Dingue comme sensation. Nous voici aujourd’hui dans notre ville de départ. C’est en effet d'ici que nous quitterons le plancher des lamas pour notre bonne vieille France, sa bonne fine cuisine, ses bonnes pleines rames de RER et ses bonnes bonnes françaises…
Quito…pourquoi cette ville est elle connue ?...bonne question. Je me rappelle que je la plaçais toujours dans la colonne "ville" quand par malchance la lettre "Q" était tirée au baccalauréat (le jeux ou on choisit une lettre et ou il faut trouver un animal, un légume, une célébrité, une ville etc. commençant par cette lettre…genre Qurabe, Quourgette, Kevin Quostner, et Quito). Bref, nous avons tout à découvrir de cette capitale haute perchée (la seconde plus haute après la Paz) dont nous ne connaissons simplement rien du tout, lorsque nous débarquons sur ses terres après un voyage plutôt tranquille depuis la douche froide "Banos".
La ville nous semble relativement assez volumineuse lorsque nous sortons de la gare dans laquelle notre bus a bien voulu nous déposer. Première chose, nous bouffons…comme des chancres même. Deux sandwichs gigantesques chacun, agrémentés de deux croissants plutôt bons et d’un jus de fruit énergisant, copie maladroite du fameux Gatorade, 100% chimique. Je note au passage qu’en huit mois de voyage, c’est bel et bien la première fois que nous ne trouvons pas de Coca-cola, un comble d’autant plus que nous sommes sans nul doute dans le plus américanisé de tous les pays de notre parcours.
La météo ne nous sourit pas. Dehors, une pluie violente lave la ville, et ceci pendant près de vingt minutes… Nous restons sagement assis, à bouffer en attendant que ça passe. Nous interceptons ensuite le "Trolley", ingénieux mix entre le tram et le bus (nous en avions déjà vu de semblables à Wellington, Nouvelle-Zélande). Nous parvenons, après quelques instants, à mettre la main sur un des nombreux hôtels du Lonely, le "Marseilla", et posons nos sacs dans une chambre modeste mais correcte, nous offrant une vue imprenable sur la vieille ville. Nous avions d’autant plus intérêt à bien choisir notre chambre que nous ne la quitterons pas jusqu’à notre départ, dans huit jours (hormis une nuit, que nous devrions théoriquement passer à Otavalo le vendredi soir, veille du marché).
Quito est coupée en deux par une frontière invisible séparant la ville dite "vieille" de celle dite "nouvelle". Notre visite se fera donc en deux temps.
Nous consacrons nos trois premières journées ici, à une découverte de la nouvelle ville. L’endroit nous apparaît immédiatement bien plus propre que ce à quoi nous nous attendions. Quito est en fait une capitale plutôt sympathique, un dédalle de rues dans tous les sens ou demeure malgré tout un semblant d’organisation.
Un problème cependant, venant plus de nous que d’autre chose. Le gros hic, est que nous avons huit jours à passer ici…et la ou ça coince, c’est qu’à l’issue des quarante huit premières heures…on s’emmerde déjà comme des rats morts…
Notre grande mission cette semaine, sera de mettre la main sur les agences Aéropostal (la compagnie aérienne du Venezuela) et Iberia de la ville afin de confirmer nos billets. Ce sera chose faite au bout d’une bonne balade à pied qui aura au moins eu le mérite de nous faire humer l’air chargé en gaz d’échappement qu’offre le centre de Quito. Nous nous aventurerons aussi dans les quartiers dit "qui craignent" de la ville mais ne rencontrerons comme seul ennemie, qu’un ciel menaçant, vicieux au point d’attendre que nous soyons à perpette de tout abris potentiel pour déverser sur nos têtes de véritables trombes de flotte…résultat, nous voici accueillit dans les vestiaires d’ouvriers municipaux dont la journée s’est prématurément arrêtée, pour la même raison qui nous a poussé à chercher un abris : le mauvais temps… Nous taillons le bout de gras en parlant de ce dont notre espagnol limité nous permet de parler à savoir "el tiempo es muy pluivioso, pienso que es mejor para usted de rentrado a el hotelo"…bon…pas hyper à l’aise d’autant plus que des ouvrières sont à poil de l’autre coté de la toile plastifiée dégueulasse pleine de trous, faisant office de paravent, qui se dressent devant nous. Je rappelle que nous sommes dans les vestiaires et qu’ici on ne se prend pas trop la tête à faire une pièce par sexe…tout le monde ensemble, allez hop !...ça en Thaïlande et c’est le baby boom assuré…
La pluie s’arrête finalement au bout d’une vingtaine de minutes et donne même étrangement place à un ciel bleu encore fragile mais néanmoins plaisant. Nous voici au pied de la monumentale statue de celle que j’imagine être la sainte vierge (j’ai pas trop vérifié à vrai dire…) à mitrailler de photo dans la crainte qu’une seconde douche ne nous tombe sur la calebasse. Nous reprenons ensuite la route de l’hôtel avec un stop tout de même dans un petit troquet ou nous viderons pas loin de deux litres de Coca à deux.
Les jours suivant se suivent et se ressemblent. Nous avons en point de mire notre grande sortie de la quinzaine, à savoir le fameux marché d’Otavalo, qu’il ne faut apparemment louper sous aucun prétexte. C’est ce que nous allons vérifier…
Avant cela, une épreuve… Une épreuve car ce qui devait être une simple formalité se révélera pour moi comme le jour ou j’ai fait la plus grosse boulette du voyage (après celles que j’ai commise en buvant un verre d’eau en inde, et en me baissant pour ramasser un truc en Thaïlande…). Mitad del Mundo, c’est la que nous nous rendons aujourd’hui. Le but de la visite est simple…faire des photos. Avoir un pied dans l’hémisphère sud et l’autre dans l’hémisphère nord, c’est un truc qu’on ne fait pas tous les jours, un truc à immortaliser…donc…
Et bien allons y, immortalisons. Tous se passe bien, Baptiste me prend en photo en train de faire le con sur la ligne rouge de l’équateur, "oh marrant ça, à 12h00 on ne voit pas du tout son ombre", on rigole, on est jovial, je saute partout, on rentre bientôt, je place ces satanées peluches pour conclure en beauté cette superbe épopée Lionno-oursonne, et la, patatra, je te le donne en mille, c’est en tentant d’appuyer sur le bouton pour prendre la photo que le Nikon de Baptiste (et c’est précisément le "de Baptiste" qui m’embête vraiment…) me glisse entre les paluches, une vrai savonnette que je ne parviendrai finalement à récupérer après quelques cabrioles…et qu’elle se soit simplement éclatée contre le rebord de la marche de l’escalier… La savonnette le plus cher du monde, de quoi vous passer l’envie de vous laver pendant un bout de temps.
Je suis péteux, debout comme un gland avec mon demi Nikon dans les mains, observé par Baptiste, une cocotte minutes avec 250 jours de vapeur à l’intérieur. Je déglutis, retire mes moufles (pour être aussi gauche c’est que j’avais au moins des moufles) et part en direction du premier shop pour investir dans l’appareil jetable le plus cher que je n’ai jamais payé. Pour le prix on aurait pu, minimum, avoir droit à un développement gratos en quatre par trois, sur papier glacé, par une Equatorienne en string léopard… Si j’avais trouvé une pelle pour m’enterrer, je pense que je l’aurais acheté, peut importe le prix…
Nous rentrons, par le même bus, dans un silence de mort. Ambiance à couper au couteau qui ne désépaissira pas jusqu’au lendemain…
Nous prenons le bus pour Otavalo le vendredi 26 et débarquons, deux heures plus tard dans un village en pleine activité. Comme d’habitude, pas plus de cinq minutes pour trouver un hôtel, ni une ni deux, et même si le marché n’est que demain, nous prenons la direction du centre ville. L’endroit est plutôt jolie, propre et ordonné. La place centrale est remplie de stands proposant pour la majeure partie d’entre eux, des vêtements de toutes sortes, écharpes, pulls, bonnets, gants, soit disant artisanaux… Habituellement, on me la fait pas à moi…mais en dessous d’un certain prix, on finit pas totalement se contre foutre de savoir si une écharpe a été faite main ou sort des entrailles d’une machine (une écharpeuse ?). Ce que je sais, c’est que cette maudite écharpe GAP paumée dans un bus au Chili équivalait à peu prêt, niveau prix, à vingt cinq écharpes ici…et une chose est sure, moins artisanal que GAP…non la je vois pas…
A droite de la place, des hommes jouent à un jeu que je ne connaissais pour ma part, absolument pas. Un mélange de pelote basque et de tennis, ou deux équipes face à face se renvoient une petite balle dure, sans la moindre raquette…de quoi s’exploser les mimines… Pas plus de filet dans ce jeu, et encore moins d’arbitre. Après dix minutes d’intense observation, je commence à peine à piger qui joue avec qui (bon je suis pas une flèche non plus c’est vrai…).
Notre chemin croisera ensuite, par hasard, celui d’un belge expatrié en Equateur, ou devrais-je dire à Otavalo, village qu’il n’a apparemment jamais quitté depuis son arrivée ici plusieurs années auparavant. L’homme est souriant et parle avec un accent belge à peu de chose prêt semblable à celui de Coluche dans ses meilleures histoires. Amusant. Il nous explique enseigner le français ici, et profite de notre présence pour combler quelques trou dans son cahier de court. Il nous inonde ainsi de question pendant pas loin de une heure et demie, des histoires d’accords, de COD placé avant ou après le verbe, de conjonction de coordination, subordonnée relative, mais ou et donc or ni car, verbe du troisième groupe, ça s’accorde avec le singulier du pluriel de ma belle sœur…au bout de deux heures j’en ai plein la tête. Nous entamerons en plus un sujet limite politique ou l’homme se révélera vraiment comme ayant des idées ridiculement arrêtées sur pas mal de chose, limite agaçant. Il nous racontera tout de même une partie de son histoire, pour le coup plutôt captivante. Il sera passé par tous les stades, exil aux USA, il quitte tout pour une femme (monumentale erreur), se fais lourder, sans emplois, reviens en Europe, SDF à Bruges puis a Paris puis, retour en Amérique du sud…une histoire de fou…mais la je dis "chapeau"…
Nous débarquons le lendemain sur le marché les 10h00 sonnantes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce marché en jette… Immense, des vendeurs dans chaque ruelle du centre ville. Un monde de fou… Impressionnant mais la encore, gros hic, tous les stands proposent rigoureusement la même chose. De belles choses, certes, mais rigoureusement identiques. Bagues (un peu toc), DVD copiés, et toujours écharpes, gants et tout l’attirail du parfait bonhomme de neige (oui, y avait aussi un rayon légumes proposant des carottes…). Ils vendent pareil, marchandent pareil…font tout pareil… On est bel et bien loin du week-end market de Bangkok, LE marché des marchés… L’intérêt de celui-ci réside en réalité, plus dans le simple fait de se faufiler dans toutes ces ruelles colorées et d’en prendre plein les yeux tant les contrastes sont violents plutôt que dans la qualité et le choix des produits proposés. On en a vu autant la veille sur la place centrale, pourtant jour de "non marché"…
J’achète tout de même quelques bricoles (des écharpes encore et encore…je vais pouvoir ouvrir mon magasin. Un écharpiste ?) et reprend avec Baptiste la route du bus, les 15h00 n’ayant pas encore bipé…
Aujourd’hui est un jour un peu particulier. Mon cher compère fête effectivement ses 24 ans. Pour cette occasion, champ…non, mouss…non, Coca, agrémenté d’un succulent repas offert par un généreux sponsor (merci maman…). On se fait péter la lampe et engloutissons, tenez-vous bien, pour 36$ de nourriture… bon quand on voit le prix d’un jambon beurre à Paris ça fait doucement rigoler, mais le fait est que nous nous gavons bien. "Baptiste, aide moi à me lever, j’ai la glotte qui fait la planche"….
Nous ferons tout de même demi tour devant la boite de nuit lorsque le videur nous pointera du doigt l’inscription "frais d’entrée : 2$"…et ouais, on en est à ce point !
A partir de ce jour ci, nous sommes quasiment déjà rentré. La poignée de jour qui nous sépare de notre vol pour Paris de sera qu’une succession d’heures sur Internet et de balades dans les même ruelles que nous parcourrons en long en large et en travers.
Nous intercepterons ce soir, 29 septembre 2003, un taxi pour l’aéroport ou nous tacherons de passer la nuit sans nous faire foutre dehors…
Notre prochaine nuit dans un lit, nous la passerons en France. Après pas loin de 254 jours de voyages ou nous aurons testé les pires bouges de la planète, cela fait tout de même une drôle de sensation.
Exceptionnellement pas de point de suspension à la fin de cet article car l’histoire est bel et bien terminée. Etonnant de l’écrire aussi facilement tout en ayant autant de mal à l’admettre.
Paris nous voilà.
29 septembre 2003
16 septembre 2003
Vilcabamba - Equateur
L’humeur est joviale à l’issue de cette trop courte journée et demie passée à Vilcabamba. Journée et demie que nous avons appréciée, sans doute aussi un peu parce qu’elle venait après une série de trajets en bus depuis Huaraz qui nous a paru à tous les deux, simplement interminable.
Nous avions, en quittant les lieux, un peu le moral dans les pompes, rapport à ce fichu tour dans la cordillère blanche, avorté pour cause de panne, et bien conscients que les deux jours à venir seraient riches en transport…
Riche, ils l’ont été... non seulement en transport, mais aussi en galères. Notre premier bus, nous conduit jusqu’à Trujillo. Nous restons sur place deux bonnes heures, à attendre que le jour se lève et que les agences susceptibles de proposer un billet pour Loja, Equateur, ouvrent enfin leurs portes. Nous patientons avec un Pepsi, acheté à un vendeur ambulant aussi aimable qu’une porte de prison. Nous achevons cette attente autour d’un petit déj’ dans le hall d’un hôtel, puis partons, direction le terminal terrestre. Mauvaise nouvelle, direct pour Loja, pas possible... solution, prendre un bus direction Chiclayo, et de là, partir pour Loja. Ok, pour Chiclayo, en voiture Simone...
L’expression "série noire" vous dit-elle quelque chose ? Car la dernière semaine de ce voyage en est l’illustration parfaite. Pire que du Pierre Richard, à la limite du comique. Nous enchaînons depuis Pisco, boulette sur boulette, et bien là, place à la supra-giga boulette qui met tout le monde d’accord, car je te le donne en mille Emile : notre bus tombe en PANNE !!! Pincez- moi je rêve, un saut d’eau, faut que je me réveille... Deux pannes en deux jours, qu’est-ce qui cloche avec le Pérou, qu’est- ce qui cloche avec nous ?
Bref, nous descendons du bus et réclamons le remboursement. Le gars (marrant le gars...) ne nous dépose dans la main que six soles (nous en avons payé dix) soi-disant parce que nous avons déjà parcouru une partie du trajet. Il trouvera, au bout de huit secondes six dixièmes une solution à cet épineux problème, ayant vite compris que ce n’était manifestement pas le moment de nous refuser quoi que ce soit. Il stoppera donc, faute de monnaie, un bus allant dans la même direction, et expliquera au chauffeur que nous avons déjà payé notre billet.
Nous nous installons, et réfléchissons à la nature de la prochaine tuile qui va nous tomber sur le coin de la tronche. Nous scrutons ainsi le ciel à la recherche d’une météorite, la route, en quête d’un hypothétique obstacle que nous pourrions percuter (une vache folle, une girafe échappée du zoo, ou un bus et son chauffeur sous exta venant en sens inverse...), ainsi que les autres passagers avec la crainte que l’un des centenaires posé à l’arrière ne nous claque entre les doigts, ou que l’un des mouflets assis devant nous ne s’ouvre le crâne contre le bord d’un siège ou ne s’étouffe en dégobillant ses Choco Pops, immobilisant ainsi le bus quelques heures de plus en attendant les secours. Nous chercherons, en vain, car, oh miracle, nous arriverons à Chiclayo sans plus de problèmes…
Sur place, même objectif qu’à Trujillo : trouver un billet pour Loja... et même mauvaise surprise : pour Loja, pas possible... Il faut d’abord aller jusqu’à Piura, un peu plus au nord, et de là prendre un bus pour Loja. A force de monter vers le nord, on devrait, en théorie, un jour, finir par passer cette fichue frontière équatorienne...
Un bus de plus (le troisième de la journée) et nous voici, trois heures plus tard, à Piura.
Un peu répétitif tout ça... pas la peine de préciser ce que nous avons fait en arrivant.
Nous arrivons finalement à Loja ce matin du 15 septembre, avec à notre actif, deux nuits blanches dans le bus et pas mal de sommeil à rattraper. Nous remettons le couvert après un petit déjeuner équatorien dégueulasse, avec un petit dernier bus de quarante-cinq minutes jusqu’à Vilcabamba, notre Eldorado.
Vilcabamba est un village assez semblable à Samaîpata (notre seconde étape Bolivienne), de par sa taille et son architecture. Place centrale entourée de quelques ruelles poussiéreuses, abritant plusieurs petits restos et un seul et unique cybercafé à cinq dollars de l’heure, équipé d’antiques IBM tournant sous Windows 3.1 (bon j’en rajoute...un peu!).
Un français croisé à Huaraz nous avait recommandé de loger à l’hôtel "Las Ruinas", situé à une poignée de dizaines de mètres du centre ville. Vingt minutes de marche plus tard (les poignées étaient plutôt grosses...), nous voici à la réception, en train de remplir les formalités d’usage (identité, âge, nationalité, numéro de passeport et tout le tralala…). La chambre coûte six $US, ce qui est finalement assez peu lorsque l’on prend en compte le fait que sont mis à notre disposition, une piscine, un bain turc, un sauna, un jacuzzi, une salle vidéo avec la vidéotech assortie (y a même une télé et un magnéto dans la chambre, et au bord du jacuzzi...) ainsi que des VTT, et une salle de billard, baby-foot, table de ping-pong, de plus, le petit déjeuner est compris dans le prix.
Première chose après avoir payé : je m’endors dans un hamac. Baptiste, pendant ce temps, goûtera à la piscine. Lorsque je me réveille, près d’une heure et demie plus tard, il dort. Je tiens une pêche d’enfer (les hamacs me réussissent vraiment) et commence à regarder autour de moi, juste histoire de voir un peu, avec qui je vais passer la prochaine journée. Deux australiens bronzent au bord de la piscine, sur les chaises longues, un couple d’allemands, et assis autour de la table de jardin, encore des allemands (trois filles et un gars) bouffent des sandwichs. Le billard est quant à lui occupé par un couple de suisses. Le jacuzzi est vide... je m’en vais donc le remplir.
Je choisis une cassette dans la vidéotech (ce sera finalement "Turbulences 2", "Apt Pupils" ne marchant pas... pas de commentaires sur le choix please... ), lance le film et plonge dans une eau à trente-cinq degrés, bouillonnante à souhait... un véritable moment de bonheur... Je ne sortirai que lorsque la cassette s’emmêlera dans le magnéto en plein milieu du film... la pouasse !
Baptiste révéillé, nous partons faire un petit tour en ville en VTT. Je déguste pour ma part une petite glace, Baptiste ne se laissant tenter que par un Coca.
Vilcabamba nous plaît... mais il manque manifestement quelque chose. Un motivant, quelque chose qui nous fera nous rappeler cet endroit.
Ce quelque chose est en fait un quelqu’un (ou plutôt quelqu’une... ) et débarquera à l’hôtel en début de soirée. Elle s’appelle Gundula, et est assurément bien plus belle que son prénom. Gundula est originaire d’Allemagne (de Stuttgart très exactement) et voyage en Equateur pour une durée de trois semaines. Elle a une voix douce, des yeux d’un vert émeraude que laisse entrevoir une chevelure brune se cuivrant au soleil, une taille fine donnant suite à une généreuse poitrine, et de longues jambes que finissent des baskets style "Van’s", lui donnant un air décontracté et naturel, aux antipodes d’un pot de peinture en talons aiguilles (vous me direz, pour voyager, les talons aiguilles sont assez peu utilisés, et je vous répondrai : correct...).
C’est le soir venu, au bar surplombant la piscine que nous ferons réellement sa connaissance. Avec elle, nous parlerons également avec Dave, Londonien de souche, Jurgen et Eva (le couple suisse, en voyage d’un an autour du monde...) et les deux australiens (de Melbourne plus exactement...) dont les noms m’échappent. Nous taillerons ainsi le bout de gras, jusqu’à la fermeture du bar, à 22 heures précises.
Je ne mettrai guère de temps à m’endormir, sombrant dans des rêves fabuleux où Laetitia Casta a laissé sa place à une certaine Gundula. Un rêve tout ce qu’il y a de plus soft, ou personne n’est dévêtu, la jeune femme n’ayant en rien besoin de cela pour briller, telle la pierre précieuse dont ses yeux ont volé la couleur...).
C’est à huit heures précises que je me réveille, afin de ne pas louper le petit déjeuner servi une demi-heure plus tard. On nous avait prévenus, ce petit déj’ là, c’est quelque chose. D'abord, il est à volonté, ensuite, le choix est énorme. Des céréales, des œufs (brouillés ou au plat), pain, pancake, beurre, confiture, miel ainsi que le choix entre café, thé ou chocolat pour les boissons chaudes, le tout agrémenté d’un jus de papaye pas à la hauteur d’un traditionnel jus d’oranges, mais somme toute correct.
Baptiste et moi nous gavons comme des oies, conscients que le prochain repas ne sera pas avant le soir (pour cause de bus... encore deux de plus jusqu’à Cuenca...). Ce grand moment de bonheur sera partagé avec tous nos amis de la veille, dans une atmosphère joviale et détendue.
Nous consacrons avec Baptiste, nos derniers instants à Vilcabamba à jouer au billard, tout en discutant avec Jurg et Eva. Gundula nous rejoindra un peu plus tard, rendant la concentration un peu difficile (c’est évidemment la raison pour laquelle j’ai perdu...).
Nous quittons l’hôtel en fin de matinée, ne manquant pas de saluer tous nos éphémères amis (c’est finalement la chose la plus dure dans ce voyage... il faut tout le temps dire au revoir...).
Peut-être aurons nous la chance de recroiser Gundula à Quito, son avion décollant de la capitale, précisément un jour avant le nôtre. Elle ne nous sourit (la chance, pas Gund') que très modérément depuis une semaine... si la roue doit tourner, c’est maintenant ou jamais.
Nous prendrons à 11h 30 notre bus de retour pour Loja, puis tenterons d’attraper le plus vite possible, celui qui nous emmènera à Cuenca, ville qui, selon les dires de tous, est à visiter absolument. Espérons qu’elle sera à la hauteur de sa réputation...
Nous avions, en quittant les lieux, un peu le moral dans les pompes, rapport à ce fichu tour dans la cordillère blanche, avorté pour cause de panne, et bien conscients que les deux jours à venir seraient riches en transport…
Riche, ils l’ont été... non seulement en transport, mais aussi en galères. Notre premier bus, nous conduit jusqu’à Trujillo. Nous restons sur place deux bonnes heures, à attendre que le jour se lève et que les agences susceptibles de proposer un billet pour Loja, Equateur, ouvrent enfin leurs portes. Nous patientons avec un Pepsi, acheté à un vendeur ambulant aussi aimable qu’une porte de prison. Nous achevons cette attente autour d’un petit déj’ dans le hall d’un hôtel, puis partons, direction le terminal terrestre. Mauvaise nouvelle, direct pour Loja, pas possible... solution, prendre un bus direction Chiclayo, et de là, partir pour Loja. Ok, pour Chiclayo, en voiture Simone...
L’expression "série noire" vous dit-elle quelque chose ? Car la dernière semaine de ce voyage en est l’illustration parfaite. Pire que du Pierre Richard, à la limite du comique. Nous enchaînons depuis Pisco, boulette sur boulette, et bien là, place à la supra-giga boulette qui met tout le monde d’accord, car je te le donne en mille Emile : notre bus tombe en PANNE !!! Pincez- moi je rêve, un saut d’eau, faut que je me réveille... Deux pannes en deux jours, qu’est-ce qui cloche avec le Pérou, qu’est- ce qui cloche avec nous ?
Bref, nous descendons du bus et réclamons le remboursement. Le gars (marrant le gars...) ne nous dépose dans la main que six soles (nous en avons payé dix) soi-disant parce que nous avons déjà parcouru une partie du trajet. Il trouvera, au bout de huit secondes six dixièmes une solution à cet épineux problème, ayant vite compris que ce n’était manifestement pas le moment de nous refuser quoi que ce soit. Il stoppera donc, faute de monnaie, un bus allant dans la même direction, et expliquera au chauffeur que nous avons déjà payé notre billet.
Nous nous installons, et réfléchissons à la nature de la prochaine tuile qui va nous tomber sur le coin de la tronche. Nous scrutons ainsi le ciel à la recherche d’une météorite, la route, en quête d’un hypothétique obstacle que nous pourrions percuter (une vache folle, une girafe échappée du zoo, ou un bus et son chauffeur sous exta venant en sens inverse...), ainsi que les autres passagers avec la crainte que l’un des centenaires posé à l’arrière ne nous claque entre les doigts, ou que l’un des mouflets assis devant nous ne s’ouvre le crâne contre le bord d’un siège ou ne s’étouffe en dégobillant ses Choco Pops, immobilisant ainsi le bus quelques heures de plus en attendant les secours. Nous chercherons, en vain, car, oh miracle, nous arriverons à Chiclayo sans plus de problèmes…
Sur place, même objectif qu’à Trujillo : trouver un billet pour Loja... et même mauvaise surprise : pour Loja, pas possible... Il faut d’abord aller jusqu’à Piura, un peu plus au nord, et de là prendre un bus pour Loja. A force de monter vers le nord, on devrait, en théorie, un jour, finir par passer cette fichue frontière équatorienne...
Un bus de plus (le troisième de la journée) et nous voici, trois heures plus tard, à Piura.
Un peu répétitif tout ça... pas la peine de préciser ce que nous avons fait en arrivant.
Nous arrivons finalement à Loja ce matin du 15 septembre, avec à notre actif, deux nuits blanches dans le bus et pas mal de sommeil à rattraper. Nous remettons le couvert après un petit déjeuner équatorien dégueulasse, avec un petit dernier bus de quarante-cinq minutes jusqu’à Vilcabamba, notre Eldorado.
Vilcabamba est un village assez semblable à Samaîpata (notre seconde étape Bolivienne), de par sa taille et son architecture. Place centrale entourée de quelques ruelles poussiéreuses, abritant plusieurs petits restos et un seul et unique cybercafé à cinq dollars de l’heure, équipé d’antiques IBM tournant sous Windows 3.1 (bon j’en rajoute...un peu!).
Un français croisé à Huaraz nous avait recommandé de loger à l’hôtel "Las Ruinas", situé à une poignée de dizaines de mètres du centre ville. Vingt minutes de marche plus tard (les poignées étaient plutôt grosses...), nous voici à la réception, en train de remplir les formalités d’usage (identité, âge, nationalité, numéro de passeport et tout le tralala…). La chambre coûte six $US, ce qui est finalement assez peu lorsque l’on prend en compte le fait que sont mis à notre disposition, une piscine, un bain turc, un sauna, un jacuzzi, une salle vidéo avec la vidéotech assortie (y a même une télé et un magnéto dans la chambre, et au bord du jacuzzi...) ainsi que des VTT, et une salle de billard, baby-foot, table de ping-pong, de plus, le petit déjeuner est compris dans le prix.
Première chose après avoir payé : je m’endors dans un hamac. Baptiste, pendant ce temps, goûtera à la piscine. Lorsque je me réveille, près d’une heure et demie plus tard, il dort. Je tiens une pêche d’enfer (les hamacs me réussissent vraiment) et commence à regarder autour de moi, juste histoire de voir un peu, avec qui je vais passer la prochaine journée. Deux australiens bronzent au bord de la piscine, sur les chaises longues, un couple d’allemands, et assis autour de la table de jardin, encore des allemands (trois filles et un gars) bouffent des sandwichs. Le billard est quant à lui occupé par un couple de suisses. Le jacuzzi est vide... je m’en vais donc le remplir.
Je choisis une cassette dans la vidéotech (ce sera finalement "Turbulences 2", "Apt Pupils" ne marchant pas... pas de commentaires sur le choix please... ), lance le film et plonge dans une eau à trente-cinq degrés, bouillonnante à souhait... un véritable moment de bonheur... Je ne sortirai que lorsque la cassette s’emmêlera dans le magnéto en plein milieu du film... la pouasse !
Baptiste révéillé, nous partons faire un petit tour en ville en VTT. Je déguste pour ma part une petite glace, Baptiste ne se laissant tenter que par un Coca.
Vilcabamba nous plaît... mais il manque manifestement quelque chose. Un motivant, quelque chose qui nous fera nous rappeler cet endroit.
Ce quelque chose est en fait un quelqu’un (ou plutôt quelqu’une... ) et débarquera à l’hôtel en début de soirée. Elle s’appelle Gundula, et est assurément bien plus belle que son prénom. Gundula est originaire d’Allemagne (de Stuttgart très exactement) et voyage en Equateur pour une durée de trois semaines. Elle a une voix douce, des yeux d’un vert émeraude que laisse entrevoir une chevelure brune se cuivrant au soleil, une taille fine donnant suite à une généreuse poitrine, et de longues jambes que finissent des baskets style "Van’s", lui donnant un air décontracté et naturel, aux antipodes d’un pot de peinture en talons aiguilles (vous me direz, pour voyager, les talons aiguilles sont assez peu utilisés, et je vous répondrai : correct...).
C’est le soir venu, au bar surplombant la piscine que nous ferons réellement sa connaissance. Avec elle, nous parlerons également avec Dave, Londonien de souche, Jurgen et Eva (le couple suisse, en voyage d’un an autour du monde...) et les deux australiens (de Melbourne plus exactement...) dont les noms m’échappent. Nous taillerons ainsi le bout de gras, jusqu’à la fermeture du bar, à 22 heures précises.
Je ne mettrai guère de temps à m’endormir, sombrant dans des rêves fabuleux où Laetitia Casta a laissé sa place à une certaine Gundula. Un rêve tout ce qu’il y a de plus soft, ou personne n’est dévêtu, la jeune femme n’ayant en rien besoin de cela pour briller, telle la pierre précieuse dont ses yeux ont volé la couleur...).
C’est à huit heures précises que je me réveille, afin de ne pas louper le petit déjeuner servi une demi-heure plus tard. On nous avait prévenus, ce petit déj’ là, c’est quelque chose. D'abord, il est à volonté, ensuite, le choix est énorme. Des céréales, des œufs (brouillés ou au plat), pain, pancake, beurre, confiture, miel ainsi que le choix entre café, thé ou chocolat pour les boissons chaudes, le tout agrémenté d’un jus de papaye pas à la hauteur d’un traditionnel jus d’oranges, mais somme toute correct.
Baptiste et moi nous gavons comme des oies, conscients que le prochain repas ne sera pas avant le soir (pour cause de bus... encore deux de plus jusqu’à Cuenca...). Ce grand moment de bonheur sera partagé avec tous nos amis de la veille, dans une atmosphère joviale et détendue.
Nous consacrons avec Baptiste, nos derniers instants à Vilcabamba à jouer au billard, tout en discutant avec Jurg et Eva. Gundula nous rejoindra un peu plus tard, rendant la concentration un peu difficile (c’est évidemment la raison pour laquelle j’ai perdu...).
Nous quittons l’hôtel en fin de matinée, ne manquant pas de saluer tous nos éphémères amis (c’est finalement la chose la plus dure dans ce voyage... il faut tout le temps dire au revoir...).
Peut-être aurons nous la chance de recroiser Gundula à Quito, son avion décollant de la capitale, précisément un jour avant le nôtre. Elle ne nous sourit (la chance, pas Gund') que très modérément depuis une semaine... si la roue doit tourner, c’est maintenant ou jamais.
Nous prendrons à 11h 30 notre bus de retour pour Loja, puis tenterons d’attraper le plus vite possible, celui qui nous emmènera à Cuenca, ville qui, selon les dires de tous, est à visiter absolument. Espérons qu’elle sera à la hauteur de sa réputation...
12 septembre 2003
Lima - Pérou
Finesse quand tu nous tiens. Je reconnais volontiers que les derniers articles étaient plus Bigaresques que Ronsardiens…mais même après réflexion, je n’en démords pas : Pisco, c’était vraiment pas jojo… Peut-on compter sur Lima pour redorer l’image du nord du Pérou ?…euh…
C’est dans un bus clean que nous grimpons en ce début d’après-midi couvert. Au point où nous en sommes, le bus devient l’endroit où je me sens vraiment le mieux. Le film qu’on nous propose est "Black Knight", suite de pitreries plutôt amusantes de la part d’un Martin Lawrence au meilleur de sa forme… Le voyage se passe, tranquillement…je parviendrai même à dormir un petit peu.
Il est dix-sept heures lorsque nous posons le pied sur le sol de la capitale péruvienne. Nous ne sommes pas là depuis cinq minutes et voilà-t-y pas que nous tombons nez à nez avec Daniel et Emily, nos amis anglo-français croisés à Huacachina deux jours auparavant. Ils connaissent déjà Lima, nous leur faisons donc confiance lorsqu’ils nous proposent de descendre avec eux à l’hôtel España, en centre ville. Leur choix s’avèrera judicieux, l’endroit étant vraiment agréable et d’une propreté parfaite… (il y a même des peintures accrochées aux murs de notre chambre)
Un saut à la laverie plus tard, je pars checker mes mails, Baptiste quant à lui s’engouffre dans la ville, seul.
Je suis en train de pleurer en consultant mes comptes en ligne lorsque Baptiste rapplique en compagnie de deux jeunes péruviens dont le nom m’échappe. Lui (nous l’appellerons "Pablito"), vingt-quatre ans, bonne gueule, plutôt amical et causant un anglais honorable, elle (nous l’appellerons "la chaudière"), dix-huit ans, yeux de vache, lèvres d’Emmanuel Béart, et cul moulé dans un jean Mimi Mathy lui coincant les rideaux dans la fenêtre…à réveiller un mort… Je clos ma session windows, paye mon dû, et nous voilà, tous les quatre partis en quête d’un resto pour casser la croûte.
Pablito se dit être étudiant en tourisme, la chaudière quant à elle ne parlant un anglais que très limité reste désespérément silencieuse, se contentant simplement de lancer ça et là, des regards "viens me chercher si t’as des couilles" qui en aurait énervé plus d’un (genre moi…).
Pablito nous conduit dans un resto plutôt cheap. L’atmosphère est pesante, et ni moi ni Baptiste ne savons vraiment comment interpréter le sursaut amical de ces deux inconnus.
A la table voisine, trois jeunes européens…ça cause french, une planche de salut pour nous qui commencions vraiment à ne plus trop savoir quoi dire.
Ludivine, Mathieu et Simon sont français, du sud plus exactement (Bordeaux si ma mémoire ne me fait pas défaut) et ont l’air plutôt amicaux. Simon, à Lima depuis plusieurs semaines nous dit connaître la chaudière. Il nous raconte même que la jeune fille a quasiment violé un de ses amis, à peine deux jours auparavant. Pablito reste un mystère. Il nous confie l’avoir déjà vu avec d’autres filles tourner sur la place St Martin (eh oui, ici c’est pas la "Plaza de Armas")…un peu louche tout ça… Ludivine et Mathieu venant tout juste de débarquer ont l’air aussi perdus que nous…Ludivine est en plus en quête de ses bagages, qui ne sont jamais arrivés à l’aéroport. Que du bonheur, bienvenue au Pérou !
Pablito nous propose de les rejoindre le soir, pour fêter ensemble l’anniversaire de l’une de ses cousines, avec au programme, resto, boîte et tutti-quanti… Après consultation, nous acceptons. Rendez-vous le soir même avec Ludivine, Mathieu, Simon, Pablito et la chaudière sur la place St Martin à 20h 30 pétantes… Nous rentrons à l’hôtel histoire de nous décrasser un peu, la soirée risquant d’être, comment dirais-je…mouvementée…
18h 30, nous sommes dans notre chambre, 18h 31 je me couche sur mon lit, 20h 29, Baptiste me réveille…faut déjà partir… J’ai encore mon écharpe autour du cou, pour la douche, on verra ça plus tard.
Tout le monde est là à l’heure dite. Pablito nous présente sa cousine (nous l’appellerons "le freezer") apparemment hyper contente de nous rencontrer à en juger par le sourire crispé qu’elle nous lâche. Nous suivons Pablito dans le resto qu’il a choisi pour nous. Une sorte de salle des fêtes-resto, où des locaux (moyenne d’âge, soixante ans) dansent au milieu des tables sur un air de "Pablo et sa troupe" (avec elle, avec elle…). Nous prenons place et commandons. Je signale au passage la présence d’un ami de Pablito (que nous appellerons Rodrigo), sorti d’on ne sait où…après tout, plus on est de fous…
Je n’ai pas faim, un mal de ventre me tiraillant depuis la veille. Je ne commande donc, avec Baptiste, qu’un simple litre et demi de "Crystal" (la bière de Lima…je m’attendais a trouver de la "Limeña").
La tactique est simple, on fait copain avec les touristes, on fait genre on les invite à une sauterie, et hop, on se fait inviter et on pique dans les assiettes et on chope un verre de bière par-ci, par-là aux frais de la princesse. La princesse ce soir, elle s’appelle Julien et Baptiste pour la boisson, et Ludivine pour la bouffe. Rodrigo tape allègrement sur notre litre et demi de binouze (ben vas-y ma couille, faut pas se gêner !) à tel point que j’hésite presque à demander la permission avant de me servir. Il collera également, avec la complicité de Pablito, une bonne claque au plat de Ludivine, et se permettra même de lui piquer des clopes sans lui demander quoi que ce soit (elle le remettra en place assez rapidement…). Bref, le genre de personne que j’exècre…non mais sérieux je suis déjà obligé de commander les frites à la pièce, tellement je suis fauché, c’est pas pour nourrir, en plus, deux branleurs péruviens proxénètes et leur meilleure tapineuse…merci, merci bien !
Bref, la soirée se passe. Je reste là, les yeux fixés sur l’unique verre de bière que j’ai réussi à sauver. Rodrigo est scotché à Ludivine, lui parlant, n’interrompant son flot de parole que pour boire MA bière… La chaudière quant à elle colle Baptiste comme une mouche le cul d’un vache…attendant un hypothétique coup de queue pour se barrer (avec son portefeuille...). Il faut dire que Baptiste n’a rien arrangé en acceptant de danser avec elle une sorte de "sans pas" péruvien apparemment très à la mode ici. Simon et Mathieu tapent quand à eux la discute…
Il faudra attendre 22 heures pour voir débarquer "le freezer" (qui avait mystérieusement disparu avant le repas) accompagnée d’une amie (que nous appellerons "Ma’ Dalton") pas vraiment ragoûtante, et vraiment muette… Je fais signe à Ludivine que j’en ai plein le dos, elle hoche de la tête… Je me lève, Ludivine me suit. Il faudra trois bonnes minutes à Baptiste pour se séparer de son tricostéril de chaudière, apparemment en quête de son seau de charbon…
Nous rentrons finalement à l’hôtel, Simon et Mathieu semblant quant à eux chauds comme la braise (y en a une à qui ça va plaire !) pour faire la fête toute la nuit avec Ma’ Dalton et sa bande de pique-assiettes…
Nous saluons Ludivine et montons dans notre chambre pour nous endormir assez rapidement. Nous nous réveillons vers les dix heures, et partons visiter le si beau Lima, et notamment le quartier de "Miraflores" après un petit déj’ pas vraiment copieux, mais somme toute correct. Nous stoppons sur notre chemin, et payons notre billet pour Huaraz, départ le soir même, ne sentant Lima que très moyennement.
La ville est immense. Lima, c’est, en superficie, l’équivalent de Paris et de sa banlieue…un vrai dédale de rues dans tous les sens. "Miraflores" est à l’autre bout de la ville. Nous commençons à pied puis optons finalement pour un taxi à six soles…
Pourquoi ce quartier est-il aussi connu des touristes ?…sans doute car il est moins moche que les autres…et qu'il est au bord de la mer. La mer, ici, c’est pas vraiment les plages thaïlandaises, mais je pense sérieusement, après mûre réflexion que le ciel blanc, dégueu (que nous trimbalons depuis Nazca, avec une pause à Huacachina) y est pour quelques chose. Nous restons là une heure et des poussières, sans doute plus pour pouvoir se dire "on a un peu visité Lima" qu’autre chose…
Nous sommes de retour dans le centre vers les quinze heures. Nous tombons nez à nez avec Pablito, Rodrigo et la chaudière (Ma’ Dalton et le freezer ont disparu). Egalement deux autres jeunes femmes (on va pas leur donner de nom, on s’en fout). Pablito nous parle de la soirée d’hier, en regrettant amèrement que nous ne soyons pas restés jusqu’au bout. La chaudière en remet une couche, lorsque nous décidons de prendre congé…j’ai presque cru qu’elle allait se mettre à pleurer.
Notre bus est à 22 heures…et il est à peine 18 heures. Nous irons tuer le temps au ciné, devant "Bad Boys II", en qualité correct, bien loin de la version catastrophique que nous avions matée à Cusco. Nous sortons de la, les 21h 30 pointant le bout de leur nez, et débarquons à la station de bus, pile à l’heure.
Huit heures jusqu’à Huaraz…cela va encore nous faire débarquer à une heure impossible… Espérons que la beauté des paysages nous fasse oublier ce petit détail…
C’est dans un bus clean que nous grimpons en ce début d’après-midi couvert. Au point où nous en sommes, le bus devient l’endroit où je me sens vraiment le mieux. Le film qu’on nous propose est "Black Knight", suite de pitreries plutôt amusantes de la part d’un Martin Lawrence au meilleur de sa forme… Le voyage se passe, tranquillement…je parviendrai même à dormir un petit peu.
Il est dix-sept heures lorsque nous posons le pied sur le sol de la capitale péruvienne. Nous ne sommes pas là depuis cinq minutes et voilà-t-y pas que nous tombons nez à nez avec Daniel et Emily, nos amis anglo-français croisés à Huacachina deux jours auparavant. Ils connaissent déjà Lima, nous leur faisons donc confiance lorsqu’ils nous proposent de descendre avec eux à l’hôtel España, en centre ville. Leur choix s’avèrera judicieux, l’endroit étant vraiment agréable et d’une propreté parfaite… (il y a même des peintures accrochées aux murs de notre chambre)
Un saut à la laverie plus tard, je pars checker mes mails, Baptiste quant à lui s’engouffre dans la ville, seul.
Je suis en train de pleurer en consultant mes comptes en ligne lorsque Baptiste rapplique en compagnie de deux jeunes péruviens dont le nom m’échappe. Lui (nous l’appellerons "Pablito"), vingt-quatre ans, bonne gueule, plutôt amical et causant un anglais honorable, elle (nous l’appellerons "la chaudière"), dix-huit ans, yeux de vache, lèvres d’Emmanuel Béart, et cul moulé dans un jean Mimi Mathy lui coincant les rideaux dans la fenêtre…à réveiller un mort… Je clos ma session windows, paye mon dû, et nous voilà, tous les quatre partis en quête d’un resto pour casser la croûte.
Pablito se dit être étudiant en tourisme, la chaudière quant à elle ne parlant un anglais que très limité reste désespérément silencieuse, se contentant simplement de lancer ça et là, des regards "viens me chercher si t’as des couilles" qui en aurait énervé plus d’un (genre moi…).
Pablito nous conduit dans un resto plutôt cheap. L’atmosphère est pesante, et ni moi ni Baptiste ne savons vraiment comment interpréter le sursaut amical de ces deux inconnus.
A la table voisine, trois jeunes européens…ça cause french, une planche de salut pour nous qui commencions vraiment à ne plus trop savoir quoi dire.
Ludivine, Mathieu et Simon sont français, du sud plus exactement (Bordeaux si ma mémoire ne me fait pas défaut) et ont l’air plutôt amicaux. Simon, à Lima depuis plusieurs semaines nous dit connaître la chaudière. Il nous raconte même que la jeune fille a quasiment violé un de ses amis, à peine deux jours auparavant. Pablito reste un mystère. Il nous confie l’avoir déjà vu avec d’autres filles tourner sur la place St Martin (eh oui, ici c’est pas la "Plaza de Armas")…un peu louche tout ça… Ludivine et Mathieu venant tout juste de débarquer ont l’air aussi perdus que nous…Ludivine est en plus en quête de ses bagages, qui ne sont jamais arrivés à l’aéroport. Que du bonheur, bienvenue au Pérou !
Pablito nous propose de les rejoindre le soir, pour fêter ensemble l’anniversaire de l’une de ses cousines, avec au programme, resto, boîte et tutti-quanti… Après consultation, nous acceptons. Rendez-vous le soir même avec Ludivine, Mathieu, Simon, Pablito et la chaudière sur la place St Martin à 20h 30 pétantes… Nous rentrons à l’hôtel histoire de nous décrasser un peu, la soirée risquant d’être, comment dirais-je…mouvementée…
18h 30, nous sommes dans notre chambre, 18h 31 je me couche sur mon lit, 20h 29, Baptiste me réveille…faut déjà partir… J’ai encore mon écharpe autour du cou, pour la douche, on verra ça plus tard.
Tout le monde est là à l’heure dite. Pablito nous présente sa cousine (nous l’appellerons "le freezer") apparemment hyper contente de nous rencontrer à en juger par le sourire crispé qu’elle nous lâche. Nous suivons Pablito dans le resto qu’il a choisi pour nous. Une sorte de salle des fêtes-resto, où des locaux (moyenne d’âge, soixante ans) dansent au milieu des tables sur un air de "Pablo et sa troupe" (avec elle, avec elle…). Nous prenons place et commandons. Je signale au passage la présence d’un ami de Pablito (que nous appellerons Rodrigo), sorti d’on ne sait où…après tout, plus on est de fous…
Je n’ai pas faim, un mal de ventre me tiraillant depuis la veille. Je ne commande donc, avec Baptiste, qu’un simple litre et demi de "Crystal" (la bière de Lima…je m’attendais a trouver de la "Limeña").
La tactique est simple, on fait copain avec les touristes, on fait genre on les invite à une sauterie, et hop, on se fait inviter et on pique dans les assiettes et on chope un verre de bière par-ci, par-là aux frais de la princesse. La princesse ce soir, elle s’appelle Julien et Baptiste pour la boisson, et Ludivine pour la bouffe. Rodrigo tape allègrement sur notre litre et demi de binouze (ben vas-y ma couille, faut pas se gêner !) à tel point que j’hésite presque à demander la permission avant de me servir. Il collera également, avec la complicité de Pablito, une bonne claque au plat de Ludivine, et se permettra même de lui piquer des clopes sans lui demander quoi que ce soit (elle le remettra en place assez rapidement…). Bref, le genre de personne que j’exècre…non mais sérieux je suis déjà obligé de commander les frites à la pièce, tellement je suis fauché, c’est pas pour nourrir, en plus, deux branleurs péruviens proxénètes et leur meilleure tapineuse…merci, merci bien !
Bref, la soirée se passe. Je reste là, les yeux fixés sur l’unique verre de bière que j’ai réussi à sauver. Rodrigo est scotché à Ludivine, lui parlant, n’interrompant son flot de parole que pour boire MA bière… La chaudière quant à elle colle Baptiste comme une mouche le cul d’un vache…attendant un hypothétique coup de queue pour se barrer (avec son portefeuille...). Il faut dire que Baptiste n’a rien arrangé en acceptant de danser avec elle une sorte de "sans pas" péruvien apparemment très à la mode ici. Simon et Mathieu tapent quand à eux la discute…
Il faudra attendre 22 heures pour voir débarquer "le freezer" (qui avait mystérieusement disparu avant le repas) accompagnée d’une amie (que nous appellerons "Ma’ Dalton") pas vraiment ragoûtante, et vraiment muette… Je fais signe à Ludivine que j’en ai plein le dos, elle hoche de la tête… Je me lève, Ludivine me suit. Il faudra trois bonnes minutes à Baptiste pour se séparer de son tricostéril de chaudière, apparemment en quête de son seau de charbon…
Nous rentrons finalement à l’hôtel, Simon et Mathieu semblant quant à eux chauds comme la braise (y en a une à qui ça va plaire !) pour faire la fête toute la nuit avec Ma’ Dalton et sa bande de pique-assiettes…
Nous saluons Ludivine et montons dans notre chambre pour nous endormir assez rapidement. Nous nous réveillons vers les dix heures, et partons visiter le si beau Lima, et notamment le quartier de "Miraflores" après un petit déj’ pas vraiment copieux, mais somme toute correct. Nous stoppons sur notre chemin, et payons notre billet pour Huaraz, départ le soir même, ne sentant Lima que très moyennement.
La ville est immense. Lima, c’est, en superficie, l’équivalent de Paris et de sa banlieue…un vrai dédale de rues dans tous les sens. "Miraflores" est à l’autre bout de la ville. Nous commençons à pied puis optons finalement pour un taxi à six soles…
Pourquoi ce quartier est-il aussi connu des touristes ?…sans doute car il est moins moche que les autres…et qu'il est au bord de la mer. La mer, ici, c’est pas vraiment les plages thaïlandaises, mais je pense sérieusement, après mûre réflexion que le ciel blanc, dégueu (que nous trimbalons depuis Nazca, avec une pause à Huacachina) y est pour quelques chose. Nous restons là une heure et des poussières, sans doute plus pour pouvoir se dire "on a un peu visité Lima" qu’autre chose…
Nous sommes de retour dans le centre vers les quinze heures. Nous tombons nez à nez avec Pablito, Rodrigo et la chaudière (Ma’ Dalton et le freezer ont disparu). Egalement deux autres jeunes femmes (on va pas leur donner de nom, on s’en fout). Pablito nous parle de la soirée d’hier, en regrettant amèrement que nous ne soyons pas restés jusqu’au bout. La chaudière en remet une couche, lorsque nous décidons de prendre congé…j’ai presque cru qu’elle allait se mettre à pleurer.
Notre bus est à 22 heures…et il est à peine 18 heures. Nous irons tuer le temps au ciné, devant "Bad Boys II", en qualité correct, bien loin de la version catastrophique que nous avions matée à Cusco. Nous sortons de la, les 21h 30 pointant le bout de leur nez, et débarquons à la station de bus, pile à l’heure.
Huit heures jusqu’à Huaraz…cela va encore nous faire débarquer à une heure impossible… Espérons que la beauté des paysages nous fasse oublier ce petit détail…
10 septembre 2003
Pisco - Pérou
Bon, on est motivés, la patate atomique Pisco ça va être génial... Hum... bon on repassera hein... Vrai qu’après le carnage Nazca, Ica (ou plutôt Huacachina) nous avait plutôt bien branchés... eh bien avec Pisco, nous allions tomber de haut. En bref, c’est gris, c’est moche, ça pue, et on s’y fait chier comme des rats morts...
Une petite heure de bus depuis Ica et nous y voilà. Pisco. Une heure, c’est court, et j’ai encore l’esprit dans les nibards de mes hollandaises du matin... encore à Huacachina...
Le bus nous dépose dans une rue pas centrale du tout, pas la moindre idée de là où nous sommes. Un des employés de notre hôtel de Huacachiuna nous avait vivement recommandé, connaissant notre destination suivante, un hôtel en bord de mer. Dit comme ça, ça peut le faire... Nous tendons le papier au chauffeur de taxi qui nous conduit donc, dare-dare, à l’endroit en question.
Triste, mort, gris, dépressif... donnez-moi un couteau que je me taille les veines! L’hôtel ressemble plus à la maison de la famille Adams qu’au Ritz. Non pas dans son architecture, une façade jaune plutôt clean, mais dans sa propreté... Le personnel d’entretien est-il en grève ?... question stupide, car à en juger par les cinq millimètres de poussière sablonneuse présente sur chaque meuble, et sur le sol, je dirais que le personnel d’entretien est juste inexistant.
Les lieux n’ont en réalité pas dû voir une serpillière depuis des lustres (et pas l’inverse, ça veut rien dire)... quant aux résidents des lieux, il semble que nous soyons les premiers depuis le mariage de la gérante, en juillet 69... en cherchant un peu nous aurions sans doute pu trouver des confettis d’époque, ou la jarretière de la mariée, coincée derrière un radiateur
Bref... si vous tenez tout de même à visiter l’endroit, ne vous posez pas la question "y a-t-il de l’eau chaude"... le mot "chaude" est en trop... Pour la douche, nous attendrons donc Lima, notre prochaine destination.
Nous sortons donc de l’endroit, le moral dans les pompes, et tombons donc nez à nez avec la plage. Pas trop "Alerte à Malibu" à vrai dire... Cette plage-là est en fait à l’image de notre hôtel: triste! Il y a du avoir de la vie ici, en un temps révolu... mais après tout, il y a, parait-il, aussi eu de la vie sur Mars.
On trouve des vestiges de ce que je suppose avoir été des palmiers, également une sorte de parvis rappelant la "promenade des anglais" de Nice... en plus vieux. Sol craquelé, couche de crasse sur le sol, vieux papiers, canettes vides... "la promenade des morts", l’endroit rêvé pour une petite partie de spiritisme à sensation.
Nous grimpons dans un taxi et gagnons le centre ville, en espérant y trouver, un tantinet plus d’animation.
Nous débarquons sur la "Plaza de Armas" (est- il encore utile de préciser son nom ?) et contemplons. Le ciel, lui n’a pas changé, toujours aussi blanc. La place est assez commune, pas vraiment originale. Du monde mais pas non plus les "Champs le 12 juillet 98". Nous tâchons avec Baptiste de mettre la main sur un hypothétique tour à la réserve naturelle de Paracas, raison d’être de cette ville n’ayant vraiment rien d’autre à offrir. La deuxième agence est la bonne.
Nous partirons demain matin (lever à six heures) pour un petit tour en bateau, direction les îles, non loin de la côte, afin d’observer pingouins et autres animaux divers et flore de toute sorte pendant trois heures de pur bonheur... Wow wow, je suis prêt à tirer un trait sur mes Hollandaises, le pied, trop cool, je kiff les pingouins…
Le tour booké, nous cassons la croûte dans un snack éclairé à la bougie (ah oui y a pas plus d'électricité dans le centre que d’eau dans notre hôtel... le Moyen-âge je vous dis!), faisons un petit tour dans les ruelles de la ville (qui s’animent tout de même un peu à la nuit tombée) et rentrons chez Morticia, chasser les esprits, pour un remake de "GhostBusters" (me suis pris pour Bill Murray l’espace d’un instant...) qui durera jusqu’au petit matin.
Six heures donc, nous sommes debout. On se brosse les dents au Pepsi (y a toujours pas d’eau...), prenons nos cliques et nos claques et fichons le camp d’ici !
Notre bus arrive, à la bourre. Nous avons, en attendant, tapé la discute avec trois moutards pouilleux, qui nous auront tout de même cassé les michokos pendant près de vingt minutes à baragouiner des trucs en espagnol sans s’occuper de savoir si oui ou non, nous entravions quelque chose "on parle pas spanish les merdeux!!!... vais vous envoyer creuser à Potosi moi !!!"... bon à l’évidence je ne suis pas de superbe humeur...
Le bus arrive donc, nous embarquons. Y a vraiment des jours ou il vaudrait mieux rester couché... genre aujourd’hui.
Le trajet en bus durera près de trente minutes, sous un ciel toujours aussi blanc, un paysage toujours aussi mort, et une humeur toujours aussi exécrable pour ma part (remarque Baptiste ne m’a pas sorti de blagues vaseuses depuis près de vingt minutes... pas trop la gouache non plus apparemment…).
Nous arrivons finalement à l’embarcadère, d’où nous partirons bientôt pour trois heures d’un bonheur intense. Nous nous amusons en attendant avec quatre pélicans. Un type, patibulaire s’approche de nous et nous réclame de la tune. Situation plutôt comique quand on connaît l’état d’esprit dans lequel nous sommes. "Ben voyons, j’ai pas de liquide, tu prends l’Am Ex?"... en deux mots l’homme ne nous cassera plus les bonbons jusqu’à notre départ et fera même un détour pour ne plus croiser notre chemin.
La palme, la cerise sur l’Oréo, la goutte d’eau qui fera déborder le pot de chambre viendra de l’homme qui, un peu péteux tout de même nous annoncera : "dong dong dong, par suite d’un problème technique, le bateau de huit heures à destination des îles aux Pingouins est annulé"... Bon Jule, on respire, OUSSSAAA... on souffle et on reste calme. Le lascar prétextera un trop-plein de vent, et nous remboursera les huit $US que nous avions déboursés pour ce tour sans faire trop d’histoires (valait mieux pas...).
Nous revenons sur Pisco (génial!) à bord d’un minibus maxi-pourri (mais est-ce vraiment important?) et chopons, après un petit déj’ au prix exorbitant de neuf soles (saloperie de voleurs!... remarque tant qu’ils trouvent des cons pour payer...) un taxi direction le terminal terrestre d’où partira notre bus pour Lima.
Trois heures de route. Je n’attends rien de Lima, on n’a pas cessé de nous répéter que c’était gris et moche. Imaginez un peu mon humeur en grimpant dans le bus...
Une petite heure de bus depuis Ica et nous y voilà. Pisco. Une heure, c’est court, et j’ai encore l’esprit dans les nibards de mes hollandaises du matin... encore à Huacachina...
Le bus nous dépose dans une rue pas centrale du tout, pas la moindre idée de là où nous sommes. Un des employés de notre hôtel de Huacachiuna nous avait vivement recommandé, connaissant notre destination suivante, un hôtel en bord de mer. Dit comme ça, ça peut le faire... Nous tendons le papier au chauffeur de taxi qui nous conduit donc, dare-dare, à l’endroit en question.
Triste, mort, gris, dépressif... donnez-moi un couteau que je me taille les veines! L’hôtel ressemble plus à la maison de la famille Adams qu’au Ritz. Non pas dans son architecture, une façade jaune plutôt clean, mais dans sa propreté... Le personnel d’entretien est-il en grève ?... question stupide, car à en juger par les cinq millimètres de poussière sablonneuse présente sur chaque meuble, et sur le sol, je dirais que le personnel d’entretien est juste inexistant.
Les lieux n’ont en réalité pas dû voir une serpillière depuis des lustres (et pas l’inverse, ça veut rien dire)... quant aux résidents des lieux, il semble que nous soyons les premiers depuis le mariage de la gérante, en juillet 69... en cherchant un peu nous aurions sans doute pu trouver des confettis d’époque, ou la jarretière de la mariée, coincée derrière un radiateur
Bref... si vous tenez tout de même à visiter l’endroit, ne vous posez pas la question "y a-t-il de l’eau chaude"... le mot "chaude" est en trop... Pour la douche, nous attendrons donc Lima, notre prochaine destination.
Nous sortons donc de l’endroit, le moral dans les pompes, et tombons donc nez à nez avec la plage. Pas trop "Alerte à Malibu" à vrai dire... Cette plage-là est en fait à l’image de notre hôtel: triste! Il y a du avoir de la vie ici, en un temps révolu... mais après tout, il y a, parait-il, aussi eu de la vie sur Mars.
On trouve des vestiges de ce que je suppose avoir été des palmiers, également une sorte de parvis rappelant la "promenade des anglais" de Nice... en plus vieux. Sol craquelé, couche de crasse sur le sol, vieux papiers, canettes vides... "la promenade des morts", l’endroit rêvé pour une petite partie de spiritisme à sensation.
Nous grimpons dans un taxi et gagnons le centre ville, en espérant y trouver, un tantinet plus d’animation.
Nous débarquons sur la "Plaza de Armas" (est- il encore utile de préciser son nom ?) et contemplons. Le ciel, lui n’a pas changé, toujours aussi blanc. La place est assez commune, pas vraiment originale. Du monde mais pas non plus les "Champs le 12 juillet 98". Nous tâchons avec Baptiste de mettre la main sur un hypothétique tour à la réserve naturelle de Paracas, raison d’être de cette ville n’ayant vraiment rien d’autre à offrir. La deuxième agence est la bonne.
Nous partirons demain matin (lever à six heures) pour un petit tour en bateau, direction les îles, non loin de la côte, afin d’observer pingouins et autres animaux divers et flore de toute sorte pendant trois heures de pur bonheur... Wow wow, je suis prêt à tirer un trait sur mes Hollandaises, le pied, trop cool, je kiff les pingouins…
Le tour booké, nous cassons la croûte dans un snack éclairé à la bougie (ah oui y a pas plus d'électricité dans le centre que d’eau dans notre hôtel... le Moyen-âge je vous dis!), faisons un petit tour dans les ruelles de la ville (qui s’animent tout de même un peu à la nuit tombée) et rentrons chez Morticia, chasser les esprits, pour un remake de "GhostBusters" (me suis pris pour Bill Murray l’espace d’un instant...) qui durera jusqu’au petit matin.
Six heures donc, nous sommes debout. On se brosse les dents au Pepsi (y a toujours pas d’eau...), prenons nos cliques et nos claques et fichons le camp d’ici !
Notre bus arrive, à la bourre. Nous avons, en attendant, tapé la discute avec trois moutards pouilleux, qui nous auront tout de même cassé les michokos pendant près de vingt minutes à baragouiner des trucs en espagnol sans s’occuper de savoir si oui ou non, nous entravions quelque chose "on parle pas spanish les merdeux!!!... vais vous envoyer creuser à Potosi moi !!!"... bon à l’évidence je ne suis pas de superbe humeur...
Le bus arrive donc, nous embarquons. Y a vraiment des jours ou il vaudrait mieux rester couché... genre aujourd’hui.
Le trajet en bus durera près de trente minutes, sous un ciel toujours aussi blanc, un paysage toujours aussi mort, et une humeur toujours aussi exécrable pour ma part (remarque Baptiste ne m’a pas sorti de blagues vaseuses depuis près de vingt minutes... pas trop la gouache non plus apparemment…).
Nous arrivons finalement à l’embarcadère, d’où nous partirons bientôt pour trois heures d’un bonheur intense. Nous nous amusons en attendant avec quatre pélicans. Un type, patibulaire s’approche de nous et nous réclame de la tune. Situation plutôt comique quand on connaît l’état d’esprit dans lequel nous sommes. "Ben voyons, j’ai pas de liquide, tu prends l’Am Ex?"... en deux mots l’homme ne nous cassera plus les bonbons jusqu’à notre départ et fera même un détour pour ne plus croiser notre chemin.
La palme, la cerise sur l’Oréo, la goutte d’eau qui fera déborder le pot de chambre viendra de l’homme qui, un peu péteux tout de même nous annoncera : "dong dong dong, par suite d’un problème technique, le bateau de huit heures à destination des îles aux Pingouins est annulé"... Bon Jule, on respire, OUSSSAAA... on souffle et on reste calme. Le lascar prétextera un trop-plein de vent, et nous remboursera les huit $US que nous avions déboursés pour ce tour sans faire trop d’histoires (valait mieux pas...).
Nous revenons sur Pisco (génial!) à bord d’un minibus maxi-pourri (mais est-ce vraiment important?) et chopons, après un petit déj’ au prix exorbitant de neuf soles (saloperie de voleurs!... remarque tant qu’ils trouvent des cons pour payer...) un taxi direction le terminal terrestre d’où partira notre bus pour Lima.
Trois heures de route. Je n’attends rien de Lima, on n’a pas cessé de nous répéter que c’était gris et moche. Imaginez un peu mon humeur en grimpant dans le bus...
09 septembre 2003
Ica - Pérou
C’est après trois heures supplémentaires de bus depuis cette si jolie ville qu’est Nazca (quelle fatigue !) que nous débarquons à Ica.
Désolé de tout le temps râler... mais franchement, l’endroit semble à peine moins crados que celui d’où nous venons.
Si Ica est populaire c’est en fait plus pour les monumentales dunes qui entourent la ville que pour la ville en elle-même. Le désert d’Ica, c’est vraiment quelque chose...
Un homme nous hèle à la sortie du bus et nous propose de nous emmener à Huacachina, une oasis au milieu du désert... et pourtant à juste cinq minutes en voiture de là où nous nous trouvons... Incroyable mais vrai. Pas plus d’une poignée de secondes après être grimpés dans le taxi, nous sommes au milieu des dunes (des dunes gigantesques) et encore quelques minutes plus tard, devant notre hôtel.
L’endroit semble plutôt sympathique. Notre chambre est au bord de la piscine, et de l’autre côté de celle-ci, un bar servant cocktails et boissons fraîches à toute heure de la journée. Le soleil brille, des hamacs nous tendent les cordons, juste histoire de récupérer des trop nombreuses heures de bus que nous venons de nous taper. Je pose mon cul dans l’un d’eux, et achève le livre que Gwendoline m’avait généreusement offert peu avant notre départ de Cusco. "L’amour dure trois ans" ou un Beigbeder torturé nous compte l’une de ses histoires d’amour, pas vraiment des plus simple (mais ces deux mots font-ils vraiment bon ménage ?).
Je m’endors ensuite en pensant à tout ça. Les lignes de Nazca, les dunes de Huacachina, Mel et Gwen, l’amour dure-t’il trois ans, l’amour dure-t’il , pourquoi la vie, pourquoi la mort, pourquoi le vent, et bien sûr Laetitia Casta (y avait longtemps)…
J’ai une patate d’enfer lorsque j’ouvre les yeux... besoin de bouger. Je secoue Baptiste comme un prunier "hey, on monte la dune, ça te branche?"... vingt-cinq minutes plus tard nous sommes au sommet... le fait d’être plus proche des cieux doit apparemment être propice aux miracles car c’est bel et bien à un putain de miracle que nous allons assister.
Nous sommes bien sur place à lutter contre un vent de tous les diables, chargé d’un sable plus fin que la taille de Carla Bruni, qui nous pique la gueule et nous met du croquant dans la bouche, lorsque nous voyons apparaître, derrière une dune, une jeune fille d’une vingtaine d’années, planche de sandboard sous le bras... rien de miraculeux jusqu'à présent. La jeune fille s’approche de nous (normal), nous parle (normal) et nous paraît plutôt sympathique (ça se tient jusque-la...).
Le miracle viendra après que nous ayons, en cœur posé la question "where are you from ?" car tenez-vous bien : Anat (c’est son nom) est Israélienne…
Gasp! stupeur, effroie, toute une théorie qui se casse la gueule en à peine trois mots, un "I’m from Israel" qui résonne encore dans ma tête comme le gong de la boule de Fort Boyard (le gros qui donnait le départ du compte à rebours). Le fait que l'on me prouve que la terre n'est pas ronde m’aurait je crois moins étonné...
Mes doigts tremblent au moment où j’écris, mais forcé de reconnaître que Anat est une jeune fille tout ce qu’il y a de plus sympathique. Nous passerons tous les deux la soirée au bar à discuter de tout et de rien (Baptiste dort pendant ce temps, sans doute un peu choqué par l’évènement), dans un anglais qui m’apparaîtra clair. La soirée sera limpide, géniale, en sa compagnie, ainsi qu’avec Annette et Lisa, espagnoles d’origine, et Ariel le barman... israélien aussi (putain mais il m’arrive quoi là ??)... Une excellente soirée à boire de la bière et des cocktails (Pisco Sour et Caipirusca)... Anat dormira même dans notre chambre (Baptiste n’en croira pas ses yeux lorsqu’il la verra débarquer en ma compagnie à deux heures du mat’) soi-disant pas très rassurée par son compagnon de dortoir, jeune homme plutôt louche ne transpirant apparemment pas la confiance (je précise que notre chambre compte trois lits SIMPLES !!).
Je m’endors, bien dans ma peau, le sentiment d’avoir passée un journée utile, riche en découvertes, à l’image de Christophe Colomb, un soir de 1492…
Le soleil est déjà haut lorsque nous ouvrons les yeux. C’est au bar, en compagnie de Baptiste, Anat (notre nouvelle super copine israélienne... trop fou !!) et un couple de québécois que nous savourons un copieux petit déjeuner. Tous les éléments sont réunis pour une bonne journée... l’humeur est joviale, en bref, tout roule.
L’attraction principale de l’endroit étant le sandboard (du surf sur les dunes) je décide de me laisser tenter par un petit tour de deux heures et demie à douze $US, en buggy dans les dunes de sables. A 10h 45, nous voilà partis.
Le buggy est en fait un "Ford Bronco", imposant 4x4 américain, modifié, et ressemblant à présent plus à une voiture lunaire qu’autre chose. A son bord, huit personnes. Le couple québécois du matin, ainsi que Daniel et Emily, couple d’origine anglaise établi à Paris (et parlant un Français parfait, sans le moindre accent... édifiant !), Anat et sa toute nouvelle compagne de chambre, elle aussi israélienne (pas hypra causante, ça va aller les miracles pour ce mois-ci!...), notre chauffeur, et moi-même. Nous roulons à fond de cinq dans les dunes. Autant de sensations que dans les montagnes russes, quelque chose d’unique. Nous stoppons ça et là pour dévaler sur nos planches (que nous badigeonnons de cire avant chaque descente) des dunes toutes plus imposantes les unes que les autres. Pour résumer, deux heures et demie vraiment agréables, et occupées de la façon la plus originale qui soit...
De retour à l’hôtel, une petite baignade dans la piscine, juste hitoire de retirer le sable que j’ai dans les oreilles, et nous sommes déjà sur le départ.
Je fais la bise (mon dieu mais qu’écris- je !?) à Anat en espérant la revoir quelques jours plus tard à Huaraz.
C’est au moment précis où je m’apprêtais à vraiment partir que deux hollandaises atomiques, fraîchement arrivées à l’hôtel, engagent la conversation. Je n’ai rien demandé à personne, ni fait mon gros relou pendant dix minutes pour me faire remarquer, rien calculé du tout. Elles semblent fort sympathiques... mais le taxi attend... je n’aurais même pas le temps de connaître leurs prénoms. Elles ont bien choisi leur moment pour la ramener, celles-là "JE DOIS PARTIR BORDEL !".
C’est la mort dans l’âme que je monte dans ce fichu taxi. Pisco a intérêt à être bien parce que là, j’ai les glandes !!
Nous tâcherons de choper un bus à la gare centrale. Il y en a apparemment toutes les demi-heures.
Nous devrions être à Pisco en début d’après- midi... ça va être génial... il le faut (ou sinon je casse la gueule au premier que je croise)...
Désolé de tout le temps râler... mais franchement, l’endroit semble à peine moins crados que celui d’où nous venons.
Si Ica est populaire c’est en fait plus pour les monumentales dunes qui entourent la ville que pour la ville en elle-même. Le désert d’Ica, c’est vraiment quelque chose...
Un homme nous hèle à la sortie du bus et nous propose de nous emmener à Huacachina, une oasis au milieu du désert... et pourtant à juste cinq minutes en voiture de là où nous nous trouvons... Incroyable mais vrai. Pas plus d’une poignée de secondes après être grimpés dans le taxi, nous sommes au milieu des dunes (des dunes gigantesques) et encore quelques minutes plus tard, devant notre hôtel.
L’endroit semble plutôt sympathique. Notre chambre est au bord de la piscine, et de l’autre côté de celle-ci, un bar servant cocktails et boissons fraîches à toute heure de la journée. Le soleil brille, des hamacs nous tendent les cordons, juste histoire de récupérer des trop nombreuses heures de bus que nous venons de nous taper. Je pose mon cul dans l’un d’eux, et achève le livre que Gwendoline m’avait généreusement offert peu avant notre départ de Cusco. "L’amour dure trois ans" ou un Beigbeder torturé nous compte l’une de ses histoires d’amour, pas vraiment des plus simple (mais ces deux mots font-ils vraiment bon ménage ?).
Je m’endors ensuite en pensant à tout ça. Les lignes de Nazca, les dunes de Huacachina, Mel et Gwen, l’amour dure-t’il trois ans, l’amour dure-t’il , pourquoi la vie, pourquoi la mort, pourquoi le vent, et bien sûr Laetitia Casta (y avait longtemps)…
J’ai une patate d’enfer lorsque j’ouvre les yeux... besoin de bouger. Je secoue Baptiste comme un prunier "hey, on monte la dune, ça te branche?"... vingt-cinq minutes plus tard nous sommes au sommet... le fait d’être plus proche des cieux doit apparemment être propice aux miracles car c’est bel et bien à un putain de miracle que nous allons assister.
Nous sommes bien sur place à lutter contre un vent de tous les diables, chargé d’un sable plus fin que la taille de Carla Bruni, qui nous pique la gueule et nous met du croquant dans la bouche, lorsque nous voyons apparaître, derrière une dune, une jeune fille d’une vingtaine d’années, planche de sandboard sous le bras... rien de miraculeux jusqu'à présent. La jeune fille s’approche de nous (normal), nous parle (normal) et nous paraît plutôt sympathique (ça se tient jusque-la...).
Le miracle viendra après que nous ayons, en cœur posé la question "where are you from ?" car tenez-vous bien : Anat (c’est son nom) est Israélienne…
Gasp! stupeur, effroie, toute une théorie qui se casse la gueule en à peine trois mots, un "I’m from Israel" qui résonne encore dans ma tête comme le gong de la boule de Fort Boyard (le gros qui donnait le départ du compte à rebours). Le fait que l'on me prouve que la terre n'est pas ronde m’aurait je crois moins étonné...
Mes doigts tremblent au moment où j’écris, mais forcé de reconnaître que Anat est une jeune fille tout ce qu’il y a de plus sympathique. Nous passerons tous les deux la soirée au bar à discuter de tout et de rien (Baptiste dort pendant ce temps, sans doute un peu choqué par l’évènement), dans un anglais qui m’apparaîtra clair. La soirée sera limpide, géniale, en sa compagnie, ainsi qu’avec Annette et Lisa, espagnoles d’origine, et Ariel le barman... israélien aussi (putain mais il m’arrive quoi là ??)... Une excellente soirée à boire de la bière et des cocktails (Pisco Sour et Caipirusca)... Anat dormira même dans notre chambre (Baptiste n’en croira pas ses yeux lorsqu’il la verra débarquer en ma compagnie à deux heures du mat’) soi-disant pas très rassurée par son compagnon de dortoir, jeune homme plutôt louche ne transpirant apparemment pas la confiance (je précise que notre chambre compte trois lits SIMPLES !!).
Je m’endors, bien dans ma peau, le sentiment d’avoir passée un journée utile, riche en découvertes, à l’image de Christophe Colomb, un soir de 1492…
Le soleil est déjà haut lorsque nous ouvrons les yeux. C’est au bar, en compagnie de Baptiste, Anat (notre nouvelle super copine israélienne... trop fou !!) et un couple de québécois que nous savourons un copieux petit déjeuner. Tous les éléments sont réunis pour une bonne journée... l’humeur est joviale, en bref, tout roule.
L’attraction principale de l’endroit étant le sandboard (du surf sur les dunes) je décide de me laisser tenter par un petit tour de deux heures et demie à douze $US, en buggy dans les dunes de sables. A 10h 45, nous voilà partis.
Le buggy est en fait un "Ford Bronco", imposant 4x4 américain, modifié, et ressemblant à présent plus à une voiture lunaire qu’autre chose. A son bord, huit personnes. Le couple québécois du matin, ainsi que Daniel et Emily, couple d’origine anglaise établi à Paris (et parlant un Français parfait, sans le moindre accent... édifiant !), Anat et sa toute nouvelle compagne de chambre, elle aussi israélienne (pas hypra causante, ça va aller les miracles pour ce mois-ci!...), notre chauffeur, et moi-même. Nous roulons à fond de cinq dans les dunes. Autant de sensations que dans les montagnes russes, quelque chose d’unique. Nous stoppons ça et là pour dévaler sur nos planches (que nous badigeonnons de cire avant chaque descente) des dunes toutes plus imposantes les unes que les autres. Pour résumer, deux heures et demie vraiment agréables, et occupées de la façon la plus originale qui soit...
De retour à l’hôtel, une petite baignade dans la piscine, juste hitoire de retirer le sable que j’ai dans les oreilles, et nous sommes déjà sur le départ.
Je fais la bise (mon dieu mais qu’écris- je !?) à Anat en espérant la revoir quelques jours plus tard à Huaraz.
C’est au moment précis où je m’apprêtais à vraiment partir que deux hollandaises atomiques, fraîchement arrivées à l’hôtel, engagent la conversation. Je n’ai rien demandé à personne, ni fait mon gros relou pendant dix minutes pour me faire remarquer, rien calculé du tout. Elles semblent fort sympathiques... mais le taxi attend... je n’aurais même pas le temps de connaître leurs prénoms. Elles ont bien choisi leur moment pour la ramener, celles-là "JE DOIS PARTIR BORDEL !".
C’est la mort dans l’âme que je monte dans ce fichu taxi. Pisco a intérêt à être bien parce que là, j’ai les glandes !!
Nous tâcherons de choper un bus à la gare centrale. Il y en a apparemment toutes les demi-heures.
Nous devrions être à Pisco en début d’après- midi... ça va être génial... il le faut (ou sinon je casse la gueule au premier que je croise)...
08 septembre 2003
Nazca - Pérou
Nazca c’est naz... Voici l’exemple parfait de la ville ayant bâti sa popularité sur une seule et unique attraction que je ne suis pas à même de juger intéressante ou non, pour la bonne et simple raison que nous ne l’avons que très brièvement survolée... ou plutôt non, nous ne l’avons pas survolée, et c’est bien là le problème.
Nous arrivons sur place au petit matin à bord de notre bus poubelle (si vous passez dans le coin, évitez la société TEPSA pour ce qui est de vos déplacements... une honte !) à bord duquel, ni Baptiste ni moi ne sommes parvenus à trouver le sommeil de toute la nuit.
Même rituel qu’à l’accoutumée : tâcher de trouver un hôtel. La fatigue nous fait faire confiance au premier lascar nous tendant sa carte. Cinq minutes plus tard, nous sommes dans le hall en train de nous faire expliquer qu'il faudra attendre le check-out de 9h 30 pour qu’une chambre se libère... et il est six heures du matin. Nous nous posons dans un canapé, tournons en rond, sortons prendre l’air pour finalement craquer au bout d’une heure et demie et partir à la recherche d’un endroit avec des chambres dispos immédiatement.
Nous reprenons nos sacs et marchons deux cents mètres avant de nous faire rattraper par le même homme qu’à notre sortie du bus. Il prétend pouvoir nous trouver une autre chambre, nous montons dans son taxi. Trois hôtels plus tard, verdict: tout est full pour cause, semble-t-il, de festival. L’homme nous conseille finalement de voir les lignes dès aujourd’hui, et de décamper direction Ica l’après-midi même... Nous n’avons pas dormi mais avons-nous vraiment le choix ?
Nazca sur terre, ce n’est pas à proprement parler folichon. Ce n’est en fait pas la ville elle-même qui est intéréssante, mais bel et bien le désert qui la jouxte. Un paysage vide, plat, sec et caillouteux. Disséminés un peu partout sur plusieurs hectares, des dessins divers représentant des animaux pour la plupart (le singe, le lézard, l’araignée... ), ou divers autres thèmes (l’arbre, les mains, l’astronaute... ).
Le problème est le suivant: deux possibilités s’offrent aux touristes. La première, débourser quarante $US pour un tour de quarante minutes en avion à survoler la quasi totalité des dessins. La seconde, un tour en taxi à 25 soles jusqu’au mirador d’où il est posssible d’observer trois des dessins que compte le désert... et pas les plus impressionnants. La faute à un budget ric-rac, nous optons pour cette solution.
Grosse aberration, la route que nous avons prise avec le taxi, construite en 1972, coupe en son centre l’une des trois figures en question, la rendant quasiment méconnaissable. Ainsi le lézard, l’une des figures majeures, longue de 180 mètres n’a plus vraiment d’intérêt (on distingue encore une des pattes avant et la queue).
Notre déception n’a d’égal que la frustration de ne point pouvoir débourser la somme nécessaire pour survoler le tout... ç’aurait été sans nul doute possible mais pas vraiment raisonnable. Nous nous sommes donc contentés de l’arbre, des mains et du demi-lézard, ainsi que de la butte, quelques centaines de mètres avant le mirador, d’où partent plus d’une dizaine de lignes d’une droiture quasi parfaite, disparaissant à l’horizon...
Les autres figures n’étaient pas à notre portée, et ni le singe, et ses 90 mètres, ni l’alcatraz, la figure majeure, et ses 285 mètres ne se sont laissées prendre par nos objectifs... une autre fois peut-être...
Nous filons, direction Ica, quatre heures à peine après notre arrivée à Nazca.
Nous payons notre ticket avec un goût amer dans la bouche, non pas à cause du prix (pour une fois) mais avec le sentiment d’avoir loupé quelques chose de grand...
On va surfer sur les dunes, ça va nous changer les idées... A vos planches !
Nous arrivons sur place au petit matin à bord de notre bus poubelle (si vous passez dans le coin, évitez la société TEPSA pour ce qui est de vos déplacements... une honte !) à bord duquel, ni Baptiste ni moi ne sommes parvenus à trouver le sommeil de toute la nuit.
Même rituel qu’à l’accoutumée : tâcher de trouver un hôtel. La fatigue nous fait faire confiance au premier lascar nous tendant sa carte. Cinq minutes plus tard, nous sommes dans le hall en train de nous faire expliquer qu'il faudra attendre le check-out de 9h 30 pour qu’une chambre se libère... et il est six heures du matin. Nous nous posons dans un canapé, tournons en rond, sortons prendre l’air pour finalement craquer au bout d’une heure et demie et partir à la recherche d’un endroit avec des chambres dispos immédiatement.
Nous reprenons nos sacs et marchons deux cents mètres avant de nous faire rattraper par le même homme qu’à notre sortie du bus. Il prétend pouvoir nous trouver une autre chambre, nous montons dans son taxi. Trois hôtels plus tard, verdict: tout est full pour cause, semble-t-il, de festival. L’homme nous conseille finalement de voir les lignes dès aujourd’hui, et de décamper direction Ica l’après-midi même... Nous n’avons pas dormi mais avons-nous vraiment le choix ?
Nazca sur terre, ce n’est pas à proprement parler folichon. Ce n’est en fait pas la ville elle-même qui est intéréssante, mais bel et bien le désert qui la jouxte. Un paysage vide, plat, sec et caillouteux. Disséminés un peu partout sur plusieurs hectares, des dessins divers représentant des animaux pour la plupart (le singe, le lézard, l’araignée... ), ou divers autres thèmes (l’arbre, les mains, l’astronaute... ).
Le problème est le suivant: deux possibilités s’offrent aux touristes. La première, débourser quarante $US pour un tour de quarante minutes en avion à survoler la quasi totalité des dessins. La seconde, un tour en taxi à 25 soles jusqu’au mirador d’où il est posssible d’observer trois des dessins que compte le désert... et pas les plus impressionnants. La faute à un budget ric-rac, nous optons pour cette solution.
Grosse aberration, la route que nous avons prise avec le taxi, construite en 1972, coupe en son centre l’une des trois figures en question, la rendant quasiment méconnaissable. Ainsi le lézard, l’une des figures majeures, longue de 180 mètres n’a plus vraiment d’intérêt (on distingue encore une des pattes avant et la queue).
Notre déception n’a d’égal que la frustration de ne point pouvoir débourser la somme nécessaire pour survoler le tout... ç’aurait été sans nul doute possible mais pas vraiment raisonnable. Nous nous sommes donc contentés de l’arbre, des mains et du demi-lézard, ainsi que de la butte, quelques centaines de mètres avant le mirador, d’où partent plus d’une dizaine de lignes d’une droiture quasi parfaite, disparaissant à l’horizon...
Les autres figures n’étaient pas à notre portée, et ni le singe, et ses 90 mètres, ni l’alcatraz, la figure majeure, et ses 285 mètres ne se sont laissées prendre par nos objectifs... une autre fois peut-être...
Nous filons, direction Ica, quatre heures à peine après notre arrivée à Nazca.
Nous payons notre ticket avec un goût amer dans la bouche, non pas à cause du prix (pour une fois) mais avec le sentiment d’avoir loupé quelques chose de grand...
On va surfer sur les dunes, ça va nous changer les idées... A vos planches !
01 septembre 2003
Cusco - Pérou
On en aura pris plein les mirettes. Du temple inca, en veux-tu en voilà. De la pierre de taille dans tous les sens, de la ruine à foison... et le plus drôle c’est que ce n’est pas fini...
C’est la tête encore dans les cumulus (un peu dans l’anus aussi... il est six heures du mat’) que nous grimpons dans notre train pour Ollantaytambo. Il fait nuit, il fait froid... et mon sac est toujours aussi lourd (même un peu plus lourd, la faute à mon maillot de bain pas encore sec de ma baignade de la veille... en plus il pue le soufre...). Nous marchons tous les quatre au radar... mais parvenons tout de même à payer les douze $US (comme à l’aller, putain d’un coup ça réveille, ça !) que coûte le billet.
Nous prenons place en face d’un gars et d'une fille (chouchou et loulou ?) que j’aurais juré être un couple. Monumentale erreur, Anne et Philippe sont en fait de simples amis. Elle, parisienne jusqu’au bout des ongles (ses premières paroles à notre égard : "bon ils font quoi, ils s’appellent comment... allons-y, j’ai pas tout mon temps…"…un peu exagéré, ok…), lui, look israélo-baba-cool, farfelu et rigolo…
Nous passons les deux heures nous séparant de notre destination à tenter de nous découvrir. Conversation proche du vide qui ne nous mènera nulle part si ce n’est à de nombreuses crises de rire… Nous cernerons tout de même à notre arrivée à Ollantaytambo, la complexité des deux personnages que nous venons de rencontrer. Nos suissesses, quant à elles, se sont volatilisées. Nous ne les reverrons qu’à Cusco.
Nous partageons le bus de retour avec nos deux nouveaux amis, donc, ainsi qu’une Finlandaise octolingue (euh…bilingue x 4) de qui j’aurais volontiers reçu quelques cours (et je parle pas de repassage)…
De retour à Cusco, c’est immédiatement retour à l’hôtel, pause cagoince et douche, et repas, les treize heures pile, en compagnie du couple infernal (nos suissesses dorment, un peu claquées par le voyage) avec qui je suis fermement décidé à enfin aborder un sujet sérieux et construire une conversation… Nous passons plus d’une heure à table à dire n’importe quoi, genre :
«
Jule : et tu fais quoi dans la vie ?
Philippe : ben je travaille dans l’informatique
Anne : tiens y a du guacamole en entrée...
Jule : et ça fait longtemps ?
Baptiste : combien ça coûte ?
Philippe : trois Jule : ah oui trois ans ça fait un bail…
Anne : non, trois soles c’est le prix du guacamole !
Baptiste : c’est cher !…mais le menu il est à combien ?
Anne : et vous vous avez quel âge tous les deux ?
Jule : 18
Philippe : la vache vous faites plus vieux !
Baptiste : non, 18 c’est le prix du menu !
Jule : ah tiens y a du guacamole en entrée…
»
…comme ça pendant deux heures…à vous filer des maux de tête…
Bref, nous sortons du resto le ventre plein et le regard vide…et nous dirigeons…vers le cybercafé (pour soigner les migraines, on a vu mieux…).
Nous y restons une bonne moitié de demi- douzaine d’heures (ça fait trois heures, bingo !) puis remontons lentement vers l’hôtel afin de nous préparer pour le repas du soir.
Nous sommes huit à partager un repas ultra économique à trois soles. Se sont ajoutés au groupe, en plus de Anne, Philippe, Gwendoline, Mélanie, Baptiste et moi-même, Alix, français d’origine partageant le même hôtel que chouchou et loulou, et Tania, une allemande avec qui nous avions déjà trinqué à Sucre et Potosi (oui…Chloé, je sais…).
Je suis à cinquante pour cent de mes capacités, tiraillé par un mal de dos exigeant un massage le plus rapidement possible. Manque de bol, la soirée n’en est qu’à ses balbutiements…
Après le resto, direction le Mama Africa, boîte de nuits un peu rétro (après réflexion, toute l’Amérique du Sud est un peu rétro…) que je tente d’apprécier cloué sur mon fauteuil. Je prend congé, les une heure du mat’ venant juste de sonner, et laisse la joyeuse équipe s’amuser, remontant quant à moi, seul, jusqu’aux draps froids de ma chambre d’hôtel.
Pour plus de détails sur cette petite sauterie, mieux vaut consulter Baptiste qui, à en juger par son lit, toujours vide et bordé, les dix heures du matin passées, a su pleinement profiter de sa nuit (gros con va!...). Je me lève (et je bouscule personne puisque, si vous avez suivi, Baptiste à découché... et de toute façon on dort pas dans le même lit) et savoure pendant plusieurs longues minutes, une douche chaude et bienfaisante.
Nous prenons ensuite avec les deux miss et Baptiste la gueule dans le cul, sorti d’on ne sait où, la direction d’un resto où nous devions, en théorie, retrouver Philippe et Anne (ils ne vinrent jamais...).
Nous bookons ensuite pour une petite balade à cheval le jour suivant pour la modique sommes de quinze soles, et prenons par la même occasion nos billets direction Arequipa, pour le surlendemain.
Le reste de la journée sera plutôt cool. C’est dans ma chambre que je reçois, de la part de Mélanie et ses mains de fée, un anthologique massage (avec crème et tout le tralala…) qui me fera passer mon mal de dos, pour le reste de la soirée, du moins. Nous rejoignent par la suite Gwendoline, Baptiste, Anne, Philippe, et Juliette partageant elle aussi le même hôtel que nos deux acolytes Français.
Une dégustation de mathé (le thé local apparemment…j’ai pas goûté à vrai dire…) nous voici dans le même restaurant à dix soles que le premier jour (voir "les septs boules de cristal") à déguster un repas n’ayant en rien perdu de sa qualité. Un taxi attend Philippe et Anne direction le terminal terrestre, d’où un bus les emmènera jusqu’à Puno, puis l’île de Taquile, sur le lac Titicaca.
Nous rentrons quant à nous à l’hôtel, la nuit de la veille ayant été un peu chargée (pour certains surtout... m’enfin moi je dis ça, je dis rien...).
Journée hippique que celle du lendemain. C’est à douze heures pile que nous grimpons dans le taxi chargé de nous emmener jusqu’à nos montures (des chevaux, simplement des chevaux…). La première étape est le temple "Sacsayhuaman" que Paul (oui, oui, le luxembourgeois de Potosi…rien à ajouter au sujet de cette ville…) nous avait vivement conseillé d’aller voir. Le site est en piteux état mais la base, intacte, laissant apparaître des pierres monumentales, laisse imaginer l’ampleur de l’édifice avant sa destruction.
Nous parcourons ensuite, à dos de cheval, pas moins de trois temples supplémentaires (on laisse les chevaux à l’entrée, tout de même) "Qenko", "Puca Pucara" et "Tambo Machay". Nous regagnons ensuite Cusco, un peu fatigués mais avec des images plein la tête (et du crottin plein les pompes...).
Un ultime pot en compagnie de nos suissesses d’amour, des accolades chaleureuses et des bisous dans les coins, et nous voilà partis pour de nouvelles aventures, à bord, encore une fois d’un bus (je ne peux plus les voir... moi je dis "vive le RER !"...).
Nous devrions atteindre notre objectif au petit matin, bien décalqués...
C’est la tête encore dans les cumulus (un peu dans l’anus aussi... il est six heures du mat’) que nous grimpons dans notre train pour Ollantaytambo. Il fait nuit, il fait froid... et mon sac est toujours aussi lourd (même un peu plus lourd, la faute à mon maillot de bain pas encore sec de ma baignade de la veille... en plus il pue le soufre...). Nous marchons tous les quatre au radar... mais parvenons tout de même à payer les douze $US (comme à l’aller, putain d’un coup ça réveille, ça !) que coûte le billet.
Nous prenons place en face d’un gars et d'une fille (chouchou et loulou ?) que j’aurais juré être un couple. Monumentale erreur, Anne et Philippe sont en fait de simples amis. Elle, parisienne jusqu’au bout des ongles (ses premières paroles à notre égard : "bon ils font quoi, ils s’appellent comment... allons-y, j’ai pas tout mon temps…"…un peu exagéré, ok…), lui, look israélo-baba-cool, farfelu et rigolo…
Nous passons les deux heures nous séparant de notre destination à tenter de nous découvrir. Conversation proche du vide qui ne nous mènera nulle part si ce n’est à de nombreuses crises de rire… Nous cernerons tout de même à notre arrivée à Ollantaytambo, la complexité des deux personnages que nous venons de rencontrer. Nos suissesses, quant à elles, se sont volatilisées. Nous ne les reverrons qu’à Cusco.
Nous partageons le bus de retour avec nos deux nouveaux amis, donc, ainsi qu’une Finlandaise octolingue (euh…bilingue x 4) de qui j’aurais volontiers reçu quelques cours (et je parle pas de repassage)…
De retour à Cusco, c’est immédiatement retour à l’hôtel, pause cagoince et douche, et repas, les treize heures pile, en compagnie du couple infernal (nos suissesses dorment, un peu claquées par le voyage) avec qui je suis fermement décidé à enfin aborder un sujet sérieux et construire une conversation… Nous passons plus d’une heure à table à dire n’importe quoi, genre :
«
Jule : et tu fais quoi dans la vie ?
Philippe : ben je travaille dans l’informatique
Anne : tiens y a du guacamole en entrée...
Jule : et ça fait longtemps ?
Baptiste : combien ça coûte ?
Philippe : trois Jule : ah oui trois ans ça fait un bail…
Anne : non, trois soles c’est le prix du guacamole !
Baptiste : c’est cher !…mais le menu il est à combien ?
Anne : et vous vous avez quel âge tous les deux ?
Jule : 18
Philippe : la vache vous faites plus vieux !
Baptiste : non, 18 c’est le prix du menu !
Jule : ah tiens y a du guacamole en entrée…
»
…comme ça pendant deux heures…à vous filer des maux de tête…
Bref, nous sortons du resto le ventre plein et le regard vide…et nous dirigeons…vers le cybercafé (pour soigner les migraines, on a vu mieux…).
Nous y restons une bonne moitié de demi- douzaine d’heures (ça fait trois heures, bingo !) puis remontons lentement vers l’hôtel afin de nous préparer pour le repas du soir.
Nous sommes huit à partager un repas ultra économique à trois soles. Se sont ajoutés au groupe, en plus de Anne, Philippe, Gwendoline, Mélanie, Baptiste et moi-même, Alix, français d’origine partageant le même hôtel que chouchou et loulou, et Tania, une allemande avec qui nous avions déjà trinqué à Sucre et Potosi (oui…Chloé, je sais…).
Je suis à cinquante pour cent de mes capacités, tiraillé par un mal de dos exigeant un massage le plus rapidement possible. Manque de bol, la soirée n’en est qu’à ses balbutiements…
Après le resto, direction le Mama Africa, boîte de nuits un peu rétro (après réflexion, toute l’Amérique du Sud est un peu rétro…) que je tente d’apprécier cloué sur mon fauteuil. Je prend congé, les une heure du mat’ venant juste de sonner, et laisse la joyeuse équipe s’amuser, remontant quant à moi, seul, jusqu’aux draps froids de ma chambre d’hôtel.
Pour plus de détails sur cette petite sauterie, mieux vaut consulter Baptiste qui, à en juger par son lit, toujours vide et bordé, les dix heures du matin passées, a su pleinement profiter de sa nuit (gros con va!...). Je me lève (et je bouscule personne puisque, si vous avez suivi, Baptiste à découché... et de toute façon on dort pas dans le même lit) et savoure pendant plusieurs longues minutes, une douche chaude et bienfaisante.
Nous prenons ensuite avec les deux miss et Baptiste la gueule dans le cul, sorti d’on ne sait où, la direction d’un resto où nous devions, en théorie, retrouver Philippe et Anne (ils ne vinrent jamais...).
Nous bookons ensuite pour une petite balade à cheval le jour suivant pour la modique sommes de quinze soles, et prenons par la même occasion nos billets direction Arequipa, pour le surlendemain.
Le reste de la journée sera plutôt cool. C’est dans ma chambre que je reçois, de la part de Mélanie et ses mains de fée, un anthologique massage (avec crème et tout le tralala…) qui me fera passer mon mal de dos, pour le reste de la soirée, du moins. Nous rejoignent par la suite Gwendoline, Baptiste, Anne, Philippe, et Juliette partageant elle aussi le même hôtel que nos deux acolytes Français.
Une dégustation de mathé (le thé local apparemment…j’ai pas goûté à vrai dire…) nous voici dans le même restaurant à dix soles que le premier jour (voir "les septs boules de cristal") à déguster un repas n’ayant en rien perdu de sa qualité. Un taxi attend Philippe et Anne direction le terminal terrestre, d’où un bus les emmènera jusqu’à Puno, puis l’île de Taquile, sur le lac Titicaca.
Nous rentrons quant à nous à l’hôtel, la nuit de la veille ayant été un peu chargée (pour certains surtout... m’enfin moi je dis ça, je dis rien...).
Journée hippique que celle du lendemain. C’est à douze heures pile que nous grimpons dans le taxi chargé de nous emmener jusqu’à nos montures (des chevaux, simplement des chevaux…). La première étape est le temple "Sacsayhuaman" que Paul (oui, oui, le luxembourgeois de Potosi…rien à ajouter au sujet de cette ville…) nous avait vivement conseillé d’aller voir. Le site est en piteux état mais la base, intacte, laissant apparaître des pierres monumentales, laisse imaginer l’ampleur de l’édifice avant sa destruction.
Nous parcourons ensuite, à dos de cheval, pas moins de trois temples supplémentaires (on laisse les chevaux à l’entrée, tout de même) "Qenko", "Puca Pucara" et "Tambo Machay". Nous regagnons ensuite Cusco, un peu fatigués mais avec des images plein la tête (et du crottin plein les pompes...).
Un ultime pot en compagnie de nos suissesses d’amour, des accolades chaleureuses et des bisous dans les coins, et nous voilà partis pour de nouvelles aventures, à bord, encore une fois d’un bus (je ne peux plus les voir... moi je dis "vive le RER !"...).
Nous devrions atteindre notre objectif au petit matin, bien décalqués...
29 août 2003
Machu Picchu - Pérou
Nous n’avons jamais été aussi près du but. On commence déjà à sentir l’ambiance Inca telle qu’on l’a abordée dans notre petite vie européenne. Un mix cliché regroupant les albums de Tintin (deux d’entre eux du moins…), "Les Chevaliers de Baphomet", Esteban, Zia, Tao, les cités d’or (aaaaahiaaaaahiaaaa) ou encore au moins deux des trois Indiana Jones et un des quatre Tomb Raider édités par Eidos (et je vous épargne "Alan Quatermann" et "Sonic the Hedgehog"…)…bref…on est dedans, on scrute l’horizon, on cherche Lara, le grand Condor, Poncho, Grucho, ou John Stobart (pour les connaisseurs uniquement…).
Nous embarquons à 9h 30 dans le bus qui va nous faire découvrir plusieurs des sites Incas éparpillés autour de leur capitale "Cusco".
Le bus semble assez confortable…et est évidemment rempli à craquer (de sièges, merci…) de touristes. Nous n’arriverons à Pisac, qu’après deux pauses interminables dans deux marchés que nous croiserons sur la route. Le parfait attrape-touristes avec des femmes en tenues locales (tenues qu’on ne doit plus porter ici depuis des lustres je suppose…) arborant leur tarif de un sol la photo, et des vendeurs de sacs, pantalons, t-shirts, bagues et autres objets divers soi- disant artisanaux (et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier alu…)…bref, vraisemblablement pas le meilleur endroit pour faire des affaires. Pour cette raison, j’achète trois t-shirt (comme un bon touriste…).
Nous arrivons finalement à la première attraction de la journée : Pisac. On nous avait vanté les mérites de ce site, certains avaient même prétendu l’avoir préféré au Machu Picchu… Verdict : espérons qu’ils se soit gourés… Car si Pisac est, il faut bien admettre, un bien beau site chargé d’histoire, il n’en demeure pas moins petit (ou alors n’ou n’en avons visité qu’une infime partie…mais j’en doute…). Pour résumer, je pense que cela vaut le coup d’œil sans toutefois casser des briques. Nous apprendrons tout de même comment les Incas procédèrent pour bâtir tous ces monumentaux édifices, et surtout transporter tous ces blocs de pierre (IMMENSES pour certains…) au sommet de la montagne. On en apprendra également un peu plus sur leur façon de tout calculer en fonction du soleil. Chaque fenêtre à sa place, chaque mur de chaque batisse est orienté au millimètre près de façon à recevoir le soleil à telle ou telle saison, à tel ou tel moment de la journée. Rien n’était laissé au hasard.
Nous restons près d’une heure sur le site puis regagnons notre bus, direction Ollantaytambo, avec tout de même une petite pause déjeuner sur la route. Personne ne nous avait parlé de cette petite ville. Elle m’impressionnera pourtant bien plus que Pisac. Le site regorge également de constructions vieilles de plus de mille ans qu’il nous faudra près d’une heure et demie pour visiter.
Ollantaytambo est également la ville ou les bus provenant de Cusco déposent les touristes ayant des moyens limités (genre nous…) à la gare pour choper le train direction Aguas Calientes. Le billet depuis cette ville est à douze $US contre plus de cinquante depuis Cusco…le calcul est vite fait.
Je partage une bière avec Gwendoline et descendons avec Baptiste une bonne demi- douzaine de sandwichs au fromage pendant les quatre heures que durera notre attente…le train n’est en effet qu’à 20h 30…
Nous embarquons à l’heure H dans deux wagons dédiés aux touristes. Les locaux sont en effet entassés dans le reste du train (moi aussi je trouve ça un peu débilos, ouais…).
Un couple d’heures plus tard, nous sommes arrivés. Il ne nous faudra pas plus de cinq minutes pour trouver un abri pour la nuit, une bande d’hôteliers péruviens munis de pancartes nous attendant à la sortie de la gare…
Un cocktail dans un bar plus tard, et nous sommes au lit. Demain, lever à six heures, objectif Machu Picchu.
La chambre est encore plongée dans un noir parfait et pourtant le réceptionniste de l’hôtel frappe à notre porte…chose étrange, ma montre n’a pas sonné. Explication : il est 5h 10 du mat. Apparemment, changement de plan, c’est maintenant qu’il faut partir. Je râle cinq minutes avant de sauter dans mon pantalon et de sortir dans un Aguas Callente encore endormi. Gwen et Mel, avec qui nous partageons la chambre, ne partiront que quelques heures plus tard, jugeant l’heure un peu matinale (je peux comprendre ca…).
Le bus qui nous emmène sur le site proprement dit est à 4,5$US…cher pour un voyage d’à peine vingt-cinq minutes… Le temps est plutôt couvert…mauvais départ…
Nous arrivons sur place vers les 6h 30…dans les nuages. Impossible de voir à plus de cinq mètres devant soi. Nous nous acquittons tout de même des 20$US que coûte le ticket d’entrée, prix qui à l’instar de la visibilité, est toujours aussi élevé (je sais, je trouve TOUT cher, mais la réalité est la suivante : je suis ruiné !).
Nous distinguons, dans le brouillard, un panneau "Inca Trek, 2 hours". Ni une, ni deux, nous voilà partis. Nous grimpons et grimpons encore, pendant un long moment, empruntant des chemins de pierres casse- gueule frôlant des précipices dont on ne distingue pas le fond (à cause des nuages, faut suivre !). Nous sommes dans du coton, à visibilité réduite, à espérer apercevoir le sommet après chaque tournant… Le sommet nous l’apercevons finalement au bout de deux heures donc (le panneau disait vrai). C’est un drapeau multicolore (le drapeau de la paix…pas le drapeau gay !) qui le marque. Un drapeau gigantesque qui nous apparaîtra comme une oasis dans le désert. Nous sommes comme au paradis. Autour tout est blanc, nous voyons nos pieds, un bout de chemin, et puis c'est tout. Nous nous posons là, sans aucun repère, ne sachant même pas ou se trouve le Machu Picchu, ni même à quelle hauteur nous sommes exactement. Je m’assied sur une pierre au dessus du vide… C’est lorsque les nuages se dissiperont un peu que je réaliserai vraiment la taille du gouffre sous mes pieds. Plusieurs centaines de mètres de vide qui me colleront de violents vertiges. Je m’éloigne du bord à quatre pattes, et regagne le pied du drapeau pour m’endormir une bonne heure, en espérant que le temps s’arrange quelque peu. J’ouvre les yeux à 9h 30, Baptiste dort encore. Les nuages sont bien moins denses. Sous mes yeux, la vallée commence à se dessiner. J’apercois les premiers arbres, les premières routes. Je réveille Baptiste. Il nous faudra encore attendre deux longues heures pour enfin apercevoir le Machu Picchu.
D’ici la vue est magnifique, difficile de vraiment transcrire la beauté du spectacle auquel nous avons assisté. C’est fabuleux. Nous scotchons là-dessus jusqu’à 12h 30, heure à laquelle nous nous décidons à redescendre, pour tout de même visiter un petit peu les lieux. De toute cette matinée au sommet, nous n’avons pas vu un seul touriste…
Quarante-cinq minutes plus tard et un repas (cher, aussi…des prix français) englouti, nous sommes au milieu des ruines. Le tout est assez imposant, des dizaines d’habitations étonnemment bien conservées, d’une robustesse à toute épreuve loin de nos maisons Phoenix en papier à cigarette. Le temps est à présent parfait…on crame littéralement. Nous tournons en rond jusqu'à seize heures à monter et descendre des escaliers dans tous les sens.
Il nous faudra près d’une heure et demie pour rejoindre Aguas Calientes à pattes, le bus à 4,5$US ne nous paraissant pas vraiment indispensable…
Nous rejoignons les filles à l’hôtel, tout juste rentrées des sources d’eau chaude, deuxième attraction de la ville. Elles nous vantent les mérites de l’endroit…vingt minutes plus tard, nous sommes dans une eau à trente degrés à regarder les étoiles… Ca shmoute un peu le soufre, mais c’est vraiment vraiment le pied…pour cette raison, nous restons près de deux heures à apprécier les lieux et à zieuter les naïades nous encerclant…pas désagréable.
Même rituel que la veille : resto avec nos deux suissesses et dodo pour tout le monde les minuits tapantes (une grosse discussion politico-sexuelle durant le repas explique l’heure tardive…).
Notre joindrons à nouveau Cusco demain matin. Notre train partira à six heures. Nous devrions atteindre notre objectif vers dix heures, si tout se passe bien…
Nous embarquons à 9h 30 dans le bus qui va nous faire découvrir plusieurs des sites Incas éparpillés autour de leur capitale "Cusco".
Le bus semble assez confortable…et est évidemment rempli à craquer (de sièges, merci…) de touristes. Nous n’arriverons à Pisac, qu’après deux pauses interminables dans deux marchés que nous croiserons sur la route. Le parfait attrape-touristes avec des femmes en tenues locales (tenues qu’on ne doit plus porter ici depuis des lustres je suppose…) arborant leur tarif de un sol la photo, et des vendeurs de sacs, pantalons, t-shirts, bagues et autres objets divers soi- disant artisanaux (et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier alu…)…bref, vraisemblablement pas le meilleur endroit pour faire des affaires. Pour cette raison, j’achète trois t-shirt (comme un bon touriste…).
Nous arrivons finalement à la première attraction de la journée : Pisac. On nous avait vanté les mérites de ce site, certains avaient même prétendu l’avoir préféré au Machu Picchu… Verdict : espérons qu’ils se soit gourés… Car si Pisac est, il faut bien admettre, un bien beau site chargé d’histoire, il n’en demeure pas moins petit (ou alors n’ou n’en avons visité qu’une infime partie…mais j’en doute…). Pour résumer, je pense que cela vaut le coup d’œil sans toutefois casser des briques. Nous apprendrons tout de même comment les Incas procédèrent pour bâtir tous ces monumentaux édifices, et surtout transporter tous ces blocs de pierre (IMMENSES pour certains…) au sommet de la montagne. On en apprendra également un peu plus sur leur façon de tout calculer en fonction du soleil. Chaque fenêtre à sa place, chaque mur de chaque batisse est orienté au millimètre près de façon à recevoir le soleil à telle ou telle saison, à tel ou tel moment de la journée. Rien n’était laissé au hasard.
Nous restons près d’une heure sur le site puis regagnons notre bus, direction Ollantaytambo, avec tout de même une petite pause déjeuner sur la route. Personne ne nous avait parlé de cette petite ville. Elle m’impressionnera pourtant bien plus que Pisac. Le site regorge également de constructions vieilles de plus de mille ans qu’il nous faudra près d’une heure et demie pour visiter.
Ollantaytambo est également la ville ou les bus provenant de Cusco déposent les touristes ayant des moyens limités (genre nous…) à la gare pour choper le train direction Aguas Calientes. Le billet depuis cette ville est à douze $US contre plus de cinquante depuis Cusco…le calcul est vite fait.
Je partage une bière avec Gwendoline et descendons avec Baptiste une bonne demi- douzaine de sandwichs au fromage pendant les quatre heures que durera notre attente…le train n’est en effet qu’à 20h 30…
Nous embarquons à l’heure H dans deux wagons dédiés aux touristes. Les locaux sont en effet entassés dans le reste du train (moi aussi je trouve ça un peu débilos, ouais…).
Un couple d’heures plus tard, nous sommes arrivés. Il ne nous faudra pas plus de cinq minutes pour trouver un abri pour la nuit, une bande d’hôteliers péruviens munis de pancartes nous attendant à la sortie de la gare…
Un cocktail dans un bar plus tard, et nous sommes au lit. Demain, lever à six heures, objectif Machu Picchu.
La chambre est encore plongée dans un noir parfait et pourtant le réceptionniste de l’hôtel frappe à notre porte…chose étrange, ma montre n’a pas sonné. Explication : il est 5h 10 du mat. Apparemment, changement de plan, c’est maintenant qu’il faut partir. Je râle cinq minutes avant de sauter dans mon pantalon et de sortir dans un Aguas Callente encore endormi. Gwen et Mel, avec qui nous partageons la chambre, ne partiront que quelques heures plus tard, jugeant l’heure un peu matinale (je peux comprendre ca…).
Le bus qui nous emmène sur le site proprement dit est à 4,5$US…cher pour un voyage d’à peine vingt-cinq minutes… Le temps est plutôt couvert…mauvais départ…
Nous arrivons sur place vers les 6h 30…dans les nuages. Impossible de voir à plus de cinq mètres devant soi. Nous nous acquittons tout de même des 20$US que coûte le ticket d’entrée, prix qui à l’instar de la visibilité, est toujours aussi élevé (je sais, je trouve TOUT cher, mais la réalité est la suivante : je suis ruiné !).
Nous distinguons, dans le brouillard, un panneau "Inca Trek, 2 hours". Ni une, ni deux, nous voilà partis. Nous grimpons et grimpons encore, pendant un long moment, empruntant des chemins de pierres casse- gueule frôlant des précipices dont on ne distingue pas le fond (à cause des nuages, faut suivre !). Nous sommes dans du coton, à visibilité réduite, à espérer apercevoir le sommet après chaque tournant… Le sommet nous l’apercevons finalement au bout de deux heures donc (le panneau disait vrai). C’est un drapeau multicolore (le drapeau de la paix…pas le drapeau gay !) qui le marque. Un drapeau gigantesque qui nous apparaîtra comme une oasis dans le désert. Nous sommes comme au paradis. Autour tout est blanc, nous voyons nos pieds, un bout de chemin, et puis c'est tout. Nous nous posons là, sans aucun repère, ne sachant même pas ou se trouve le Machu Picchu, ni même à quelle hauteur nous sommes exactement. Je m’assied sur une pierre au dessus du vide… C’est lorsque les nuages se dissiperont un peu que je réaliserai vraiment la taille du gouffre sous mes pieds. Plusieurs centaines de mètres de vide qui me colleront de violents vertiges. Je m’éloigne du bord à quatre pattes, et regagne le pied du drapeau pour m’endormir une bonne heure, en espérant que le temps s’arrange quelque peu. J’ouvre les yeux à 9h 30, Baptiste dort encore. Les nuages sont bien moins denses. Sous mes yeux, la vallée commence à se dessiner. J’apercois les premiers arbres, les premières routes. Je réveille Baptiste. Il nous faudra encore attendre deux longues heures pour enfin apercevoir le Machu Picchu.
D’ici la vue est magnifique, difficile de vraiment transcrire la beauté du spectacle auquel nous avons assisté. C’est fabuleux. Nous scotchons là-dessus jusqu’à 12h 30, heure à laquelle nous nous décidons à redescendre, pour tout de même visiter un petit peu les lieux. De toute cette matinée au sommet, nous n’avons pas vu un seul touriste…
Quarante-cinq minutes plus tard et un repas (cher, aussi…des prix français) englouti, nous sommes au milieu des ruines. Le tout est assez imposant, des dizaines d’habitations étonnemment bien conservées, d’une robustesse à toute épreuve loin de nos maisons Phoenix en papier à cigarette. Le temps est à présent parfait…on crame littéralement. Nous tournons en rond jusqu'à seize heures à monter et descendre des escaliers dans tous les sens.
Il nous faudra près d’une heure et demie pour rejoindre Aguas Calientes à pattes, le bus à 4,5$US ne nous paraissant pas vraiment indispensable…
Nous rejoignons les filles à l’hôtel, tout juste rentrées des sources d’eau chaude, deuxième attraction de la ville. Elles nous vantent les mérites de l’endroit…vingt minutes plus tard, nous sommes dans une eau à trente degrés à regarder les étoiles… Ca shmoute un peu le soufre, mais c’est vraiment vraiment le pied…pour cette raison, nous restons près de deux heures à apprécier les lieux et à zieuter les naïades nous encerclant…pas désagréable.
Même rituel que la veille : resto avec nos deux suissesses et dodo pour tout le monde les minuits tapantes (une grosse discussion politico-sexuelle durant le repas explique l’heure tardive…).
Notre joindrons à nouveau Cusco demain matin. Notre train partira à six heures. Nous devrions atteindre notre objectif vers dix heures, si tout se passe bien…
23 août 2003
Cusco - Pérou
Au même titre que Hergé et son premier volet avant "Le Temple du Soleil" (non c’est pas "Objectif Lune"…), notre prochaine étape sera une première partie, une sorte de mise en bouche avant le Machu Picchu.
Le voyage aura été plutôt long, mais cette fois nous y sommes. On l’aura rêvé de longues semaines, on en aura entendu parler à moultes reprises de la bouche de touristes encore sous le charme des lieux…Jour J, nous y sommes : Cusco nous voilà !
C’est au petit matin, les cinq heures n’ayant pas encore sonné que nous débarquons, en compagnie de nos deux récentes compagnes de voyage Mélanie et Gwendoline, sur le sol cuscosien. Les compagnies de bus sud-américaines sont définitivement les championnes niveau horaires…passons… Chose à savoir, Cusco est la dernière grande ville avant le si populaire Machu Picchu. Cela propulse les lieux en toute première position concernant la quantité de touristes au mètre carré. Le bon côté, c’est qu’il n’est pas vraiment difficile de ce fait de mettre la main sur un taxi…heure matinale ou pas.
Cinq minutes plus tard, nous sommes à l'"euro hospedaje" petit hôtel bien sympa, ayant le gros avantage de proposer des prestations plutôt intéressantes pour un prix vraiment raisonnable.
Notre hôte n'est pas à proprement dit une flèche. Il lui faudra près de cinq minutes pour parvenir à nous donner nos clefs, pourtant les seules restantes dans le casier de vingt-cinq (cinq par cinq) cases prévu à leur rangement (il est cinq heures, on va dire que c’est ca…).
Les clefs en poche, nous montons au dernier étage de l’hôtel, et gagnons chacun nos chambres respectives Gwen et Mélanie dorment ensemble…ma blague "Hey Mèl, on partage une double ?" n'aura eu comme réponse que le claquement de la porte… On tente, sur un malentendu ca pourrait marcher…
Nous sommes sous les toits. Le plafond de notre habitation est occupé à 50% par un énorme "Velux", résultat, une heure à peine après nous être assoupis, rayon de soleil en pleine poire pour Baptiste (qui aura hérité du lit que je lui aurais laissé…j’avais senti le truc…).
Petit déj’ rapide après avoir somnolé pas loin d’une heure en nous tournant dans nos lits, et nous voici sur pied, direction la place centrale de la ville (qui, comme toutes les places centrales de toutes les villes d’Amérique du Sud porte le nom "Plaza de Armas"). Sur la route, de nombreux vendeurs d’objets traditionnels pour touristes (donc, pas traditionnels du tout…mais jolis, c’est l’essentiel). Je me laisse tenter par une écharpe "made in Taiwan" et investis dans nombre d’autres articles à offrir dès mon retour en France.
La place centrale en question est vraiment agréable. Entourée d’arcades abritant des restaurants, bars, agences de tourisme, cybercafés et autres magasins de change, on trouve en son centre une gigantesque fontaine elle-même entourée d’une bonne dizaine de bancs, point de rendez-vous des amoureux ou des nombreux touristes avant la traditionnelle bière du soir (ici, c’est la Cusqueña…à la Paz, c’était la Paceña, une ville, une bière, ça marche comme ca ici).
Le temps nous sourit, et c’est sous un soleil généreux que nous retrouvons Mélanie et Gwendoline, fraîches comme la rosée. Nous partons tous les quatre en quête d’un resto à prix abordable. Nous trouvons, pour dix soles, un "entrée plat, dessert et boisson", qui aurait quasiment sa place dans le Michelin…délicieux…
La suite de la journée nous verra trouver une solution à la question number one ici : "comment visiter le Machu Picchu pour un prix abordable" (autrement dit, sans débourser les 80$US (ça monte même jusqu’à 100 dans certaines agences) demandés en moyenne ici pour la visite du site). C’est César, patron de l’une des douze mille agences que doit compter la ville, et l’âme plutôt généreuse, qui nous fournira gratuitement tous ces si précieux renseignements.
Nous nous laisserons ensuite tenter par la projection, au "Mama Africa", du dernier Michael Bay "Bad Boys II", une copie pirate dont la qualité exécrable justifiait la gratuité.
Nous finissons la soirée dans un des restos jouxtant la place. Il est cher mais nous avait été chaudement recommandé par Paul, notre ami Luxembourgeois, avec qui nous avions visité, entre autres, les mines de Potosi (oui, oui, y avait Chloé aussi…). Je goûte donc à la viande d’alpaca, blanche tendre et savoureuse. C’était à faire, je l’ai fait… Egalement un Pisco Sour, boisson locale délicieuse (du moins dans cet établissement).
Demain nous partirons en bus pour Pisac et poursuivrons jusqu’à Ollantaytambo, deux sites Incas, en guise d’échauffement avant le Machu Picchu. Nous atteindrons Aguas Calientes le soir même un train nous attendant à Ollantaytambo à 20h 30 précises.
Le billet aller simple nous coûtera 12$US, idem pour celui du retour. L’entrée du site atteint quant à elle les 20$US. Le Machu Picchu à 44$US…c’est pas le Pérou. On est bien loin des prix exorbitants proposés à Cusco.
Demain c’est cours d’histoire…nous tâcherons d’être attentifs (une grande première)…
Le voyage aura été plutôt long, mais cette fois nous y sommes. On l’aura rêvé de longues semaines, on en aura entendu parler à moultes reprises de la bouche de touristes encore sous le charme des lieux…Jour J, nous y sommes : Cusco nous voilà !
C’est au petit matin, les cinq heures n’ayant pas encore sonné que nous débarquons, en compagnie de nos deux récentes compagnes de voyage Mélanie et Gwendoline, sur le sol cuscosien. Les compagnies de bus sud-américaines sont définitivement les championnes niveau horaires…passons… Chose à savoir, Cusco est la dernière grande ville avant le si populaire Machu Picchu. Cela propulse les lieux en toute première position concernant la quantité de touristes au mètre carré. Le bon côté, c’est qu’il n’est pas vraiment difficile de ce fait de mettre la main sur un taxi…heure matinale ou pas.
Cinq minutes plus tard, nous sommes à l'"euro hospedaje" petit hôtel bien sympa, ayant le gros avantage de proposer des prestations plutôt intéressantes pour un prix vraiment raisonnable.
Notre hôte n'est pas à proprement dit une flèche. Il lui faudra près de cinq minutes pour parvenir à nous donner nos clefs, pourtant les seules restantes dans le casier de vingt-cinq (cinq par cinq) cases prévu à leur rangement (il est cinq heures, on va dire que c’est ca…).
Les clefs en poche, nous montons au dernier étage de l’hôtel, et gagnons chacun nos chambres respectives Gwen et Mélanie dorment ensemble…ma blague "Hey Mèl, on partage une double ?" n'aura eu comme réponse que le claquement de la porte… On tente, sur un malentendu ca pourrait marcher…
Nous sommes sous les toits. Le plafond de notre habitation est occupé à 50% par un énorme "Velux", résultat, une heure à peine après nous être assoupis, rayon de soleil en pleine poire pour Baptiste (qui aura hérité du lit que je lui aurais laissé…j’avais senti le truc…).
Petit déj’ rapide après avoir somnolé pas loin d’une heure en nous tournant dans nos lits, et nous voici sur pied, direction la place centrale de la ville (qui, comme toutes les places centrales de toutes les villes d’Amérique du Sud porte le nom "Plaza de Armas"). Sur la route, de nombreux vendeurs d’objets traditionnels pour touristes (donc, pas traditionnels du tout…mais jolis, c’est l’essentiel). Je me laisse tenter par une écharpe "made in Taiwan" et investis dans nombre d’autres articles à offrir dès mon retour en France.
La place centrale en question est vraiment agréable. Entourée d’arcades abritant des restaurants, bars, agences de tourisme, cybercafés et autres magasins de change, on trouve en son centre une gigantesque fontaine elle-même entourée d’une bonne dizaine de bancs, point de rendez-vous des amoureux ou des nombreux touristes avant la traditionnelle bière du soir (ici, c’est la Cusqueña…à la Paz, c’était la Paceña, une ville, une bière, ça marche comme ca ici).
Le temps nous sourit, et c’est sous un soleil généreux que nous retrouvons Mélanie et Gwendoline, fraîches comme la rosée. Nous partons tous les quatre en quête d’un resto à prix abordable. Nous trouvons, pour dix soles, un "entrée plat, dessert et boisson", qui aurait quasiment sa place dans le Michelin…délicieux…
La suite de la journée nous verra trouver une solution à la question number one ici : "comment visiter le Machu Picchu pour un prix abordable" (autrement dit, sans débourser les 80$US (ça monte même jusqu’à 100 dans certaines agences) demandés en moyenne ici pour la visite du site). C’est César, patron de l’une des douze mille agences que doit compter la ville, et l’âme plutôt généreuse, qui nous fournira gratuitement tous ces si précieux renseignements.
Nous nous laisserons ensuite tenter par la projection, au "Mama Africa", du dernier Michael Bay "Bad Boys II", une copie pirate dont la qualité exécrable justifiait la gratuité.
Nous finissons la soirée dans un des restos jouxtant la place. Il est cher mais nous avait été chaudement recommandé par Paul, notre ami Luxembourgeois, avec qui nous avions visité, entre autres, les mines de Potosi (oui, oui, y avait Chloé aussi…). Je goûte donc à la viande d’alpaca, blanche tendre et savoureuse. C’était à faire, je l’ai fait… Egalement un Pisco Sour, boisson locale délicieuse (du moins dans cet établissement).
Demain nous partirons en bus pour Pisac et poursuivrons jusqu’à Ollantaytambo, deux sites Incas, en guise d’échauffement avant le Machu Picchu. Nous atteindrons Aguas Calientes le soir même un train nous attendant à Ollantaytambo à 20h 30 précises.
Le billet aller simple nous coûtera 12$US, idem pour celui du retour. L’entrée du site atteint quant à elle les 20$US. Le Machu Picchu à 44$US…c’est pas le Pérou. On est bien loin des prix exorbitants proposés à Cusco.
Demain c’est cours d’histoire…nous tâcherons d’être attentifs (une grande première)…
19 août 2003
San Pedro de Atacama - Chili
Tout allait trop bien depuis un certain temps. Niveau santé, rien à signaler depuis plusieurs mois…Jule et Baptiste, solides comme le roc… Quelqu’un peut il m’expliquer pourquoi il aura fallu attendre que nous nous trouvions dans le trou du cul du monde, à cinq cents bornes de la première pharmacie pour que le démon chtouille décide de frapper ??
C’est en effet après une nuit plus qu’exécrable à lutter contre des aigreurs d’estomacs entrecoupées de gargouillis disgracieux que je me réveil, le front anormalement chaud en cette plutôt frisquette matinée d’Août bolivien. En deux mots : je suis malade…
Impossible de trouver l’énergie pour me rendre en cuisine déguster le petit dèj’ en compagnie des autres…impossible de trouver la moindre énergie pour quoi que ce soit d’ailleurs. Le simple fait d’aller uriner me pompera les neuf dixièmes du peu de ressources me restant encore pour mettre un pied devant l’autre. Je suis vidé, comme une batterie de 2CV qui n’aurait pas roulé depuis des lustres…
N’importe ou sauf ici, j’aurais dit : pas de problème, je reste au lit, je visiterai la ville demain. Seul hic, nous sommes en tour organisé, et le programme aujourd’hui est tout sauf une balade de santé. Du 4x4 jusqu'à plus soif, sur des chemins plus accidentés que le palmarès d’Alesi…une journée à ne pas vivre à 50% de ses capacités…bref…
Nous décollons malgré tout à 7h00, et entamons notre longue ascension vers Laguna Colorada. Pas évident de décrire le panorama…la seule chose que j’ai aperçu est la manche droite de ma polaire sur laquelle j’ai fait reposer ma tête jusqu'à près de 13h00, moment bénit ou les deux Advils et Immosels que je m’étais envoyés le matin ont commencé à faire effet.
Lorsque je relève la tête, nous sommes au bord d’un lac, gelé par endroit mais surtout fréquenté par plusieurs familles de flamants roses… Ils sont finalement assez peu nombreux mais le simple fait d’en apercevoir un me laissera pantois… Cet animal est vraiment tout bonnement somptueux… Nous reprenons place dans le Toyota pour nous rendre sur notre lieu de déjeuner. Encore un Lagon, mais celui-ci est, a perte de vue, couvert du même animal rose que quelques minutes auparavant. On ne les compte plus. Comme si le spectacle n’était pas assez beau, derrière le lac se dresse une petite chaîne montagneuse se reflétant dans l’eau… Nous mitraillons de photos pendant près de vingt minutes, avant, comme la veille sur le lac salé de nous plier à la coutume "sandwich fromage-tomate" les 13h00 tapantes…
Ce tour bien que plutôt agréable n’est en rien vraiment original. Nous sommes en effet rarement seul et les étapes se font toujours en compagnie d’une ou plusieurs dizaines d’autres 4x4, ce qui implique que nous ne cessons de croiser encore et encore les même personnes. Nous partagerons ainsi le plaisir pour les yeux qu’est d’admirer ces paysages magnifiques avec nombre de touristes parmi lesquels Patrice et Catherine, couple de français agréable et amicaux, croisés la première fois dans les mines de Potosi, et qui nous resterons fidèle jusqu'à la fin de ce tour (nous croiserons leur chemin en tout pas loin d’une petite demie douzaine de fois).
Le reste de la journée se résumera à une partie de "Monster Truck" plutôt réaliste qui nous secouera comme des pruniers durant les quasiment quatre heures nous séparant de notre "hôtel" (je me marre !) pour la nuit, établit à "Laguna Colorada", réserve naturelle dont les droits d’entrés nous allègeront de trente Bolivianos (environs 3,5 euros).
Ce lagon ci vaut son nom à la couleur (couleur, colorada…logique…) pourpre de ses eaux. Un rouge bordeaux donnant l’impression d’avoir sous les yeux un lac de vin rouge…avec toujours des flamants roses. Un mélange de couleurs qui nous fera encore prendre de nombreuses photos pendant dix trop courtes minutes (la est tout le problème des tours organisés…on ne fait pas ce qu’on veut…).
Notre chambre est en realité un dortoir pour sept personnes (notre chauffeur et la cuistot dormiront dans la voiture). Nous sommes à dix minutes du lagons dans une petite longère d’une quinzaine de chambres, au beau milieu d’une plaine désertique, aussi paumés que la veille. Nous déballons nos affaires et ne tenons pas dix minutes les yeux ouverts dans nos lits respectifs après avoir dégusté le repas soupe-spaghettis de notre cuistot dont je ne parviens décidément pas a me remémorer le nom… La fatigue aura vite raison de nous, et cela malgré des lits en cuvette format Péruvien (1m30 de long) qui nous laisseront les pieds dans le vide jusqu'à notre réveil, les 6h00 hurlantes…
Je me sens à présent mieu. C’est désormais au tour de Dora, l’espagnole du groupe de lutter contre "una diaritha muy dolorosa" due sans doute au repas de l’avant veille (nous avions dégusté une soupe bonne bien qu’un peu douteuse) accentuée par les spaghettis et leur sauce plus bolivienne que bolognaise, qu’une faim démesurée nous avait fait engloutir en à peine cinq minutes.
Le temps qui fils ne nous permettra même pas d’admirer le levé du soleil derrière les flamants roses…encore une fois obligé de courir. C’est en effet à 10h00 que nous attend notre bus pour San Pedro.
Nous entamons les hostilités ce matin à "Sol de Mañana", avec un geyser entouré de plusieurs bassins bouillonnants, le tout dans une atmosphère chargee en souffre, à pas loin de 4950 mètres d’altitude (nous surpassons le Mont Blanc !). Spectacle pour le moins surprenant que nous partageons avec pres d’une centaine d’autres curieux. Autant de monde au mètre carré ici qu’à St Lazare un lundi matin…cherchez l’erreur.
Nous descendons ensuite de quelques dizaines de mètres, jusqu’à 4200, à "Termas de Polques" ou l’amis Paul se laissera tenter par une petite baignade dans un bain à trente degrés. Nous nous contenterons quand à nous de le prendre en photos (ca caille dehors…et j’ai pas mon maillot de bain…).
La dernière étape de ce tour nous offrira un spectacle semblable à celui de "Laguna Colorada". La seule différence entre ce lagon ci, et "Laguna Verde" est bel et bien la couleur de ses eaux. Aujourd’hui, nous sommes dans les verts. Un vert turquoise qui, apparemment virera au bleu en début d’après midi, thèse que nous ne pourront vérifier, la faute à un planning ric-rac qui nous obligera à lever le camp après tout juste dix minutes à zieuter. La seconde différence avec la veille, hormis la couleur, est la non présence aujourd’hui, du moindre flamant rose. Les eaux doivent en fait leur couleur à un élément chimique (dont je ne me rappel plus du nom) dont les animaux ne sont apparemment pas friant.
Nous quittons les lieux et roulons jusqu’à la frontière chilienne, au beau milieu du désert, ou nous attend notre minibus pour San Pedro. Quarante minutes plus tard nous débarquons dans la petite ville du nord du Chili (l’entrée dans le pays aura tout de même été marquée par une séance de désinfection de la semelle de mes tongs assez ridiculement comique. Passeront aussi au produit miracle, les quatre pneus de notre bus, et les chaussures de ses occupants…).
San Pedro est l’étape obligatoire après le tour d’Uyuni. Pour cette raison, les prix ici sont scandaleusement élevés pour le Chili. La ville ne nous paraissant en plus pas forcément très intéressante, nous décidons en à peine cinq minutes, de prendre notre ticket pour Arica, via Callama, petite ville étape dans laquelle nous ne nous arreterons que quelques heures.
Nous quittons Paul, notre compagnons de voyage depuis Potosi. Ces expressions Luxembourgeoises et son humeur festive nous auront bien fait rire cette dernière semaine.
Nous debarquerons à Arica au petit matin. Nous ne devrions pas tarder je pense, à joindre de nouveau la Bolivie...
C’est en effet après une nuit plus qu’exécrable à lutter contre des aigreurs d’estomacs entrecoupées de gargouillis disgracieux que je me réveil, le front anormalement chaud en cette plutôt frisquette matinée d’Août bolivien. En deux mots : je suis malade…
Impossible de trouver l’énergie pour me rendre en cuisine déguster le petit dèj’ en compagnie des autres…impossible de trouver la moindre énergie pour quoi que ce soit d’ailleurs. Le simple fait d’aller uriner me pompera les neuf dixièmes du peu de ressources me restant encore pour mettre un pied devant l’autre. Je suis vidé, comme une batterie de 2CV qui n’aurait pas roulé depuis des lustres…
N’importe ou sauf ici, j’aurais dit : pas de problème, je reste au lit, je visiterai la ville demain. Seul hic, nous sommes en tour organisé, et le programme aujourd’hui est tout sauf une balade de santé. Du 4x4 jusqu'à plus soif, sur des chemins plus accidentés que le palmarès d’Alesi…une journée à ne pas vivre à 50% de ses capacités…bref…
Nous décollons malgré tout à 7h00, et entamons notre longue ascension vers Laguna Colorada. Pas évident de décrire le panorama…la seule chose que j’ai aperçu est la manche droite de ma polaire sur laquelle j’ai fait reposer ma tête jusqu'à près de 13h00, moment bénit ou les deux Advils et Immosels que je m’étais envoyés le matin ont commencé à faire effet.
Lorsque je relève la tête, nous sommes au bord d’un lac, gelé par endroit mais surtout fréquenté par plusieurs familles de flamants roses… Ils sont finalement assez peu nombreux mais le simple fait d’en apercevoir un me laissera pantois… Cet animal est vraiment tout bonnement somptueux… Nous reprenons place dans le Toyota pour nous rendre sur notre lieu de déjeuner. Encore un Lagon, mais celui-ci est, a perte de vue, couvert du même animal rose que quelques minutes auparavant. On ne les compte plus. Comme si le spectacle n’était pas assez beau, derrière le lac se dresse une petite chaîne montagneuse se reflétant dans l’eau… Nous mitraillons de photos pendant près de vingt minutes, avant, comme la veille sur le lac salé de nous plier à la coutume "sandwich fromage-tomate" les 13h00 tapantes…
Ce tour bien que plutôt agréable n’est en rien vraiment original. Nous sommes en effet rarement seul et les étapes se font toujours en compagnie d’une ou plusieurs dizaines d’autres 4x4, ce qui implique que nous ne cessons de croiser encore et encore les même personnes. Nous partagerons ainsi le plaisir pour les yeux qu’est d’admirer ces paysages magnifiques avec nombre de touristes parmi lesquels Patrice et Catherine, couple de français agréable et amicaux, croisés la première fois dans les mines de Potosi, et qui nous resterons fidèle jusqu'à la fin de ce tour (nous croiserons leur chemin en tout pas loin d’une petite demie douzaine de fois).
Le reste de la journée se résumera à une partie de "Monster Truck" plutôt réaliste qui nous secouera comme des pruniers durant les quasiment quatre heures nous séparant de notre "hôtel" (je me marre !) pour la nuit, établit à "Laguna Colorada", réserve naturelle dont les droits d’entrés nous allègeront de trente Bolivianos (environs 3,5 euros).
Ce lagon ci vaut son nom à la couleur (couleur, colorada…logique…) pourpre de ses eaux. Un rouge bordeaux donnant l’impression d’avoir sous les yeux un lac de vin rouge…avec toujours des flamants roses. Un mélange de couleurs qui nous fera encore prendre de nombreuses photos pendant dix trop courtes minutes (la est tout le problème des tours organisés…on ne fait pas ce qu’on veut…).
Notre chambre est en realité un dortoir pour sept personnes (notre chauffeur et la cuistot dormiront dans la voiture). Nous sommes à dix minutes du lagons dans une petite longère d’une quinzaine de chambres, au beau milieu d’une plaine désertique, aussi paumés que la veille. Nous déballons nos affaires et ne tenons pas dix minutes les yeux ouverts dans nos lits respectifs après avoir dégusté le repas soupe-spaghettis de notre cuistot dont je ne parviens décidément pas a me remémorer le nom… La fatigue aura vite raison de nous, et cela malgré des lits en cuvette format Péruvien (1m30 de long) qui nous laisseront les pieds dans le vide jusqu'à notre réveil, les 6h00 hurlantes…
Je me sens à présent mieu. C’est désormais au tour de Dora, l’espagnole du groupe de lutter contre "una diaritha muy dolorosa" due sans doute au repas de l’avant veille (nous avions dégusté une soupe bonne bien qu’un peu douteuse) accentuée par les spaghettis et leur sauce plus bolivienne que bolognaise, qu’une faim démesurée nous avait fait engloutir en à peine cinq minutes.
Le temps qui fils ne nous permettra même pas d’admirer le levé du soleil derrière les flamants roses…encore une fois obligé de courir. C’est en effet à 10h00 que nous attend notre bus pour San Pedro.
Nous entamons les hostilités ce matin à "Sol de Mañana", avec un geyser entouré de plusieurs bassins bouillonnants, le tout dans une atmosphère chargee en souffre, à pas loin de 4950 mètres d’altitude (nous surpassons le Mont Blanc !). Spectacle pour le moins surprenant que nous partageons avec pres d’une centaine d’autres curieux. Autant de monde au mètre carré ici qu’à St Lazare un lundi matin…cherchez l’erreur.
Nous descendons ensuite de quelques dizaines de mètres, jusqu’à 4200, à "Termas de Polques" ou l’amis Paul se laissera tenter par une petite baignade dans un bain à trente degrés. Nous nous contenterons quand à nous de le prendre en photos (ca caille dehors…et j’ai pas mon maillot de bain…).
La dernière étape de ce tour nous offrira un spectacle semblable à celui de "Laguna Colorada". La seule différence entre ce lagon ci, et "Laguna Verde" est bel et bien la couleur de ses eaux. Aujourd’hui, nous sommes dans les verts. Un vert turquoise qui, apparemment virera au bleu en début d’après midi, thèse que nous ne pourront vérifier, la faute à un planning ric-rac qui nous obligera à lever le camp après tout juste dix minutes à zieuter. La seconde différence avec la veille, hormis la couleur, est la non présence aujourd’hui, du moindre flamant rose. Les eaux doivent en fait leur couleur à un élément chimique (dont je ne me rappel plus du nom) dont les animaux ne sont apparemment pas friant.
Nous quittons les lieux et roulons jusqu’à la frontière chilienne, au beau milieu du désert, ou nous attend notre minibus pour San Pedro. Quarante minutes plus tard nous débarquons dans la petite ville du nord du Chili (l’entrée dans le pays aura tout de même été marquée par une séance de désinfection de la semelle de mes tongs assez ridiculement comique. Passeront aussi au produit miracle, les quatre pneus de notre bus, et les chaussures de ses occupants…).
San Pedro est l’étape obligatoire après le tour d’Uyuni. Pour cette raison, les prix ici sont scandaleusement élevés pour le Chili. La ville ne nous paraissant en plus pas forcément très intéressante, nous décidons en à peine cinq minutes, de prendre notre ticket pour Arica, via Callama, petite ville étape dans laquelle nous ne nous arreterons que quelques heures.
Nous quittons Paul, notre compagnons de voyage depuis Potosi. Ces expressions Luxembourgeoises et son humeur festive nous auront bien fait rire cette dernière semaine.
Nous debarquerons à Arica au petit matin. Nous ne devrions pas tarder je pense, à joindre de nouveau la Bolivie...
17 août 2003
Uyuni - Bolivie
Nos quelques jours à Sucre nous ayant un peu déréglé les horloges hormonales, un séjour en milieu désertique devenait plus que nécessaire, histoire de remettre un peu les choses à leur place. Le Sahara n’étant pas à portée de main c’est sur le non moins renommé lac salé d’Uyuni que Baptiste et moi même jetons finalement notre dévolu.
Nous débarquons à Uyuni, en fin d’après- midi, après une excursion en bus tout terrain de près de sept heures pour le moins mouvementées, mais ayant eu tout de même le mérite de nous offrir des paysages assez fabuleux.
C’est en sifflotant une musique d’Ennio Morricone que je pose la Lafuma (la marque de mes pompes) sur le sol poussiéreux de Uyuni. La ville semble en effet au premier coup d’œil rassembler tous les éléments propices à un western des temps modernes : grandes rues larges et vides sur lesquelles flotte une brume blanchâtre sans doute un peu dûe au froid. Le froid justement, cela fait quasiment une semaine que l’on nous met en garde contre lui, les nuits ici sont apparemment semi-polaires, et la température aurait soi-disant une fâcheuse tendance à décroître disproportionnellement avec la descente du soleil. Pour toutes ces raisons…nous débarquons en t-shirt (pas fute-fute, je vous l’accorde…). Paulo, étant depuis deux jours notre boussole, de par son espagnol plus que parfait, nous décidons sans ronchonner de le suivre dans l’hôtel qu’il pointera de la moufle. Son choix s’avérera judicieux.
La ville d’Uyuni nous semblant un petit peu morte et pas vraiment intéressante, c’est sans perdre un instant que nous commençons à sillonner les rues (on a vite fait le tour…) à la recherche d’une agence susceptible de nous proposer un tour, destination San Pedro de Atacama, Chili, à prix abordable . La tache est plutôt aisée, car à Uyuni une boutique sur deux est une agence de voyage. En revanche, gros hic, toutes proposent rigoureusement les mêmes prix, à savoir, pour le tour nous intéressant, 80$US pour trois jours à travers le lac salé, Laguna Colorada et Laguna Verde (entre autres). C’est en serrant les fesses que nous tendons avec un sourire un peu crispé tout de même, la liasse de billets au jeune Bolivien vissé sur sa chaise à roulettes, calé derrière un bureau d’époque Ikea (collection 96). Paul parviendra tout de même à grappiller quelques cinq précieux dollars, ramenant donc la douloureuse à 75$US…ça fait déjà un peu moins mal…
La soirée sera calme. Nous traversons Uyuni (cinq minutes chrono) pour nous rendre à la Loco, un Restau-Pub ne faisant en rien baisser la moyenne Bolivienne de 22,5 français au kilomètre carré. Deux tables remplis de gens de l’hexagone…et un serveur breton…
Un hamburger arrosé à la Huari (une des quinze bières boliviennes…) plus tard, nous voici dans notre chambre à essayer de trouver le sommeil, bercés par une musique récurrente un chouïa casse-bonbons, provenant de la cabane du vendeur de hot-dogs posté pile-poil sous nos fenêtres…
Nous décollons les paupières aux premiers rayons du soleil. Première mission (ou devrais-je dire "expédition") de la journée : la douche. Car si à Bangkok les premiers contacts de l’eau glacée sur nos corps poisseux de sueur nous faisaient friser l’érection, ici à Uyuni, où le climat est rigoureusement inversé, la douche est un cauchemar que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi. En deux mots, on se pèle sévère les arpions !… Je sors de là grelottant pour me glisser dans les mêmes fringues que la veille (ne cherchez pas à comprendre…)
Aujourd’hui, il fait frais, mais le soleil est au rendez-vous. C’est en sa compagnie que, Paul, Baptiste et moi même dégustons un succulent petit déjeuner, que nous ne nous privons pas de savourer, bien conscients que les trois prochains jours risquent fort d’être avares de confort.
Les dix heures bipantes à ma Casio, nous sommes à notre agence, à scruter le bout de la rue, dans l’espoir de voir enfin apparaître notre moyen de transport pour les soixante-douze heures à venir… 10h 03, je râle…et ce n’est qu’un début car à onze heures, nous sommes toujours à Uyuni… On nous balade vers une autre agence…nous apercevons, enfin, à 11h34 notre 4x4. Un Land Cruiser (Toyota, of course…) gris plutôt confort pour quatre personnes. Pas de problème, nous sommes neuf… En plus de notre chauffeur et de la cuistot, nous accompagneront dans ce périple, Victor et Dora, espagnols de souche ainsi qu’Oliver et Sarah originaires quant à eux de ma chère Angleterre que je ne suis pas prêt de cesser d’adorer (le voyage aura aussi servi à ça…). Faites le calcul, avec Paul, Baptiste et moi- même, cela fait bel et bien neuf personnes (je précise que nous emportons nos sacs avec nous…le mien frise les vingt-et-un kilos…).
Et c’est parti pour soixante-douze heures, plié comme une chaise longue avec les genoux qui me rentrent dans le bide. Je râle pendant encore quelques secondes avant de me laisser envoûter par les paroles de la charmante Sarah avec laquelle je taillerai le bout de gras pendant la trentaine de minutes nous séparant de la salière.
Devant nous, une toile de Dali…un rêve , quelque chose d’unique. Comme si cette partie du globe n’avait pas été éditée…ce lac, c’est une page vierge… On cherche des repères pour évaluer les distances, en vain. Au loin, des montagnes mais entre elles et nous, rien. Le vide. Mêmes impressions qu’au ski, manque les remontées mécaniques et les chaussures casse-gueule, en revanche, une réverbération hallucinante dont l’intensité me fera bénir ma paire de fausses "Police" achetée au marché de Bangkok. Le lac salé sans lunettes, c’est pire que le "Bungy jump" sans élastique, définitivement…
Notre Toyota file droit, sur une surface d’une platitude parfaite…moins de turbulences que sur une paire de patins à glace, j’aurais quasiment pu me faire tatouer sur la plage arrière…
Nous stoppons une première fois à l’hôtel de sel dont il est inutile, je pense, de préciser la particularité. Je me surprendrai tout de même à lécher les murs afin de valider le fait que ce lieu soit si célèbre…
Nous embarquons à nouveau pour quarante minutes supplémentaires de ligne droite au milieu du néant avant de stopper à nouveau…prés d’un mirage. Car au même titre que l’oasis au milieu du désert, le rocher couvert de cactus perdu au milieu de rien, se dressant devant nous, nous apparaît bel et bien comme une hallucination : "Bon dieu mais qu’est ce que ce truc fiche ici ??". Je pense qu’un HLM, un vendeur de Kebabs, ou une piscine olympique auraient plus eu leur place ici que cet oursin géant tombé d’on ne sait ou…
Je tourne autour de la chose pendant une trentaine de minutes, la bouche ouverte, l’air con, incapable de dissimuler mon étonnement, avant de reprendre mes esprits et casser la croûte en compagnie de mes huit acolytes voyageurs.
Nous roulerons encore pas loin d’une demi- heure avant d’atteindre "la terre ferme" (nous étions sur ce qu’on appelle "un lac"…). C’est à ce moment précis que je réaliserai l’utilité d’avoir adopté le 4x4 comme moyen de transport. Le chemin est plutôt accidenté… Pour le tatouage sur la plage arrière, mieux vaut à présent oublier, sauf à condition bien sûr d’apprécier l’art abstrait…
Nous atteignons notre toit pour la nuit, celle-ci tombant à peine. Le village s’appelle San Juan…et est vraiment vraiment le coin le plus paumé que l’on puisse trouver sur cette planète. Pas un troquet, pas une mobylette…rien, LA zone… Nous mettrons tout de même avec Baptiste la main sur le lieu à la mode du village. Un, dirons-nous "débit de boissons" où je dégusterai le vin le plus "jus de raisin" de toute mon existence, Baptiste se laissant séduire quant à lui par un classique "milk tea".
Nous reprendrons la route demain jusqu’à "Laguna Colorada". Au programme, paysages de folie et flamants roses (ouais comme dans le générique de Miami Vice !). Messieurs dames, à vos pellicules...
Nous débarquons à Uyuni, en fin d’après- midi, après une excursion en bus tout terrain de près de sept heures pour le moins mouvementées, mais ayant eu tout de même le mérite de nous offrir des paysages assez fabuleux.
C’est en sifflotant une musique d’Ennio Morricone que je pose la Lafuma (la marque de mes pompes) sur le sol poussiéreux de Uyuni. La ville semble en effet au premier coup d’œil rassembler tous les éléments propices à un western des temps modernes : grandes rues larges et vides sur lesquelles flotte une brume blanchâtre sans doute un peu dûe au froid. Le froid justement, cela fait quasiment une semaine que l’on nous met en garde contre lui, les nuits ici sont apparemment semi-polaires, et la température aurait soi-disant une fâcheuse tendance à décroître disproportionnellement avec la descente du soleil. Pour toutes ces raisons…nous débarquons en t-shirt (pas fute-fute, je vous l’accorde…). Paulo, étant depuis deux jours notre boussole, de par son espagnol plus que parfait, nous décidons sans ronchonner de le suivre dans l’hôtel qu’il pointera de la moufle. Son choix s’avérera judicieux.
La ville d’Uyuni nous semblant un petit peu morte et pas vraiment intéressante, c’est sans perdre un instant que nous commençons à sillonner les rues (on a vite fait le tour…) à la recherche d’une agence susceptible de nous proposer un tour, destination San Pedro de Atacama, Chili, à prix abordable . La tache est plutôt aisée, car à Uyuni une boutique sur deux est une agence de voyage. En revanche, gros hic, toutes proposent rigoureusement les mêmes prix, à savoir, pour le tour nous intéressant, 80$US pour trois jours à travers le lac salé, Laguna Colorada et Laguna Verde (entre autres). C’est en serrant les fesses que nous tendons avec un sourire un peu crispé tout de même, la liasse de billets au jeune Bolivien vissé sur sa chaise à roulettes, calé derrière un bureau d’époque Ikea (collection 96). Paul parviendra tout de même à grappiller quelques cinq précieux dollars, ramenant donc la douloureuse à 75$US…ça fait déjà un peu moins mal…
La soirée sera calme. Nous traversons Uyuni (cinq minutes chrono) pour nous rendre à la Loco, un Restau-Pub ne faisant en rien baisser la moyenne Bolivienne de 22,5 français au kilomètre carré. Deux tables remplis de gens de l’hexagone…et un serveur breton…
Un hamburger arrosé à la Huari (une des quinze bières boliviennes…) plus tard, nous voici dans notre chambre à essayer de trouver le sommeil, bercés par une musique récurrente un chouïa casse-bonbons, provenant de la cabane du vendeur de hot-dogs posté pile-poil sous nos fenêtres…
Nous décollons les paupières aux premiers rayons du soleil. Première mission (ou devrais-je dire "expédition") de la journée : la douche. Car si à Bangkok les premiers contacts de l’eau glacée sur nos corps poisseux de sueur nous faisaient friser l’érection, ici à Uyuni, où le climat est rigoureusement inversé, la douche est un cauchemar que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi. En deux mots, on se pèle sévère les arpions !… Je sors de là grelottant pour me glisser dans les mêmes fringues que la veille (ne cherchez pas à comprendre…)
Aujourd’hui, il fait frais, mais le soleil est au rendez-vous. C’est en sa compagnie que, Paul, Baptiste et moi même dégustons un succulent petit déjeuner, que nous ne nous privons pas de savourer, bien conscients que les trois prochains jours risquent fort d’être avares de confort.
Les dix heures bipantes à ma Casio, nous sommes à notre agence, à scruter le bout de la rue, dans l’espoir de voir enfin apparaître notre moyen de transport pour les soixante-douze heures à venir… 10h 03, je râle…et ce n’est qu’un début car à onze heures, nous sommes toujours à Uyuni… On nous balade vers une autre agence…nous apercevons, enfin, à 11h34 notre 4x4. Un Land Cruiser (Toyota, of course…) gris plutôt confort pour quatre personnes. Pas de problème, nous sommes neuf… En plus de notre chauffeur et de la cuistot, nous accompagneront dans ce périple, Victor et Dora, espagnols de souche ainsi qu’Oliver et Sarah originaires quant à eux de ma chère Angleterre que je ne suis pas prêt de cesser d’adorer (le voyage aura aussi servi à ça…). Faites le calcul, avec Paul, Baptiste et moi- même, cela fait bel et bien neuf personnes (je précise que nous emportons nos sacs avec nous…le mien frise les vingt-et-un kilos…).
Et c’est parti pour soixante-douze heures, plié comme une chaise longue avec les genoux qui me rentrent dans le bide. Je râle pendant encore quelques secondes avant de me laisser envoûter par les paroles de la charmante Sarah avec laquelle je taillerai le bout de gras pendant la trentaine de minutes nous séparant de la salière.
Devant nous, une toile de Dali…un rêve , quelque chose d’unique. Comme si cette partie du globe n’avait pas été éditée…ce lac, c’est une page vierge… On cherche des repères pour évaluer les distances, en vain. Au loin, des montagnes mais entre elles et nous, rien. Le vide. Mêmes impressions qu’au ski, manque les remontées mécaniques et les chaussures casse-gueule, en revanche, une réverbération hallucinante dont l’intensité me fera bénir ma paire de fausses "Police" achetée au marché de Bangkok. Le lac salé sans lunettes, c’est pire que le "Bungy jump" sans élastique, définitivement…
Notre Toyota file droit, sur une surface d’une platitude parfaite…moins de turbulences que sur une paire de patins à glace, j’aurais quasiment pu me faire tatouer sur la plage arrière…
Nous stoppons une première fois à l’hôtel de sel dont il est inutile, je pense, de préciser la particularité. Je me surprendrai tout de même à lécher les murs afin de valider le fait que ce lieu soit si célèbre…
Nous embarquons à nouveau pour quarante minutes supplémentaires de ligne droite au milieu du néant avant de stopper à nouveau…prés d’un mirage. Car au même titre que l’oasis au milieu du désert, le rocher couvert de cactus perdu au milieu de rien, se dressant devant nous, nous apparaît bel et bien comme une hallucination : "Bon dieu mais qu’est ce que ce truc fiche ici ??". Je pense qu’un HLM, un vendeur de Kebabs, ou une piscine olympique auraient plus eu leur place ici que cet oursin géant tombé d’on ne sait ou…
Je tourne autour de la chose pendant une trentaine de minutes, la bouche ouverte, l’air con, incapable de dissimuler mon étonnement, avant de reprendre mes esprits et casser la croûte en compagnie de mes huit acolytes voyageurs.
Nous roulerons encore pas loin d’une demi- heure avant d’atteindre "la terre ferme" (nous étions sur ce qu’on appelle "un lac"…). C’est à ce moment précis que je réaliserai l’utilité d’avoir adopté le 4x4 comme moyen de transport. Le chemin est plutôt accidenté… Pour le tatouage sur la plage arrière, mieux vaut à présent oublier, sauf à condition bien sûr d’apprécier l’art abstrait…
Nous atteignons notre toit pour la nuit, celle-ci tombant à peine. Le village s’appelle San Juan…et est vraiment vraiment le coin le plus paumé que l’on puisse trouver sur cette planète. Pas un troquet, pas une mobylette…rien, LA zone… Nous mettrons tout de même avec Baptiste la main sur le lieu à la mode du village. Un, dirons-nous "débit de boissons" où je dégusterai le vin le plus "jus de raisin" de toute mon existence, Baptiste se laissant séduire quant à lui par un classique "milk tea".
Nous reprendrons la route demain jusqu’à "Laguna Colorada". Au programme, paysages de folie et flamants roses (ouais comme dans le générique de Miami Vice !). Messieurs dames, à vos pellicules...
15 août 2003
Potosi - Bolivie
Sucre, c’était purement génial... c’est quasi diabétiques, en overdose de cette ville dont nous commençons apparemment à devenir dépendants (pire que du Coca je vous dis!) que nous grimpons dans notre bus pour Potosi, après nous être acquittés du montant raisonnable du billet et, toute dernière trouvaille (ils ne savent plus quoi inventer) d’une "taxe" de gare (comme les taxes d’aéroport, si si !) de deux bolivianos (à quand les taxes de sièges ?).
La qualité du bus est à la hauteur de celle des routes, plutôt médiocre donc, mais qu’importe ?... la beauté du panorama nous fera vite oublier les quelques couinements intempestifs de notre carrosse.
C’est sur le premier hôtel du LonelyPlanet que nous et nos rencontres sucrettes, avions décidé de nous retrouver à Potosi. L’hôtel Felcar semble en effet proposer des prestations assez sympatoches pour un prix dérisoire (ils le sont tous plus ou moins en Bolivie). Nous nous mettons donc, sitôt descendus du bus, en quête du lieu convoité. C’est alors que mon cerveau commençait à effleurer l’idée de lever le doigt pour héler un taxi, que l’un des rares touristes de notre bus m’interpelle, l’air jovial. Il parle Français avec cependant un fort accent fleurant bon les collines berlinoises. L’homme corrigera mon erreur de jugement assez rapidement, c’est en effet du Luxembourg que Paul est issu. Il est cool, amical et, chose excellente, parle un espagnol plus que respectable.
Nous traçons la route à trois et nous engouffrons dans Potosi. Avec un sac de vingt kilos sur le dos (dont pas loin de deux et des bananes pour cette p... d’antiquité d’ordinateur de malheur) je ressens en à peine trente secondes les prémices d’un essoufflement avancé dû à l’altitude. Le bus que Paul somme de s’arrêter est donc plus que bienvenu. C'est après quelques questions par-ci par-là, genre "Que es le nombre de esta calle, por favor ?" (la technologie du panneau indicateur n’est apparemment pas encore arrivée jusqu’ici...) que nous apercevons enfin le nom de notre hôtel sur une vieille pancarte crasseuse. Manque de pot, nous avons choisi le seul et unique lieu en travaux dans la ville. Nous enjambons (mais pas en croûte... ça c’est pour Papa!) donc une demi-paire (un seul donc...) de sacs de ciment et pointons nos truffes chargées des vapeurs de la ville, au guichet mélaminé de la réception. Nous sommes, trois minutes plus tard, étendus sur nos lits respectifs (Paul partage une chambre triple avec nous).
Les sacs à peine défaits, nous démarrons notre sondage de la ville, à la recherche tout d’abord d’un restaurant, histoire de remédier à une monumentale faim qui nous tiraille le ventre depuis de trop longues heures.
Paul nous fait part, entre autres, de son intention le jour suivant de partir en expédition guidée, dans l’une des nombreuses mines jouxtant Potosi. J’ignorais pour ma part tout, jusqu'à leur simple existence (ok, j’ai pas vraiment révisé avant de venir...). C’est apparemment LA Chose à ne pas manquer ici, et nous décidons donc, Baptiste et moi-même, sans trop savoir à quoi nous attendre, de le suivre dans cette aventure le jour suivant.
La nuit sera plutôt dure pour moi. Les quatre-mille-quatre-vingt-cinq mètres d’altitude ne me posant apparemment pas uniquement des difficultés à reprendre mon souffle, mais également a trouver le sommeil... Je me retourne dans tous les sens sur mon multi-spear (celui-ci étant plutôt mono que multi mais bon...) avant de finalement sombrer d’épuisement, le ciel commençant déjà à s’éclaircir.
Le meilleur remède à cette nuit trop courte, histoire de ne pas m’endormir dans un wagonnet pendant la visite de la journée, serait encore une bonne douche (elle me servira par la même occasion à me laver un peu...tant qu’à faire…). La gérante de l’hôtel nous avait assuré une eau chaude entre 8 heures et 17 heures...impossible de lui reprocher quoi que ce soit, l’eau était effectivement chaude, bouillante même. C’est par séquences de trente centièmes de secondes que je prends ma douche, consacrant le reste de mon temps à tenter de trouver une hypothétique manivelle (ou bouton, ou poignée... qu’importe du moment que ça fonctionne) me permettant de baisser cette fichue température, et de faire disparaître par la même occase le nuage de vapeur transformant la cabine en sauna, et commençant à s’étendre dans tout l’hôtel... Bref, je sors finalement de là (trente secondes pour trouver la poignée de la porte) transpirant comme un bœuf, et regagne ma chambre glaciale (pour choper un rhume on n'a pas fait mieux) pour m’habiller.
L’hôtel grouille de Français. Nous avions déjà, la veille, taillé le bout de gras avec deux d’entre eux. Aujourd’hui, c’est avec Pia et Manu que nous partageons le petit déj’. Ils nous parleront des mines qu’ils ont visitées la veille. Viendra s’ajouter à cela le rapide salut de Daniel et Christelle, nos amis Toulousains rencontrés à Samaipata, et Hilgueness et Claudia, respectivement Canadienne et Allemande, croisées elles pour la première fois à Santa Cruz. Nous ferons également connaissance ce matin-là (matin béni...) d’une adorable anglaise répondant au doux nom de Chloé (plus Français comme nom, connais pas) et parlant la langue de Molière de la façon la plus parfaite qui soit (la perfection à son sujet ne se limite d’ailleurs pas à la langue qu’elle parle... on se calme... l’altitude sans doute!). Bref, Chloé nous présente Andrew (cela commence à faire du monde, faudrait un shéma !) anglais de souche lui aussi, bien sympathique et reprenant au moindre détail toutes les caractéristiques physiques des gens de l’île du nord tels qu’on les imagine. Nous les convainquons tous deux de nous accompagner l’après-midi dans les mines et partons en leur compagnie en quête du guide qui nous y emmènera.
Les mines étant l’attraction number one ici, cela ne nous prendra pas plus de quinze minutes. C’est pour cinquante bolivianos que Johnny (c’est le nom du guide) nous baladera pendant près de quatre heures, tout d’abord dans le marché des mineurs (où nous achèterons quelques présents, ainsi que de la dynamite, et les mèches qui vont avec... véridique!) puis dans les tunnels des mines de San Miguel, à plus de quatre-mille-trois- cents mètres d’altitude mais à tout de même pas loin d’une cinquantaine de mètres sous le niveau du sol.
Le départ est donné à 13h30. Nous prenons place dans la fourgonnette et nous rendons au marché. Celui-ci est en fait une rue dont tous les magasins sont consacrés à une seule et unique chose: la mine. On y trouve toutes les marques de dynamite, tous les types de mèches, mais également des feuilles de Coca et autres produits dont usent fréquemment les employés des mines. Johnny nous concocte un petit panier garni pour cinq Bolivianos par personne.
Après une ascension de prêt de quinze minutes (nous sommes maintenant accoutrés de l’attirail du parfait touriste mineur: combinaison imperméable jaune, lampe et casque Playmobil sur la tête), nous pénétrons enfin dans la mine.
Cette visite fut assez impressionnante. Le seul moyen de vraiment réaliser les conditions exécrables dans lesquelles travaillent ces mineurs est bel et bien de les voir à l’œuvre. Les faits sont durs, et le milieu dans lesquels évoluent ces centaines d’hommes fait qu’ils ne passeront pas pour la plupart la barre des cinquante ans. Leur travail est un enfer au quotidien. Des journées de douze à quatorze heures à creuser millimètre par millimètre une pierre plus dure que le métal à l’aide d’outils préhistoriques, dans des galeries tenant debout par l’opération du Saint-Esprit (ça ne tient pas à grand-chose, donc...). Les accidents arrivent... on réalise assez rapidement pourquoi... On pourrait également se poser la question de savoir si le côté "DisneyLand" de ces visites touristiques est vraiment sain... Ce qui est certain c’est que les touristes aident les mineurs par leur présence et leurs présents... mais les aider, est-ce une bonne opération ?... vaste débat... Quoiqu’il en soit, cette visite nous a fait réaliser bien des choses, et nous aura même filé quelques frayeurs, notamment lorsque le souffle de la dynamite que fera péter notre guide, éteindra les flammes de nos lampes et nous plongera instantanément dans un noir parfait... Nous sortons de là épuisés, choqués, mais néanmoins heureux d’être encore en vie...
La dernière soirée à Potosi sera l’occasion pour moi de goûter enfin à la viande de lama. C’est en compagnie de Paul, Chloé et Andrew que Baptiste et moi partageons cet ultime repas. Chloé est toujours aussi charmante (arrête, Jule !) et Andrew aussi anglais (sortant de ma bouche, cela n’a rien de méchant. Je voue en effet une adoration pour ce peuple depuis le début de notre voyage). Nous finissons à jouer aux cartes dans notre chambre (sans Andrew mais avec Chloé) et faisons même la connaissance de Fidèl, (un Equatorien à qui je ferai la monumentale erreur de demander un tire- bouchon) occasionnellement ivre mais apparemment génétiquement con et raciste (anti-allemand essentiellement) dont la conversation avec Paul tournera rapidement au vinaigre.
Nous trouvons le sommeil peu après minuit (je me réveillerai assez rapidement sans parvenir à me rendormir) et nous retrouvons au matin pour le désormais rituel petit déjeuner.
Nous prévoyons de partir attraper le bus de 11h30 direction Uyuni. Andrew nous rejoindra le jour suivant, la belle Chloé quant à elle partira dans l’autre sens (direction Sucre) ayant déjà égayé de son angélique frimousse le si morne lac salé... Nous la saluons donc, non sans nous faire promettre de nous rendre visite lors de son prochain passage en France.
Nous vérifierons bientôt si le Lac Salé est à la hauteur de sa réputation. Cela doit sans aucun doute être impressionnant...
La qualité du bus est à la hauteur de celle des routes, plutôt médiocre donc, mais qu’importe ?... la beauté du panorama nous fera vite oublier les quelques couinements intempestifs de notre carrosse.
C’est sur le premier hôtel du LonelyPlanet que nous et nos rencontres sucrettes, avions décidé de nous retrouver à Potosi. L’hôtel Felcar semble en effet proposer des prestations assez sympatoches pour un prix dérisoire (ils le sont tous plus ou moins en Bolivie). Nous nous mettons donc, sitôt descendus du bus, en quête du lieu convoité. C’est alors que mon cerveau commençait à effleurer l’idée de lever le doigt pour héler un taxi, que l’un des rares touristes de notre bus m’interpelle, l’air jovial. Il parle Français avec cependant un fort accent fleurant bon les collines berlinoises. L’homme corrigera mon erreur de jugement assez rapidement, c’est en effet du Luxembourg que Paul est issu. Il est cool, amical et, chose excellente, parle un espagnol plus que respectable.
Nous traçons la route à trois et nous engouffrons dans Potosi. Avec un sac de vingt kilos sur le dos (dont pas loin de deux et des bananes pour cette p... d’antiquité d’ordinateur de malheur) je ressens en à peine trente secondes les prémices d’un essoufflement avancé dû à l’altitude. Le bus que Paul somme de s’arrêter est donc plus que bienvenu. C'est après quelques questions par-ci par-là, genre "Que es le nombre de esta calle, por favor ?" (la technologie du panneau indicateur n’est apparemment pas encore arrivée jusqu’ici...) que nous apercevons enfin le nom de notre hôtel sur une vieille pancarte crasseuse. Manque de pot, nous avons choisi le seul et unique lieu en travaux dans la ville. Nous enjambons (mais pas en croûte... ça c’est pour Papa!) donc une demi-paire (un seul donc...) de sacs de ciment et pointons nos truffes chargées des vapeurs de la ville, au guichet mélaminé de la réception. Nous sommes, trois minutes plus tard, étendus sur nos lits respectifs (Paul partage une chambre triple avec nous).
Les sacs à peine défaits, nous démarrons notre sondage de la ville, à la recherche tout d’abord d’un restaurant, histoire de remédier à une monumentale faim qui nous tiraille le ventre depuis de trop longues heures.
Paul nous fait part, entre autres, de son intention le jour suivant de partir en expédition guidée, dans l’une des nombreuses mines jouxtant Potosi. J’ignorais pour ma part tout, jusqu'à leur simple existence (ok, j’ai pas vraiment révisé avant de venir...). C’est apparemment LA Chose à ne pas manquer ici, et nous décidons donc, Baptiste et moi-même, sans trop savoir à quoi nous attendre, de le suivre dans cette aventure le jour suivant.
La nuit sera plutôt dure pour moi. Les quatre-mille-quatre-vingt-cinq mètres d’altitude ne me posant apparemment pas uniquement des difficultés à reprendre mon souffle, mais également a trouver le sommeil... Je me retourne dans tous les sens sur mon multi-spear (celui-ci étant plutôt mono que multi mais bon...) avant de finalement sombrer d’épuisement, le ciel commençant déjà à s’éclaircir.
Le meilleur remède à cette nuit trop courte, histoire de ne pas m’endormir dans un wagonnet pendant la visite de la journée, serait encore une bonne douche (elle me servira par la même occasion à me laver un peu...tant qu’à faire…). La gérante de l’hôtel nous avait assuré une eau chaude entre 8 heures et 17 heures...impossible de lui reprocher quoi que ce soit, l’eau était effectivement chaude, bouillante même. C’est par séquences de trente centièmes de secondes que je prends ma douche, consacrant le reste de mon temps à tenter de trouver une hypothétique manivelle (ou bouton, ou poignée... qu’importe du moment que ça fonctionne) me permettant de baisser cette fichue température, et de faire disparaître par la même occase le nuage de vapeur transformant la cabine en sauna, et commençant à s’étendre dans tout l’hôtel... Bref, je sors finalement de là (trente secondes pour trouver la poignée de la porte) transpirant comme un bœuf, et regagne ma chambre glaciale (pour choper un rhume on n'a pas fait mieux) pour m’habiller.
L’hôtel grouille de Français. Nous avions déjà, la veille, taillé le bout de gras avec deux d’entre eux. Aujourd’hui, c’est avec Pia et Manu que nous partageons le petit déj’. Ils nous parleront des mines qu’ils ont visitées la veille. Viendra s’ajouter à cela le rapide salut de Daniel et Christelle, nos amis Toulousains rencontrés à Samaipata, et Hilgueness et Claudia, respectivement Canadienne et Allemande, croisées elles pour la première fois à Santa Cruz. Nous ferons également connaissance ce matin-là (matin béni...) d’une adorable anglaise répondant au doux nom de Chloé (plus Français comme nom, connais pas) et parlant la langue de Molière de la façon la plus parfaite qui soit (la perfection à son sujet ne se limite d’ailleurs pas à la langue qu’elle parle... on se calme... l’altitude sans doute!). Bref, Chloé nous présente Andrew (cela commence à faire du monde, faudrait un shéma !) anglais de souche lui aussi, bien sympathique et reprenant au moindre détail toutes les caractéristiques physiques des gens de l’île du nord tels qu’on les imagine. Nous les convainquons tous deux de nous accompagner l’après-midi dans les mines et partons en leur compagnie en quête du guide qui nous y emmènera.
Les mines étant l’attraction number one ici, cela ne nous prendra pas plus de quinze minutes. C’est pour cinquante bolivianos que Johnny (c’est le nom du guide) nous baladera pendant près de quatre heures, tout d’abord dans le marché des mineurs (où nous achèterons quelques présents, ainsi que de la dynamite, et les mèches qui vont avec... véridique!) puis dans les tunnels des mines de San Miguel, à plus de quatre-mille-trois- cents mètres d’altitude mais à tout de même pas loin d’une cinquantaine de mètres sous le niveau du sol.
Le départ est donné à 13h30. Nous prenons place dans la fourgonnette et nous rendons au marché. Celui-ci est en fait une rue dont tous les magasins sont consacrés à une seule et unique chose: la mine. On y trouve toutes les marques de dynamite, tous les types de mèches, mais également des feuilles de Coca et autres produits dont usent fréquemment les employés des mines. Johnny nous concocte un petit panier garni pour cinq Bolivianos par personne.
Après une ascension de prêt de quinze minutes (nous sommes maintenant accoutrés de l’attirail du parfait touriste mineur: combinaison imperméable jaune, lampe et casque Playmobil sur la tête), nous pénétrons enfin dans la mine.
Cette visite fut assez impressionnante. Le seul moyen de vraiment réaliser les conditions exécrables dans lesquelles travaillent ces mineurs est bel et bien de les voir à l’œuvre. Les faits sont durs, et le milieu dans lesquels évoluent ces centaines d’hommes fait qu’ils ne passeront pas pour la plupart la barre des cinquante ans. Leur travail est un enfer au quotidien. Des journées de douze à quatorze heures à creuser millimètre par millimètre une pierre plus dure que le métal à l’aide d’outils préhistoriques, dans des galeries tenant debout par l’opération du Saint-Esprit (ça ne tient pas à grand-chose, donc...). Les accidents arrivent... on réalise assez rapidement pourquoi... On pourrait également se poser la question de savoir si le côté "DisneyLand" de ces visites touristiques est vraiment sain... Ce qui est certain c’est que les touristes aident les mineurs par leur présence et leurs présents... mais les aider, est-ce une bonne opération ?... vaste débat... Quoiqu’il en soit, cette visite nous a fait réaliser bien des choses, et nous aura même filé quelques frayeurs, notamment lorsque le souffle de la dynamite que fera péter notre guide, éteindra les flammes de nos lampes et nous plongera instantanément dans un noir parfait... Nous sortons de là épuisés, choqués, mais néanmoins heureux d’être encore en vie...
La dernière soirée à Potosi sera l’occasion pour moi de goûter enfin à la viande de lama. C’est en compagnie de Paul, Chloé et Andrew que Baptiste et moi partageons cet ultime repas. Chloé est toujours aussi charmante (arrête, Jule !) et Andrew aussi anglais (sortant de ma bouche, cela n’a rien de méchant. Je voue en effet une adoration pour ce peuple depuis le début de notre voyage). Nous finissons à jouer aux cartes dans notre chambre (sans Andrew mais avec Chloé) et faisons même la connaissance de Fidèl, (un Equatorien à qui je ferai la monumentale erreur de demander un tire- bouchon) occasionnellement ivre mais apparemment génétiquement con et raciste (anti-allemand essentiellement) dont la conversation avec Paul tournera rapidement au vinaigre.
Nous trouvons le sommeil peu après minuit (je me réveillerai assez rapidement sans parvenir à me rendormir) et nous retrouvons au matin pour le désormais rituel petit déjeuner.
Nous prévoyons de partir attraper le bus de 11h30 direction Uyuni. Andrew nous rejoindra le jour suivant, la belle Chloé quant à elle partira dans l’autre sens (direction Sucre) ayant déjà égayé de son angélique frimousse le si morne lac salé... Nous la saluons donc, non sans nous faire promettre de nous rendre visite lors de son prochain passage en France.
Nous vérifierons bientôt si le Lac Salé est à la hauteur de sa réputation. Cela doit sans aucun doute être impressionnant...
07 août 2003
Santa Cruz - Bolivie
Bon…pourquoi les textes les plus pourris tombent-ils toujours sur moi ?? (ok, Buenos- Aires, c’était super, c’est vrai…)…on va encore me dire que je critique tout le temps (remarque j’aurais pu tomber sur Asuncion…)
C’est l’air jovial et la mine déconfite que nous grimpons dans notre bus, partagés entre la joie de quitter Asuncion (d’où l’air jovial) et la non-joie (d’ou la mine déconfite) de penser aux quelque vingt à trente heures de bus qui nous attendent.
Ce voyage aurait pu être une simple formalité si, cerise sur l’empanadas, nous n’avions pas partagé cette petite excursion avec des rescapés de la petite maison dans la prairie, à savoir deux familles de fermiers mexicains (selon leur passeport) parlant l’allemand (tout est normal) et étant tous habillés de la même façon, à savoir salopettes bleues, chemises blanches (qui devaient être blanches lors de leur conception, dans les années 60) et casquettes rouges pour les hommes (les deux pères de famille et leurs…allez quoi…six ou sept mioches) et robes noires et foulards à carreaux pour les deux femmes, en plus affublées d’une coupe de cheveux raie au milieu, d’une symétrie quasi parfaite...que du bonheur en somme…
Nous prenons la route vers les vingt heures, et ne pouvons, Baptiste et moi, nous empêcher de rire (rire nerveux sans doute) en pensant au comique de la situation : demain à la meme heure, nous serons encore dans ce même bus… On nous sert au bout d’une petite heure, un plateau repas. Apres mûre réflexion, je dois bien admettre ne toujours pas savoir ce que j’ai exactement mangé. C’était pour ainsi dire spécial, une sorte de gâteau sucré avec des patates et des œufs (non non je ne parle pas là du dessert) accompagné d’une tranche de viande blanche (pointure quarante-deux et demi pour moi…) que Baptiste jugera "pas mauvaise" mais que le hamburger que je me serais tapé juste avant le départ m’empêchera de pleinement apprécier (on va dire ça). Le tout est accompagné d’une bouteille de boisson gazeuse jaunâtre (qui a perdu ses analyses ?) qu’une soif démesurée me fera apprécier, comme le meilleur des Petrus.
A ce stade du voyage, le bus est encore clean…il faudra attendre que les Hingalls aient fini leur repas pour voir rouler entre nos jambes (ils sont derrière nous et le bus descend…) les premiers cadavres de bouteilles vides et fourchettes et couteaux couverts de cake à la patate.
Nous entamons notre nuit les yeux ouverts (je fixe pour ma part le bouton "on" de la lampe située au-dessus de mon siège…lampe qui ne marche pas, of course, j’aurais dû venir avec mon ampoule…). Baptiste, lui, se tourne dans tous les sens, essayant tant bien que mal de trouver le sommeil…en vain…). C’est sans doute a 4h54 que j’ai la première fois fermé les yeux et commencé à vaguement somnoler… 5h00, toutes les lumières se rallument (pas celles du plafonnier au-dessus de mon siège, j’ai déjà dit qu’elles ne marchaient pas, faut suivre !), et c’est un "MIGRACIONE !" qui stoppe net ma partie de pouilleux déshabilleur avec Laetitia Casta (encore elle !). Nous sommes en effet à "Pozo Colorado" et même si cette ville est à quinze plombes de la frontière, c’est apparemment ici que nous devrions obtenir notre tampon de sortie du Paraguay. Ok, j’ouvre donc les yeux (c’est con j’avais un bon jeu) et prend, avec Baptiste, la direction de l’office ou un gros basané nous attend, un tampon (encreur, évidemment) à la main. L’heure bien matinale n’entrave apparemment en rien l’humeur du gaillard, qui ne cessera de se marrer, constatant nos difficultés à répondre à ses questions en espagnol (genre question : "como esta ?"…réponse : si, si, Julianos, de la Franssia…et merde !), perso je vois pas trop ce qu’il y a de drôle.
Nous reprenons place dans le bus et tenterons à nouveau, en vain, de trouver le sommeil (et moi mes trois AS…).
Rien de bien palpitant jusqu’au repas si ce n’est le passage du poste frontière bolivien (près de neuf heures après notre "sortie" du Paraguay) et la galette fumante d’un des fils Hingalls, dans un sac tenu par sa moman (le cake à la patate de la veille sans doute)…juste avant le repas, c’t’un bonheur…
C’est dans un plateau plastoc similaire à celui de la veille que l’homme à tout faire du bus (à tout faire sauf à nettoyer les merdes qui s’amoncellent sous nos sièges) nous apporte le repas du jour, le petit Hingalls s’essuyant encore le visage. Aujourd’hui, semelle (du quarante-deux, toujours) panée, accompagnée de riz froid, de deux mini-sandwichs pain de mie fromage, et arrosés du même breuvage-mystère que la veille.
Je croque dans ma semelle, engloutis le mini- sandwitch et descend les cinquante millilitres de boisson, le tout en à peine dix minutes. L’homme à tout faire laissera nos plateaux joncher sur le sol jusqu'à notre arrivée à Santa Cruz, près de onze heures plus tard.
En plus de nos escalopes panées à peine entamées, nous comptons désormais sous nos sièges et entre nos pieds, pas moins de cinq bouteilles vides, trois plateaux-repas et trois ou quatre couteaux fourchettes appartenant aux deux Charles et à leurs familles respectives.
La suite du voyage est plutôt calme…la route est toujours aussi mauvaise et le bus bruyant, mais aucun mioche qui crache ses tripes, ni "MIGRACIONE" à signaler.
Preuve d’une splendide organisation de la part de Stel Tourismo (la compagnie de bus), nous débarquons a Santa Cruz à 00h 30, après vingt-huit heures d'un trajet pour le moins mouvementé. Nous choppons un taxi, ne discutons pas les prix et nous posons dans le premier hôtel du Lonely à vingt Bolivianos (la monnaie locale, 1 euro = 8,70 Bs) la nuit.
Santa Cruz pouvant difficilement être pire qu’Asuncion, c’est forcément de bonne humeur que nous émergeons, ce mercredi 6 août. Le temps est limite, mais le défilé de la fête nationale devrait, en théorie nous permettre d’assister à de bien belles choses.
Les hostilités debutent a dix heures pile, et c’est toute une troupe en uniforme qui défile sous nos yeux, le tout en musique…assez plaisant. Passent ensuite les employés de la mairie, de la poste, les élèves des écoles environnantes, ainsi que plusieurs représentants d’associations locales. L’association des plus de quatre-vingts ans était représentée par pas moins d’une quinzaine de personnes ayant du mal à marcher et porter leurs banderolles, mais prenant un plaisir visible à défiler devant une foule impressionnante brandissant des drapeaux boliviens à foison.
Nous partons nous rassasier de hamburgers à 1 Bs, achetés à une petite vendeuse ambulante d’une quinzaine d’années, qui nous offrira un sourire adorable lorsque nous lui dirons de garder la monnaie.
Santa Cruz étant finalement une ville assez banale, nous finissons la journée dans l’hôtel à taper la causette avec un petit groupe de touristes, allemano-néo-zélando-canado-francais (on rencontre finalement pas mal de Français ici), et prenons, suite à cela, avec Baptiste, la décision de quitter Santa Cruz le jour suivant, direction Samaiputa, un petit village à 1660 mètres d’altitude à quelques trois heures de bus (chicchicchic !).
La journée suivante nous verra passer par le marché (petit marché, rien a voir avec le monstrueusement génial Week-end Market de Bangkok), le cyber-café (on s’occupe comme on peut), et le troquet du coin (sandwich Coca). Nous croiserons de nouveau notre ami allemand d’Iguazu et sa charmante compagne (froide comme le carrelage de mes WC) à qui nous ferons part de nos projets.
Nous quittons Santa Cruz les dix-sept heures passées d’une dizaine de minutes à bord d’un van Mercedes plutôt confortable.
Le guide dit : trois heures de transport…souhaitons qu’il voie juste…pour une fois...
C’est l’air jovial et la mine déconfite que nous grimpons dans notre bus, partagés entre la joie de quitter Asuncion (d’où l’air jovial) et la non-joie (d’ou la mine déconfite) de penser aux quelque vingt à trente heures de bus qui nous attendent.
Ce voyage aurait pu être une simple formalité si, cerise sur l’empanadas, nous n’avions pas partagé cette petite excursion avec des rescapés de la petite maison dans la prairie, à savoir deux familles de fermiers mexicains (selon leur passeport) parlant l’allemand (tout est normal) et étant tous habillés de la même façon, à savoir salopettes bleues, chemises blanches (qui devaient être blanches lors de leur conception, dans les années 60) et casquettes rouges pour les hommes (les deux pères de famille et leurs…allez quoi…six ou sept mioches) et robes noires et foulards à carreaux pour les deux femmes, en plus affublées d’une coupe de cheveux raie au milieu, d’une symétrie quasi parfaite...que du bonheur en somme…
Nous prenons la route vers les vingt heures, et ne pouvons, Baptiste et moi, nous empêcher de rire (rire nerveux sans doute) en pensant au comique de la situation : demain à la meme heure, nous serons encore dans ce même bus… On nous sert au bout d’une petite heure, un plateau repas. Apres mûre réflexion, je dois bien admettre ne toujours pas savoir ce que j’ai exactement mangé. C’était pour ainsi dire spécial, une sorte de gâteau sucré avec des patates et des œufs (non non je ne parle pas là du dessert) accompagné d’une tranche de viande blanche (pointure quarante-deux et demi pour moi…) que Baptiste jugera "pas mauvaise" mais que le hamburger que je me serais tapé juste avant le départ m’empêchera de pleinement apprécier (on va dire ça). Le tout est accompagné d’une bouteille de boisson gazeuse jaunâtre (qui a perdu ses analyses ?) qu’une soif démesurée me fera apprécier, comme le meilleur des Petrus.
A ce stade du voyage, le bus est encore clean…il faudra attendre que les Hingalls aient fini leur repas pour voir rouler entre nos jambes (ils sont derrière nous et le bus descend…) les premiers cadavres de bouteilles vides et fourchettes et couteaux couverts de cake à la patate.
Nous entamons notre nuit les yeux ouverts (je fixe pour ma part le bouton "on" de la lampe située au-dessus de mon siège…lampe qui ne marche pas, of course, j’aurais dû venir avec mon ampoule…). Baptiste, lui, se tourne dans tous les sens, essayant tant bien que mal de trouver le sommeil…en vain…). C’est sans doute a 4h54 que j’ai la première fois fermé les yeux et commencé à vaguement somnoler… 5h00, toutes les lumières se rallument (pas celles du plafonnier au-dessus de mon siège, j’ai déjà dit qu’elles ne marchaient pas, faut suivre !), et c’est un "MIGRACIONE !" qui stoppe net ma partie de pouilleux déshabilleur avec Laetitia Casta (encore elle !). Nous sommes en effet à "Pozo Colorado" et même si cette ville est à quinze plombes de la frontière, c’est apparemment ici que nous devrions obtenir notre tampon de sortie du Paraguay. Ok, j’ouvre donc les yeux (c’est con j’avais un bon jeu) et prend, avec Baptiste, la direction de l’office ou un gros basané nous attend, un tampon (encreur, évidemment) à la main. L’heure bien matinale n’entrave apparemment en rien l’humeur du gaillard, qui ne cessera de se marrer, constatant nos difficultés à répondre à ses questions en espagnol (genre question : "como esta ?"…réponse : si, si, Julianos, de la Franssia…et merde !), perso je vois pas trop ce qu’il y a de drôle.
Nous reprenons place dans le bus et tenterons à nouveau, en vain, de trouver le sommeil (et moi mes trois AS…).
Rien de bien palpitant jusqu’au repas si ce n’est le passage du poste frontière bolivien (près de neuf heures après notre "sortie" du Paraguay) et la galette fumante d’un des fils Hingalls, dans un sac tenu par sa moman (le cake à la patate de la veille sans doute)…juste avant le repas, c’t’un bonheur…
C’est dans un plateau plastoc similaire à celui de la veille que l’homme à tout faire du bus (à tout faire sauf à nettoyer les merdes qui s’amoncellent sous nos sièges) nous apporte le repas du jour, le petit Hingalls s’essuyant encore le visage. Aujourd’hui, semelle (du quarante-deux, toujours) panée, accompagnée de riz froid, de deux mini-sandwichs pain de mie fromage, et arrosés du même breuvage-mystère que la veille.
Je croque dans ma semelle, engloutis le mini- sandwitch et descend les cinquante millilitres de boisson, le tout en à peine dix minutes. L’homme à tout faire laissera nos plateaux joncher sur le sol jusqu'à notre arrivée à Santa Cruz, près de onze heures plus tard.
En plus de nos escalopes panées à peine entamées, nous comptons désormais sous nos sièges et entre nos pieds, pas moins de cinq bouteilles vides, trois plateaux-repas et trois ou quatre couteaux fourchettes appartenant aux deux Charles et à leurs familles respectives.
La suite du voyage est plutôt calme…la route est toujours aussi mauvaise et le bus bruyant, mais aucun mioche qui crache ses tripes, ni "MIGRACIONE" à signaler.
Preuve d’une splendide organisation de la part de Stel Tourismo (la compagnie de bus), nous débarquons a Santa Cruz à 00h 30, après vingt-huit heures d'un trajet pour le moins mouvementé. Nous choppons un taxi, ne discutons pas les prix et nous posons dans le premier hôtel du Lonely à vingt Bolivianos (la monnaie locale, 1 euro = 8,70 Bs) la nuit.
Santa Cruz pouvant difficilement être pire qu’Asuncion, c’est forcément de bonne humeur que nous émergeons, ce mercredi 6 août. Le temps est limite, mais le défilé de la fête nationale devrait, en théorie nous permettre d’assister à de bien belles choses.
Les hostilités debutent a dix heures pile, et c’est toute une troupe en uniforme qui défile sous nos yeux, le tout en musique…assez plaisant. Passent ensuite les employés de la mairie, de la poste, les élèves des écoles environnantes, ainsi que plusieurs représentants d’associations locales. L’association des plus de quatre-vingts ans était représentée par pas moins d’une quinzaine de personnes ayant du mal à marcher et porter leurs banderolles, mais prenant un plaisir visible à défiler devant une foule impressionnante brandissant des drapeaux boliviens à foison.
Nous partons nous rassasier de hamburgers à 1 Bs, achetés à une petite vendeuse ambulante d’une quinzaine d’années, qui nous offrira un sourire adorable lorsque nous lui dirons de garder la monnaie.
Santa Cruz étant finalement une ville assez banale, nous finissons la journée dans l’hôtel à taper la causette avec un petit groupe de touristes, allemano-néo-zélando-canado-francais (on rencontre finalement pas mal de Français ici), et prenons, suite à cela, avec Baptiste, la décision de quitter Santa Cruz le jour suivant, direction Samaiputa, un petit village à 1660 mètres d’altitude à quelques trois heures de bus (chicchicchic !).
La journée suivante nous verra passer par le marché (petit marché, rien a voir avec le monstrueusement génial Week-end Market de Bangkok), le cyber-café (on s’occupe comme on peut), et le troquet du coin (sandwich Coca). Nous croiserons de nouveau notre ami allemand d’Iguazu et sa charmante compagne (froide comme le carrelage de mes WC) à qui nous ferons part de nos projets.
Nous quittons Santa Cruz les dix-sept heures passées d’une dizaine de minutes à bord d’un van Mercedes plutôt confortable.
Le guide dit : trois heures de transport…souhaitons qu’il voie juste…pour une fois...
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