Dingue comme sensation. Nous voici aujourd’hui dans notre ville de départ. C’est en effet d'ici que nous quitterons le plancher des lamas pour notre bonne vieille France, sa bonne fine cuisine, ses bonnes pleines rames de RER et ses bonnes bonnes françaises…
Quito…pourquoi cette ville est elle connue ?...bonne question. Je me rappelle que je la plaçais toujours dans la colonne "ville" quand par malchance la lettre "Q" était tirée au baccalauréat (le jeux ou on choisit une lettre et ou il faut trouver un animal, un légume, une célébrité, une ville etc. commençant par cette lettre…genre Qurabe, Quourgette, Kevin Quostner, et Quito). Bref, nous avons tout à découvrir de cette capitale haute perchée (la seconde plus haute après la Paz) dont nous ne connaissons simplement rien du tout, lorsque nous débarquons sur ses terres après un voyage plutôt tranquille depuis la douche froide "Banos".
La ville nous semble relativement assez volumineuse lorsque nous sortons de la gare dans laquelle notre bus a bien voulu nous déposer. Première chose, nous bouffons…comme des chancres même. Deux sandwichs gigantesques chacun, agrémentés de deux croissants plutôt bons et d’un jus de fruit énergisant, copie maladroite du fameux Gatorade, 100% chimique. Je note au passage qu’en huit mois de voyage, c’est bel et bien la première fois que nous ne trouvons pas de Coca-cola, un comble d’autant plus que nous sommes sans nul doute dans le plus américanisé de tous les pays de notre parcours.
La météo ne nous sourit pas. Dehors, une pluie violente lave la ville, et ceci pendant près de vingt minutes… Nous restons sagement assis, à bouffer en attendant que ça passe. Nous interceptons ensuite le "Trolley", ingénieux mix entre le tram et le bus (nous en avions déjà vu de semblables à Wellington, Nouvelle-Zélande). Nous parvenons, après quelques instants, à mettre la main sur un des nombreux hôtels du Lonely, le "Marseilla", et posons nos sacs dans une chambre modeste mais correcte, nous offrant une vue imprenable sur la vieille ville. Nous avions d’autant plus intérêt à bien choisir notre chambre que nous ne la quitterons pas jusqu’à notre départ, dans huit jours (hormis une nuit, que nous devrions théoriquement passer à Otavalo le vendredi soir, veille du marché).
Quito est coupée en deux par une frontière invisible séparant la ville dite "vieille" de celle dite "nouvelle". Notre visite se fera donc en deux temps.
Nous consacrons nos trois premières journées ici, à une découverte de la nouvelle ville. L’endroit nous apparaît immédiatement bien plus propre que ce à quoi nous nous attendions. Quito est en fait une capitale plutôt sympathique, un dédalle de rues dans tous les sens ou demeure malgré tout un semblant d’organisation.
Un problème cependant, venant plus de nous que d’autre chose. Le gros hic, est que nous avons huit jours à passer ici…et la ou ça coince, c’est qu’à l’issue des quarante huit premières heures…on s’emmerde déjà comme des rats morts…
Notre grande mission cette semaine, sera de mettre la main sur les agences Aéropostal (la compagnie aérienne du Venezuela) et Iberia de la ville afin de confirmer nos billets. Ce sera chose faite au bout d’une bonne balade à pied qui aura au moins eu le mérite de nous faire humer l’air chargé en gaz d’échappement qu’offre le centre de Quito. Nous nous aventurerons aussi dans les quartiers dit "qui craignent" de la ville mais ne rencontrerons comme seul ennemie, qu’un ciel menaçant, vicieux au point d’attendre que nous soyons à perpette de tout abris potentiel pour déverser sur nos têtes de véritables trombes de flotte…résultat, nous voici accueillit dans les vestiaires d’ouvriers municipaux dont la journée s’est prématurément arrêtée, pour la même raison qui nous a poussé à chercher un abris : le mauvais temps… Nous taillons le bout de gras en parlant de ce dont notre espagnol limité nous permet de parler à savoir "el tiempo es muy pluivioso, pienso que es mejor para usted de rentrado a el hotelo"…bon…pas hyper à l’aise d’autant plus que des ouvrières sont à poil de l’autre coté de la toile plastifiée dégueulasse pleine de trous, faisant office de paravent, qui se dressent devant nous. Je rappelle que nous sommes dans les vestiaires et qu’ici on ne se prend pas trop la tête à faire une pièce par sexe…tout le monde ensemble, allez hop !...ça en Thaïlande et c’est le baby boom assuré…
La pluie s’arrête finalement au bout d’une vingtaine de minutes et donne même étrangement place à un ciel bleu encore fragile mais néanmoins plaisant. Nous voici au pied de la monumentale statue de celle que j’imagine être la sainte vierge (j’ai pas trop vérifié à vrai dire…) à mitrailler de photo dans la crainte qu’une seconde douche ne nous tombe sur la calebasse. Nous reprenons ensuite la route de l’hôtel avec un stop tout de même dans un petit troquet ou nous viderons pas loin de deux litres de Coca à deux.
Les jours suivant se suivent et se ressemblent. Nous avons en point de mire notre grande sortie de la quinzaine, à savoir le fameux marché d’Otavalo, qu’il ne faut apparemment louper sous aucun prétexte. C’est ce que nous allons vérifier…
Avant cela, une épreuve… Une épreuve car ce qui devait être une simple formalité se révélera pour moi comme le jour ou j’ai fait la plus grosse boulette du voyage (après celles que j’ai commise en buvant un verre d’eau en inde, et en me baissant pour ramasser un truc en Thaïlande…). Mitad del Mundo, c’est la que nous nous rendons aujourd’hui. Le but de la visite est simple…faire des photos. Avoir un pied dans l’hémisphère sud et l’autre dans l’hémisphère nord, c’est un truc qu’on ne fait pas tous les jours, un truc à immortaliser…donc…
Et bien allons y, immortalisons. Tous se passe bien, Baptiste me prend en photo en train de faire le con sur la ligne rouge de l’équateur, "oh marrant ça, à 12h00 on ne voit pas du tout son ombre", on rigole, on est jovial, je saute partout, on rentre bientôt, je place ces satanées peluches pour conclure en beauté cette superbe épopée Lionno-oursonne, et la, patatra, je te le donne en mille, c’est en tentant d’appuyer sur le bouton pour prendre la photo que le Nikon de Baptiste (et c’est précisément le "de Baptiste" qui m’embête vraiment…) me glisse entre les paluches, une vrai savonnette que je ne parviendrai finalement à récupérer après quelques cabrioles…et qu’elle se soit simplement éclatée contre le rebord de la marche de l’escalier… La savonnette le plus cher du monde, de quoi vous passer l’envie de vous laver pendant un bout de temps.
Je suis péteux, debout comme un gland avec mon demi Nikon dans les mains, observé par Baptiste, une cocotte minutes avec 250 jours de vapeur à l’intérieur. Je déglutis, retire mes moufles (pour être aussi gauche c’est que j’avais au moins des moufles) et part en direction du premier shop pour investir dans l’appareil jetable le plus cher que je n’ai jamais payé. Pour le prix on aurait pu, minimum, avoir droit à un développement gratos en quatre par trois, sur papier glacé, par une Equatorienne en string léopard… Si j’avais trouvé une pelle pour m’enterrer, je pense que je l’aurais acheté, peut importe le prix…
Nous rentrons, par le même bus, dans un silence de mort. Ambiance à couper au couteau qui ne désépaissira pas jusqu’au lendemain…
Nous prenons le bus pour Otavalo le vendredi 26 et débarquons, deux heures plus tard dans un village en pleine activité. Comme d’habitude, pas plus de cinq minutes pour trouver un hôtel, ni une ni deux, et même si le marché n’est que demain, nous prenons la direction du centre ville. L’endroit est plutôt jolie, propre et ordonné. La place centrale est remplie de stands proposant pour la majeure partie d’entre eux, des vêtements de toutes sortes, écharpes, pulls, bonnets, gants, soit disant artisanaux… Habituellement, on me la fait pas à moi…mais en dessous d’un certain prix, on finit pas totalement se contre foutre de savoir si une écharpe a été faite main ou sort des entrailles d’une machine (une écharpeuse ?). Ce que je sais, c’est que cette maudite écharpe GAP paumée dans un bus au Chili équivalait à peu prêt, niveau prix, à vingt cinq écharpes ici…et une chose est sure, moins artisanal que GAP…non la je vois pas…
A droite de la place, des hommes jouent à un jeu que je ne connaissais pour ma part, absolument pas. Un mélange de pelote basque et de tennis, ou deux équipes face à face se renvoient une petite balle dure, sans la moindre raquette…de quoi s’exploser les mimines… Pas plus de filet dans ce jeu, et encore moins d’arbitre. Après dix minutes d’intense observation, je commence à peine à piger qui joue avec qui (bon je suis pas une flèche non plus c’est vrai…).
Notre chemin croisera ensuite, par hasard, celui d’un belge expatrié en Equateur, ou devrais-je dire à Otavalo, village qu’il n’a apparemment jamais quitté depuis son arrivée ici plusieurs années auparavant. L’homme est souriant et parle avec un accent belge à peu de chose prêt semblable à celui de Coluche dans ses meilleures histoires. Amusant. Il nous explique enseigner le français ici, et profite de notre présence pour combler quelques trou dans son cahier de court. Il nous inonde ainsi de question pendant pas loin de une heure et demie, des histoires d’accords, de COD placé avant ou après le verbe, de conjonction de coordination, subordonnée relative, mais ou et donc or ni car, verbe du troisième groupe, ça s’accorde avec le singulier du pluriel de ma belle sœur…au bout de deux heures j’en ai plein la tête. Nous entamerons en plus un sujet limite politique ou l’homme se révélera vraiment comme ayant des idées ridiculement arrêtées sur pas mal de chose, limite agaçant. Il nous racontera tout de même une partie de son histoire, pour le coup plutôt captivante. Il sera passé par tous les stades, exil aux USA, il quitte tout pour une femme (monumentale erreur), se fais lourder, sans emplois, reviens en Europe, SDF à Bruges puis a Paris puis, retour en Amérique du sud…une histoire de fou…mais la je dis "chapeau"…
Nous débarquons le lendemain sur le marché les 10h00 sonnantes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce marché en jette… Immense, des vendeurs dans chaque ruelle du centre ville. Un monde de fou… Impressionnant mais la encore, gros hic, tous les stands proposent rigoureusement la même chose. De belles choses, certes, mais rigoureusement identiques. Bagues (un peu toc), DVD copiés, et toujours écharpes, gants et tout l’attirail du parfait bonhomme de neige (oui, y avait aussi un rayon légumes proposant des carottes…). Ils vendent pareil, marchandent pareil…font tout pareil… On est bel et bien loin du week-end market de Bangkok, LE marché des marchés… L’intérêt de celui-ci réside en réalité, plus dans le simple fait de se faufiler dans toutes ces ruelles colorées et d’en prendre plein les yeux tant les contrastes sont violents plutôt que dans la qualité et le choix des produits proposés. On en a vu autant la veille sur la place centrale, pourtant jour de "non marché"…
J’achète tout de même quelques bricoles (des écharpes encore et encore…je vais pouvoir ouvrir mon magasin. Un écharpiste ?) et reprend avec Baptiste la route du bus, les 15h00 n’ayant pas encore bipé…
Aujourd’hui est un jour un peu particulier. Mon cher compère fête effectivement ses 24 ans. Pour cette occasion, champ…non, mouss…non, Coca, agrémenté d’un succulent repas offert par un généreux sponsor (merci maman…). On se fait péter la lampe et engloutissons, tenez-vous bien, pour 36$ de nourriture… bon quand on voit le prix d’un jambon beurre à Paris ça fait doucement rigoler, mais le fait est que nous nous gavons bien. "Baptiste, aide moi à me lever, j’ai la glotte qui fait la planche"….
Nous ferons tout de même demi tour devant la boite de nuit lorsque le videur nous pointera du doigt l’inscription "frais d’entrée : 2$"…et ouais, on en est à ce point !
A partir de ce jour ci, nous sommes quasiment déjà rentré. La poignée de jour qui nous sépare de notre vol pour Paris de sera qu’une succession d’heures sur Internet et de balades dans les même ruelles que nous parcourrons en long en large et en travers.
Nous intercepterons ce soir, 29 septembre 2003, un taxi pour l’aéroport ou nous tacherons de passer la nuit sans nous faire foutre dehors…
Notre prochaine nuit dans un lit, nous la passerons en France. Après pas loin de 254 jours de voyages ou nous aurons testé les pires bouges de la planète, cela fait tout de même une drôle de sensation.
Exceptionnellement pas de point de suspension à la fin de cet article car l’histoire est bel et bien terminée. Etonnant de l’écrire aussi facilement tout en ayant autant de mal à l’admettre.
Paris nous voilà.
29 septembre 2003
16 septembre 2003
Vilcabamba - Equateur
L’humeur est joviale à l’issue de cette trop courte journée et demie passée à Vilcabamba. Journée et demie que nous avons appréciée, sans doute aussi un peu parce qu’elle venait après une série de trajets en bus depuis Huaraz qui nous a paru à tous les deux, simplement interminable.
Nous avions, en quittant les lieux, un peu le moral dans les pompes, rapport à ce fichu tour dans la cordillère blanche, avorté pour cause de panne, et bien conscients que les deux jours à venir seraient riches en transport…
Riche, ils l’ont été... non seulement en transport, mais aussi en galères. Notre premier bus, nous conduit jusqu’à Trujillo. Nous restons sur place deux bonnes heures, à attendre que le jour se lève et que les agences susceptibles de proposer un billet pour Loja, Equateur, ouvrent enfin leurs portes. Nous patientons avec un Pepsi, acheté à un vendeur ambulant aussi aimable qu’une porte de prison. Nous achevons cette attente autour d’un petit déj’ dans le hall d’un hôtel, puis partons, direction le terminal terrestre. Mauvaise nouvelle, direct pour Loja, pas possible... solution, prendre un bus direction Chiclayo, et de là, partir pour Loja. Ok, pour Chiclayo, en voiture Simone...
L’expression "série noire" vous dit-elle quelque chose ? Car la dernière semaine de ce voyage en est l’illustration parfaite. Pire que du Pierre Richard, à la limite du comique. Nous enchaînons depuis Pisco, boulette sur boulette, et bien là, place à la supra-giga boulette qui met tout le monde d’accord, car je te le donne en mille Emile : notre bus tombe en PANNE !!! Pincez- moi je rêve, un saut d’eau, faut que je me réveille... Deux pannes en deux jours, qu’est-ce qui cloche avec le Pérou, qu’est- ce qui cloche avec nous ?
Bref, nous descendons du bus et réclamons le remboursement. Le gars (marrant le gars...) ne nous dépose dans la main que six soles (nous en avons payé dix) soi-disant parce que nous avons déjà parcouru une partie du trajet. Il trouvera, au bout de huit secondes six dixièmes une solution à cet épineux problème, ayant vite compris que ce n’était manifestement pas le moment de nous refuser quoi que ce soit. Il stoppera donc, faute de monnaie, un bus allant dans la même direction, et expliquera au chauffeur que nous avons déjà payé notre billet.
Nous nous installons, et réfléchissons à la nature de la prochaine tuile qui va nous tomber sur le coin de la tronche. Nous scrutons ainsi le ciel à la recherche d’une météorite, la route, en quête d’un hypothétique obstacle que nous pourrions percuter (une vache folle, une girafe échappée du zoo, ou un bus et son chauffeur sous exta venant en sens inverse...), ainsi que les autres passagers avec la crainte que l’un des centenaires posé à l’arrière ne nous claque entre les doigts, ou que l’un des mouflets assis devant nous ne s’ouvre le crâne contre le bord d’un siège ou ne s’étouffe en dégobillant ses Choco Pops, immobilisant ainsi le bus quelques heures de plus en attendant les secours. Nous chercherons, en vain, car, oh miracle, nous arriverons à Chiclayo sans plus de problèmes…
Sur place, même objectif qu’à Trujillo : trouver un billet pour Loja... et même mauvaise surprise : pour Loja, pas possible... Il faut d’abord aller jusqu’à Piura, un peu plus au nord, et de là prendre un bus pour Loja. A force de monter vers le nord, on devrait, en théorie, un jour, finir par passer cette fichue frontière équatorienne...
Un bus de plus (le troisième de la journée) et nous voici, trois heures plus tard, à Piura.
Un peu répétitif tout ça... pas la peine de préciser ce que nous avons fait en arrivant.
Nous arrivons finalement à Loja ce matin du 15 septembre, avec à notre actif, deux nuits blanches dans le bus et pas mal de sommeil à rattraper. Nous remettons le couvert après un petit déjeuner équatorien dégueulasse, avec un petit dernier bus de quarante-cinq minutes jusqu’à Vilcabamba, notre Eldorado.
Vilcabamba est un village assez semblable à Samaîpata (notre seconde étape Bolivienne), de par sa taille et son architecture. Place centrale entourée de quelques ruelles poussiéreuses, abritant plusieurs petits restos et un seul et unique cybercafé à cinq dollars de l’heure, équipé d’antiques IBM tournant sous Windows 3.1 (bon j’en rajoute...un peu!).
Un français croisé à Huaraz nous avait recommandé de loger à l’hôtel "Las Ruinas", situé à une poignée de dizaines de mètres du centre ville. Vingt minutes de marche plus tard (les poignées étaient plutôt grosses...), nous voici à la réception, en train de remplir les formalités d’usage (identité, âge, nationalité, numéro de passeport et tout le tralala…). La chambre coûte six $US, ce qui est finalement assez peu lorsque l’on prend en compte le fait que sont mis à notre disposition, une piscine, un bain turc, un sauna, un jacuzzi, une salle vidéo avec la vidéotech assortie (y a même une télé et un magnéto dans la chambre, et au bord du jacuzzi...) ainsi que des VTT, et une salle de billard, baby-foot, table de ping-pong, de plus, le petit déjeuner est compris dans le prix.
Première chose après avoir payé : je m’endors dans un hamac. Baptiste, pendant ce temps, goûtera à la piscine. Lorsque je me réveille, près d’une heure et demie plus tard, il dort. Je tiens une pêche d’enfer (les hamacs me réussissent vraiment) et commence à regarder autour de moi, juste histoire de voir un peu, avec qui je vais passer la prochaine journée. Deux australiens bronzent au bord de la piscine, sur les chaises longues, un couple d’allemands, et assis autour de la table de jardin, encore des allemands (trois filles et un gars) bouffent des sandwichs. Le billard est quant à lui occupé par un couple de suisses. Le jacuzzi est vide... je m’en vais donc le remplir.
Je choisis une cassette dans la vidéotech (ce sera finalement "Turbulences 2", "Apt Pupils" ne marchant pas... pas de commentaires sur le choix please... ), lance le film et plonge dans une eau à trente-cinq degrés, bouillonnante à souhait... un véritable moment de bonheur... Je ne sortirai que lorsque la cassette s’emmêlera dans le magnéto en plein milieu du film... la pouasse !
Baptiste révéillé, nous partons faire un petit tour en ville en VTT. Je déguste pour ma part une petite glace, Baptiste ne se laissant tenter que par un Coca.
Vilcabamba nous plaît... mais il manque manifestement quelque chose. Un motivant, quelque chose qui nous fera nous rappeler cet endroit.
Ce quelque chose est en fait un quelqu’un (ou plutôt quelqu’une... ) et débarquera à l’hôtel en début de soirée. Elle s’appelle Gundula, et est assurément bien plus belle que son prénom. Gundula est originaire d’Allemagne (de Stuttgart très exactement) et voyage en Equateur pour une durée de trois semaines. Elle a une voix douce, des yeux d’un vert émeraude que laisse entrevoir une chevelure brune se cuivrant au soleil, une taille fine donnant suite à une généreuse poitrine, et de longues jambes que finissent des baskets style "Van’s", lui donnant un air décontracté et naturel, aux antipodes d’un pot de peinture en talons aiguilles (vous me direz, pour voyager, les talons aiguilles sont assez peu utilisés, et je vous répondrai : correct...).
C’est le soir venu, au bar surplombant la piscine que nous ferons réellement sa connaissance. Avec elle, nous parlerons également avec Dave, Londonien de souche, Jurgen et Eva (le couple suisse, en voyage d’un an autour du monde...) et les deux australiens (de Melbourne plus exactement...) dont les noms m’échappent. Nous taillerons ainsi le bout de gras, jusqu’à la fermeture du bar, à 22 heures précises.
Je ne mettrai guère de temps à m’endormir, sombrant dans des rêves fabuleux où Laetitia Casta a laissé sa place à une certaine Gundula. Un rêve tout ce qu’il y a de plus soft, ou personne n’est dévêtu, la jeune femme n’ayant en rien besoin de cela pour briller, telle la pierre précieuse dont ses yeux ont volé la couleur...).
C’est à huit heures précises que je me réveille, afin de ne pas louper le petit déjeuner servi une demi-heure plus tard. On nous avait prévenus, ce petit déj’ là, c’est quelque chose. D'abord, il est à volonté, ensuite, le choix est énorme. Des céréales, des œufs (brouillés ou au plat), pain, pancake, beurre, confiture, miel ainsi que le choix entre café, thé ou chocolat pour les boissons chaudes, le tout agrémenté d’un jus de papaye pas à la hauteur d’un traditionnel jus d’oranges, mais somme toute correct.
Baptiste et moi nous gavons comme des oies, conscients que le prochain repas ne sera pas avant le soir (pour cause de bus... encore deux de plus jusqu’à Cuenca...). Ce grand moment de bonheur sera partagé avec tous nos amis de la veille, dans une atmosphère joviale et détendue.
Nous consacrons avec Baptiste, nos derniers instants à Vilcabamba à jouer au billard, tout en discutant avec Jurg et Eva. Gundula nous rejoindra un peu plus tard, rendant la concentration un peu difficile (c’est évidemment la raison pour laquelle j’ai perdu...).
Nous quittons l’hôtel en fin de matinée, ne manquant pas de saluer tous nos éphémères amis (c’est finalement la chose la plus dure dans ce voyage... il faut tout le temps dire au revoir...).
Peut-être aurons nous la chance de recroiser Gundula à Quito, son avion décollant de la capitale, précisément un jour avant le nôtre. Elle ne nous sourit (la chance, pas Gund') que très modérément depuis une semaine... si la roue doit tourner, c’est maintenant ou jamais.
Nous prendrons à 11h 30 notre bus de retour pour Loja, puis tenterons d’attraper le plus vite possible, celui qui nous emmènera à Cuenca, ville qui, selon les dires de tous, est à visiter absolument. Espérons qu’elle sera à la hauteur de sa réputation...
Nous avions, en quittant les lieux, un peu le moral dans les pompes, rapport à ce fichu tour dans la cordillère blanche, avorté pour cause de panne, et bien conscients que les deux jours à venir seraient riches en transport…
Riche, ils l’ont été... non seulement en transport, mais aussi en galères. Notre premier bus, nous conduit jusqu’à Trujillo. Nous restons sur place deux bonnes heures, à attendre que le jour se lève et que les agences susceptibles de proposer un billet pour Loja, Equateur, ouvrent enfin leurs portes. Nous patientons avec un Pepsi, acheté à un vendeur ambulant aussi aimable qu’une porte de prison. Nous achevons cette attente autour d’un petit déj’ dans le hall d’un hôtel, puis partons, direction le terminal terrestre. Mauvaise nouvelle, direct pour Loja, pas possible... solution, prendre un bus direction Chiclayo, et de là, partir pour Loja. Ok, pour Chiclayo, en voiture Simone...
L’expression "série noire" vous dit-elle quelque chose ? Car la dernière semaine de ce voyage en est l’illustration parfaite. Pire que du Pierre Richard, à la limite du comique. Nous enchaînons depuis Pisco, boulette sur boulette, et bien là, place à la supra-giga boulette qui met tout le monde d’accord, car je te le donne en mille Emile : notre bus tombe en PANNE !!! Pincez- moi je rêve, un saut d’eau, faut que je me réveille... Deux pannes en deux jours, qu’est-ce qui cloche avec le Pérou, qu’est- ce qui cloche avec nous ?
Bref, nous descendons du bus et réclamons le remboursement. Le gars (marrant le gars...) ne nous dépose dans la main que six soles (nous en avons payé dix) soi-disant parce que nous avons déjà parcouru une partie du trajet. Il trouvera, au bout de huit secondes six dixièmes une solution à cet épineux problème, ayant vite compris que ce n’était manifestement pas le moment de nous refuser quoi que ce soit. Il stoppera donc, faute de monnaie, un bus allant dans la même direction, et expliquera au chauffeur que nous avons déjà payé notre billet.
Nous nous installons, et réfléchissons à la nature de la prochaine tuile qui va nous tomber sur le coin de la tronche. Nous scrutons ainsi le ciel à la recherche d’une météorite, la route, en quête d’un hypothétique obstacle que nous pourrions percuter (une vache folle, une girafe échappée du zoo, ou un bus et son chauffeur sous exta venant en sens inverse...), ainsi que les autres passagers avec la crainte que l’un des centenaires posé à l’arrière ne nous claque entre les doigts, ou que l’un des mouflets assis devant nous ne s’ouvre le crâne contre le bord d’un siège ou ne s’étouffe en dégobillant ses Choco Pops, immobilisant ainsi le bus quelques heures de plus en attendant les secours. Nous chercherons, en vain, car, oh miracle, nous arriverons à Chiclayo sans plus de problèmes…
Sur place, même objectif qu’à Trujillo : trouver un billet pour Loja... et même mauvaise surprise : pour Loja, pas possible... Il faut d’abord aller jusqu’à Piura, un peu plus au nord, et de là prendre un bus pour Loja. A force de monter vers le nord, on devrait, en théorie, un jour, finir par passer cette fichue frontière équatorienne...
Un bus de plus (le troisième de la journée) et nous voici, trois heures plus tard, à Piura.
Un peu répétitif tout ça... pas la peine de préciser ce que nous avons fait en arrivant.
Nous arrivons finalement à Loja ce matin du 15 septembre, avec à notre actif, deux nuits blanches dans le bus et pas mal de sommeil à rattraper. Nous remettons le couvert après un petit déjeuner équatorien dégueulasse, avec un petit dernier bus de quarante-cinq minutes jusqu’à Vilcabamba, notre Eldorado.
Vilcabamba est un village assez semblable à Samaîpata (notre seconde étape Bolivienne), de par sa taille et son architecture. Place centrale entourée de quelques ruelles poussiéreuses, abritant plusieurs petits restos et un seul et unique cybercafé à cinq dollars de l’heure, équipé d’antiques IBM tournant sous Windows 3.1 (bon j’en rajoute...un peu!).
Un français croisé à Huaraz nous avait recommandé de loger à l’hôtel "Las Ruinas", situé à une poignée de dizaines de mètres du centre ville. Vingt minutes de marche plus tard (les poignées étaient plutôt grosses...), nous voici à la réception, en train de remplir les formalités d’usage (identité, âge, nationalité, numéro de passeport et tout le tralala…). La chambre coûte six $US, ce qui est finalement assez peu lorsque l’on prend en compte le fait que sont mis à notre disposition, une piscine, un bain turc, un sauna, un jacuzzi, une salle vidéo avec la vidéotech assortie (y a même une télé et un magnéto dans la chambre, et au bord du jacuzzi...) ainsi que des VTT, et une salle de billard, baby-foot, table de ping-pong, de plus, le petit déjeuner est compris dans le prix.
Première chose après avoir payé : je m’endors dans un hamac. Baptiste, pendant ce temps, goûtera à la piscine. Lorsque je me réveille, près d’une heure et demie plus tard, il dort. Je tiens une pêche d’enfer (les hamacs me réussissent vraiment) et commence à regarder autour de moi, juste histoire de voir un peu, avec qui je vais passer la prochaine journée. Deux australiens bronzent au bord de la piscine, sur les chaises longues, un couple d’allemands, et assis autour de la table de jardin, encore des allemands (trois filles et un gars) bouffent des sandwichs. Le billard est quant à lui occupé par un couple de suisses. Le jacuzzi est vide... je m’en vais donc le remplir.
Je choisis une cassette dans la vidéotech (ce sera finalement "Turbulences 2", "Apt Pupils" ne marchant pas... pas de commentaires sur le choix please... ), lance le film et plonge dans une eau à trente-cinq degrés, bouillonnante à souhait... un véritable moment de bonheur... Je ne sortirai que lorsque la cassette s’emmêlera dans le magnéto en plein milieu du film... la pouasse !
Baptiste révéillé, nous partons faire un petit tour en ville en VTT. Je déguste pour ma part une petite glace, Baptiste ne se laissant tenter que par un Coca.
Vilcabamba nous plaît... mais il manque manifestement quelque chose. Un motivant, quelque chose qui nous fera nous rappeler cet endroit.
Ce quelque chose est en fait un quelqu’un (ou plutôt quelqu’une... ) et débarquera à l’hôtel en début de soirée. Elle s’appelle Gundula, et est assurément bien plus belle que son prénom. Gundula est originaire d’Allemagne (de Stuttgart très exactement) et voyage en Equateur pour une durée de trois semaines. Elle a une voix douce, des yeux d’un vert émeraude que laisse entrevoir une chevelure brune se cuivrant au soleil, une taille fine donnant suite à une généreuse poitrine, et de longues jambes que finissent des baskets style "Van’s", lui donnant un air décontracté et naturel, aux antipodes d’un pot de peinture en talons aiguilles (vous me direz, pour voyager, les talons aiguilles sont assez peu utilisés, et je vous répondrai : correct...).
C’est le soir venu, au bar surplombant la piscine que nous ferons réellement sa connaissance. Avec elle, nous parlerons également avec Dave, Londonien de souche, Jurgen et Eva (le couple suisse, en voyage d’un an autour du monde...) et les deux australiens (de Melbourne plus exactement...) dont les noms m’échappent. Nous taillerons ainsi le bout de gras, jusqu’à la fermeture du bar, à 22 heures précises.
Je ne mettrai guère de temps à m’endormir, sombrant dans des rêves fabuleux où Laetitia Casta a laissé sa place à une certaine Gundula. Un rêve tout ce qu’il y a de plus soft, ou personne n’est dévêtu, la jeune femme n’ayant en rien besoin de cela pour briller, telle la pierre précieuse dont ses yeux ont volé la couleur...).
C’est à huit heures précises que je me réveille, afin de ne pas louper le petit déjeuner servi une demi-heure plus tard. On nous avait prévenus, ce petit déj’ là, c’est quelque chose. D'abord, il est à volonté, ensuite, le choix est énorme. Des céréales, des œufs (brouillés ou au plat), pain, pancake, beurre, confiture, miel ainsi que le choix entre café, thé ou chocolat pour les boissons chaudes, le tout agrémenté d’un jus de papaye pas à la hauteur d’un traditionnel jus d’oranges, mais somme toute correct.
Baptiste et moi nous gavons comme des oies, conscients que le prochain repas ne sera pas avant le soir (pour cause de bus... encore deux de plus jusqu’à Cuenca...). Ce grand moment de bonheur sera partagé avec tous nos amis de la veille, dans une atmosphère joviale et détendue.
Nous consacrons avec Baptiste, nos derniers instants à Vilcabamba à jouer au billard, tout en discutant avec Jurg et Eva. Gundula nous rejoindra un peu plus tard, rendant la concentration un peu difficile (c’est évidemment la raison pour laquelle j’ai perdu...).
Nous quittons l’hôtel en fin de matinée, ne manquant pas de saluer tous nos éphémères amis (c’est finalement la chose la plus dure dans ce voyage... il faut tout le temps dire au revoir...).
Peut-être aurons nous la chance de recroiser Gundula à Quito, son avion décollant de la capitale, précisément un jour avant le nôtre. Elle ne nous sourit (la chance, pas Gund') que très modérément depuis une semaine... si la roue doit tourner, c’est maintenant ou jamais.
Nous prendrons à 11h 30 notre bus de retour pour Loja, puis tenterons d’attraper le plus vite possible, celui qui nous emmènera à Cuenca, ville qui, selon les dires de tous, est à visiter absolument. Espérons qu’elle sera à la hauteur de sa réputation...
12 septembre 2003
Lima - Pérou
Finesse quand tu nous tiens. Je reconnais volontiers que les derniers articles étaient plus Bigaresques que Ronsardiens…mais même après réflexion, je n’en démords pas : Pisco, c’était vraiment pas jojo… Peut-on compter sur Lima pour redorer l’image du nord du Pérou ?…euh…
C’est dans un bus clean que nous grimpons en ce début d’après-midi couvert. Au point où nous en sommes, le bus devient l’endroit où je me sens vraiment le mieux. Le film qu’on nous propose est "Black Knight", suite de pitreries plutôt amusantes de la part d’un Martin Lawrence au meilleur de sa forme… Le voyage se passe, tranquillement…je parviendrai même à dormir un petit peu.
Il est dix-sept heures lorsque nous posons le pied sur le sol de la capitale péruvienne. Nous ne sommes pas là depuis cinq minutes et voilà-t-y pas que nous tombons nez à nez avec Daniel et Emily, nos amis anglo-français croisés à Huacachina deux jours auparavant. Ils connaissent déjà Lima, nous leur faisons donc confiance lorsqu’ils nous proposent de descendre avec eux à l’hôtel España, en centre ville. Leur choix s’avèrera judicieux, l’endroit étant vraiment agréable et d’une propreté parfaite… (il y a même des peintures accrochées aux murs de notre chambre)
Un saut à la laverie plus tard, je pars checker mes mails, Baptiste quant à lui s’engouffre dans la ville, seul.
Je suis en train de pleurer en consultant mes comptes en ligne lorsque Baptiste rapplique en compagnie de deux jeunes péruviens dont le nom m’échappe. Lui (nous l’appellerons "Pablito"), vingt-quatre ans, bonne gueule, plutôt amical et causant un anglais honorable, elle (nous l’appellerons "la chaudière"), dix-huit ans, yeux de vache, lèvres d’Emmanuel Béart, et cul moulé dans un jean Mimi Mathy lui coincant les rideaux dans la fenêtre…à réveiller un mort… Je clos ma session windows, paye mon dû, et nous voilà, tous les quatre partis en quête d’un resto pour casser la croûte.
Pablito se dit être étudiant en tourisme, la chaudière quant à elle ne parlant un anglais que très limité reste désespérément silencieuse, se contentant simplement de lancer ça et là, des regards "viens me chercher si t’as des couilles" qui en aurait énervé plus d’un (genre moi…).
Pablito nous conduit dans un resto plutôt cheap. L’atmosphère est pesante, et ni moi ni Baptiste ne savons vraiment comment interpréter le sursaut amical de ces deux inconnus.
A la table voisine, trois jeunes européens…ça cause french, une planche de salut pour nous qui commencions vraiment à ne plus trop savoir quoi dire.
Ludivine, Mathieu et Simon sont français, du sud plus exactement (Bordeaux si ma mémoire ne me fait pas défaut) et ont l’air plutôt amicaux. Simon, à Lima depuis plusieurs semaines nous dit connaître la chaudière. Il nous raconte même que la jeune fille a quasiment violé un de ses amis, à peine deux jours auparavant. Pablito reste un mystère. Il nous confie l’avoir déjà vu avec d’autres filles tourner sur la place St Martin (eh oui, ici c’est pas la "Plaza de Armas")…un peu louche tout ça… Ludivine et Mathieu venant tout juste de débarquer ont l’air aussi perdus que nous…Ludivine est en plus en quête de ses bagages, qui ne sont jamais arrivés à l’aéroport. Que du bonheur, bienvenue au Pérou !
Pablito nous propose de les rejoindre le soir, pour fêter ensemble l’anniversaire de l’une de ses cousines, avec au programme, resto, boîte et tutti-quanti… Après consultation, nous acceptons. Rendez-vous le soir même avec Ludivine, Mathieu, Simon, Pablito et la chaudière sur la place St Martin à 20h 30 pétantes… Nous rentrons à l’hôtel histoire de nous décrasser un peu, la soirée risquant d’être, comment dirais-je…mouvementée…
18h 30, nous sommes dans notre chambre, 18h 31 je me couche sur mon lit, 20h 29, Baptiste me réveille…faut déjà partir… J’ai encore mon écharpe autour du cou, pour la douche, on verra ça plus tard.
Tout le monde est là à l’heure dite. Pablito nous présente sa cousine (nous l’appellerons "le freezer") apparemment hyper contente de nous rencontrer à en juger par le sourire crispé qu’elle nous lâche. Nous suivons Pablito dans le resto qu’il a choisi pour nous. Une sorte de salle des fêtes-resto, où des locaux (moyenne d’âge, soixante ans) dansent au milieu des tables sur un air de "Pablo et sa troupe" (avec elle, avec elle…). Nous prenons place et commandons. Je signale au passage la présence d’un ami de Pablito (que nous appellerons Rodrigo), sorti d’on ne sait où…après tout, plus on est de fous…
Je n’ai pas faim, un mal de ventre me tiraillant depuis la veille. Je ne commande donc, avec Baptiste, qu’un simple litre et demi de "Crystal" (la bière de Lima…je m’attendais a trouver de la "Limeña").
La tactique est simple, on fait copain avec les touristes, on fait genre on les invite à une sauterie, et hop, on se fait inviter et on pique dans les assiettes et on chope un verre de bière par-ci, par-là aux frais de la princesse. La princesse ce soir, elle s’appelle Julien et Baptiste pour la boisson, et Ludivine pour la bouffe. Rodrigo tape allègrement sur notre litre et demi de binouze (ben vas-y ma couille, faut pas se gêner !) à tel point que j’hésite presque à demander la permission avant de me servir. Il collera également, avec la complicité de Pablito, une bonne claque au plat de Ludivine, et se permettra même de lui piquer des clopes sans lui demander quoi que ce soit (elle le remettra en place assez rapidement…). Bref, le genre de personne que j’exècre…non mais sérieux je suis déjà obligé de commander les frites à la pièce, tellement je suis fauché, c’est pas pour nourrir, en plus, deux branleurs péruviens proxénètes et leur meilleure tapineuse…merci, merci bien !
Bref, la soirée se passe. Je reste là, les yeux fixés sur l’unique verre de bière que j’ai réussi à sauver. Rodrigo est scotché à Ludivine, lui parlant, n’interrompant son flot de parole que pour boire MA bière… La chaudière quant à elle colle Baptiste comme une mouche le cul d’un vache…attendant un hypothétique coup de queue pour se barrer (avec son portefeuille...). Il faut dire que Baptiste n’a rien arrangé en acceptant de danser avec elle une sorte de "sans pas" péruvien apparemment très à la mode ici. Simon et Mathieu tapent quand à eux la discute…
Il faudra attendre 22 heures pour voir débarquer "le freezer" (qui avait mystérieusement disparu avant le repas) accompagnée d’une amie (que nous appellerons "Ma’ Dalton") pas vraiment ragoûtante, et vraiment muette… Je fais signe à Ludivine que j’en ai plein le dos, elle hoche de la tête… Je me lève, Ludivine me suit. Il faudra trois bonnes minutes à Baptiste pour se séparer de son tricostéril de chaudière, apparemment en quête de son seau de charbon…
Nous rentrons finalement à l’hôtel, Simon et Mathieu semblant quant à eux chauds comme la braise (y en a une à qui ça va plaire !) pour faire la fête toute la nuit avec Ma’ Dalton et sa bande de pique-assiettes…
Nous saluons Ludivine et montons dans notre chambre pour nous endormir assez rapidement. Nous nous réveillons vers les dix heures, et partons visiter le si beau Lima, et notamment le quartier de "Miraflores" après un petit déj’ pas vraiment copieux, mais somme toute correct. Nous stoppons sur notre chemin, et payons notre billet pour Huaraz, départ le soir même, ne sentant Lima que très moyennement.
La ville est immense. Lima, c’est, en superficie, l’équivalent de Paris et de sa banlieue…un vrai dédale de rues dans tous les sens. "Miraflores" est à l’autre bout de la ville. Nous commençons à pied puis optons finalement pour un taxi à six soles…
Pourquoi ce quartier est-il aussi connu des touristes ?…sans doute car il est moins moche que les autres…et qu'il est au bord de la mer. La mer, ici, c’est pas vraiment les plages thaïlandaises, mais je pense sérieusement, après mûre réflexion que le ciel blanc, dégueu (que nous trimbalons depuis Nazca, avec une pause à Huacachina) y est pour quelques chose. Nous restons là une heure et des poussières, sans doute plus pour pouvoir se dire "on a un peu visité Lima" qu’autre chose…
Nous sommes de retour dans le centre vers les quinze heures. Nous tombons nez à nez avec Pablito, Rodrigo et la chaudière (Ma’ Dalton et le freezer ont disparu). Egalement deux autres jeunes femmes (on va pas leur donner de nom, on s’en fout). Pablito nous parle de la soirée d’hier, en regrettant amèrement que nous ne soyons pas restés jusqu’au bout. La chaudière en remet une couche, lorsque nous décidons de prendre congé…j’ai presque cru qu’elle allait se mettre à pleurer.
Notre bus est à 22 heures…et il est à peine 18 heures. Nous irons tuer le temps au ciné, devant "Bad Boys II", en qualité correct, bien loin de la version catastrophique que nous avions matée à Cusco. Nous sortons de la, les 21h 30 pointant le bout de leur nez, et débarquons à la station de bus, pile à l’heure.
Huit heures jusqu’à Huaraz…cela va encore nous faire débarquer à une heure impossible… Espérons que la beauté des paysages nous fasse oublier ce petit détail…
C’est dans un bus clean que nous grimpons en ce début d’après-midi couvert. Au point où nous en sommes, le bus devient l’endroit où je me sens vraiment le mieux. Le film qu’on nous propose est "Black Knight", suite de pitreries plutôt amusantes de la part d’un Martin Lawrence au meilleur de sa forme… Le voyage se passe, tranquillement…je parviendrai même à dormir un petit peu.
Il est dix-sept heures lorsque nous posons le pied sur le sol de la capitale péruvienne. Nous ne sommes pas là depuis cinq minutes et voilà-t-y pas que nous tombons nez à nez avec Daniel et Emily, nos amis anglo-français croisés à Huacachina deux jours auparavant. Ils connaissent déjà Lima, nous leur faisons donc confiance lorsqu’ils nous proposent de descendre avec eux à l’hôtel España, en centre ville. Leur choix s’avèrera judicieux, l’endroit étant vraiment agréable et d’une propreté parfaite… (il y a même des peintures accrochées aux murs de notre chambre)
Un saut à la laverie plus tard, je pars checker mes mails, Baptiste quant à lui s’engouffre dans la ville, seul.
Je suis en train de pleurer en consultant mes comptes en ligne lorsque Baptiste rapplique en compagnie de deux jeunes péruviens dont le nom m’échappe. Lui (nous l’appellerons "Pablito"), vingt-quatre ans, bonne gueule, plutôt amical et causant un anglais honorable, elle (nous l’appellerons "la chaudière"), dix-huit ans, yeux de vache, lèvres d’Emmanuel Béart, et cul moulé dans un jean Mimi Mathy lui coincant les rideaux dans la fenêtre…à réveiller un mort… Je clos ma session windows, paye mon dû, et nous voilà, tous les quatre partis en quête d’un resto pour casser la croûte.
Pablito se dit être étudiant en tourisme, la chaudière quant à elle ne parlant un anglais que très limité reste désespérément silencieuse, se contentant simplement de lancer ça et là, des regards "viens me chercher si t’as des couilles" qui en aurait énervé plus d’un (genre moi…).
Pablito nous conduit dans un resto plutôt cheap. L’atmosphère est pesante, et ni moi ni Baptiste ne savons vraiment comment interpréter le sursaut amical de ces deux inconnus.
A la table voisine, trois jeunes européens…ça cause french, une planche de salut pour nous qui commencions vraiment à ne plus trop savoir quoi dire.
Ludivine, Mathieu et Simon sont français, du sud plus exactement (Bordeaux si ma mémoire ne me fait pas défaut) et ont l’air plutôt amicaux. Simon, à Lima depuis plusieurs semaines nous dit connaître la chaudière. Il nous raconte même que la jeune fille a quasiment violé un de ses amis, à peine deux jours auparavant. Pablito reste un mystère. Il nous confie l’avoir déjà vu avec d’autres filles tourner sur la place St Martin (eh oui, ici c’est pas la "Plaza de Armas")…un peu louche tout ça… Ludivine et Mathieu venant tout juste de débarquer ont l’air aussi perdus que nous…Ludivine est en plus en quête de ses bagages, qui ne sont jamais arrivés à l’aéroport. Que du bonheur, bienvenue au Pérou !
Pablito nous propose de les rejoindre le soir, pour fêter ensemble l’anniversaire de l’une de ses cousines, avec au programme, resto, boîte et tutti-quanti… Après consultation, nous acceptons. Rendez-vous le soir même avec Ludivine, Mathieu, Simon, Pablito et la chaudière sur la place St Martin à 20h 30 pétantes… Nous rentrons à l’hôtel histoire de nous décrasser un peu, la soirée risquant d’être, comment dirais-je…mouvementée…
18h 30, nous sommes dans notre chambre, 18h 31 je me couche sur mon lit, 20h 29, Baptiste me réveille…faut déjà partir… J’ai encore mon écharpe autour du cou, pour la douche, on verra ça plus tard.
Tout le monde est là à l’heure dite. Pablito nous présente sa cousine (nous l’appellerons "le freezer") apparemment hyper contente de nous rencontrer à en juger par le sourire crispé qu’elle nous lâche. Nous suivons Pablito dans le resto qu’il a choisi pour nous. Une sorte de salle des fêtes-resto, où des locaux (moyenne d’âge, soixante ans) dansent au milieu des tables sur un air de "Pablo et sa troupe" (avec elle, avec elle…). Nous prenons place et commandons. Je signale au passage la présence d’un ami de Pablito (que nous appellerons Rodrigo), sorti d’on ne sait où…après tout, plus on est de fous…
Je n’ai pas faim, un mal de ventre me tiraillant depuis la veille. Je ne commande donc, avec Baptiste, qu’un simple litre et demi de "Crystal" (la bière de Lima…je m’attendais a trouver de la "Limeña").
La tactique est simple, on fait copain avec les touristes, on fait genre on les invite à une sauterie, et hop, on se fait inviter et on pique dans les assiettes et on chope un verre de bière par-ci, par-là aux frais de la princesse. La princesse ce soir, elle s’appelle Julien et Baptiste pour la boisson, et Ludivine pour la bouffe. Rodrigo tape allègrement sur notre litre et demi de binouze (ben vas-y ma couille, faut pas se gêner !) à tel point que j’hésite presque à demander la permission avant de me servir. Il collera également, avec la complicité de Pablito, une bonne claque au plat de Ludivine, et se permettra même de lui piquer des clopes sans lui demander quoi que ce soit (elle le remettra en place assez rapidement…). Bref, le genre de personne que j’exècre…non mais sérieux je suis déjà obligé de commander les frites à la pièce, tellement je suis fauché, c’est pas pour nourrir, en plus, deux branleurs péruviens proxénètes et leur meilleure tapineuse…merci, merci bien !
Bref, la soirée se passe. Je reste là, les yeux fixés sur l’unique verre de bière que j’ai réussi à sauver. Rodrigo est scotché à Ludivine, lui parlant, n’interrompant son flot de parole que pour boire MA bière… La chaudière quant à elle colle Baptiste comme une mouche le cul d’un vache…attendant un hypothétique coup de queue pour se barrer (avec son portefeuille...). Il faut dire que Baptiste n’a rien arrangé en acceptant de danser avec elle une sorte de "sans pas" péruvien apparemment très à la mode ici. Simon et Mathieu tapent quand à eux la discute…
Il faudra attendre 22 heures pour voir débarquer "le freezer" (qui avait mystérieusement disparu avant le repas) accompagnée d’une amie (que nous appellerons "Ma’ Dalton") pas vraiment ragoûtante, et vraiment muette… Je fais signe à Ludivine que j’en ai plein le dos, elle hoche de la tête… Je me lève, Ludivine me suit. Il faudra trois bonnes minutes à Baptiste pour se séparer de son tricostéril de chaudière, apparemment en quête de son seau de charbon…
Nous rentrons finalement à l’hôtel, Simon et Mathieu semblant quant à eux chauds comme la braise (y en a une à qui ça va plaire !) pour faire la fête toute la nuit avec Ma’ Dalton et sa bande de pique-assiettes…
Nous saluons Ludivine et montons dans notre chambre pour nous endormir assez rapidement. Nous nous réveillons vers les dix heures, et partons visiter le si beau Lima, et notamment le quartier de "Miraflores" après un petit déj’ pas vraiment copieux, mais somme toute correct. Nous stoppons sur notre chemin, et payons notre billet pour Huaraz, départ le soir même, ne sentant Lima que très moyennement.
La ville est immense. Lima, c’est, en superficie, l’équivalent de Paris et de sa banlieue…un vrai dédale de rues dans tous les sens. "Miraflores" est à l’autre bout de la ville. Nous commençons à pied puis optons finalement pour un taxi à six soles…
Pourquoi ce quartier est-il aussi connu des touristes ?…sans doute car il est moins moche que les autres…et qu'il est au bord de la mer. La mer, ici, c’est pas vraiment les plages thaïlandaises, mais je pense sérieusement, après mûre réflexion que le ciel blanc, dégueu (que nous trimbalons depuis Nazca, avec une pause à Huacachina) y est pour quelques chose. Nous restons là une heure et des poussières, sans doute plus pour pouvoir se dire "on a un peu visité Lima" qu’autre chose…
Nous sommes de retour dans le centre vers les quinze heures. Nous tombons nez à nez avec Pablito, Rodrigo et la chaudière (Ma’ Dalton et le freezer ont disparu). Egalement deux autres jeunes femmes (on va pas leur donner de nom, on s’en fout). Pablito nous parle de la soirée d’hier, en regrettant amèrement que nous ne soyons pas restés jusqu’au bout. La chaudière en remet une couche, lorsque nous décidons de prendre congé…j’ai presque cru qu’elle allait se mettre à pleurer.
Notre bus est à 22 heures…et il est à peine 18 heures. Nous irons tuer le temps au ciné, devant "Bad Boys II", en qualité correct, bien loin de la version catastrophique que nous avions matée à Cusco. Nous sortons de la, les 21h 30 pointant le bout de leur nez, et débarquons à la station de bus, pile à l’heure.
Huit heures jusqu’à Huaraz…cela va encore nous faire débarquer à une heure impossible… Espérons que la beauté des paysages nous fasse oublier ce petit détail…
10 septembre 2003
Pisco - Pérou
Bon, on est motivés, la patate atomique Pisco ça va être génial... Hum... bon on repassera hein... Vrai qu’après le carnage Nazca, Ica (ou plutôt Huacachina) nous avait plutôt bien branchés... eh bien avec Pisco, nous allions tomber de haut. En bref, c’est gris, c’est moche, ça pue, et on s’y fait chier comme des rats morts...
Une petite heure de bus depuis Ica et nous y voilà. Pisco. Une heure, c’est court, et j’ai encore l’esprit dans les nibards de mes hollandaises du matin... encore à Huacachina...
Le bus nous dépose dans une rue pas centrale du tout, pas la moindre idée de là où nous sommes. Un des employés de notre hôtel de Huacachiuna nous avait vivement recommandé, connaissant notre destination suivante, un hôtel en bord de mer. Dit comme ça, ça peut le faire... Nous tendons le papier au chauffeur de taxi qui nous conduit donc, dare-dare, à l’endroit en question.
Triste, mort, gris, dépressif... donnez-moi un couteau que je me taille les veines! L’hôtel ressemble plus à la maison de la famille Adams qu’au Ritz. Non pas dans son architecture, une façade jaune plutôt clean, mais dans sa propreté... Le personnel d’entretien est-il en grève ?... question stupide, car à en juger par les cinq millimètres de poussière sablonneuse présente sur chaque meuble, et sur le sol, je dirais que le personnel d’entretien est juste inexistant.
Les lieux n’ont en réalité pas dû voir une serpillière depuis des lustres (et pas l’inverse, ça veut rien dire)... quant aux résidents des lieux, il semble que nous soyons les premiers depuis le mariage de la gérante, en juillet 69... en cherchant un peu nous aurions sans doute pu trouver des confettis d’époque, ou la jarretière de la mariée, coincée derrière un radiateur
Bref... si vous tenez tout de même à visiter l’endroit, ne vous posez pas la question "y a-t-il de l’eau chaude"... le mot "chaude" est en trop... Pour la douche, nous attendrons donc Lima, notre prochaine destination.
Nous sortons donc de l’endroit, le moral dans les pompes, et tombons donc nez à nez avec la plage. Pas trop "Alerte à Malibu" à vrai dire... Cette plage-là est en fait à l’image de notre hôtel: triste! Il y a du avoir de la vie ici, en un temps révolu... mais après tout, il y a, parait-il, aussi eu de la vie sur Mars.
On trouve des vestiges de ce que je suppose avoir été des palmiers, également une sorte de parvis rappelant la "promenade des anglais" de Nice... en plus vieux. Sol craquelé, couche de crasse sur le sol, vieux papiers, canettes vides... "la promenade des morts", l’endroit rêvé pour une petite partie de spiritisme à sensation.
Nous grimpons dans un taxi et gagnons le centre ville, en espérant y trouver, un tantinet plus d’animation.
Nous débarquons sur la "Plaza de Armas" (est- il encore utile de préciser son nom ?) et contemplons. Le ciel, lui n’a pas changé, toujours aussi blanc. La place est assez commune, pas vraiment originale. Du monde mais pas non plus les "Champs le 12 juillet 98". Nous tâchons avec Baptiste de mettre la main sur un hypothétique tour à la réserve naturelle de Paracas, raison d’être de cette ville n’ayant vraiment rien d’autre à offrir. La deuxième agence est la bonne.
Nous partirons demain matin (lever à six heures) pour un petit tour en bateau, direction les îles, non loin de la côte, afin d’observer pingouins et autres animaux divers et flore de toute sorte pendant trois heures de pur bonheur... Wow wow, je suis prêt à tirer un trait sur mes Hollandaises, le pied, trop cool, je kiff les pingouins…
Le tour booké, nous cassons la croûte dans un snack éclairé à la bougie (ah oui y a pas plus d'électricité dans le centre que d’eau dans notre hôtel... le Moyen-âge je vous dis!), faisons un petit tour dans les ruelles de la ville (qui s’animent tout de même un peu à la nuit tombée) et rentrons chez Morticia, chasser les esprits, pour un remake de "GhostBusters" (me suis pris pour Bill Murray l’espace d’un instant...) qui durera jusqu’au petit matin.
Six heures donc, nous sommes debout. On se brosse les dents au Pepsi (y a toujours pas d’eau...), prenons nos cliques et nos claques et fichons le camp d’ici !
Notre bus arrive, à la bourre. Nous avons, en attendant, tapé la discute avec trois moutards pouilleux, qui nous auront tout de même cassé les michokos pendant près de vingt minutes à baragouiner des trucs en espagnol sans s’occuper de savoir si oui ou non, nous entravions quelque chose "on parle pas spanish les merdeux!!!... vais vous envoyer creuser à Potosi moi !!!"... bon à l’évidence je ne suis pas de superbe humeur...
Le bus arrive donc, nous embarquons. Y a vraiment des jours ou il vaudrait mieux rester couché... genre aujourd’hui.
Le trajet en bus durera près de trente minutes, sous un ciel toujours aussi blanc, un paysage toujours aussi mort, et une humeur toujours aussi exécrable pour ma part (remarque Baptiste ne m’a pas sorti de blagues vaseuses depuis près de vingt minutes... pas trop la gouache non plus apparemment…).
Nous arrivons finalement à l’embarcadère, d’où nous partirons bientôt pour trois heures d’un bonheur intense. Nous nous amusons en attendant avec quatre pélicans. Un type, patibulaire s’approche de nous et nous réclame de la tune. Situation plutôt comique quand on connaît l’état d’esprit dans lequel nous sommes. "Ben voyons, j’ai pas de liquide, tu prends l’Am Ex?"... en deux mots l’homme ne nous cassera plus les bonbons jusqu’à notre départ et fera même un détour pour ne plus croiser notre chemin.
La palme, la cerise sur l’Oréo, la goutte d’eau qui fera déborder le pot de chambre viendra de l’homme qui, un peu péteux tout de même nous annoncera : "dong dong dong, par suite d’un problème technique, le bateau de huit heures à destination des îles aux Pingouins est annulé"... Bon Jule, on respire, OUSSSAAA... on souffle et on reste calme. Le lascar prétextera un trop-plein de vent, et nous remboursera les huit $US que nous avions déboursés pour ce tour sans faire trop d’histoires (valait mieux pas...).
Nous revenons sur Pisco (génial!) à bord d’un minibus maxi-pourri (mais est-ce vraiment important?) et chopons, après un petit déj’ au prix exorbitant de neuf soles (saloperie de voleurs!... remarque tant qu’ils trouvent des cons pour payer...) un taxi direction le terminal terrestre d’où partira notre bus pour Lima.
Trois heures de route. Je n’attends rien de Lima, on n’a pas cessé de nous répéter que c’était gris et moche. Imaginez un peu mon humeur en grimpant dans le bus...
Une petite heure de bus depuis Ica et nous y voilà. Pisco. Une heure, c’est court, et j’ai encore l’esprit dans les nibards de mes hollandaises du matin... encore à Huacachina...
Le bus nous dépose dans une rue pas centrale du tout, pas la moindre idée de là où nous sommes. Un des employés de notre hôtel de Huacachiuna nous avait vivement recommandé, connaissant notre destination suivante, un hôtel en bord de mer. Dit comme ça, ça peut le faire... Nous tendons le papier au chauffeur de taxi qui nous conduit donc, dare-dare, à l’endroit en question.
Triste, mort, gris, dépressif... donnez-moi un couteau que je me taille les veines! L’hôtel ressemble plus à la maison de la famille Adams qu’au Ritz. Non pas dans son architecture, une façade jaune plutôt clean, mais dans sa propreté... Le personnel d’entretien est-il en grève ?... question stupide, car à en juger par les cinq millimètres de poussière sablonneuse présente sur chaque meuble, et sur le sol, je dirais que le personnel d’entretien est juste inexistant.
Les lieux n’ont en réalité pas dû voir une serpillière depuis des lustres (et pas l’inverse, ça veut rien dire)... quant aux résidents des lieux, il semble que nous soyons les premiers depuis le mariage de la gérante, en juillet 69... en cherchant un peu nous aurions sans doute pu trouver des confettis d’époque, ou la jarretière de la mariée, coincée derrière un radiateur
Bref... si vous tenez tout de même à visiter l’endroit, ne vous posez pas la question "y a-t-il de l’eau chaude"... le mot "chaude" est en trop... Pour la douche, nous attendrons donc Lima, notre prochaine destination.
Nous sortons donc de l’endroit, le moral dans les pompes, et tombons donc nez à nez avec la plage. Pas trop "Alerte à Malibu" à vrai dire... Cette plage-là est en fait à l’image de notre hôtel: triste! Il y a du avoir de la vie ici, en un temps révolu... mais après tout, il y a, parait-il, aussi eu de la vie sur Mars.
On trouve des vestiges de ce que je suppose avoir été des palmiers, également une sorte de parvis rappelant la "promenade des anglais" de Nice... en plus vieux. Sol craquelé, couche de crasse sur le sol, vieux papiers, canettes vides... "la promenade des morts", l’endroit rêvé pour une petite partie de spiritisme à sensation.
Nous grimpons dans un taxi et gagnons le centre ville, en espérant y trouver, un tantinet plus d’animation.
Nous débarquons sur la "Plaza de Armas" (est- il encore utile de préciser son nom ?) et contemplons. Le ciel, lui n’a pas changé, toujours aussi blanc. La place est assez commune, pas vraiment originale. Du monde mais pas non plus les "Champs le 12 juillet 98". Nous tâchons avec Baptiste de mettre la main sur un hypothétique tour à la réserve naturelle de Paracas, raison d’être de cette ville n’ayant vraiment rien d’autre à offrir. La deuxième agence est la bonne.
Nous partirons demain matin (lever à six heures) pour un petit tour en bateau, direction les îles, non loin de la côte, afin d’observer pingouins et autres animaux divers et flore de toute sorte pendant trois heures de pur bonheur... Wow wow, je suis prêt à tirer un trait sur mes Hollandaises, le pied, trop cool, je kiff les pingouins…
Le tour booké, nous cassons la croûte dans un snack éclairé à la bougie (ah oui y a pas plus d'électricité dans le centre que d’eau dans notre hôtel... le Moyen-âge je vous dis!), faisons un petit tour dans les ruelles de la ville (qui s’animent tout de même un peu à la nuit tombée) et rentrons chez Morticia, chasser les esprits, pour un remake de "GhostBusters" (me suis pris pour Bill Murray l’espace d’un instant...) qui durera jusqu’au petit matin.
Six heures donc, nous sommes debout. On se brosse les dents au Pepsi (y a toujours pas d’eau...), prenons nos cliques et nos claques et fichons le camp d’ici !
Notre bus arrive, à la bourre. Nous avons, en attendant, tapé la discute avec trois moutards pouilleux, qui nous auront tout de même cassé les michokos pendant près de vingt minutes à baragouiner des trucs en espagnol sans s’occuper de savoir si oui ou non, nous entravions quelque chose "on parle pas spanish les merdeux!!!... vais vous envoyer creuser à Potosi moi !!!"... bon à l’évidence je ne suis pas de superbe humeur...
Le bus arrive donc, nous embarquons. Y a vraiment des jours ou il vaudrait mieux rester couché... genre aujourd’hui.
Le trajet en bus durera près de trente minutes, sous un ciel toujours aussi blanc, un paysage toujours aussi mort, et une humeur toujours aussi exécrable pour ma part (remarque Baptiste ne m’a pas sorti de blagues vaseuses depuis près de vingt minutes... pas trop la gouache non plus apparemment…).
Nous arrivons finalement à l’embarcadère, d’où nous partirons bientôt pour trois heures d’un bonheur intense. Nous nous amusons en attendant avec quatre pélicans. Un type, patibulaire s’approche de nous et nous réclame de la tune. Situation plutôt comique quand on connaît l’état d’esprit dans lequel nous sommes. "Ben voyons, j’ai pas de liquide, tu prends l’Am Ex?"... en deux mots l’homme ne nous cassera plus les bonbons jusqu’à notre départ et fera même un détour pour ne plus croiser notre chemin.
La palme, la cerise sur l’Oréo, la goutte d’eau qui fera déborder le pot de chambre viendra de l’homme qui, un peu péteux tout de même nous annoncera : "dong dong dong, par suite d’un problème technique, le bateau de huit heures à destination des îles aux Pingouins est annulé"... Bon Jule, on respire, OUSSSAAA... on souffle et on reste calme. Le lascar prétextera un trop-plein de vent, et nous remboursera les huit $US que nous avions déboursés pour ce tour sans faire trop d’histoires (valait mieux pas...).
Nous revenons sur Pisco (génial!) à bord d’un minibus maxi-pourri (mais est-ce vraiment important?) et chopons, après un petit déj’ au prix exorbitant de neuf soles (saloperie de voleurs!... remarque tant qu’ils trouvent des cons pour payer...) un taxi direction le terminal terrestre d’où partira notre bus pour Lima.
Trois heures de route. Je n’attends rien de Lima, on n’a pas cessé de nous répéter que c’était gris et moche. Imaginez un peu mon humeur en grimpant dans le bus...
09 septembre 2003
Ica - Pérou
C’est après trois heures supplémentaires de bus depuis cette si jolie ville qu’est Nazca (quelle fatigue !) que nous débarquons à Ica.
Désolé de tout le temps râler... mais franchement, l’endroit semble à peine moins crados que celui d’où nous venons.
Si Ica est populaire c’est en fait plus pour les monumentales dunes qui entourent la ville que pour la ville en elle-même. Le désert d’Ica, c’est vraiment quelque chose...
Un homme nous hèle à la sortie du bus et nous propose de nous emmener à Huacachina, une oasis au milieu du désert... et pourtant à juste cinq minutes en voiture de là où nous nous trouvons... Incroyable mais vrai. Pas plus d’une poignée de secondes après être grimpés dans le taxi, nous sommes au milieu des dunes (des dunes gigantesques) et encore quelques minutes plus tard, devant notre hôtel.
L’endroit semble plutôt sympathique. Notre chambre est au bord de la piscine, et de l’autre côté de celle-ci, un bar servant cocktails et boissons fraîches à toute heure de la journée. Le soleil brille, des hamacs nous tendent les cordons, juste histoire de récupérer des trop nombreuses heures de bus que nous venons de nous taper. Je pose mon cul dans l’un d’eux, et achève le livre que Gwendoline m’avait généreusement offert peu avant notre départ de Cusco. "L’amour dure trois ans" ou un Beigbeder torturé nous compte l’une de ses histoires d’amour, pas vraiment des plus simple (mais ces deux mots font-ils vraiment bon ménage ?).
Je m’endors ensuite en pensant à tout ça. Les lignes de Nazca, les dunes de Huacachina, Mel et Gwen, l’amour dure-t’il trois ans, l’amour dure-t’il , pourquoi la vie, pourquoi la mort, pourquoi le vent, et bien sûr Laetitia Casta (y avait longtemps)…
J’ai une patate d’enfer lorsque j’ouvre les yeux... besoin de bouger. Je secoue Baptiste comme un prunier "hey, on monte la dune, ça te branche?"... vingt-cinq minutes plus tard nous sommes au sommet... le fait d’être plus proche des cieux doit apparemment être propice aux miracles car c’est bel et bien à un putain de miracle que nous allons assister.
Nous sommes bien sur place à lutter contre un vent de tous les diables, chargé d’un sable plus fin que la taille de Carla Bruni, qui nous pique la gueule et nous met du croquant dans la bouche, lorsque nous voyons apparaître, derrière une dune, une jeune fille d’une vingtaine d’années, planche de sandboard sous le bras... rien de miraculeux jusqu'à présent. La jeune fille s’approche de nous (normal), nous parle (normal) et nous paraît plutôt sympathique (ça se tient jusque-la...).
Le miracle viendra après que nous ayons, en cœur posé la question "where are you from ?" car tenez-vous bien : Anat (c’est son nom) est Israélienne…
Gasp! stupeur, effroie, toute une théorie qui se casse la gueule en à peine trois mots, un "I’m from Israel" qui résonne encore dans ma tête comme le gong de la boule de Fort Boyard (le gros qui donnait le départ du compte à rebours). Le fait que l'on me prouve que la terre n'est pas ronde m’aurait je crois moins étonné...
Mes doigts tremblent au moment où j’écris, mais forcé de reconnaître que Anat est une jeune fille tout ce qu’il y a de plus sympathique. Nous passerons tous les deux la soirée au bar à discuter de tout et de rien (Baptiste dort pendant ce temps, sans doute un peu choqué par l’évènement), dans un anglais qui m’apparaîtra clair. La soirée sera limpide, géniale, en sa compagnie, ainsi qu’avec Annette et Lisa, espagnoles d’origine, et Ariel le barman... israélien aussi (putain mais il m’arrive quoi là ??)... Une excellente soirée à boire de la bière et des cocktails (Pisco Sour et Caipirusca)... Anat dormira même dans notre chambre (Baptiste n’en croira pas ses yeux lorsqu’il la verra débarquer en ma compagnie à deux heures du mat’) soi-disant pas très rassurée par son compagnon de dortoir, jeune homme plutôt louche ne transpirant apparemment pas la confiance (je précise que notre chambre compte trois lits SIMPLES !!).
Je m’endors, bien dans ma peau, le sentiment d’avoir passée un journée utile, riche en découvertes, à l’image de Christophe Colomb, un soir de 1492…
Le soleil est déjà haut lorsque nous ouvrons les yeux. C’est au bar, en compagnie de Baptiste, Anat (notre nouvelle super copine israélienne... trop fou !!) et un couple de québécois que nous savourons un copieux petit déjeuner. Tous les éléments sont réunis pour une bonne journée... l’humeur est joviale, en bref, tout roule.
L’attraction principale de l’endroit étant le sandboard (du surf sur les dunes) je décide de me laisser tenter par un petit tour de deux heures et demie à douze $US, en buggy dans les dunes de sables. A 10h 45, nous voilà partis.
Le buggy est en fait un "Ford Bronco", imposant 4x4 américain, modifié, et ressemblant à présent plus à une voiture lunaire qu’autre chose. A son bord, huit personnes. Le couple québécois du matin, ainsi que Daniel et Emily, couple d’origine anglaise établi à Paris (et parlant un Français parfait, sans le moindre accent... édifiant !), Anat et sa toute nouvelle compagne de chambre, elle aussi israélienne (pas hypra causante, ça va aller les miracles pour ce mois-ci!...), notre chauffeur, et moi-même. Nous roulons à fond de cinq dans les dunes. Autant de sensations que dans les montagnes russes, quelque chose d’unique. Nous stoppons ça et là pour dévaler sur nos planches (que nous badigeonnons de cire avant chaque descente) des dunes toutes plus imposantes les unes que les autres. Pour résumer, deux heures et demie vraiment agréables, et occupées de la façon la plus originale qui soit...
De retour à l’hôtel, une petite baignade dans la piscine, juste hitoire de retirer le sable que j’ai dans les oreilles, et nous sommes déjà sur le départ.
Je fais la bise (mon dieu mais qu’écris- je !?) à Anat en espérant la revoir quelques jours plus tard à Huaraz.
C’est au moment précis où je m’apprêtais à vraiment partir que deux hollandaises atomiques, fraîchement arrivées à l’hôtel, engagent la conversation. Je n’ai rien demandé à personne, ni fait mon gros relou pendant dix minutes pour me faire remarquer, rien calculé du tout. Elles semblent fort sympathiques... mais le taxi attend... je n’aurais même pas le temps de connaître leurs prénoms. Elles ont bien choisi leur moment pour la ramener, celles-là "JE DOIS PARTIR BORDEL !".
C’est la mort dans l’âme que je monte dans ce fichu taxi. Pisco a intérêt à être bien parce que là, j’ai les glandes !!
Nous tâcherons de choper un bus à la gare centrale. Il y en a apparemment toutes les demi-heures.
Nous devrions être à Pisco en début d’après- midi... ça va être génial... il le faut (ou sinon je casse la gueule au premier que je croise)...
Désolé de tout le temps râler... mais franchement, l’endroit semble à peine moins crados que celui d’où nous venons.
Si Ica est populaire c’est en fait plus pour les monumentales dunes qui entourent la ville que pour la ville en elle-même. Le désert d’Ica, c’est vraiment quelque chose...
Un homme nous hèle à la sortie du bus et nous propose de nous emmener à Huacachina, une oasis au milieu du désert... et pourtant à juste cinq minutes en voiture de là où nous nous trouvons... Incroyable mais vrai. Pas plus d’une poignée de secondes après être grimpés dans le taxi, nous sommes au milieu des dunes (des dunes gigantesques) et encore quelques minutes plus tard, devant notre hôtel.
L’endroit semble plutôt sympathique. Notre chambre est au bord de la piscine, et de l’autre côté de celle-ci, un bar servant cocktails et boissons fraîches à toute heure de la journée. Le soleil brille, des hamacs nous tendent les cordons, juste histoire de récupérer des trop nombreuses heures de bus que nous venons de nous taper. Je pose mon cul dans l’un d’eux, et achève le livre que Gwendoline m’avait généreusement offert peu avant notre départ de Cusco. "L’amour dure trois ans" ou un Beigbeder torturé nous compte l’une de ses histoires d’amour, pas vraiment des plus simple (mais ces deux mots font-ils vraiment bon ménage ?).
Je m’endors ensuite en pensant à tout ça. Les lignes de Nazca, les dunes de Huacachina, Mel et Gwen, l’amour dure-t’il trois ans, l’amour dure-t’il , pourquoi la vie, pourquoi la mort, pourquoi le vent, et bien sûr Laetitia Casta (y avait longtemps)…
J’ai une patate d’enfer lorsque j’ouvre les yeux... besoin de bouger. Je secoue Baptiste comme un prunier "hey, on monte la dune, ça te branche?"... vingt-cinq minutes plus tard nous sommes au sommet... le fait d’être plus proche des cieux doit apparemment être propice aux miracles car c’est bel et bien à un putain de miracle que nous allons assister.
Nous sommes bien sur place à lutter contre un vent de tous les diables, chargé d’un sable plus fin que la taille de Carla Bruni, qui nous pique la gueule et nous met du croquant dans la bouche, lorsque nous voyons apparaître, derrière une dune, une jeune fille d’une vingtaine d’années, planche de sandboard sous le bras... rien de miraculeux jusqu'à présent. La jeune fille s’approche de nous (normal), nous parle (normal) et nous paraît plutôt sympathique (ça se tient jusque-la...).
Le miracle viendra après que nous ayons, en cœur posé la question "where are you from ?" car tenez-vous bien : Anat (c’est son nom) est Israélienne…
Gasp! stupeur, effroie, toute une théorie qui se casse la gueule en à peine trois mots, un "I’m from Israel" qui résonne encore dans ma tête comme le gong de la boule de Fort Boyard (le gros qui donnait le départ du compte à rebours). Le fait que l'on me prouve que la terre n'est pas ronde m’aurait je crois moins étonné...
Mes doigts tremblent au moment où j’écris, mais forcé de reconnaître que Anat est une jeune fille tout ce qu’il y a de plus sympathique. Nous passerons tous les deux la soirée au bar à discuter de tout et de rien (Baptiste dort pendant ce temps, sans doute un peu choqué par l’évènement), dans un anglais qui m’apparaîtra clair. La soirée sera limpide, géniale, en sa compagnie, ainsi qu’avec Annette et Lisa, espagnoles d’origine, et Ariel le barman... israélien aussi (putain mais il m’arrive quoi là ??)... Une excellente soirée à boire de la bière et des cocktails (Pisco Sour et Caipirusca)... Anat dormira même dans notre chambre (Baptiste n’en croira pas ses yeux lorsqu’il la verra débarquer en ma compagnie à deux heures du mat’) soi-disant pas très rassurée par son compagnon de dortoir, jeune homme plutôt louche ne transpirant apparemment pas la confiance (je précise que notre chambre compte trois lits SIMPLES !!).
Je m’endors, bien dans ma peau, le sentiment d’avoir passée un journée utile, riche en découvertes, à l’image de Christophe Colomb, un soir de 1492…
Le soleil est déjà haut lorsque nous ouvrons les yeux. C’est au bar, en compagnie de Baptiste, Anat (notre nouvelle super copine israélienne... trop fou !!) et un couple de québécois que nous savourons un copieux petit déjeuner. Tous les éléments sont réunis pour une bonne journée... l’humeur est joviale, en bref, tout roule.
L’attraction principale de l’endroit étant le sandboard (du surf sur les dunes) je décide de me laisser tenter par un petit tour de deux heures et demie à douze $US, en buggy dans les dunes de sables. A 10h 45, nous voilà partis.
Le buggy est en fait un "Ford Bronco", imposant 4x4 américain, modifié, et ressemblant à présent plus à une voiture lunaire qu’autre chose. A son bord, huit personnes. Le couple québécois du matin, ainsi que Daniel et Emily, couple d’origine anglaise établi à Paris (et parlant un Français parfait, sans le moindre accent... édifiant !), Anat et sa toute nouvelle compagne de chambre, elle aussi israélienne (pas hypra causante, ça va aller les miracles pour ce mois-ci!...), notre chauffeur, et moi-même. Nous roulons à fond de cinq dans les dunes. Autant de sensations que dans les montagnes russes, quelque chose d’unique. Nous stoppons ça et là pour dévaler sur nos planches (que nous badigeonnons de cire avant chaque descente) des dunes toutes plus imposantes les unes que les autres. Pour résumer, deux heures et demie vraiment agréables, et occupées de la façon la plus originale qui soit...
De retour à l’hôtel, une petite baignade dans la piscine, juste hitoire de retirer le sable que j’ai dans les oreilles, et nous sommes déjà sur le départ.
Je fais la bise (mon dieu mais qu’écris- je !?) à Anat en espérant la revoir quelques jours plus tard à Huaraz.
C’est au moment précis où je m’apprêtais à vraiment partir que deux hollandaises atomiques, fraîchement arrivées à l’hôtel, engagent la conversation. Je n’ai rien demandé à personne, ni fait mon gros relou pendant dix minutes pour me faire remarquer, rien calculé du tout. Elles semblent fort sympathiques... mais le taxi attend... je n’aurais même pas le temps de connaître leurs prénoms. Elles ont bien choisi leur moment pour la ramener, celles-là "JE DOIS PARTIR BORDEL !".
C’est la mort dans l’âme que je monte dans ce fichu taxi. Pisco a intérêt à être bien parce que là, j’ai les glandes !!
Nous tâcherons de choper un bus à la gare centrale. Il y en a apparemment toutes les demi-heures.
Nous devrions être à Pisco en début d’après- midi... ça va être génial... il le faut (ou sinon je casse la gueule au premier que je croise)...
08 septembre 2003
Nazca - Pérou
Nazca c’est naz... Voici l’exemple parfait de la ville ayant bâti sa popularité sur une seule et unique attraction que je ne suis pas à même de juger intéressante ou non, pour la bonne et simple raison que nous ne l’avons que très brièvement survolée... ou plutôt non, nous ne l’avons pas survolée, et c’est bien là le problème.
Nous arrivons sur place au petit matin à bord de notre bus poubelle (si vous passez dans le coin, évitez la société TEPSA pour ce qui est de vos déplacements... une honte !) à bord duquel, ni Baptiste ni moi ne sommes parvenus à trouver le sommeil de toute la nuit.
Même rituel qu’à l’accoutumée : tâcher de trouver un hôtel. La fatigue nous fait faire confiance au premier lascar nous tendant sa carte. Cinq minutes plus tard, nous sommes dans le hall en train de nous faire expliquer qu'il faudra attendre le check-out de 9h 30 pour qu’une chambre se libère... et il est six heures du matin. Nous nous posons dans un canapé, tournons en rond, sortons prendre l’air pour finalement craquer au bout d’une heure et demie et partir à la recherche d’un endroit avec des chambres dispos immédiatement.
Nous reprenons nos sacs et marchons deux cents mètres avant de nous faire rattraper par le même homme qu’à notre sortie du bus. Il prétend pouvoir nous trouver une autre chambre, nous montons dans son taxi. Trois hôtels plus tard, verdict: tout est full pour cause, semble-t-il, de festival. L’homme nous conseille finalement de voir les lignes dès aujourd’hui, et de décamper direction Ica l’après-midi même... Nous n’avons pas dormi mais avons-nous vraiment le choix ?
Nazca sur terre, ce n’est pas à proprement parler folichon. Ce n’est en fait pas la ville elle-même qui est intéréssante, mais bel et bien le désert qui la jouxte. Un paysage vide, plat, sec et caillouteux. Disséminés un peu partout sur plusieurs hectares, des dessins divers représentant des animaux pour la plupart (le singe, le lézard, l’araignée... ), ou divers autres thèmes (l’arbre, les mains, l’astronaute... ).
Le problème est le suivant: deux possibilités s’offrent aux touristes. La première, débourser quarante $US pour un tour de quarante minutes en avion à survoler la quasi totalité des dessins. La seconde, un tour en taxi à 25 soles jusqu’au mirador d’où il est posssible d’observer trois des dessins que compte le désert... et pas les plus impressionnants. La faute à un budget ric-rac, nous optons pour cette solution.
Grosse aberration, la route que nous avons prise avec le taxi, construite en 1972, coupe en son centre l’une des trois figures en question, la rendant quasiment méconnaissable. Ainsi le lézard, l’une des figures majeures, longue de 180 mètres n’a plus vraiment d’intérêt (on distingue encore une des pattes avant et la queue).
Notre déception n’a d’égal que la frustration de ne point pouvoir débourser la somme nécessaire pour survoler le tout... ç’aurait été sans nul doute possible mais pas vraiment raisonnable. Nous nous sommes donc contentés de l’arbre, des mains et du demi-lézard, ainsi que de la butte, quelques centaines de mètres avant le mirador, d’où partent plus d’une dizaine de lignes d’une droiture quasi parfaite, disparaissant à l’horizon...
Les autres figures n’étaient pas à notre portée, et ni le singe, et ses 90 mètres, ni l’alcatraz, la figure majeure, et ses 285 mètres ne se sont laissées prendre par nos objectifs... une autre fois peut-être...
Nous filons, direction Ica, quatre heures à peine après notre arrivée à Nazca.
Nous payons notre ticket avec un goût amer dans la bouche, non pas à cause du prix (pour une fois) mais avec le sentiment d’avoir loupé quelques chose de grand...
On va surfer sur les dunes, ça va nous changer les idées... A vos planches !
Nous arrivons sur place au petit matin à bord de notre bus poubelle (si vous passez dans le coin, évitez la société TEPSA pour ce qui est de vos déplacements... une honte !) à bord duquel, ni Baptiste ni moi ne sommes parvenus à trouver le sommeil de toute la nuit.
Même rituel qu’à l’accoutumée : tâcher de trouver un hôtel. La fatigue nous fait faire confiance au premier lascar nous tendant sa carte. Cinq minutes plus tard, nous sommes dans le hall en train de nous faire expliquer qu'il faudra attendre le check-out de 9h 30 pour qu’une chambre se libère... et il est six heures du matin. Nous nous posons dans un canapé, tournons en rond, sortons prendre l’air pour finalement craquer au bout d’une heure et demie et partir à la recherche d’un endroit avec des chambres dispos immédiatement.
Nous reprenons nos sacs et marchons deux cents mètres avant de nous faire rattraper par le même homme qu’à notre sortie du bus. Il prétend pouvoir nous trouver une autre chambre, nous montons dans son taxi. Trois hôtels plus tard, verdict: tout est full pour cause, semble-t-il, de festival. L’homme nous conseille finalement de voir les lignes dès aujourd’hui, et de décamper direction Ica l’après-midi même... Nous n’avons pas dormi mais avons-nous vraiment le choix ?
Nazca sur terre, ce n’est pas à proprement parler folichon. Ce n’est en fait pas la ville elle-même qui est intéréssante, mais bel et bien le désert qui la jouxte. Un paysage vide, plat, sec et caillouteux. Disséminés un peu partout sur plusieurs hectares, des dessins divers représentant des animaux pour la plupart (le singe, le lézard, l’araignée... ), ou divers autres thèmes (l’arbre, les mains, l’astronaute... ).
Le problème est le suivant: deux possibilités s’offrent aux touristes. La première, débourser quarante $US pour un tour de quarante minutes en avion à survoler la quasi totalité des dessins. La seconde, un tour en taxi à 25 soles jusqu’au mirador d’où il est posssible d’observer trois des dessins que compte le désert... et pas les plus impressionnants. La faute à un budget ric-rac, nous optons pour cette solution.
Grosse aberration, la route que nous avons prise avec le taxi, construite en 1972, coupe en son centre l’une des trois figures en question, la rendant quasiment méconnaissable. Ainsi le lézard, l’une des figures majeures, longue de 180 mètres n’a plus vraiment d’intérêt (on distingue encore une des pattes avant et la queue).
Notre déception n’a d’égal que la frustration de ne point pouvoir débourser la somme nécessaire pour survoler le tout... ç’aurait été sans nul doute possible mais pas vraiment raisonnable. Nous nous sommes donc contentés de l’arbre, des mains et du demi-lézard, ainsi que de la butte, quelques centaines de mètres avant le mirador, d’où partent plus d’une dizaine de lignes d’une droiture quasi parfaite, disparaissant à l’horizon...
Les autres figures n’étaient pas à notre portée, et ni le singe, et ses 90 mètres, ni l’alcatraz, la figure majeure, et ses 285 mètres ne se sont laissées prendre par nos objectifs... une autre fois peut-être...
Nous filons, direction Ica, quatre heures à peine après notre arrivée à Nazca.
Nous payons notre ticket avec un goût amer dans la bouche, non pas à cause du prix (pour une fois) mais avec le sentiment d’avoir loupé quelques chose de grand...
On va surfer sur les dunes, ça va nous changer les idées... A vos planches !
01 septembre 2003
Cusco - Pérou
On en aura pris plein les mirettes. Du temple inca, en veux-tu en voilà. De la pierre de taille dans tous les sens, de la ruine à foison... et le plus drôle c’est que ce n’est pas fini...
C’est la tête encore dans les cumulus (un peu dans l’anus aussi... il est six heures du mat’) que nous grimpons dans notre train pour Ollantaytambo. Il fait nuit, il fait froid... et mon sac est toujours aussi lourd (même un peu plus lourd, la faute à mon maillot de bain pas encore sec de ma baignade de la veille... en plus il pue le soufre...). Nous marchons tous les quatre au radar... mais parvenons tout de même à payer les douze $US (comme à l’aller, putain d’un coup ça réveille, ça !) que coûte le billet.
Nous prenons place en face d’un gars et d'une fille (chouchou et loulou ?) que j’aurais juré être un couple. Monumentale erreur, Anne et Philippe sont en fait de simples amis. Elle, parisienne jusqu’au bout des ongles (ses premières paroles à notre égard : "bon ils font quoi, ils s’appellent comment... allons-y, j’ai pas tout mon temps…"…un peu exagéré, ok…), lui, look israélo-baba-cool, farfelu et rigolo…
Nous passons les deux heures nous séparant de notre destination à tenter de nous découvrir. Conversation proche du vide qui ne nous mènera nulle part si ce n’est à de nombreuses crises de rire… Nous cernerons tout de même à notre arrivée à Ollantaytambo, la complexité des deux personnages que nous venons de rencontrer. Nos suissesses, quant à elles, se sont volatilisées. Nous ne les reverrons qu’à Cusco.
Nous partageons le bus de retour avec nos deux nouveaux amis, donc, ainsi qu’une Finlandaise octolingue (euh…bilingue x 4) de qui j’aurais volontiers reçu quelques cours (et je parle pas de repassage)…
De retour à Cusco, c’est immédiatement retour à l’hôtel, pause cagoince et douche, et repas, les treize heures pile, en compagnie du couple infernal (nos suissesses dorment, un peu claquées par le voyage) avec qui je suis fermement décidé à enfin aborder un sujet sérieux et construire une conversation… Nous passons plus d’une heure à table à dire n’importe quoi, genre :
«
Jule : et tu fais quoi dans la vie ?
Philippe : ben je travaille dans l’informatique
Anne : tiens y a du guacamole en entrée...
Jule : et ça fait longtemps ?
Baptiste : combien ça coûte ?
Philippe : trois Jule : ah oui trois ans ça fait un bail…
Anne : non, trois soles c’est le prix du guacamole !
Baptiste : c’est cher !…mais le menu il est à combien ?
Anne : et vous vous avez quel âge tous les deux ?
Jule : 18
Philippe : la vache vous faites plus vieux !
Baptiste : non, 18 c’est le prix du menu !
Jule : ah tiens y a du guacamole en entrée…
»
…comme ça pendant deux heures…à vous filer des maux de tête…
Bref, nous sortons du resto le ventre plein et le regard vide…et nous dirigeons…vers le cybercafé (pour soigner les migraines, on a vu mieux…).
Nous y restons une bonne moitié de demi- douzaine d’heures (ça fait trois heures, bingo !) puis remontons lentement vers l’hôtel afin de nous préparer pour le repas du soir.
Nous sommes huit à partager un repas ultra économique à trois soles. Se sont ajoutés au groupe, en plus de Anne, Philippe, Gwendoline, Mélanie, Baptiste et moi-même, Alix, français d’origine partageant le même hôtel que chouchou et loulou, et Tania, une allemande avec qui nous avions déjà trinqué à Sucre et Potosi (oui…Chloé, je sais…).
Je suis à cinquante pour cent de mes capacités, tiraillé par un mal de dos exigeant un massage le plus rapidement possible. Manque de bol, la soirée n’en est qu’à ses balbutiements…
Après le resto, direction le Mama Africa, boîte de nuits un peu rétro (après réflexion, toute l’Amérique du Sud est un peu rétro…) que je tente d’apprécier cloué sur mon fauteuil. Je prend congé, les une heure du mat’ venant juste de sonner, et laisse la joyeuse équipe s’amuser, remontant quant à moi, seul, jusqu’aux draps froids de ma chambre d’hôtel.
Pour plus de détails sur cette petite sauterie, mieux vaut consulter Baptiste qui, à en juger par son lit, toujours vide et bordé, les dix heures du matin passées, a su pleinement profiter de sa nuit (gros con va!...). Je me lève (et je bouscule personne puisque, si vous avez suivi, Baptiste à découché... et de toute façon on dort pas dans le même lit) et savoure pendant plusieurs longues minutes, une douche chaude et bienfaisante.
Nous prenons ensuite avec les deux miss et Baptiste la gueule dans le cul, sorti d’on ne sait où, la direction d’un resto où nous devions, en théorie, retrouver Philippe et Anne (ils ne vinrent jamais...).
Nous bookons ensuite pour une petite balade à cheval le jour suivant pour la modique sommes de quinze soles, et prenons par la même occasion nos billets direction Arequipa, pour le surlendemain.
Le reste de la journée sera plutôt cool. C’est dans ma chambre que je reçois, de la part de Mélanie et ses mains de fée, un anthologique massage (avec crème et tout le tralala…) qui me fera passer mon mal de dos, pour le reste de la soirée, du moins. Nous rejoignent par la suite Gwendoline, Baptiste, Anne, Philippe, et Juliette partageant elle aussi le même hôtel que nos deux acolytes Français.
Une dégustation de mathé (le thé local apparemment…j’ai pas goûté à vrai dire…) nous voici dans le même restaurant à dix soles que le premier jour (voir "les septs boules de cristal") à déguster un repas n’ayant en rien perdu de sa qualité. Un taxi attend Philippe et Anne direction le terminal terrestre, d’où un bus les emmènera jusqu’à Puno, puis l’île de Taquile, sur le lac Titicaca.
Nous rentrons quant à nous à l’hôtel, la nuit de la veille ayant été un peu chargée (pour certains surtout... m’enfin moi je dis ça, je dis rien...).
Journée hippique que celle du lendemain. C’est à douze heures pile que nous grimpons dans le taxi chargé de nous emmener jusqu’à nos montures (des chevaux, simplement des chevaux…). La première étape est le temple "Sacsayhuaman" que Paul (oui, oui, le luxembourgeois de Potosi…rien à ajouter au sujet de cette ville…) nous avait vivement conseillé d’aller voir. Le site est en piteux état mais la base, intacte, laissant apparaître des pierres monumentales, laisse imaginer l’ampleur de l’édifice avant sa destruction.
Nous parcourons ensuite, à dos de cheval, pas moins de trois temples supplémentaires (on laisse les chevaux à l’entrée, tout de même) "Qenko", "Puca Pucara" et "Tambo Machay". Nous regagnons ensuite Cusco, un peu fatigués mais avec des images plein la tête (et du crottin plein les pompes...).
Un ultime pot en compagnie de nos suissesses d’amour, des accolades chaleureuses et des bisous dans les coins, et nous voilà partis pour de nouvelles aventures, à bord, encore une fois d’un bus (je ne peux plus les voir... moi je dis "vive le RER !"...).
Nous devrions atteindre notre objectif au petit matin, bien décalqués...
C’est la tête encore dans les cumulus (un peu dans l’anus aussi... il est six heures du mat’) que nous grimpons dans notre train pour Ollantaytambo. Il fait nuit, il fait froid... et mon sac est toujours aussi lourd (même un peu plus lourd, la faute à mon maillot de bain pas encore sec de ma baignade de la veille... en plus il pue le soufre...). Nous marchons tous les quatre au radar... mais parvenons tout de même à payer les douze $US (comme à l’aller, putain d’un coup ça réveille, ça !) que coûte le billet.
Nous prenons place en face d’un gars et d'une fille (chouchou et loulou ?) que j’aurais juré être un couple. Monumentale erreur, Anne et Philippe sont en fait de simples amis. Elle, parisienne jusqu’au bout des ongles (ses premières paroles à notre égard : "bon ils font quoi, ils s’appellent comment... allons-y, j’ai pas tout mon temps…"…un peu exagéré, ok…), lui, look israélo-baba-cool, farfelu et rigolo…
Nous passons les deux heures nous séparant de notre destination à tenter de nous découvrir. Conversation proche du vide qui ne nous mènera nulle part si ce n’est à de nombreuses crises de rire… Nous cernerons tout de même à notre arrivée à Ollantaytambo, la complexité des deux personnages que nous venons de rencontrer. Nos suissesses, quant à elles, se sont volatilisées. Nous ne les reverrons qu’à Cusco.
Nous partageons le bus de retour avec nos deux nouveaux amis, donc, ainsi qu’une Finlandaise octolingue (euh…bilingue x 4) de qui j’aurais volontiers reçu quelques cours (et je parle pas de repassage)…
De retour à Cusco, c’est immédiatement retour à l’hôtel, pause cagoince et douche, et repas, les treize heures pile, en compagnie du couple infernal (nos suissesses dorment, un peu claquées par le voyage) avec qui je suis fermement décidé à enfin aborder un sujet sérieux et construire une conversation… Nous passons plus d’une heure à table à dire n’importe quoi, genre :
«
Jule : et tu fais quoi dans la vie ?
Philippe : ben je travaille dans l’informatique
Anne : tiens y a du guacamole en entrée...
Jule : et ça fait longtemps ?
Baptiste : combien ça coûte ?
Philippe : trois Jule : ah oui trois ans ça fait un bail…
Anne : non, trois soles c’est le prix du guacamole !
Baptiste : c’est cher !…mais le menu il est à combien ?
Anne : et vous vous avez quel âge tous les deux ?
Jule : 18
Philippe : la vache vous faites plus vieux !
Baptiste : non, 18 c’est le prix du menu !
Jule : ah tiens y a du guacamole en entrée…
»
…comme ça pendant deux heures…à vous filer des maux de tête…
Bref, nous sortons du resto le ventre plein et le regard vide…et nous dirigeons…vers le cybercafé (pour soigner les migraines, on a vu mieux…).
Nous y restons une bonne moitié de demi- douzaine d’heures (ça fait trois heures, bingo !) puis remontons lentement vers l’hôtel afin de nous préparer pour le repas du soir.
Nous sommes huit à partager un repas ultra économique à trois soles. Se sont ajoutés au groupe, en plus de Anne, Philippe, Gwendoline, Mélanie, Baptiste et moi-même, Alix, français d’origine partageant le même hôtel que chouchou et loulou, et Tania, une allemande avec qui nous avions déjà trinqué à Sucre et Potosi (oui…Chloé, je sais…).
Je suis à cinquante pour cent de mes capacités, tiraillé par un mal de dos exigeant un massage le plus rapidement possible. Manque de bol, la soirée n’en est qu’à ses balbutiements…
Après le resto, direction le Mama Africa, boîte de nuits un peu rétro (après réflexion, toute l’Amérique du Sud est un peu rétro…) que je tente d’apprécier cloué sur mon fauteuil. Je prend congé, les une heure du mat’ venant juste de sonner, et laisse la joyeuse équipe s’amuser, remontant quant à moi, seul, jusqu’aux draps froids de ma chambre d’hôtel.
Pour plus de détails sur cette petite sauterie, mieux vaut consulter Baptiste qui, à en juger par son lit, toujours vide et bordé, les dix heures du matin passées, a su pleinement profiter de sa nuit (gros con va!...). Je me lève (et je bouscule personne puisque, si vous avez suivi, Baptiste à découché... et de toute façon on dort pas dans le même lit) et savoure pendant plusieurs longues minutes, une douche chaude et bienfaisante.
Nous prenons ensuite avec les deux miss et Baptiste la gueule dans le cul, sorti d’on ne sait où, la direction d’un resto où nous devions, en théorie, retrouver Philippe et Anne (ils ne vinrent jamais...).
Nous bookons ensuite pour une petite balade à cheval le jour suivant pour la modique sommes de quinze soles, et prenons par la même occasion nos billets direction Arequipa, pour le surlendemain.
Le reste de la journée sera plutôt cool. C’est dans ma chambre que je reçois, de la part de Mélanie et ses mains de fée, un anthologique massage (avec crème et tout le tralala…) qui me fera passer mon mal de dos, pour le reste de la soirée, du moins. Nous rejoignent par la suite Gwendoline, Baptiste, Anne, Philippe, et Juliette partageant elle aussi le même hôtel que nos deux acolytes Français.
Une dégustation de mathé (le thé local apparemment…j’ai pas goûté à vrai dire…) nous voici dans le même restaurant à dix soles que le premier jour (voir "les septs boules de cristal") à déguster un repas n’ayant en rien perdu de sa qualité. Un taxi attend Philippe et Anne direction le terminal terrestre, d’où un bus les emmènera jusqu’à Puno, puis l’île de Taquile, sur le lac Titicaca.
Nous rentrons quant à nous à l’hôtel, la nuit de la veille ayant été un peu chargée (pour certains surtout... m’enfin moi je dis ça, je dis rien...).
Journée hippique que celle du lendemain. C’est à douze heures pile que nous grimpons dans le taxi chargé de nous emmener jusqu’à nos montures (des chevaux, simplement des chevaux…). La première étape est le temple "Sacsayhuaman" que Paul (oui, oui, le luxembourgeois de Potosi…rien à ajouter au sujet de cette ville…) nous avait vivement conseillé d’aller voir. Le site est en piteux état mais la base, intacte, laissant apparaître des pierres monumentales, laisse imaginer l’ampleur de l’édifice avant sa destruction.
Nous parcourons ensuite, à dos de cheval, pas moins de trois temples supplémentaires (on laisse les chevaux à l’entrée, tout de même) "Qenko", "Puca Pucara" et "Tambo Machay". Nous regagnons ensuite Cusco, un peu fatigués mais avec des images plein la tête (et du crottin plein les pompes...).
Un ultime pot en compagnie de nos suissesses d’amour, des accolades chaleureuses et des bisous dans les coins, et nous voilà partis pour de nouvelles aventures, à bord, encore une fois d’un bus (je ne peux plus les voir... moi je dis "vive le RER !"...).
Nous devrions atteindre notre objectif au petit matin, bien décalqués...
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