12 septembre 2003

Lima - Pérou

Finesse quand tu nous tiens. Je reconnais volontiers que les derniers articles étaient plus Bigaresques que Ronsardiens…mais même après réflexion, je n’en démords pas : Pisco, c’était vraiment pas jojo… Peut-on compter sur Lima pour redorer l’image du nord du Pérou ?…euh…

C’est dans un bus clean que nous grimpons en ce début d’après-midi couvert. Au point où nous en sommes, le bus devient l’endroit où je me sens vraiment le mieux. Le film qu’on nous propose est "Black Knight", suite de pitreries plutôt amusantes de la part d’un Martin Lawrence au meilleur de sa forme… Le voyage se passe, tranquillement…je parviendrai même à dormir un petit peu.


Il est dix-sept heures lorsque nous posons le pied sur le sol de la capitale péruvienne. Nous ne sommes pas là depuis cinq minutes et voilà-t-y pas que nous tombons nez à nez avec Daniel et Emily, nos amis anglo-français croisés à Huacachina deux jours auparavant. Ils connaissent déjà Lima, nous leur faisons donc confiance lorsqu’ils nous proposent de descendre avec eux à l’hôtel España, en centre ville. Leur choix s’avèrera judicieux, l’endroit étant vraiment agréable et d’une propreté parfaite… (il y a même des peintures accrochées aux murs de notre chambre)
Un saut à la laverie plus tard, je pars checker mes mails, Baptiste quant à lui s’engouffre dans la ville, seul.

Je suis en train de pleurer en consultant mes comptes en ligne lorsque Baptiste rapplique en compagnie de deux jeunes péruviens dont le nom m’échappe. Lui (nous l’appellerons "Pablito"), vingt-quatre ans, bonne gueule, plutôt amical et causant un anglais honorable, elle (nous l’appellerons "la chaudière"), dix-huit ans, yeux de vache, lèvres d’Emmanuel Béart, et cul moulé dans un jean Mimi Mathy lui coincant les rideaux dans la fenêtre…à réveiller un mort… Je clos ma session windows, paye mon dû, et nous voilà, tous les quatre partis en quête d’un resto pour casser la croûte.

Pablito se dit être étudiant en tourisme, la chaudière quant à elle ne parlant un anglais que très limité reste désespérément silencieuse, se contentant simplement de lancer ça et là, des regards "viens me chercher si t’as des couilles" qui en aurait énervé plus d’un (genre moi…).

Pablito nous conduit dans un resto plutôt cheap. L’atmosphère est pesante, et ni moi ni Baptiste ne savons vraiment comment interpréter le sursaut amical de ces deux inconnus.

A la table voisine, trois jeunes européens…ça cause french, une planche de salut pour nous qui commencions vraiment à ne plus trop savoir quoi dire.

Ludivine, Mathieu et Simon sont français, du sud plus exactement (Bordeaux si ma mémoire ne me fait pas défaut) et ont l’air plutôt amicaux. Simon, à Lima depuis plusieurs semaines nous dit connaître la chaudière. Il nous raconte même que la jeune fille a quasiment violé un de ses amis, à peine deux jours auparavant. Pablito reste un mystère. Il nous confie l’avoir déjà vu avec d’autres filles tourner sur la place St Martin (eh oui, ici c’est pas la "Plaza de Armas")…un peu louche tout ça… Ludivine et Mathieu venant tout juste de débarquer ont l’air aussi perdus que nous…Ludivine est en plus en quête de ses bagages, qui ne sont jamais arrivés à l’aéroport. Que du bonheur, bienvenue au Pérou !

Pablito nous propose de les rejoindre le soir, pour fêter ensemble l’anniversaire de l’une de ses cousines, avec au programme, resto, boîte et tutti-quanti… Après consultation, nous acceptons. Rendez-vous le soir même avec Ludivine, Mathieu, Simon, Pablito et la chaudière sur la place St Martin à 20h 30 pétantes… Nous rentrons à l’hôtel histoire de nous décrasser un peu, la soirée risquant d’être, comment dirais-je…mouvementée…

18h 30, nous sommes dans notre chambre, 18h 31 je me couche sur mon lit, 20h 29, Baptiste me réveille…faut déjà partir… J’ai encore mon écharpe autour du cou, pour la douche, on verra ça plus tard.

Tout le monde est là à l’heure dite. Pablito nous présente sa cousine (nous l’appellerons "le freezer") apparemment hyper contente de nous rencontrer à en juger par le sourire crispé qu’elle nous lâche. Nous suivons Pablito dans le resto qu’il a choisi pour nous. Une sorte de salle des fêtes-resto, où des locaux (moyenne d’âge, soixante ans) dansent au milieu des tables sur un air de "Pablo et sa troupe" (avec elle, avec elle…). Nous prenons place et commandons. Je signale au passage la présence d’un ami de Pablito (que nous appellerons Rodrigo), sorti d’on ne sait où…après tout, plus on est de fous…

Je n’ai pas faim, un mal de ventre me tiraillant depuis la veille. Je ne commande donc, avec Baptiste, qu’un simple litre et demi de "Crystal" (la bière de Lima…je m’attendais a trouver de la "Limeña").

La tactique est simple, on fait copain avec les touristes, on fait genre on les invite à une sauterie, et hop, on se fait inviter et on pique dans les assiettes et on chope un verre de bière par-ci, par-là aux frais de la princesse. La princesse ce soir, elle s’appelle Julien et Baptiste pour la boisson, et Ludivine pour la bouffe. Rodrigo tape allègrement sur notre litre et demi de binouze (ben vas-y ma couille, faut pas se gêner !) à tel point que j’hésite presque à demander la permission avant de me servir. Il collera également, avec la complicité de Pablito, une bonne claque au plat de Ludivine, et se permettra même de lui piquer des clopes sans lui demander quoi que ce soit (elle le remettra en place assez rapidement…). Bref, le genre de personne que j’exècre…non mais sérieux je suis déjà obligé de commander les frites à la pièce, tellement je suis fauché, c’est pas pour nourrir, en plus, deux branleurs péruviens proxénètes et leur meilleure tapineuse…merci, merci bien !

Bref, la soirée se passe. Je reste là, les yeux fixés sur l’unique verre de bière que j’ai réussi à sauver. Rodrigo est scotché à Ludivine, lui parlant, n’interrompant son flot de parole que pour boire MA bière… La chaudière quant à elle colle Baptiste comme une mouche le cul d’un vache…attendant un hypothétique coup de queue pour se barrer (avec son portefeuille...). Il faut dire que Baptiste n’a rien arrangé en acceptant de danser avec elle une sorte de "sans pas" péruvien apparemment très à la mode ici. Simon et Mathieu tapent quand à eux la discute…
Il faudra attendre 22 heures pour voir débarquer "le freezer" (qui avait mystérieusement disparu avant le repas) accompagnée d’une amie (que nous appellerons "Ma’ Dalton") pas vraiment ragoûtante, et vraiment muette… Je fais signe à Ludivine que j’en ai plein le dos, elle hoche de la tête… Je me lève, Ludivine me suit. Il faudra trois bonnes minutes à Baptiste pour se séparer de son tricostéril de chaudière, apparemment en quête de son seau de charbon…

Nous rentrons finalement à l’hôtel, Simon et Mathieu semblant quant à eux chauds comme la braise (y en a une à qui ça va plaire !) pour faire la fête toute la nuit avec Ma’ Dalton et sa bande de pique-assiettes…

Nous saluons Ludivine et montons dans notre chambre pour nous endormir assez rapidement. Nous nous réveillons vers les dix heures, et partons visiter le si beau Lima, et notamment le quartier de "Miraflores" après un petit déj’ pas vraiment copieux, mais somme toute correct. Nous stoppons sur notre chemin, et payons notre billet pour Huaraz, départ le soir même, ne sentant Lima que très moyennement.
La ville est immense. Lima, c’est, en superficie, l’équivalent de Paris et de sa banlieue…un vrai dédale de rues dans tous les sens. "Miraflores" est à l’autre bout de la ville. Nous commençons à pied puis optons finalement pour un taxi à six soles…
Pourquoi ce quartier est-il aussi connu des touristes ?…sans doute car il est moins moche que les autres…et qu'il est au bord de la mer. La mer, ici, c’est pas vraiment les plages thaïlandaises, mais je pense sérieusement, après mûre réflexion que le ciel blanc, dégueu (que nous trimbalons depuis Nazca, avec une pause à Huacachina) y est pour quelques chose. Nous restons là une heure et des poussières, sans doute plus pour pouvoir se dire "on a un peu visité Lima" qu’autre chose…

Nous sommes de retour dans le centre vers les quinze heures. Nous tombons nez à nez avec Pablito, Rodrigo et la chaudière (Ma’ Dalton et le freezer ont disparu). Egalement deux autres jeunes femmes (on va pas leur donner de nom, on s’en fout). Pablito nous parle de la soirée d’hier, en regrettant amèrement que nous ne soyons pas restés jusqu’au bout. La chaudière en remet une couche, lorsque nous décidons de prendre congé…j’ai presque cru qu’elle allait se mettre à pleurer.

Notre bus est à 22 heures…et il est à peine 18 heures. Nous irons tuer le temps au ciné, devant "Bad Boys II", en qualité correct, bien loin de la version catastrophique que nous avions matée à Cusco. Nous sortons de la, les 21h 30 pointant le bout de leur nez, et débarquons à la station de bus, pile à l’heure.
Huit heures jusqu’à Huaraz…cela va encore nous faire débarquer à une heure impossible… Espérons que la beauté des paysages nous fasse oublier ce petit détail…

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