C’est après trois heures supplémentaires de bus depuis cette si jolie ville qu’est Nazca (quelle fatigue !) que nous débarquons à Ica.
Désolé de tout le temps râler... mais franchement, l’endroit semble à peine moins crados que celui d’où nous venons.
Si Ica est populaire c’est en fait plus pour les monumentales dunes qui entourent la ville que pour la ville en elle-même. Le désert d’Ica, c’est vraiment quelque chose...
Un homme nous hèle à la sortie du bus et nous propose de nous emmener à Huacachina, une oasis au milieu du désert... et pourtant à juste cinq minutes en voiture de là où nous nous trouvons... Incroyable mais vrai. Pas plus d’une poignée de secondes après être grimpés dans le taxi, nous sommes au milieu des dunes (des dunes gigantesques) et encore quelques minutes plus tard, devant notre hôtel.
L’endroit semble plutôt sympathique. Notre chambre est au bord de la piscine, et de l’autre côté de celle-ci, un bar servant cocktails et boissons fraîches à toute heure de la journée. Le soleil brille, des hamacs nous tendent les cordons, juste histoire de récupérer des trop nombreuses heures de bus que nous venons de nous taper. Je pose mon cul dans l’un d’eux, et achève le livre que Gwendoline m’avait généreusement offert peu avant notre départ de Cusco. "L’amour dure trois ans" ou un Beigbeder torturé nous compte l’une de ses histoires d’amour, pas vraiment des plus simple (mais ces deux mots font-ils vraiment bon ménage ?).
Je m’endors ensuite en pensant à tout ça. Les lignes de Nazca, les dunes de Huacachina, Mel et Gwen, l’amour dure-t’il trois ans, l’amour dure-t’il , pourquoi la vie, pourquoi la mort, pourquoi le vent, et bien sûr Laetitia Casta (y avait longtemps)…
J’ai une patate d’enfer lorsque j’ouvre les yeux... besoin de bouger. Je secoue Baptiste comme un prunier "hey, on monte la dune, ça te branche?"... vingt-cinq minutes plus tard nous sommes au sommet... le fait d’être plus proche des cieux doit apparemment être propice aux miracles car c’est bel et bien à un putain de miracle que nous allons assister.
Nous sommes bien sur place à lutter contre un vent de tous les diables, chargé d’un sable plus fin que la taille de Carla Bruni, qui nous pique la gueule et nous met du croquant dans la bouche, lorsque nous voyons apparaître, derrière une dune, une jeune fille d’une vingtaine d’années, planche de sandboard sous le bras... rien de miraculeux jusqu'à présent. La jeune fille s’approche de nous (normal), nous parle (normal) et nous paraît plutôt sympathique (ça se tient jusque-la...).
Le miracle viendra après que nous ayons, en cœur posé la question "where are you from ?" car tenez-vous bien : Anat (c’est son nom) est Israélienne…
Gasp! stupeur, effroie, toute une théorie qui se casse la gueule en à peine trois mots, un "I’m from Israel" qui résonne encore dans ma tête comme le gong de la boule de Fort Boyard (le gros qui donnait le départ du compte à rebours). Le fait que l'on me prouve que la terre n'est pas ronde m’aurait je crois moins étonné...
Mes doigts tremblent au moment où j’écris, mais forcé de reconnaître que Anat est une jeune fille tout ce qu’il y a de plus sympathique. Nous passerons tous les deux la soirée au bar à discuter de tout et de rien (Baptiste dort pendant ce temps, sans doute un peu choqué par l’évènement), dans un anglais qui m’apparaîtra clair. La soirée sera limpide, géniale, en sa compagnie, ainsi qu’avec Annette et Lisa, espagnoles d’origine, et Ariel le barman... israélien aussi (putain mais il m’arrive quoi là ??)... Une excellente soirée à boire de la bière et des cocktails (Pisco Sour et Caipirusca)... Anat dormira même dans notre chambre (Baptiste n’en croira pas ses yeux lorsqu’il la verra débarquer en ma compagnie à deux heures du mat’) soi-disant pas très rassurée par son compagnon de dortoir, jeune homme plutôt louche ne transpirant apparemment pas la confiance (je précise que notre chambre compte trois lits SIMPLES !!).
Je m’endors, bien dans ma peau, le sentiment d’avoir passée un journée utile, riche en découvertes, à l’image de Christophe Colomb, un soir de 1492…
Le soleil est déjà haut lorsque nous ouvrons les yeux. C’est au bar, en compagnie de Baptiste, Anat (notre nouvelle super copine israélienne... trop fou !!) et un couple de québécois que nous savourons un copieux petit déjeuner. Tous les éléments sont réunis pour une bonne journée... l’humeur est joviale, en bref, tout roule.
L’attraction principale de l’endroit étant le sandboard (du surf sur les dunes) je décide de me laisser tenter par un petit tour de deux heures et demie à douze $US, en buggy dans les dunes de sables. A 10h 45, nous voilà partis.
Le buggy est en fait un "Ford Bronco", imposant 4x4 américain, modifié, et ressemblant à présent plus à une voiture lunaire qu’autre chose. A son bord, huit personnes. Le couple québécois du matin, ainsi que Daniel et Emily, couple d’origine anglaise établi à Paris (et parlant un Français parfait, sans le moindre accent... édifiant !), Anat et sa toute nouvelle compagne de chambre, elle aussi israélienne (pas hypra causante, ça va aller les miracles pour ce mois-ci!...), notre chauffeur, et moi-même. Nous roulons à fond de cinq dans les dunes. Autant de sensations que dans les montagnes russes, quelque chose d’unique. Nous stoppons ça et là pour dévaler sur nos planches (que nous badigeonnons de cire avant chaque descente) des dunes toutes plus imposantes les unes que les autres. Pour résumer, deux heures et demie vraiment agréables, et occupées de la façon la plus originale qui soit...
De retour à l’hôtel, une petite baignade dans la piscine, juste hitoire de retirer le sable que j’ai dans les oreilles, et nous sommes déjà sur le départ.
Je fais la bise (mon dieu mais qu’écris- je !?) à Anat en espérant la revoir quelques jours plus tard à Huaraz.
C’est au moment précis où je m’apprêtais à vraiment partir que deux hollandaises atomiques, fraîchement arrivées à l’hôtel, engagent la conversation. Je n’ai rien demandé à personne, ni fait mon gros relou pendant dix minutes pour me faire remarquer, rien calculé du tout. Elles semblent fort sympathiques... mais le taxi attend... je n’aurais même pas le temps de connaître leurs prénoms. Elles ont bien choisi leur moment pour la ramener, celles-là "JE DOIS PARTIR BORDEL !".
C’est la mort dans l’âme que je monte dans ce fichu taxi. Pisco a intérêt à être bien parce que là, j’ai les glandes !!
Nous tâcherons de choper un bus à la gare centrale. Il y en a apparemment toutes les demi-heures.
Nous devrions être à Pisco en début d’après- midi... ça va être génial... il le faut (ou sinon je casse la gueule au premier que je croise)...
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