Bon, on est motivés, la patate atomique Pisco ça va être génial... Hum... bon on repassera hein... Vrai qu’après le carnage Nazca, Ica (ou plutôt Huacachina) nous avait plutôt bien branchés... eh bien avec Pisco, nous allions tomber de haut. En bref, c’est gris, c’est moche, ça pue, et on s’y fait chier comme des rats morts...
Une petite heure de bus depuis Ica et nous y voilà. Pisco. Une heure, c’est court, et j’ai encore l’esprit dans les nibards de mes hollandaises du matin... encore à Huacachina...
Le bus nous dépose dans une rue pas centrale du tout, pas la moindre idée de là où nous sommes. Un des employés de notre hôtel de Huacachiuna nous avait vivement recommandé, connaissant notre destination suivante, un hôtel en bord de mer. Dit comme ça, ça peut le faire... Nous tendons le papier au chauffeur de taxi qui nous conduit donc, dare-dare, à l’endroit en question.
Triste, mort, gris, dépressif... donnez-moi un couteau que je me taille les veines! L’hôtel ressemble plus à la maison de la famille Adams qu’au Ritz. Non pas dans son architecture, une façade jaune plutôt clean, mais dans sa propreté... Le personnel d’entretien est-il en grève ?... question stupide, car à en juger par les cinq millimètres de poussière sablonneuse présente sur chaque meuble, et sur le sol, je dirais que le personnel d’entretien est juste inexistant.
Les lieux n’ont en réalité pas dû voir une serpillière depuis des lustres (et pas l’inverse, ça veut rien dire)... quant aux résidents des lieux, il semble que nous soyons les premiers depuis le mariage de la gérante, en juillet 69... en cherchant un peu nous aurions sans doute pu trouver des confettis d’époque, ou la jarretière de la mariée, coincée derrière un radiateur
Bref... si vous tenez tout de même à visiter l’endroit, ne vous posez pas la question "y a-t-il de l’eau chaude"... le mot "chaude" est en trop... Pour la douche, nous attendrons donc Lima, notre prochaine destination.
Nous sortons donc de l’endroit, le moral dans les pompes, et tombons donc nez à nez avec la plage. Pas trop "Alerte à Malibu" à vrai dire... Cette plage-là est en fait à l’image de notre hôtel: triste! Il y a du avoir de la vie ici, en un temps révolu... mais après tout, il y a, parait-il, aussi eu de la vie sur Mars.
On trouve des vestiges de ce que je suppose avoir été des palmiers, également une sorte de parvis rappelant la "promenade des anglais" de Nice... en plus vieux. Sol craquelé, couche de crasse sur le sol, vieux papiers, canettes vides... "la promenade des morts", l’endroit rêvé pour une petite partie de spiritisme à sensation.
Nous grimpons dans un taxi et gagnons le centre ville, en espérant y trouver, un tantinet plus d’animation.
Nous débarquons sur la "Plaza de Armas" (est- il encore utile de préciser son nom ?) et contemplons. Le ciel, lui n’a pas changé, toujours aussi blanc. La place est assez commune, pas vraiment originale. Du monde mais pas non plus les "Champs le 12 juillet 98". Nous tâchons avec Baptiste de mettre la main sur un hypothétique tour à la réserve naturelle de Paracas, raison d’être de cette ville n’ayant vraiment rien d’autre à offrir. La deuxième agence est la bonne.
Nous partirons demain matin (lever à six heures) pour un petit tour en bateau, direction les îles, non loin de la côte, afin d’observer pingouins et autres animaux divers et flore de toute sorte pendant trois heures de pur bonheur... Wow wow, je suis prêt à tirer un trait sur mes Hollandaises, le pied, trop cool, je kiff les pingouins…
Le tour booké, nous cassons la croûte dans un snack éclairé à la bougie (ah oui y a pas plus d'électricité dans le centre que d’eau dans notre hôtel... le Moyen-âge je vous dis!), faisons un petit tour dans les ruelles de la ville (qui s’animent tout de même un peu à la nuit tombée) et rentrons chez Morticia, chasser les esprits, pour un remake de "GhostBusters" (me suis pris pour Bill Murray l’espace d’un instant...) qui durera jusqu’au petit matin.
Six heures donc, nous sommes debout. On se brosse les dents au Pepsi (y a toujours pas d’eau...), prenons nos cliques et nos claques et fichons le camp d’ici !
Notre bus arrive, à la bourre. Nous avons, en attendant, tapé la discute avec trois moutards pouilleux, qui nous auront tout de même cassé les michokos pendant près de vingt minutes à baragouiner des trucs en espagnol sans s’occuper de savoir si oui ou non, nous entravions quelque chose "on parle pas spanish les merdeux!!!... vais vous envoyer creuser à Potosi moi !!!"... bon à l’évidence je ne suis pas de superbe humeur...
Le bus arrive donc, nous embarquons. Y a vraiment des jours ou il vaudrait mieux rester couché... genre aujourd’hui.
Le trajet en bus durera près de trente minutes, sous un ciel toujours aussi blanc, un paysage toujours aussi mort, et une humeur toujours aussi exécrable pour ma part (remarque Baptiste ne m’a pas sorti de blagues vaseuses depuis près de vingt minutes... pas trop la gouache non plus apparemment…).
Nous arrivons finalement à l’embarcadère, d’où nous partirons bientôt pour trois heures d’un bonheur intense. Nous nous amusons en attendant avec quatre pélicans. Un type, patibulaire s’approche de nous et nous réclame de la tune. Situation plutôt comique quand on connaît l’état d’esprit dans lequel nous sommes. "Ben voyons, j’ai pas de liquide, tu prends l’Am Ex?"... en deux mots l’homme ne nous cassera plus les bonbons jusqu’à notre départ et fera même un détour pour ne plus croiser notre chemin.
La palme, la cerise sur l’Oréo, la goutte d’eau qui fera déborder le pot de chambre viendra de l’homme qui, un peu péteux tout de même nous annoncera : "dong dong dong, par suite d’un problème technique, le bateau de huit heures à destination des îles aux Pingouins est annulé"... Bon Jule, on respire, OUSSSAAA... on souffle et on reste calme. Le lascar prétextera un trop-plein de vent, et nous remboursera les huit $US que nous avions déboursés pour ce tour sans faire trop d’histoires (valait mieux pas...).
Nous revenons sur Pisco (génial!) à bord d’un minibus maxi-pourri (mais est-ce vraiment important?) et chopons, après un petit déj’ au prix exorbitant de neuf soles (saloperie de voleurs!... remarque tant qu’ils trouvent des cons pour payer...) un taxi direction le terminal terrestre d’où partira notre bus pour Lima.
Trois heures de route. Je n’attends rien de Lima, on n’a pas cessé de nous répéter que c’était gris et moche. Imaginez un peu mon humeur en grimpant dans le bus...
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