hauteur de sa réputation. Cette petite balade nous conduit sur ce qui semble être le « centre d’activités » de l’île. Un marché apparemment quotidien longeant la mer sur près de 500 mètres et regroupant un peu de tout : des chemises, aux poissons (fraîchement pêchés…et joliment présentés sur une couverture et sous une nuée de mouches) en passant par les flûtes artisanales (un morceau de bambou avec des trous) et les jus de fruits maison (mélange de pastèques, mangues, ananas…au choix en fait…).

Après avoir dégusté un succulent bol de riz aux crevettes (Prawn Fried Rice) et avoir pris, encore (je vais finir par être blasé), quelques photos du magnifique spectacle que nous offrait le soleil se couchant sur la mer, je rentre seul à l’hôtel pour piquer un petit somme, entre autres (et pour une autre raison que je vous laisse grand soin d’imaginer…ça a rapport avec les crevettes que je viens de manger…)

Le temps d’une coupure de courant d’une bonne heure, et voici les autres qui rentrent pour repartir quelques instant plus tard, avec moi, déguster une bonne binouse (de la « King Fish ») dans un bar à touristes, « le Brighton » à une cinquantaine de mètres en allant vers la mer. La bière vidée, il nous vient l’idée (géniale) d’en commander trois autres (Sara, trop fatiguée a préféré nous laisser entre hommes) et d’aller les déguster sur la plage. A peine les premiers mètres de sable foulés du pied, Baptiste, dans un éclair de génie, nous sort « on se baigne ? ». Ni une ni deux, nous voici à l’eau, à 23h30 en train de faire les cons à plonger depuis l’une des énormes machines en bois servant aux pêcheurs pour gagner leur vie (un système de balancier avec d’un côté un énorme filet carré, et de l’autre un chapelet de grosses pierres reliées par une corde, servant de contrepoids). Vers minuit, quatre hommes nous font savoir qu’ils vont devoir se servir de la machine. André, tchatcheur devant l’éternel, commence à tailler le bout de gras avec eux pour finalement nous obtenir la permission de les aider dans leurs manœuvres. Notre boulot (on ne l’a fait qu’une fois) est de tirer sur la corde pour relever le filet…assez simple. La seule difficulté réside dans le fait qu’il ne faut ni relever trop vite, ni trop lentement, juste trouver le bon équilibre. Après avoir dégusté quelques verres d’un alcool local dont j’ignore toujours la consistance exacte, et écouté Ashraf, l’un des pêcheurs, nous chanter une chanson a capella, nous rentrons, Baptiste et moi (André est resté encore un peu…) suivis par une meute de chiens sur les coups de 1h 30 du mat’.

Demain nous quittons Fort Cochin, direction Kumaly, à quelques kilomètres de la réserve naturelle de Peryad…on va enfin voir des éléphants…chic chic chic…

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