Ca farri !
Eh bien mes enfants, si ça c’est pas de l’aventure ! Depuis une semaine, chaque jour qui passe offre son lot de surprises…impressionnant et crevant à la fois… (j’hésite à me plaindre en disant que je suis fatigué car « ce n’est pas comme ça qu’on voyage » paraît-il…). Tout va bien, je pète la forme donc !
Réveil à 7h ce matin par Baptiste qui a vraisemblablement un peu de mal à faire ses nuits. Nous sommes à Kumily depuis hier soir, sous un ciel toujours aussi dégagé mais une température qui a quelque peu descendu…pas plus mal me direz-vous…
Nous quittons définitivement (du moins c’est ce que nous pensions…attendez la suite) l’hôtel vers les 12h après un passage au Cybercafé du coin pour une mise à jour du site qui s’imposait vraiment. Et là, par le plus pur des hasard, nous tombons nez à nez avec Ali et Stav (le couple anglo-australien que nous avions rencontré au cours de cette paradisiaque journée BackWater entre Kollam et Allepey) avec leurs sacs sur le dos et une simple paire de tongs en guise de chaussures…pour faire de la marche, j’ai connu mieux… Stav nous expliquera plus tard qu’ils ont en fait été obligés de vendre leurs chaussures, faute de pouvoir tirer de l’argent à un distributeur, apparemment encore plus dur à trouver ici, qu’un autographe de Gandhi… Nous partons ensemble direction la réserve de Peryar pour une rencontre avec la nature qui s’annonce palpitante.
Mais à l’arrivée, déception…plus aucune chambre de libre, rien, « full full full » nous dit-on… Stav et Ali qui ont, pour leur part, réservé l’unique tour d’observation pour la nuit, nous proposent de leur tenir compagnie, sans prendre en compte les « non » catégoriques des gens de la réserve, lorsqu’on leur parle de l’éventuelle possibilité de passer une nuit à six, dans une tour apparemment prévue pour deux…pour résumer, il va falloir la jouer serré si l’on veut voir des éléphants…
Nous voilà partis pour l’île, à bord d’un bateau que l’on pourrait comparer à l’un de nos bons vieux bateaux-mouches (vieux est le bon mot je pense…) Stav tente de négocier avec le conducteur du navire (ou devrais-je dire, du « vaisseau »…non non je ne critique pas les bateaux des gentils indiens…ils sont top !), rien à faire « no possible, no possible, only two people in the tower ». Quand on nous demande si nous comptons rester sur l’île, on fait mine de ne pas comprendre…
Nous débarquons finalement sur l’île de la tour, en esquivant habilement les questions du capitaine (sans doute un peu soupçonneux de nos intentions) de notre « paquebot », et commençons d’un pas décidé, notre lente avancée (dans une forêt qui pourrait s’apparenter à une jungle, en bien moins dense je pense) vers la tour d’observation tant convoitée…
Après environ un kilomètre de zigzags entre les plantes sauvages et les défections d’éléphants qui sentaient très bon (je ne critique pas les crottes des éléphants d’Asie…vraiment de belles merdes), nous arrivons finalement au pied de la tour et y croisons ses précédents occupants qui n’avaient pas pu la quitter le matin, à cause d’une troupe d’éléphants qui leur avait barré la route. Nous nous installons et attendons… Le calme de l’extérieur (pas un animal à l’horizon…le calme blanc) me laisse le temps de lire les nombreuses inscriptions gravées au couteau ou simplement inscrites au Stabilo, sur les parois de la cabane. Des gens de toutes les nationalités ont laissé ici une trace indélébile pour marquer leur passage. Je sors mon couteau et prend le temps d’inscrire mon nom et celui de Baptiste (il semblerait que ce soir la coutume) ainsi que la date et notre pays d’origine, au dessus de la porte d’entrée. Une heure passe…premier Renne à l’horizon. Une heure passe…des buissons remuent sur notre droite…apparaissent un, puis un autre, puis encore un autre et finalement un total de sept éléphants, à la queue leu leu qui vont nous offir pendant plus d’une heure, un spectacle des plus impressionnants, juste sous nos fenêtres (enfin les trous dans les murs qui faisaient office de fenêtre…oups, j’ai rien dit…)
18h30, la nuit est déjà bien installée. Nous sommes tous là, assis, à contempler la plaine illuminée de lucioles dans un bien- être qui file des frissons (un grand moment de bonheur) Soudain, sur notre droite, apparaît le faisceau d’une lampe torche (trop gros pour être une luciole). Sara, André, Baptiste et moi nous asseyons dans la cabane histoire de dissimuler notre présence apparemment interdite en ces lieux magiques. Stav, toujours très zen sort en demandant ce qu’il se passe. Deux des hommes montent et constatant notre présence, nous dit d’un ton sec, limite désagréable, que c’est illégal que nous soyons ici, et que nous devons les suivre (je rappelle qu’il fait nuit noire et que nous sommes au beau milieu de la jungle). Nous ne discutons pas, prenons nos cliques et nos claques et filons, après avoir rapidement salué nos deux éphémères compagnons de chambrée.
Après dix minutes de bateau, nous sommes raccompagnés aux portes du parc…et là, à nous de nous débrouiller. Un rickshaw qui passait par là (une chance…ils ne sont plus nombreux à cette heure-ci) nous ramène à Kumily pour 30 roupies. Nous reprenons le même hôtel que la veille…allons grignoter un morceau et filons dans nos chambres respectives d’où j’écris actuellement…
Je ne sais absolument pas de quoi sera faite la journée de demain. Peut-être quitterons-nous Kumily, direction Goa… Peut-être ou peut-être pas…
PS : concernant mes réflexions bizarres entre parenthèses, vous aurez sans doute plus de facilités à les comprendre en jetant un œil sur le livre d’or, sur un message du 29/01/03
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