01 septembre 2003

Cusco - Pérou

On en aura pris plein les mirettes. Du temple inca, en veux-tu en voilà. De la pierre de taille dans tous les sens, de la ruine à foison... et le plus drôle c’est que ce n’est pas fini...

C’est la tête encore dans les cumulus (un peu dans l’anus aussi... il est six heures du mat’) que nous grimpons dans notre train pour Ollantaytambo. Il fait nuit, il fait froid... et mon sac est toujours aussi lourd (même un peu plus lourd, la faute à mon maillot de bain pas encore sec de ma baignade de la veille... en plus il pue le soufre...). Nous marchons tous les quatre au radar... mais parvenons tout de même à payer les douze $US (comme à l’aller, putain d’un coup ça réveille, ça !) que coûte le billet.

Nous prenons place en face d’un gars et d'une fille (chouchou et loulou ?) que j’aurais juré être un couple. Monumentale erreur, Anne et Philippe sont en fait de simples amis. Elle, parisienne jusqu’au bout des ongles (ses premières paroles à notre égard : "bon ils font quoi, ils s’appellent comment... allons-y, j’ai pas tout mon temps…"…un peu exagéré, ok…), lui, look israélo-baba-cool, farfelu et rigolo…
Nous passons les deux heures nous séparant de notre destination à tenter de nous découvrir. Conversation proche du vide qui ne nous mènera nulle part si ce n’est à de nombreuses crises de rire… Nous cernerons tout de même à notre arrivée à Ollantaytambo, la complexité des deux personnages que nous venons de rencontrer. Nos suissesses, quant à elles, se sont volatilisées. Nous ne les reverrons qu’à Cusco.
Nous partageons le bus de retour avec nos deux nouveaux amis, donc, ainsi qu’une Finlandaise octolingue (euh…bilingue x 4) de qui j’aurais volontiers reçu quelques cours (et je parle pas de repassage)…

De retour à Cusco, c’est immédiatement retour à l’hôtel, pause cagoince et douche, et repas, les treize heures pile, en compagnie du couple infernal (nos suissesses dorment, un peu claquées par le voyage) avec qui je suis fermement décidé à enfin aborder un sujet sérieux et construire une conversation… Nous passons plus d’une heure à table à dire n’importe quoi, genre :

«
Jule : et tu fais quoi dans la vie ?
Philippe : ben je travaille dans l’informatique
Anne : tiens y a du guacamole en entrée...
Jule : et ça fait longtemps ?
Baptiste : combien ça coûte ?
Philippe : trois Jule : ah oui trois ans ça fait un bail…
Anne : non, trois soles c’est le prix du guacamole !
Baptiste : c’est cher !…mais le menu il est à combien ?
Anne : et vous vous avez quel âge tous les deux ?
Jule : 18
Philippe : la vache vous faites plus vieux !
Baptiste : non, 18 c’est le prix du menu !
Jule : ah tiens y a du guacamole en entrée…
»

…comme ça pendant deux heures…à vous filer des maux de tête…
Bref, nous sortons du resto le ventre plein et le regard vide…et nous dirigeons…vers le cybercafé (pour soigner les migraines, on a vu mieux…).

Nous y restons une bonne moitié de demi- douzaine d’heures (ça fait trois heures, bingo !) puis remontons lentement vers l’hôtel afin de nous préparer pour le repas du soir.

Nous sommes huit à partager un repas ultra économique à trois soles. Se sont ajoutés au groupe, en plus de Anne, Philippe, Gwendoline, Mélanie, Baptiste et moi-même, Alix, français d’origine partageant le même hôtel que chouchou et loulou, et Tania, une allemande avec qui nous avions déjà trinqué à Sucre et Potosi (oui…Chloé, je sais…).

Je suis à cinquante pour cent de mes capacités, tiraillé par un mal de dos exigeant un massage le plus rapidement possible. Manque de bol, la soirée n’en est qu’à ses balbutiements…

Après le resto, direction le Mama Africa, boîte de nuits un peu rétro (après réflexion, toute l’Amérique du Sud est un peu rétro…) que je tente d’apprécier cloué sur mon fauteuil. Je prend congé, les une heure du mat’ venant juste de sonner, et laisse la joyeuse équipe s’amuser, remontant quant à moi, seul, jusqu’aux draps froids de ma chambre d’hôtel.

Pour plus de détails sur cette petite sauterie, mieux vaut consulter Baptiste qui, à en juger par son lit, toujours vide et bordé, les dix heures du matin passées, a su pleinement profiter de sa nuit (gros con va!...). Je me lève (et je bouscule personne puisque, si vous avez suivi, Baptiste à découché... et de toute façon on dort pas dans le même lit) et savoure pendant plusieurs longues minutes, une douche chaude et bienfaisante.

Nous prenons ensuite avec les deux miss et Baptiste la gueule dans le cul, sorti d’on ne sait où, la direction d’un resto où nous devions, en théorie, retrouver Philippe et Anne (ils ne vinrent jamais...).

Nous bookons ensuite pour une petite balade à cheval le jour suivant pour la modique sommes de quinze soles, et prenons par la même occasion nos billets direction Arequipa, pour le surlendemain.

Le reste de la journée sera plutôt cool. C’est dans ma chambre que je reçois, de la part de Mélanie et ses mains de fée, un anthologique massage (avec crème et tout le tralala…) qui me fera passer mon mal de dos, pour le reste de la soirée, du moins. Nous rejoignent par la suite Gwendoline, Baptiste, Anne, Philippe, et Juliette partageant elle aussi le même hôtel que nos deux acolytes Français.

Une dégustation de mathé (le thé local apparemment…j’ai pas goûté à vrai dire…) nous voici dans le même restaurant à dix soles que le premier jour (voir "les septs boules de cristal") à déguster un repas n’ayant en rien perdu de sa qualité. Un taxi attend Philippe et Anne direction le terminal terrestre, d’où un bus les emmènera jusqu’à Puno, puis l’île de Taquile, sur le lac Titicaca.

Nous rentrons quant à nous à l’hôtel, la nuit de la veille ayant été un peu chargée (pour certains surtout... m’enfin moi je dis ça, je dis rien...).

Journée hippique que celle du lendemain. C’est à douze heures pile que nous grimpons dans le taxi chargé de nous emmener jusqu’à nos montures (des chevaux, simplement des chevaux…). La première étape est le temple "Sacsayhuaman" que Paul (oui, oui, le luxembourgeois de Potosi…rien à ajouter au sujet de cette ville…) nous avait vivement conseillé d’aller voir. Le site est en piteux état mais la base, intacte, laissant apparaître des pierres monumentales, laisse imaginer l’ampleur de l’édifice avant sa destruction.

Nous parcourons ensuite, à dos de cheval, pas moins de trois temples supplémentaires (on laisse les chevaux à l’entrée, tout de même) "Qenko", "Puca Pucara" et "Tambo Machay". Nous regagnons ensuite Cusco, un peu fatigués mais avec des images plein la tête (et du crottin plein les pompes...).

Un ultime pot en compagnie de nos suissesses d’amour, des accolades chaleureuses et des bisous dans les coins, et nous voilà partis pour de nouvelles aventures, à bord, encore une fois d’un bus (je ne peux plus les voir... moi je dis "vive le RER !"...).
Nous devrions atteindre notre objectif au petit matin, bien décalqués...

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