22 janvier 2003

Villupuram - Inde

Mortel transit

Encore une journée bien agitée et la nuit qui va suivre promet d’offrir son lot de surprises. Il est 19h 30, nous sommes en gare de Villupuram à attendre notre train de 22h 15. Dans une espèce de cafétéria locale, (rien à voir avec celle de votre Casino), un peu glauque et surtout très crados. Pas facile d’écrire sur une table bancale ! Dans un souci évident de sécurité, nous avons évité de sortir notre portable au profit du bon vieux duo papier/crayon dont je ne m’étais pas servi depuis bien longtemps. Le départ de Pondichéry a été plutôt mouvementé. Imaginez un peu, marcher dans une ville grouillante d’automobiles sous un soleil de plomb, et un barouf de tous les diables, mélange de moteurs diesel, sonnettes de vélo, hurlements en tout genre, en tessayant tant bien que mal de se frayer un chemin sur le bord de la chaussée (les trottoirs, comme on dit chez nous…), entre les sans-domicile couchés à même le sol, les tas d’ordures ou de pierres, les mendiants qui vous accrochent par le futal en vous tendant la main, tout cela avec sur le dos un sac d’une quinzaine de kilos, et gênés par les gouttes de sueur qui vous piquent les yeux…j’exagère à peine… Voici en gros les conditions dans lesquelles s’est déroulé notre trajet à pied entre le « Ram international » (notre hôtel ) et l’arrêt du bus pour Villupuram. Mais aussi curieux que cela puisse paraître, cette petite balade, dirons-nous « chaleureuse » dans Pondichéry n’a pas été la partie la plus mouvementée…loin s’en faut. Connaissez-vous le « Salaire de la peur » ? Pour vous donner un aperçu de la façon dont on conduit les bus ici, je dirais qu’en remplaçant Yves Montand par notre chauffeur (et le camion par un bus), ce petit chef-d’œuvre du cinéma français n’aurait duré que le temps du générique d’intro. Si je devais qualifier le style de leur conduite, je dirais « brutale » comme si la boîte de ces engins n’avait que deux vitesses , « ultra speed » , et « stop », pas de demi-mesure. Notre voyage s’est résumé à une suite interminable de zigzags entre les différents obstacles qui se dressaient sur notre parcours (on a même fait une embardée sur le bas-côté pour éviter un vieillard), bref, un grand moment de conduite (et dire que j’ai loupé trois fois mon permis). Arrivée à Villupuram avec une chaleur toujours aussi lourde et pesante. Nous voici dans la rue principale de cette ville que nous ne connaissons pas dans une situation quasi-similaire à celle du matin même (chaleur, autos…etc). Notre train est donc à 22h 15, cela nous laisse à peu près dix heures pour trouver la gare. L’artère principale de Villupuram est une large rue reprenant à quelques détails près tous les éléments que nous avions aperçus à Madras et Pondichéry : vaches, vendeurs de fruits et légumes, motos-taxi, chiens errants, étalages de fleurs aux mille couleurs…etc. Nous avons été frappés par le nombre de cybercafés que nous avons rencontrés (pas loin d’une demi-dizaine en remontant la rue). Nous nous arrêtons dans l’un d’entre eux et y rencontrons deux jeunes de la ville (George et Moorthy) avec lesquels Baptiste essaye d’entamer la conversation. Non pas qu’ils soient réticents à parler mais simplement que, comme nous l’avons déjà fait remarquer, leur accent est assez incompréhensible. Nous voici embarqués dans un pub de la ville pour y déguster un rhum-coca recette indienne, avec nos deux nouveaux amis. Une chose est certaine, c’est qu’ils ne dosent pas leurs cocktails de la même façon qu’en France (c’est plus du 50/50, que le soupçon de rhum auquel nous sommes habitués . Résultat : ça décape !!). Nous sortons du « King’s Pub» un peu retournés, pour nous rendre à la gare d’où j’écris actuellement. Encore une petite heure et demie d’attente et nous partirons pour un voyage de sept heures, direction Madurai, par un moyen de transport que nous n’avons pas encore essayé…un grand moment en perspective…

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